RezéVox – le podcast

« RezéVox – le podcast » est le nom du média de la Ville de Rezé. Chaque mois, nous allons à la rencontre de femmes et d’hommes qui agissent, inventent, témoignent sur des faits ou sur des façons de faire dans notre territoire.

RezéVox le Podcast est aussi accessible sur SpotifyDeezer, Youtube et Apple podcast 

A la Villa Momo, Anna fait pousser les idées

Publié le 24 avril 2026

Anna Ernould est membre de l’association Interstices qui coordonne le projet Mosaïque sur la parcelle Macé. Ce site est un espace de flânerie, de convivialité. Ouvert à toutes et à tous, il répond à l’envie des habitantes et des habitants de se retrouver, simplement pour se balader et profiter de la nature, ou à l’occasion d’animations, qu’elles et ils peuvent aussi organiser.

C’est un spot à pique-nique, c’est un spot à lecture, c’est un spot à jeux avec des enfants… Ça peut être plein de manières de s’installer dans les lieux.

Tous les mois, RezéVox donne la parole à un rezéen ou une rezéenne qui participe à réinventer le territoire. Aujourd’hui, nous sommes à la Villa Momo, en compagnie d’Anna Ernould. C’est la voix de Territoire Interstice, l’association choisie par la ville de Rezé pour accompagner la transformation d’une ancienne ferme horticole.

C’est ouvert ! Ouais, vous pouvez carrément vous balader !

Nous sommes, place Édouard Massé, à quelques pas de l’hôtel de ville. Derrière un grand portail en bois se cache un véritable écrin de verdure.

Et bien là, il y a deux passantes curieuses qui viennent de demander à entrer dans la Villa à Momo… C’est tout le truc de dire, en fait, vous pouvez entrer sans nous demander l’autorisation !

Parce que l’ambition de cette parcelle est de créer un lieu commun, ouvert à toutes et tous. Une coulée verte dans l’espace urbain. Il s’inscrit dans la démarche de transformation de la ville, avec le quartier Pirmil-les-Isles à proximité et l’arrivée prochaine du tramway.

Ça a quand même démarré par un temps de défrichage au sens littéral. On vient dans les lieux, il y a du jardinage, il y a des bénévoles qui ont filé la main pour nettoyer le site. Et en fait, ça s’est tissé au fil du temps avec quand même un axe qui a été directement défini. On s’est dit ok, on axe écologie, pédagogie et convivialité. On a défini trois grands axes pour essayer d’avancer. Mais on n’a pas du tout de projet défini pour le site, c’est un peu tout le jeu. On avance un peu en tâtonnement, au fil des rencontres et des usages.

Donc, trois grands axes de travail, mais surtout ne rien figer. C’est la philosophie du projet. L’ambition est d’inventer un lieu et ses usages avec toutes les personnes impliquées sur le territoire. Qu’elles soient habitantes, artistes, chercheuses, artisanes, tout le monde peut y participer.

Là notamment par exemple, on réfléchit à la Villa des Marmots. avec l’idée d’avoir un espace vraiment dédié aux enfants, qui est fait avec et pour les enfants. C’est aussi de se dire, par exemple, la Villa des Cuistots, il y a un four à pain qui est en construction, ou c’est aussi un club de fermentation qui s’installe. Du coup, ça peut aussi prendre ces formes-là. Et c’est aussi, tout simplement, la Villa des Badauds, au sens d’espaces de cheminement traversés, où les gens puissent juste venir s’y poser et circuler dans le lieu.

C’est la Villa des Travaux aussi ?

Et c’est la Villa des Bricolos, carrément ! Il y a beaucoup de chantiers participatifs. Le lieu se construit aussi beaucoup avec les gens. On ne fonde rien, on teste juste des choses qui sont vraiment en logique participative. Il y a une terrasse notamment qui a été faite avec des bénévoles. Le four à pain, pareil, c’est avec des bénévoles. Les chantiers jardins, c’est avec des bénévoles. Enfin, la majorité des choses sont faites avec d’autres personnes. En fait, on n’est pas tout seul là-dessus, même pas du tout !

On visite ?

Oui. Du coup, je te disais, c’est une ancienne parcelle horticole. Elle se compose d’un grand jardin d’environ 3000 mètres carrés. À l’entrée, il y a un… un grand magnolia qui est classé arbre remarquable. Et il y a aussi une maison où il y avait Monique Robert, qui était l’ancienne habitante des lieux.

Des projets ont déjà commencé à voir le jour. Un four à pain, une briqueterie itinérante ou encore une micro-pépinière.

Derrière la micro-pépinière, il y a un gigantesque bassin. On ne peut pas y accéder. C’est un espace qui a été sécurisé. Et après, on a toute une partie jardin avec des moutons, Pépite et Chocolat, deux petites brebis d’Ouessant qui sont par là-bas… On va aller voir, elles doivent être planquées de l’autre côté. Du coup, là, on est sur une autre partie de la parcelle où il y a de l’aménagement de mobilier qui a été fait par des étudiants de l’école d’architecture de Nantes. Il y a comme une petite scène et un espace voilé pour s’allonger comme un transat un peu et une table de pique-nique, voilée également, qui permet un peu d’ombre. Plus deux petites brebis qui sont en train de brouter tranquillement à proximité !

Pépite et Chocolat, les deux petites brebis d’Ouessant, ont été prénommées par les enfants de CP et de la classe Ulis de l’école Plancher, située juste à côté.

C’est un bon prétexte à venir simplement dans les lieux. L’école Plancher vient faire l’école du dehors, ici. Il y a l’école du Corbusier aussi qui est passée, avec une de ses classes. Et là, ce que tu vois au fond, qui est un peu un mélange de branchages et de choses dorées, c’est un collectif d’assistantes maternelles qui est en train de se monter et qui fait de l’animation nature sur le site tous les mardis et jeudis matins. Et tout cet espace que tu vois là, de manière générale, ce n’est pas un espace qu’on va trop aménager. Là, il y a un peu de mobilier, mais c’est tout ce qu’il y aura. Et l’idée, c’est vraiment de laisser cet espace vide pour différentes propositions et que ça puisse servir à plein de choses différentes. Donc, il y a aussi cet enjeu de dire, si par exemple, une association vient nous voir et qu’elle a envie de proposer quelque chose, qu’elle puisse facilement s’investir dans un espace qui est libre pour pouvoir le faire.

Vous l’aurez compris, ce lieu appartient aux habitants et aux habitantes.

Si les gens ont une idée, une proposition, il ne faut pas hésiter à venir nous voir. Là, par exemple, il y a une réflexion autour d’un café associatif mais il y a plein de réflexions en cours car il y a déjà un café à proximité, alors, qu’est-ce que ça veut dire d’installer un café là ? Il n’y a rien de figé, mais ça peut se faire à ces endroits-là. Ça permet d’ouvrir un peu les possibles, de se dire qu’on peut peut-être faire autrement. Je pense que ça peut déjà participer à changer la manière de penser l’aménagement des espaces à long terme. Ça nourrit aussi la réflexion de la collectivité sur le devenir du site après coup.

La Villa à Momo vous accueille ! A chaque fois que le portail est ouvert, il ne faut surtout pas hésiter à entrer. Anna et l’équipe d’Interstice tiennent aussi une permanence les mercredis et vendredis de 14h à 18h. Vous trouverez toutes les infos pratiques sur interstice.pro et sur reze.fr.

 

Kseniia, de l’Ukraine à Rezé

Publié le 24 février 2026

Kseniia a fui l’Ukraine avec sa petite fille, il y a 4 ans, deux semaines après le début de la guerre de grande ampleur. Elles ont tout laissé derrière elles, leur famille, leurs amis, leur appartement, pour venir reconstruire une vie ici, à Rezé. Aujourd’hui, Kseniia se sent chez elle. Elle a appris le français, a trouvé un emploi et aime à découvrir la culture française dont le fromage français et les fruits de mer…

Chaque mois, RezéVox donne la parole aux Rezéens et aux Rezéennes qui font la richesse de notre territoire. Aujourd’hui, vous allez entendre la voix de Kseniia. Elle a fui l’Ukraine avec sa petite-fille il y a quatre ans déjà. Elles ont tout laissé derrière elles. Leur appartement, leur famille, leurs amis, pour venir reconstruire une vie ici, à Rezé. Kséniia garde un souvenir intact de ce 24 février 2022, le jour où la guerre de grande ampleur a débuté.

J’étais chez moi dans mon appartement avec ma fille. C’est ma mère qui m’a appelée à 5h ou 6h du matin. Elle a dit : « Réveille-toi, prépare-toi. Sors et Cache-toi dans une cave ou viens chez nous parce que c’est dangereux, parce que la guerre a commencé ». Je me suis réveillée et j’ai préparé ma fille pour sortir. On est partis chez mes parents. On a pensé que ce n’était pas vrai au début, que ça s’arrêtait bientôt. Et on a attendu peut-être trois jours et on a compris que ça ne s’arrêterait pas. Kharkiv a été bloquée tout de suite. On n’avait pas de nourriture, la station service était bloquée. Il n’y avait pas de gazole. Et on a compris qu’on ne pouvait pas rester. C’est pour protéger notre enfant et notre vie. C’est mon père qui a dit, « Kseniia, prends ta fille et vas-y. Fais ce que tu peux parce que c’est vraiment dangereux.» On a demandé à tous les voisins, amis qui peuvent nous amener à la gare. Après, on a attendu à la gare presque toute la journée. A minuit, on a trouvé une place pour nous. On était 5 sur 3 sièges parce que tout le monde dormait par terre, partout. On ne pouvait pas prendre une grande valise. On a pris chacun quelques vêtements et nos papiers. C’est tout, pas de nourriture, pas d’eau, on est partis comme ça.

Elles ont traversé l’Ukraine, franchi la frontière polonaise à pied, puis parcouru l’Allemagne et sont enfin arrivées à Paris. Là, c’est le hasard qui les a conduites en Loire-Atlantique avec un premier port d’attache au camping VVF de La Turballe.

Notre première maison, on peut dire ça. Au début, on avait peur parce qu’on est arrivé à La Turballe à minuit et on n’a pas compris où on était ! Et le matin, on a vu cette belle vue sur l’océan et après on a compris qu’il y avait une ville à côté. Ensuite, on a essayé de comprendre comment ça marche, comment on peut avoir des papiers, comment on peut trouver du travail, scolariser notre enfant. Et petit à petit, on a commencé, on a utilisé toute notre force pour construire une vie normale à zéro.

Cette vie, Kséniia et sa fille la construisent pas à pas depuis trois ans, ici à Rezé. D’abord, il a fallu prendre des cours de français. Et puis, Kséniia a trouvé un emploi dans la blanchisserie d’insertion Hepdalé, quartier Château. Mais pour reconstruire une vie si loin de chez soi, il faut aussi mettre en attente, même provisoirement, ses ambitions et sa carrière.

En Ukraine, j’ai commencé comme secrétaire, secrétaire de comptabilité. J’ai évolué, j’ai été manager dans différentes entreprises. J’aime bien le contact avec les gens, avec les clients, avec les collègues. On s’entend bien ici et je pense que je peux bientôt évoluer, je peux progresser en français et je peux trouver une place plus confortable, dans laquelle je serais plus à l’aise.

Et c’est exactement l’ambition du chantier d’insertion Hepdalé, accompagner le retour à un emploi choisi. Même si les contours de la nouvelle vie de Kséniia se dessinent, une partie de son cœur est évidemment toujours en Ukraine.

C’est très triste, ça me touche de tout mon cœur. Si on parle de ça, je vais commencer à pleurer… Chaque jour, j’appelle mes parents et je leur demande comment ils vont parce que c’est important. Mon père ne peut pas partir. Et ma mère, elle est obligée de rester avec lui. Il ne lui semble pas possible de recommencer sa vie à zéro dans n’importe quel pays. C’est pour ça qu’il préfère rester là-bas. Mais c’est son choix… Je ne peux pas le changer…

Malgré sa peine immense, Kséniia mesure l’importance de la décision qu’elle a prise il y a quatre ans.

Je n’étais jamais venue en France. C’est pour ça que je ne peux pas dire comment j’avais  imaginé la vie ici. Mais maintenant, je me sens à l’aise. Je me sens vraiment comme si j’étais française parce que tout est très proche de moi, de mon cœur. J’aime trop le fromage, j’aime tous les fruits de mer, vos plages, j’aime… Tout de vous, j’aime tout, vraiment ! Je ne peux pas expliquer à quel point, de quelle manière je veux dire merci. C’est important pour nous.

Aujourd’hui, sa fille a 16 ans. Elle a passé le brevet des collèges avec succès et est entrée en classe de seconde générale. Kséniia, de son côté, poursuit son apprentissage du français et vise une formation pour devenir assistante administrative et commerciale. Prochaine rencontre Rezéenne, c’est dans un mois et c’est dans votre RezéVox !

 

Patrice fait le max pour le Min !

Publié le 27 janvier 2026

Ce mois-ci, RezéVox prend la direction du MIN de Nantes Métropole, le Marché d’Intérêt National à la rencontre de Patrice Mariot le responsable de cet immense garde-manger du Grand Ouest.  Il y a 7 ans, le MIN a quitté l’île de Nantes pour céder sa place au chantier du nouveau CHU et venir s’installer à Rezé au bord du périphérique. Gourmand et passionné, Patrice Mariot nous ouvre les portes de ce grand village qui ne dort jamais. 

RezéVox, c’est la voix des Rezéens et des Rezéennes qui font bouger le territoire. Ce mois-ci, direction le MIN de Nantes Métropole, le Marché d’Intérêt National, à la rencontre de Patrice Mariot, le responsable de cette immense garde-manger du Grand Ouest.

Il y a 7 ans, le MIN a quitté l’île de Nantes pour céder sa place au chantier du nouveau CHU et venir s’installer à Rezé, au bord du périphérique.

On appelle ça le ventre de Nantes, le marché du Grand Ouest. C’est vrai qu’on rayonne quand même de Brest jusqu’à la Rochelle. Donc ça fait du monde et on est là tous les matins, de bonne heure et de bonne humeur ! C’est important ! On accueille notre clientèle tous les matins : restaurateurs, traiteurs, gens de marchés ambulants, bouchers, charcutiers, épiceries fines… Tous les métiers de bouche viennent s’approvisionner ici sur le MIN. Donc tous les matins, c’est un rituel de véhicules qui entrent et qui sortent. Et on a aussi les sociétés de service qui accompagnent le client. Donc on a une station de lavage, on a aussi des sociétés d’habillement, on a aussi tout ce qui est emballage… On a trois restaurants ici sur le MIN qui sont là pour accueillir les gens. Et en plus, comme c’est du local, tout est fait maison. Donc on y mange super bien. C’est un grand village, voilà.

C’est un très grand village de 55 hectares. 20 sont dédiés aux professionnels et juste à côté, on trouve un pôle agroalimentaire de 35 hectares accessible aux particuliers. Le MIN, c’est aussi 140 entreprises, 1400 salariés et 200 000 tonnes de marchandises qui y transitent chaque année.

Là, on est sur la grande halle fruits et légumes, le grand bâtiment A. Il y a donc le secteur conventionnel, bien sûr, le secteur aussi bio et aussi la culture raisonnée. On parle des trois cultures et on a un petit hall de producteurs-vendeurs aussi le matin de bonne heure. Ce sont des producteurs locaux qui viennent vendre leurs marchandises ici le matin. Donc c’est très vivant. On est le poumon régional du maraîchage nantais. La salade, la mâche, le poireau, le radis, tous les curcubitacés, la betterave d’hiver, la crapaudine. Voilà, on a plein de produits locaux. C’est important aussi de le savoir. On appelle ça des niches, les produits de niches de nos petits producteurs locaux. Et après, ils se développent pour nos grands chefs étoilés, par exemple. En ce moment, on est en période d’agrumes. Vous avez plein de citrons, il y a plein d’oranges, de clémentines. En ce moment vous avez le citron cédrat, il y a le Yuzu, il y a le combava… Vous avez plein de citrons. On a aussi du kiwi local, il faut le savoir. On a plein de produits qui se font dans la région des Pays-Loire. Allez, on avance ?

Et ce grand village est un village qui ne dort jamais. L’activité principale se fait de nuit pour fournir les commerçants et les artisans avant l’ouverture de leurs établissements.

Entre 3h30 du matin jusqu’à 7h30, là ça court dans tous les sens. Les premiers sont les primeurs, ils sont là à minuit. Beaucoup sont là entre 2 et 3h du matin. pour pouvoir préparer le marché à 4h30 du matin. Il y en a qui arrivent le soir à 22h en secteur poisson. Donc toute la nuit, ça arrive des criées, des marées. Donc il y a aussi des services de nuit. On va dire, grosso modo, le MIN vit 23h sur 24. C’est toujours vivant, en fait. Et c’est vrai, c’est des métiers de nuit. C’est un autre monde. Déjà d’une, on est en décalé. Moi, j’adore la nuit. Quand le printemps arrive et l’été, il fait super bon, on se lève de bonne heure, il fait jour de bonne heure. On voit le jour avant les autres. Ça, c’est magique !

Patrice Mariot, c’est un pan de l’histoire du mine. Il y fait ses premiers pas il y a exactement 30 ans.

30 ans le 7 février, ça tourne aussi. Un truc de ouf. Il y a 30 ans, j’étais jeune à l’époque, mais maintenant, c’est vrai que je suis un bout de l’histoire du MIN, voilà. Des belles années d’odeurs, de saveurs, de contacts humains. Après, il y avait des traditions. Quand j’ai commencé 30 ans en arrière, avec les anciens, c’était le vendredi, il y avait une tradition, c’était soit on mangeait un steak frites à 4h du matin ou 5h du matin, soit une tête de veau ou des huîtres ou autre chose. Même moi à l’époque, je me disais que manger une tête de veau à 5h du matin… Mais quand on commence à minuit, une heure, on mange comme en journée normale en fait. Et puis c’était sympa, c’était convivial avec les anciens, leurs anecdotes, leurs vies d’avant. J’ai eu la chance de pouvoir travailler avec les anciens qui m’ont appris pas mal de choses.

Aujourd’hui, c’est au tour de Patrice de transmettre sa passion pour les bons produits et les métiers du MIN. Une matinée de l’emploi est organisée le 18 février prochain, parce que de nombreuses entreprises recrutent, en CDD, en CDI, en intérim et même en alternance.

Il y a plein de métiers sur un MIN, c’est un grand village, donc il y a 36 métiers. Et c’est vrai que pour ceux qui s’intéressent, par exemple vendeur-livreur, c’est de la négoce. C’est un métier très spécifique. Il faut connaître les produits, il faut connaître les prix qui changent tous les jours, avec le Mercurial, le système de bourse, puis après négocier avec son client, avoir une question de confiance, une question de qualité de produit, et il y a les marques, il y a… Il y a 36 métiers et il faut tenter, tout simplement. Moi, je sais qu’il y a des jeunes ici que j’ai connus qui ont été embauchés. Ça a été des vocations. Ils ne savaient pas quoi faire comme travail. J’ai fait des visites avec eux sur le MIN et ils sont embauchés maintenant dans les cases. Il y a des gens aussi qui veulent changer de métier, voire autre chose. On sera là pour les accueillir.

De nombreux métiers sont proposés. Préparateur de commandes, chauffeur-livreur, commercial, technicien de maintenance, frigoriste, électricien et bien d’autres. Pour les découvrir, venez rencontrer Patrice Mariot et les entreprises qui recrutent le 18 février prochain de 9h à midi au MIN de Nantes Métropole, à proximité du périphérique Porte de Rezé. Et nous, on se retrouve dans un mois pour le nouveau RezéVox.

Maxpeyyy suit sa « Bonne étoile »

Publié le 5 janvier 2026

Cette nouvelle année commence en musique avec un coup de projecteur sur un jeune artiste : le rappeur Maxime Peythieux qui officie sous le nom de Maxpeyyy. A 21 ans, il sort son premier album ce mois de janvier après avoir bénéficié du programme “On se boost”, un soutien du service jeunesse et citoyenneté de Rezé, la ville qui l’a vu grandir. 

Chaque mois, RezéVox présente un Rezéen, une Rezéenne, qui par son action fait rayonner la ville. On commence cette nouvelle année en musique avec un coup de projecteur sur un jeune artiste, le rappeur Maxime Peythieux, qui officie sous le nom de Maxpeyyy. À 21 ans, il sort son premier album ce mois de janvier, après avoir bénéficié du programme “On se booste”, un soutien du service jeunesse et citoyenneté de Rezé, la ville qu’il a vu grandir.

Une phrase d’Orelsan disait dans un morceau « Si t’as envie de faire un film, t’as juste besoin d’un truc qui filme ». Et je trouve cette phrase assez vraie, dans le sens où parfois, j’ai des projets, je me dis « il faut que ce soit parfait pour que je le lance ». Alors qu’en fait, la réalité c’est qu’au début c’est pas possible. Le plus important c’est de se lancer quand on a des projets. Bon, tu vas te vautrer les trois premières fois. Tu vas être un peu deg, mais tu auras appris plein de trucs jusqu’au moment où ce sera un peu plus solide et où ça va le faire.

Ce que vient de dire Maxime révèle assez bien son état d’esprit. Ne jamais rien lâcher, car un projet, ça se construit dans le temps. Mais pas tout seul : en sachant s’entourer des bons partenaires à chaque étape.

Et moi, j’ai toujours eu un truc quand je lance un projet, j’ai envie de le développer au max, d’aller chercher tout ce qu’il y a à prendre dans un sens. On m’a dit, tiens, il y a ce dispositif qui existe. Donc la première fois, j’ai déposé un dossier à la mairie et j’ai eu une aide pour mon projet qui m’a permis d’acheter tout le matos de mon premier home studio. C’était juste avant le Covid. Donc tout ce matos m’a permis d’enregistrer mon premier EP en 2023. Et là, j’ai eu à nouveau un coup de pouce cet été pour la production de mon premier album.

Ce premier album s’intitule « Plus tard, c’est maintenant » . Maxime y raconte sa vie de jeune adulte. ses doutes, ses peurs et ses joies.

Je suis rezéen de base, mais je suis parti il y a deux ans et demi à Lille pour faire mes études. J’ai su que j’allais partir, c’est un truc qui m’a fait flipper à fond. Et au final, peut-être que ces dernières années, j’ai fait les meilleures rencontres de ma vie, et c’est les meilleures années de ma vie. Mais ça a changé beaucoup de choses. Et c’est vrai que ce truc d’avoir peur de grandir, c’est peut-être un peu fort quand je le dis comme ça, mais c’est un truc qui m’a beaucoup traversé. Et vraiment, avec toute mon équipe, quand on l’a créé, on s’est dit, en fait, c’est ça qu’il faut qu’on fasse, c’est que je raconte ma vie à moi, ce qui s’est passé ces trois dernières années où tout a un peu changé, où je suis parti chez mes parents, j’ai découvert des nouvelles personnes et tout ça. Et sans filtre, parce que ça ne sert à rien en vrai de s’imaginer un rôle ou quoi. Moi, j’ai toujours été quelqu’un d’assez pudique, je suis l’aîné d’une fratrie, on doit montrer un peu l’exemple, pas trop flancher, tout ça. J’exagère un peu, mais ça fait partie du truc. Et je pense que la musique, c’est aussi un des moyens qui m’a permis d’un peu plus réfléchir à ce que je ressens moi, plutôt que de faire le cœur dur sans émotion devant tout le monde. Si une génération qui parfois ne va pas trop bien ou quoi peut se reconnaître dans ma musique c’est trop bien ! Il faut bien choisir ses mots pour se sentir à sa place dans ce qu’on raconte aussi. Je pense que c’est important.

Bien choisir ses mots, questionner sa légitimité, c’est ce qui guide l’écriture de Maxime. Notamment lorsqu’il s’écarte de son récit intime pour aborder des sujets plus sensibles, comme le suicide, dans son titre Bonne Étoile.

Peut-être que moi directement, ça ne me concerne pas, mais ça peut aider certaines personnes. Et en fait, au final, cette musique, elle m’a un peu dépassé, parce que j’ai reçu, honnêtement, je pense, des centaines de messages de personnes qui m’ont dit « Bah écoute, j’allais vraiment pas bien dans ma vie, ta musique, elle m’a aidé à ce moment-là. » On en a beaucoup parlé aussi avec mes proches, parce que toujours, je reviens à ce truc de légitimité. Moi, je n’ai pas été touché directement par ça, mais mon propos, il a été reçu, il a été compris, donc mission réussie. Après, c’est vrai que la ligne est fine entre avoir un propos qui touche et être à sa place, mais je pense que si j’ai reçu ce genre de message, c’est que ça a été réussi d’une certaine manière.

Maxime, qui se qualifie de plutôt solaire, est aussi très en prise avec la réalité de notre époque.

Je suis en école de journalisme, donc je suis beaucoup l’actu et ça me passionne. Là, si c’est l’étudiant qui parle d’un point de vue journalistique, c’est vrai que c’est une période assez folle, où les gens sont assez divisés, où c’est dur de réunir. Et moi, c’est quelque chose qui me tient vraiment à cœur avec la musique, c’est que, évidemment, on ne peut pas oublier tout ce qui se passe dans le monde et tout ça, mais moi, la musique, je la fais pour rassembler et je n’aime pas ce qui divise. Ce sera mon dernier mot !

Bien sûr. ne le prenez pas au mot, Max Paye a encore beaucoup de choses à dire.

Je peux faire mon petit instant promo ?

Moi, je sors mon premier album qui s’appelle « Plus tard que c’est maintenant », qui sort le 10 janvier 2026. Et le même soir, je joue en concert à Paris à la Java. La salle où Edith Piaf a fait ses débuts, ça c’est un peu la classe ! Pour mon premier concert à Paris, ça va être assez fou. On prépare un beau concert, je suis hyper fier, c’est un rêve de gosse. Donc si jamais des rezéens en vacances à Paris veulent venir me voir, passer une bonne soirée, découvrir un nouvel artiste, de la bonne musique, eh bien, vous êtes les bienvenus !

Donc, rendez-vous le 10 janvier à la Java à Paris, 105 rue du Faubourg du Temple. Vous pouvez aussi le suivre sur Instagram, YouTube et sur toutes les plateformes de streaming. Quant à nous, on se retrouve dans un mois pour une nouvelle rencontre rezéenne.

Louna, l’amitié contre la solitude

Publié le 25 novembre 2025

Un fois par mois, RezéVox braque un projecteur sur un rezéen ou une rezénne qui s’investit et qui contribue au vivre-ensemble. Aujourd’hui, nous avons rdv avec Louna Guyot-Lévy, une jeune femme d’à peine 30 ans, engagée auprès des Petits Frères des Pauvres. Depuis cinq ans, elle offre du temps et de l’amitié à Danièle, une personne âgée isolée. Elle partage avec elle éclats de rires et très sérieuses parties de Scrabble.

Une fois par mois, RezéVox braque un projecteur sur un rezéen ou une rezéenne qui s’investit et contribue au vivre ensemble. Aujourd’hui, nous avons rendez-vous avec Louna Guyot-Lévy, une jeune femme d’à peine 30 ans, engagée auprès des Petits Frères des Pauvres. Depuis 5 ans, elle offre du temps et de l’amitié à Danièle, une personne âgée isolée. Elle partage avec elle éclats de rire et très sérieuses parties de Scrabble.

Elle a une passion pour l’orthographe, elle est très forte en orthographe, ce qui fait que ça donne toujours des questionnements quand on joue au Scrabble. Et c’est drôle parce que souvent elle m’apprend des mots, et des fois c’est moi qui lui apprend des mots. Et quand je lui apprends des mots, elle me fait « Vous êtes sûre ? », Je fais « Oui, je suis sûre, Danièle. » Elle me fait « Je ne suis quand même pas très sûre. » Mais quand je vois qu’elle a vraiment envie d’avoir raison, je la laisse avoir raison. Et elle ne veut pas qu’on mette de gros mots.

C’est à la fin de ses études et en attendant de trouver son premier emploi, que Louna s’est tournée vers l’association laïque Petits Frères des Pauvres. Elle a d’abord rendu visite à Yvette avant de rencontrer Danièle.

Elle a, il me semble, 77 ans, mais je n’en suis pas certaine. Elle habite à Rezé depuis toujours en fait. Et je l’accompagne parce qu’elle vit de la solitude et surtout une situation de mort sociale, on pourrait dire. Pour moi, la différence entre la solitude et la mort sociale, c’est que la solitude, c’est vraiment un sentiment. Par exemple, on peut être super entouré et se sentir très seul, ou au contraire, être très peu entouré et pas du tout se sentir seul. Alors que la mort sociale, c’est vraiment des faits. C’est par exemple le fait de vivre la précarité, de ne voir personne, de ne jamais sortir de chez soi, de parfois passer des jours sans parler à personne, que la seule personne à qui on parle, ça va être le médecin qui vient vous voir, la caissière. Et encore, pour ça, il faut pouvoir sortir de chez soi. Et chez les personnes âgées, ce n’est pas toujours le cas.

Le courant est tout de suite passé entre elles, dès la première visite.

Ça s’est très bien passé parce que Danièle, c’est une personne qui est très gentille, elle est très souriante, elle est solaire. Elle est toujours contente de voir du monde, elle est chaleureuse. Donc elle m’a tout de suite accueillie comme si on se connaissait.

Et depuis cette rencontre, Louna se rend chez Danièle environ une fois par semaine.

Ça dépend des gens, mais Danièle, elle est assez autonome au niveau de son téléphone. Donc en fait, quand je sais que je vais pouvoir aller la voir, je l’appelle pour savoir si elle est là et puis on se donne un horaire très approximatif. Puis je sonne chez elle et je monte. Et ça dure entre une heure et deux heures. Ça dépend de mes possibilités, mais aussi de ses possibilités. Et alors, on parle de tout et rien. Souvent, on parle de la même chose. De sa vie. On parle beaucoup de sa vie. Ah, mais c’est vrai ! Mais elle parle de choses qui l’ont marquée dans sa vie, de ses peines, de ses bonheurs. Et souvent, c’est un peu en boucle. On parle de l’actualité, des choses comme ça. On parle de lecture. Un peu comme on parlerait à n’importe qui.

Louna et Danièle débattent beaucoup et elles ne sont pas toujours d’accord, mais elles se retrouvent aussi autour de sujets qui les unissent.

Ce que je trouve drôle, c’est que je trouve qu’elle est presque super féministe en fait pour son âge, parce que c’est quand même une femme qui, en situation de handicap, et je ne sais pas quel âge elle avait, mais elle avait peut-être 65 ans, elle a quand même décidé de divorcer. Je trouve que c’est quand même assez… incroyable et quand elle me parle de son ancien mari, elle me dit « mon ex ». Ça me fait rire parce que j’ai l’impression qu’elle a 20 ans quand elle me dit ça ! Elle me dit « oui, c’était une histoire avec mon ex ». C’est presque devenu comme une amie finalement, pas comme n’importe quelle amie bien évidemment, mais c’est un peu devenu comme une amie quand je vais la voir. Quand moi j’ai des choses qui me passent en tête, quand j’ai des problèmes, etc. Des fois on en discute. Et c’est agréable aussi de pouvoir discuter avec quelqu’un qui a plus d’expérience et plus de recul sur la vie. Et de voir que quand on en a gros sur la patate, par rapport aux relations amoureuses par exemple, c’est drôle parce qu’on en rigole toutes les deux. Et on se rend compte qu’il y a vraiment des sujets qui, malgré les différences générationnelles, malgré les différences de point de vue, c’est quand même des sujets intergénérationnels finalement.

Si comme Louna, vous souhaitez vous engager auprès des Petits Frères des Pauvres, vous trouverez leur numéro de téléphone sur reze.fr ou sur petitsfreres.asso.fr. L’équipe de RezéVox vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année et on vous donne rendez-vous en 2026 avec le rappeur Rezén Maxpeyyy.

Paul Rose, vivre la mort autrement

Publié le 24 octobre 2025

Comment pouvons-nous dire au revoir à une ou un défunt d’une manière digne, en dehors de toute considération religieuse ? Ce mois-ci, RezéVox donne la parole à Paul Rose, un des membres du comité rezéen « Vivre la mort autrement ». Aux côtés d’élus et de représentants d’associations, il participe à une réflexion collective en lien avec l’épreuve de la mort et du deuil. Il œuvre notamment pour que soit rendue possible l’organisation d’obsèques civiles.

La laïcité, c’est la liberté : la liberté de penser, la liberté d’expression et la liberté de conscience.

Chaque mois, RezéVox met en avant l’engagement citoyen à travers l’action d’un Rezéen, d’une Rezéenne. Aujourd’hui, nous vous présentons Paul Rose, ce retraité Rezéen, issu du secteur associatif et membre du comité Vivre la mort autrement. Ce comité, composé d’élus et de citoyens, a pour rôle de mener une réflexion et d’émettre des préconisations en lien avec l’épreuve de la mort et du deuil. Il œuvre notamment pour que soit rendue possible l’organisation d’obsèques civiles.

Des obsèques civiles, c’est des obsèques qui respectent complètement la loi 1905 au sens où l’on sépare bien l’Église et l’organisation civile. Pour le mariage, on voit bien la différence. Les gens se marient à la mairie et ils peuvent, s’ils le souhaitent, se marier de façon religieuse. Mais c’est bien deux choses différentes. Pour les obsèques, c’est beaucoup moins clair. Parce que les obsèques ont très très longtemps, j’allais dire depuis peut-être 1500 ans ou 2000 ans, été sous l’apanage des religions. Notre position, ce n’est pas du tout de s’opposer aux obsèques religieuses. Au contraire ! Mais c’est de dire qu’il y a toute une partie de la population qui attend de la part des organisations, sans savoir vraiment qui, un respect des morts au niveau obsèques civiles… où il y aura peut-être un rituel républicain, qui va évoquer les engagements républicains de la personne en tant que citoyen ou citoyenne, en tant que parent, en tant que membre d’une association, mais également par rapport à son métier… Comment cette personne qui est décédée a apporté sa contribution à la société. C’est une évocation de la personne sans référer à un dieu ou à une puissance supérieure.

Au printemps 2023, la Ville de Rezé s’associe à la démarche de dialogue sur les obsèques civiles initiée par Nantes Métropole et la ville de Nantes. Le comité rezéen, Vivre la mort autrement, est créé un an plus tard.

Dans la consultation citoyenne que notre métropole et la ville de Rezé ont organisé, il y a plusieurs personnes qui ont témoigné, qui ont dit “moi je voulais qu’il y ait une cérémonie, on ne m’a rien proposé d’autre que l’église, et on a été à l’église, alors que l’église, on n’y allait jamais, on n’est pas croyants, mais on voulait une cérémonie”. C’était un monsieur, il disait “je ne voulais pas que ma femme parte comme ça”. Et donc il a accepté une cérémonie, mais qui n’a pas de sens. Et donc la question, c’est de faire du sens, et donc de répondre à ce besoin des citoyens. La question, c’est comment permettre aux familles et aux amis de vivre le deuil ? Le deuil est une souffrance. La mort fait partie de notre vie. Et comment on peut dire au revoir à un défunt d’une façon digne, d’une façon qui nous donne l’impression que c’est vraiment un au revoir et que ça va nous aider à faire le deuil. C’est-à-dire qu’on essaye d’aborder les questions, non pas sous un angle administratif, mais d’abord sous l’angle humain, et de répondre à des besoins humains.

Le comité Vivre la mort autrement est composé d’élus, de citoyens, mais aussi de représentants d’associations. Les Amicales laïques de Rezé, l’Association Départementale des Crématistes, La Maison des Adieux, et le CAPOC, le Collectif Agissant. pour la Promotion des Droits aux Obsèques Civiles.

Dans ce comité, nous avons un temps d’échange sur : comment les pratiques mortuaires évoluent et comment la collectivité peut y répondre. Parce qu’en fait, personne ne vient à la mairie sonner en disant « il faut faire ceci, il faut faire cela ». Ce n’est pas un besoin criant, c’est un besoin émergent, mais qui devient de plus en plus important et qui reste souvent dans l’intimité des familles. Parce qu’au moment d’un décès, c’est un moment d’intimité, c’est un moment de souffrance, de repli sur soi, souvent. Ce n’est pas à ce moment-là que les gens peuvent réagir. Et donc, nous avons réfléchi sur comment informer les citoyens de cette possibilité de liberté de conscience. Donc, comment à Rezé et ailleurs, les gens peuvent exercer leur liberté de conscience.

Aujourd’hui, à Rezé, il est donc possible de réserver une salle municipale pour y organiser une cérémonie d’obsèques civiles.

La ville de Rezé a fait des travaux et a transformé la salle des mariages pour la transformer en salle de cérémonie. Il y a toujours des mariages. Les mariages sont toujours des cérémonies. Mais les mariages c’est le vendredi quelquefois, mais souvent le samedi. Donc lundi, mardi, mercredi, jeudi, la salle des cérémonies est disponible. Elle est disponible pour des obsèques civiles, et à Rezé, il y a une deuxième salle, qui est la salle de la Classerie, qui peut également être utilisée puisqu’elle est proche du cimetière de la Classerie.

Les travaux du comité ont conduit à la conception d’un guide intitulé « Pour vivre la mort autrement, je m’informe et je décide » . Il permet d’informer sur les démarches, les étapes, les obligations, les obsèques civiles ou encore sur les dons d’organes en cas de décès. Vous pourrez le trouver dans les lieux publics habituels, ainsi que dans les cimetières et chez les opérateurs funéraires de Rezé. Nous, on se retrouve au mois de décembre pour un nouveau RezéVox à l’occasion d’une nouvelle rencontre rezéenne.

Sylvie Leroy, le pouvoir des Fourmis

Publié le 30 septembre 2025

Aujourd’hui, RezéVox part en balade dans le quartier Château en compagnie de Sylvie Leroy et de ses compagnes “Les Fourmis”. A travers son témoignage, elle porte la voix d’un collectif de femmes qui s’est donné pour mission de nettoyer et d’embellir leur quartier.

Le petit colibri, par exemple, même si ça ne fait pas tout, au moins on se sent utile.

Chaque mois, RezéVox vous fait entendre la voix d’un Rezéen ou d’une Rezéenne qui s’implique pour faire bouger les lignes. Aujourd’hui, nous avons rendez-vous dans le quartier Château avec Sylvie Leroy. À travers son témoignage, c’est tout un collectif de femmes que nous vous présentons. Elles se nomment Les Fourmis et se sont données pour mission de nettoyer et d’embellir leur quartier. Pour commencer, savez-vous à quoi reconnaît-on une fourmi ?

C’est très facile. En principe, la fourmi a un gilet rose et c’est marqué dessus « fourmi bénévole ». Vous voyez, celle qui est devant vous, ça se voit vraiment. Quand on est toutes ensemble avec le rose, effectivement, si on en perd une, on sait tout de suite où elle est. Il n’y a pas de problème !

Autre caractéristique, les fourmis, roses donc, sortent tous les mercredis après-midi. Munies de sacs et de gants en plastique, elles ramassent les détritus qu’elles croisent sur leur chemin.

On ne fait pas que ça. On fait du ramassage, mais on fait aussi plein de choses positives pour le quartier. On fait de la peinture, on fait des boîtes à livres, on fait du jardinage. On essaye de positiver le plus possible.

Le groupe s’est rencontré en 2019, lors d’une balade nocturne organisée par la ville de Rezé, afin de permettre aux femmes de s’exprimer et d’ouvrir un dialogue autour de leurs ressentis dans le quartier, une fois la nuit tombée.

Et donc, on a déambulé avec pas mal de femmes, et on a sympathisé avec un certain nombre, et du coup, on s’est dit, il faut faire quelque chose. Mais on ne savait pas quoi à l’époque. Et donc, on a proposé plein de choses, repeindre des murs, faire des trucs comme ça, et faire du nettoyage pour aller vers les gens, pour créer du lien. Et c’est comme ça que c’est né. Alors au début, ce n’était pas évident, parce que les gens ne comprenaient pas pourquoi on faisait ça, “il y a des gens qui sont payés pour ça, c’est n’importe quoi…” Et puis au fil du temps, ils se sont habitués à nous, et du coup, on a beaucoup de remerciements. Les gens sont contents de l’action qu’on mène, et ils ont conscience de ce que ça représente pour leur quartier. Ça donne une image un petit peu plus agréable. Et moi je reste persuadée que, comme toutes les fourmis, un quartier propre on s’y sent mieux, même si ça ne protège pas de tous les dangers, mais quand même on s’y sent mieux.

Sylvie Leroy insiste, ramasser pour embellir, mais aussi pour créer du lien entre les habitants du quartier.

On commence à en connaître pas mal et effectivement quand ils ont des problèmes ils viennent nous voir. En plus, il se trouve que dans les fourmis, il y en a plusieurs qui ont la double casquette avec le conseil citoyen. Donc ils savent très bien qu’on va faire remonter leur parole. Et puis souvent quand ils viennent, ils sont complètement dépités, ils nous racontent leurs trucs et quand ils partent ils sont réconfortés. Rien que ça déjà, ça vaut beaucoup pour nous, c’est important. Et puis de mettre des visages sur les gens de notre quartier, ça rassure tout le monde. C’est un petit sourire, une parole, c’est toujours mieux dans ce sens-là. Et ça fonctionne plutôt pas mal. Les fourmis commencent à être célèbres. Mais dans le bon sens du terme, donc ça va ! On passe de bons moments ensemble, on est contentes de se retrouver. Et on finit toujours sur une note conviviale, on finit toujours sur un goûter, on refait le monde en général, ce qui est normal dès qu’un groupe de personnes se retrouve, c’est ça. Et ça perdure dans le temps. Donc on ne s’envahit pas, mais on sait que s’il y a besoin, si une est malade, on va lui faire ses courses et tout ça… On se connaît et vraiment on se soutient. On fait même des sorties à la mer ensemble, on fait des choses autres que dans le quartier. Et puis c’est rassurant de connaître des gens et d’avoir des copines pas très loin, c’est chouette ! Si ça dure dans le temps, c’est parce qu’il y a une réelle amitié qui s’est créée entre tous les participants. Donc on a vraiment plaisir à se retrouver le mercredi. Et je pense que ça peut marcher dans tous les quartiers. On a eu la chance d’être invitées à Paris justement par la ministre de la Ville. C’était beaucoup des femmes, on se rend compte que c’est beaucoup de femmes qui se mobilisent. Et en fait, dans tous les quartiers, il y a des gens comme ça qui bougent. Et on a vu des gens bien plus performants que nous et qui arrivent à rendre l’endroit agréable parce qu’elles font leur combat. Moi j’appelle ça un combat, c’est peut-être pas le mot exact. Mais en tous les cas, elles se bougent pour leur quartier. Il ne faut pas hésiter à démarrer. Une et puis deux, et puis après les gens, ils viennent. Nous, on a des gens qui sont rentrés aux fourmis en nous voyant faire. Elles sont venues nous demander ce qu’on faisait. Donc voilà, on est contentes. On est fières de nous. On va faire en sorte que ça dure !

Si vous habitez le quartier Château et que vous souhaitez rejoindre le collectif, les Fourmis vous accueillent à bras ouverts chaque mercredi à 14h devant leur local, allée Touraine, sauf pendant les vacances scolaires.

Et nous, on se donne rendez-vous le mois prochain pour une nouvelle rencontre rezéenne.

Christine, dans le Tourbillon du réemploi

Publié le 26 août 2025

La rue Félix-Faure dans le quartier Pont-Rousseau pourrait être rebaptisée : “rue de la seconde main” tant les boutiques d’occasion ou de réparation y sont nombreuses ! Pour affirmer cette particularité, le 27 septembre prochain, les commerçants de la rue organisent leur premier festival de la seconde main et de la réparation. Une idée impulsée par Christine qui tient Le Tourbillon, une boutique d’objets de décoration d’occasion.


En fait, je me rends compte qu’il y en a plein des objets qui peuvent resservir, refaire le bonheur des gens, et puis d’avoir une consommation intelligente et responsable.

Une fois par mois, RezéVox donne la parole aux Rezéennes et aux Rezéens qui s’engagent pour faire bouger la ville. Aujourd’hui, nous avons rendez-vous rue Félix Faure, dans le quartier Pont-Rousseau. Le 27 septembre prochain, les commerçants y organisent leur premier festival de la seconde main et de la réparation. Une idée impulsée par Christine. qui tient le Tourbillon, une boutique d’objets de décoration d’occasion.

Il y a très longtemps, depuis que je suis toute jeune, je suis acquise à cette cause d’essayer d’utiliser des objets qui ont déjà eu un premier usage… Pour le geste, pour la planète, mais aussi parce que c’est un objet qui a du caractère, qui a une histoire. Et parfois, on a le partage de cette histoire. Donc ça, c’est vraiment intéressant. Et oui, il y a vraiment du lien qui se fait avec les gens.

Dans cette rue, Christine n’est pas la seule à partager cette envie de consommer autrement.

Celles qui ont commencé, c’est Miss Récup et Recycle, qui font de la fripe et des ateliers de couture. Mais il y a aussi La Ritournelle, qui est juste à côté de ma boutique. Roxane l’a ouverte il y a un peu plus de 4 ans. Elle fait du vêtement pour femmes, une très belle sélection. Et puis il y a aussi Angèle, qui a ouvert Nawak, une boutique de brocante où on trouve une très belle sélection d’objets et de petits meubles. Et un peu plus loin, sur la place, il y a tout ce qui est jeux vidéo. Alors, c’est un univers que je ne connais pas, je ne peux pas rentrer dans le détail, mais voilà. Donc ça, c’est vraiment purement la seconde main, mais c’est aussi la réparation. Et dans la rue, on a deux gars qui font de la super réparation de tout ce qui est ordinateur, téléphone, etc… On a quand même trois ateliers de couture. L’atelier RafMar, qui est juste à côté de moi, fait de la restauration de sièges et de la couture. Et plus bas, les filles aussi qui font de la couture. Et puis, il y a aussi Colégram, qui œuvre aussi pour des achats alimentaires et autres sans emballage. Donc, ça va un peu dans la même histoire. Vraiment, c’est une super rue. Moi, j’adore ma rue de travail !

Il y a quelques mois, Christine a proposé à l’Association des commerçants de faire de cette particularité une marque de fabrique et de créer un événement.

J’ai constaté qu’on était quand même plusieurs à œuvrer sur ce domaine-là dans la rue. Et ça me semblait important de le valoriser et puis aussi de valoriser nos commerces. On en a parlé aussi à nos clients et ils étaient super partants pour qu’on fasse ça. Donc, je suis allée voir la mairie directement parce que j’avais envie que la mairie de Rezé s’associe à notre projet. Et tout de suite, ils ont été emballés par cette idée ! Ils nous ont soutenus dans cette dynamique, plus le soutien à cette dynamique qui est portée par des habitants et par des commerçants pour faire vivre le quartier. Et donc c’est ensemble qu’on organise ce festival de la seconde main et de la réparation dans le quartier Pont-Rousseau.

Le festival se tiendra le samedi 27 septembre. Il réunira une trentaine d’exposants de la seconde main. On pourra y trouver des vêtements upcyclés, des articles de sport, des objets d’art, du matériel informatique, des plantes, des bijoux, de la restauration de sièges, des disques ou encore de la vaisselle.

Et on va aussi proposer des animations. Il va y avoir une super compagnie de clowns qui s’appelle la compagnie Füt-Füt qui va nous faire une petite prestation dont je ne révèle rien parce qu’il faut avoir la surprise. Ensuite, il va y avoir un atelier de rempotage avec le Pépin Sauvage. Il y a l’association Les Champs des Coquelicots qui va faire des ateliers autour du tissu. Il y a RafMar qui va faire un atelier de couture. Il y a Macapi, c’est une plasticienne qui va faire des ateliers créatifs, ouvert aux familles, avec des éléments plastiques et qui va aussi en profiter pour un peu expliquer la vie du déchet.

Ce festival n’a pas pour objet de valoriser uniquement les commerçants. Tous les acteurs de la rue y sont associés parce que l’objectif est de valoriser le lien social généré par cette vie de quartier.

C’est vrai que cette rue, qui est une rue historique de Rezé, c’était une rue où il y avait énormément de commerces et où il y a une vraie vie de quartier. C’est vrai qu’il y a du lien social, oui. On parle beaucoup avec nos clients. On a la résidence senior, donc il y a beaucoup de papis et de mamies qui passent tous les jours dans la rue, à qui on dit bonjour, un petit mot, etc. Et souvent, les gens nous disent « Oh là là, qu’est-ce que vous êtes gentils, les commerçants de cette rue ! » C’est vrai, c’est pas pour me mettre en avant, mais… On a souvent des compliments de ce côté-là, parce qu’il y a une super énergie dans cette rue !

Rendez-vous au festival de la seconde main et de la réparation, samedi 27 septembre, de 10h à 18h, rue Félix Faure à Rezé. C’est gratuit et ouvert à tous et toutes. Votre RezéVox revient le mois prochain. Cette fois-ci, nous serons dans le quartier Château avec “les fourmis”. Des Rezéennes, bien décidées à rendre leur quartier plus propre et plus agréable à vivre.



Chez Paolo et Chloé, blabla, musique et cuisine

Publié le 27 mai 2025

Paolo et Chloé sont deux passionnés. Lui, c’est la musique, elle la cuisine. Ce duo passe le plus clair de son temps derrière le comptoir du BlablaBar situé sur l’esplanade juste en face de la gare de Pont Rousseau. C’est un café de quartier qui leur ressemble :  on y mange, on y joue, on y chante, on y rit beaucoup et surtout on s’y rencontre.


Je crois que les gens en ont besoin en ce moment, de discuter, de s’amuser, surtout de
s’amuser, de se lâcher.

Une fois par mois, RezéVox tend son micro à un rezéen ou une rezéenne. Leur point
commun ? Faire bouger la ville. Aujourd’hui, on vous présente Paolo et Chloé.
Ensemble, ils passent le plus clair de leur temps derrière le comptoir du Blablabar.
situé juste en face de la gare de Pont-Rousseau. C’est un café de quartier dans lequel
on mange, on joue, on chante, on rit beaucoup et surtout, on se rencontre.

Paolo
C’était pendant le Covid, il faisait chaud. On était sur la terrasse de notre appartement. On
s’en rappelle comme c’était hier ! Et on s’est dit, mais qu’est-ce qu’on s’ fait chier… Et on a
dit, on va s’acheter un bar. Et puis voilà, c’est parti de là en fait.

Chloé
Parce que Paolo adore la musique. Il a pris un bar juste… pour ça ! Pour passer de la
musique forte toute la journée. Que les clients le veuillent ou pas !

C’est vrai ?

Paolo
Oui, c’est vrai. Je leur mets la radio portugaise toute la journée. Ils arrivent dans le bar avec
le soleil et ils se croient autre part. Même nous, même pour travailler.

Chloé
Toi, t’as une âme d’animateur. T’adores ça. Moi, j’aime bien nourrir les gens.

Paolo et Chloé y tiennent le Blabla Bar. C’est un bar de quartier. Un lieu de
rassemblement ouvert à tous et toutes. Et comme son nom l’indique, les bavards et
les bavardes sont acceptés, voire encouragés.

Paolo
Ça va dans les deux sens. Si on n’est pas là pour écouter, ils ne sont pas là pour parler non
plus.

Chloé
La plupart du temps, ça se termine en une seule et même grosse table.

Paolo
Les gens discutent, c’est vraiment cool. Dans l’échange, en fait, c’est surtout ça. Puis on a
des clients super cool aussi. Franchement, c’est vrai, on a des clients, c’est des perles.

Chloé
Qu’il y ait du monde dehors, ça encourage tout le monde à rester dehors. L’esplanade s’y
prête. Dès les beaux jours, les concerts sont en extérieur, on fait des tournois de palets sur
la place, les gens rigolent. Même quand on a fermé, quand on a encaissé tout le monde, ils
restent à poireauter parce qu’ils n’ont pas fini de parler. Ils restent encore une heure devant
le bar !

Et pour permettre à tout le monde de se lâcher, Paolo et Chloé ont mis en place une
programmation culturelle et festive.

Paolo
Tous les premiers Jeudis du mois c’est Los Martos qui vient, c’est un troupe d’impro de
Rezé. Le dernier vendredi du mois c’est karaoké et une fois par mois c’est blind test. Et
scène ouverte aussi le samedi, un samedi par mois. Et après, entre chaque il y a des
concerts, des DJ aussi, beaucoup de DJ parce que j’aime bien la scène électro.

Chloé
On se déguise…

Paolo
On se déguise aussi, ouais c’est vrai. T’es pas obligé de le dire ça !

Ah mais je veux en savoir plus sur le déguisement, là ça y est, vous avez ouvert la
porte !

Paolo
C’est des thèmes : “Lapin et Tequila” ou “années 80”… Là, on s’était tous déguisés à la
Cyndi Lauper.

Chloé
On était tous en rose kitch !

Paolo
Puis on se fend la gueule ! On s’éclate ! C’est surtout ça, on s’éclate.

Une autre dimension importante dans le projet de Chloé et Paolo, c’est de vivre en
harmonie et de tisser des liens avec leurs voisins les plus proches.

Chloé
On a une résidence senior accolée au bar. On a des tours HLM, d’autres commerçants…

Paolo
Donc on connaît presque tout le monde dans le quartier. C’est vivant, quoi. C’est
enrichissant aussi pour nous, mais même pour les autres, parce que certaines personnes
n’ont pas d’argent. Ils prennent un café, puis ils écoutent la musique, et tant mieux. Ils
peuvent même s’installer juste en face, sur les bancs qui sont installés sur la place, et puis
écouter la musique, quoi. Sans consommer, ils ne sont pas obligés de consommer. S’ils
veulent prendre un verre d’eau, ils prennent un verre d’eau. Chacun fait attention à l’autre,
en fait dans le quartier, c’est ça qui est important.

Cette année, Chloé et Paolo se sont lancé un nouveau défi : organiser un mini festival
gratuit le vendredi 20 juin, à l’occasion de la fête de la musique.

Chloé
On va complètement investir la place avec une scène de 60 mètres carrés où on va faire
venir trois groupes, Fucking Fucks, qui sont un groupe de Rezé, la tête d’affiche Les
Ramoneurs de Menhirs, groupe punk breton, et on finit avec le DJ Sihirbaz et au milieu de la
foule va déambuler, les Los Martos.

Paolo
Il y aura aussi des galettes, des crêpes, une buvette. La place s’y prête, autant la faire vivre.
La vie de quartier, comme on dit !

Le Blabla Bar nous réserve encore quelques surprises. Chloé et Paolo ont des idées
pour la rentrée, comme proposer des réparations de vélos avec l’association Les
Déraillés, ou encore organiser un petit marché. D’ici là… Rendez-vous le 20 juin à
partir de 18h pour la fête de la musique. L’équipe de RezéVox vous souhaite de passer
un très bel été. On se retrouve au mois de septembre.



Samuel a de l’énergie à revendre !

Publié le 29 avril 2025

Samuel Faure, un ingénieur spécialisé dans les énergies renouvelables est l’instigateur de Rezé Watt heure’s, un projet écologique et citoyen porté par un collectif d’habitants du quartier Blordière. L’idée ? Utiliser le toit du gymnase Perrichon pour y installer une centrale photovoltaïque… Une façon de produire de l’énergie renouvelable locale, démocratique, non-spéculative et écologique.


On sort un peu des silos de fonctionnement habituels où on a une association, des élus en face. Là, le but du jeu, c’est de faire ensemble.

RezéVox, c’est chaque mois la voix de celles et ceux qui font bouger la ville de Rezé. Aujourd’hui, on vous présente Samuel Faure, un ingénieur spécialisé dans les énergies renouvelables. Il est l’un des instigateurs de Rezé Watt heure’s, un projet écologique et citoyen porté par un collectif d’habitants du quartier Blordière. L’idée ? utiliser le toit du gymnase Périchon pour y installer une centrale photovoltaïque. Une façon de produire de l’énergie renouvelable locale, démocratique, non spéculative et écologique.

Rezé Watt heure’s, c’est un collectif informel de citoyens réunis autour de l’amicale laïque. On est un certain nombre de riverains à être pratiquants en basket notamment, donc c’est un petit club de quartier, très formateur de jeunes, proche de l’école… Et puis moi, à titre personnel, je viens des métiers des énergies renouvelables. J’ai vu se développer un certain nombre de projets citoyens émergents dans les territoires, et je me suis dit, bah tiens, on a un bel outil avec ce gymnase dans lequel on se retrouve tous les week-ends, est-ce qu’il n’y a peut-être pas un truc à réfléchir là ? Faire qu’on sorte un peu de nos cercles “écolos militants”, on va dire, pour amener vers ces projets-là des gens qui ne sont pas forcément dans ce milieu-là. C’est un métier un peu compliqué… On parle d’énergie, de relations avec le réseau, etc. Ce n’est pas toujours très excitant comme sujet, mais j’avais des compétences et puis l’envie d’aller chercher une dynamique collective autour de ce projet-là.

Une fois l’idée germée dans la tête de Samuel, un premier collectif est constitué avec plusieurs membres de son équipe de basket.

De fil en aiguille, ça s’est fait de bouche à oreille. Il y a les parents qui sont venus prêter un coup de main parce que ça les intéressait. Donc voilà, on a aujourd’hui toujours un petit collectif d’une dizaine de personnes actives. Les motivations sont très diverses pour venir contribuer à un projet comme ça. Il y a la dimension collective, faire un geste pour la planète, ça parle pas mal aux gens. Il y a aussi des gens qui vont venir là pour des aspects économiques, parce qu’on est dans un projet d’entreprise. On va investir de l’épargne pour financer des énergies renouvelables. Alors on n’est pas sur des rentabilités boursières ! On reste sur des choses raisonnables, mais ça permet aussi de faire de l’éducation populaire sur comment fonctionne une entreprise, comment on conduit un projet d’investissement qui va peser grosso modo 200 000 euros… Donc ce n’est pas une paille !

Étape 2, convaincre la ville de les suivre dans ce projet. La proposition est de profiter de la rénovation de la toiture du gymnase pour y installer des panneaux solaires.

Donc on a fait une première proposition à la mairie qui nous a accueillis très favorablement. Les premiers contacts remontent à la mandature précédente, c’était en 2018. A l’époque ce n’était pas une priorité pour la mairie d’engager les rénovations de ce bâtiment. On a conservé cette idée chacun de notre côté puis on l’a “recyclée”. il y a quelques mois maintenant on a repris contact avec les nouvelles équipes. On retrouve quelques anciens élus qui connaissaient déjà le projet puis surtout les équipes techniques avec qui on va être amené à travailler dans les mois qui viennent pour implanter un projet citoyen sur un bâtiment public.

Pour mener à bien le projet, le collectif Rezé Watt heure’s s’appuie sur la communauté CoWatt. Un outil d’investissement citoyen uniquement composé de bénévoles. Aujourd’hui, CoWatt accompagne plus d’une vingtaine d’installations photovoltaïques en production dans la Région Pays de la Loire.

J’ai pu effectivement m’adosser à cet outil pour montrer que c’est, certes un sujet pas simple, mais en tout cas, qu’on sait s’organiser entre citoyens pour conduire des projets comme ça. Et ça, ça a été, je pense, un vrai levier. En tout cas, faire sauter ce frein : de dire c’est compliqué, il va falloir qu’on constitue une société, etc. On a déjà cet outil dont on peut se saisir. Et donc ça, c’est aussi plutôt enthousiasmant et assez motivant, de ne pas se retrouver confrontés aux obstacles les uns après les autres, sachant que d’autres les ont déjà rencontrés.

La totalité de l’énergie qui sera produite sur le toit du gymnase Périchon sera entièrement revendue sur le réseau. Ça, c’est le modèle CoWatt. Mais l’énergie produite sera tout de même consommée localement.

Parce que l’énergie, elle va aller au plus près ! L’électron, il est feignant, il va d’abord alimenter le bâtiment en tant que tel, puis les riverains dans le secteur. Mais on voit qu’en ce moment, on est sur des logiques un peu évolutives. Le soutien du gouvernement aux renouvelables est en train d’évoluer. On va de plus en plus vers des logiques d’autoconsommation. Et donc là, c’est aussi des choses assez nouvelles. Donc on commence tout juste à en discuter avec la ville de Rezé pour voir dans quelle mesure ce projet-là ne pourrait pas aussi alimenter des consommateurs locaux en direct. Et je pense que c’est aussi un facteur d’adhésion pour les riverains, de pouvoir se dire je mets un peu d’épargne dans ce projet-là, mais demain je peux aussi être consommateur de l’énergie produite.

Et lorsqu’on investit de l’épargne dans un projet comme celui-ci, la rentabilité est de l’ordre de 2 à 3%.

Sachant que tous les investissements sont mutualisés. C’est aussi la force de Cowatt. On devient tous souscripteurs d’un outil. Et on finance ensemble des projets à Saint-Nazaire, à Angers, en Vendée, etc. Donc tout ça, c’est un pot commun. Mais c’est aussi un facteur de réassurance dans le sens où on mutualise aussi les risques. Mais voilà, on n’est pas sur des logiques spéculatives, on est sur des logiques de rentabilité voisines du livret A. A ceci près que là, on sait à quoi sert l’épargne. Elle vient financer des projets de production renouvelable, alors que le livret A, on ne sait pas toujours très bien à quoi il est fléché.

Avec un ticket d’entrée à 105 euros, la volonté est de rendre cet investissement accessible au plus grand nombre.

Effectivement, il faut pouvoir mettre 100 euros dans le projet, mais le ticket d’entrée est volontairement suffisamment bas pour que les gens y trouvent autre chose que de la rentabilité économique. Ils vont aussi venir trouver du lien social, trouver une dynamique collective, apprendre de nouvelles choses autour de tout ce qu’on a évoqué, de la production d’énergie, du fonctionnement d’une entreprise, etc. Ce type de projet vient aussi recréer des espaces démocratiques entre les citoyens et leurs élus. Et c’est une façon de faire ensemble des projets, en dehors de toute logique partisane ou politique, au sens politicien du terme. La commune réfléchit à venir investir aussi dans CoWatt pour montrer son engagement à soutenir le projet. Ça, c’est aussi des signes importants dans ces temps un peu troublés, de pouvoir faire coexister un projet avec une impplication d’élus et de citoyens. Je trouve que ça recrée un lien dont on a besoin.

Plus d’infos sur le mouvement CoWatt sur cowatt.fr. Si vous souhaitez rejoindre le projet Rezé Watt heure’s, direction Facebook et LinkedIn, vous trouverez les contacts du collectif. Prochaine rencontre rezéenne, c’est dans un mois et c’est dans RezéVox.



Martine Vittu, une vie Radieuse

Publié le 24 février 2025

À l’occasion des 70 ans de la Maison Radieuse, RezéVox vous présente Martine Vittu, une des plus anciennes résidentes de cette unité d’habitation pensée par l’architecte Le Corbusier. Elle y a emménagé en 1956.  Elle ne l’a jamais quittée et compte y rester le plus longtemps possible. 


Très vite, j’ai pris conscience, on a pris conscience qu’on n’habitait pas n’importe où.

Une fois par mois, RezéVox vous fait entendre la voix d’un rezéen ou d’une rezéenne. Aujourd’hui, à l’occasion des 70 ans de la Maison Radieuse, nous partons à la rencontre de Martine Vittu.

Je vais essayer de vous faire découvrir la Maison Radieuse.

Une des plus anciennes résidentes de cette unité d’habitation pensée par l’architecte Le Corbusier.

Vous habitez à quel étage ?

Le mot étage est un terme qu’on n’utilise pas à la Maison Radieuse. C’est, vous habitez à quelle rue ? Donc j’habite à la 5e rue. Et il y en a 6 au total.

Dans les années 50, les cités radieuses répondaient notamment aux besoins de logement de l’après Seconde Guerre Mondiale. Mais celle de Rezé avait une vocation sociale. Elle devait permettre à des foyers modestes d’accéder à la propriété.

Voilà, ce que nous, nous appelons une rue. Puisqu’effectivement, nous habitons dans un village vertical, mais un village. Donc dans un village, il y a des rues, il n’y a pas des couloirs.

Un village vertical, c’est l’invention de Le Corbusier. Intégrés dans le même bâtiment, des logements et tous les équipements collectifs nécessaires à la vie. École, bureau de poste, commerce et surtout, des lieux de rencontres.

C’est la première fois que vous entrez dans un appartement de la Maison Radieuse, peut-être ? Ce n’est pas tellement surprenant aujourd’hui, mais ce qu’il faut bien imaginer, c’est le choc que ça a été pour les premiers habitants. Et que ce qui est devenu aujourd’hui une banalité, comme le duplex ou comme la cuisine ouverte, ça a été pour nous, les premiers habitants, une véritable révolution. Pour nos mères encore plus ! Et puis, ça a été aussi un accès au confort qu’on ne connaissait pas, puisqu’on arrivait tous soit de logements exigus, soit de logements insalubres. Et donc, pour la première fois, on avait du chauffage. Pour la première fois, on avait des toilettes privatives. Pour la première fois, on avait une salle d’eau. Et ça, pour nous, ça a véritablement été un changement.

Martine et sa famille sont arrivées à la maison radieuse en 1956, un an après l’emménagement des premiers habitants.

Quand je suis arrivée à l’âge de 9 ans, ma première impression, je crois que ça a été le gigantisme du bâtiment. J’habitais dans le centre-ville de Nantes, c’était quand même une transformation radicale. L’espace autour du bâtiment, parce que même si le parc ne faisait que deux hectares, alors qu’aujourd’hui il en fait six, entre le parc de la Maison Radieuse et la rue de la Fosse, en plein centre de Nantes, c’était quand même très différent. Je crois aussi que ce qui m’a frappée, c’est la lumière. Puis après, au-delà de l’aspect architectural, il y a eu la vie qu’on menait dans le bâtiment et en particulier tous les liens qu’on pouvait y développer. Et les premières générations étaient des familles nombreuses. Et donc la quantité phénoménale de copains et de copines qu’il y avait dans cet immeuble !

Dans la maison radieuse, il y a 294 appartements qui vont du studio au T6. Martine a d’abord habité dans un T4 avec ses parents et ses frères et sœurs. Puis elle a déménagé plusieurs fois sans jamais quitter le bâtiment.

C’est aussi que le bâtiment permet (et c’est Le Corbusier lui-même qui le dit) de conjuguer à la fois la vie privée et la vie collective. C’est-à-dire qu’on est obligé de dire bonjour, bonsoir aux gens qu’on croise dans le hall ou dans les ascenseurs. On peut très bien entrer dans l’appartement, fermer sa porte et puis vivre sa vie. Par contre, si on a besoin ou envie de liens sociaux, de voir les autres, de pratiquer des activités avec les autres, de rencontrer les autres, d’échanger avec les autres, Le Corbusier a conçu les espaces pour. Donc il y a le parc, il y a le hall, il y a l’école, et puis il y a tous les locaux associatifs qui sont répartis dans l’escalier central, et où on peut faire de la couture, de la sérigraphie, de la musculation, de la photo, où on peut échanger ses vêtements… C’est un exemple de vivre ensemble, et actuellement je crois que dans certains collectifs il y a maintenant des mètres carrés sociaux qui sont prévus. C’est-à-dire qu’on s’aperçoit qu’il faut prévoir des lieux pour que les gens se rencontrent.

Et cette vie de village, elle a toujours existé, ça, est-ce que ça a toujours fonctionné ?

Je serais tentée de dire oui. Bon, en 70 ans, il y a eu des hauts et des bas, bien sûr. Il y a eu des périodes plus intenses et d’autres plus calmes. Il y a eu, il ne faudrait pas oublier, 1968. Mai 68 à la maison radieuse… toutes les portes ouvertes… des discussions partout… des cellules de plusieurs partis politiques… On a vraiment vécu mai 68 à la Maison Radieuse ! Donc effectivement, il y a bien un esprit particulier. On mène surtout une vie qui n’est pas du tout la vie d’un immeuble lambda. Parce qu’on n’est pas isolé à la Maison Radieuse. Par exemple, le confinement. On l’a pas vécu de la même manière du tout que plein d’autres gens. D’abord parce qu’on avait nos six hectares de parc, que c’était notre jardin. Et parce qu’il y avait toujours quelqu’un, enfin, alors bon, moi je fais partie des personnes les plus âgées du bâtiment, mais il y avait toujours quelqu’un pour déposer à ma porte un morceau de gâteau, un petit plat, m’envoyer un petit coup de fil pour me demander s’il y avait besoin de quelque chose. Et c’est aussi pour ça qu’on essaye de vivre à la Maison Radieuse le plus longtemps possible, si physiquement on peut le faire. C’est parce qu’on n’est pas un anonyme et on sait que si on a besoin, même de changer une ampoule ou de faire une petite réparation, on va trouver quelqu’un pour le faire.

Tout au long de cette année 2025, plusieurs temps forts sont prévus pour fêter les 70 ans de la Maison Radieuse. Si vous voulez tout savoir, direction la page Facebook Maison Radieuse. de Rezé. RezéVox revient le mois prochain pour porter la voix et le parcours singulier d’un rezéen, d’une rezéenne.


Séverine et Françoise, lauréates des Enveloppes de quartiers

Publié le 22 janvier 2025

L’appel à projets pour la 2e édition des Enveloppes de quartiers est ouvert jusqu’au 7 février. Un budget de 5 000 € est alloué à chaque quartier pour la réalisation d’un projet d’intérêt général correspondant aux compétences de la Ville. Françoise Chevillon et Séverine Rommé, lauréates de la première édition avec le projet « Carré d’Ragon » nous partagent leur expérience.

FC – Ici, on l’appelle le carré d’Ragon maintenant, mais il ne s’appelait rien du tout avant !

Chaque mois, RezéVox vous présente celles et ceux qui font vivre notre territoire. Aujourd’hui, coup de projecteur sur les enveloppes de quartiers, dont la deuxième édition est ouverte jusqu’au 7 février. Ces enveloppes permettent aux Rezéens et aux Rezéennes de financer à hauteur de 5 000 euros un projet pour leur quartier. Séverine Rommé et Françoise Chevillon sont lauréates de la première édition. Avec une équipe constituée de plusieurs familles, elles ont créé une nouvelle place de quartier, juste devant l’entrée de l’école élémentaire Ragon. Françoise Chevillon, comédienne, nous raconte comment est née cette belle histoire.

FC – Il y a toujours des histoires dans ce qui nous arrive dans la vie… On est parents d’élèves de l’école de Ragon et on passe pas mal de temps à attendre nos enfants. Et devant l’école, il y a un carré de verdure où il n’y avait rien, absolument rien. Et où nos enfants jouent sur deux cailloux. Là, il faudrait une petite musique de violon derrière parce que voilà… Et nous, parents, on discutait. Et puis un jour, quand on a vu dans les sucettes de la ville, “les enveloppes de quartiers, vous pouvez déposer vos idées”, on s’est dit, ça serait bien qu’on ait un endroit convivial pour s’asseoir, discuter, goûter et puis attendre nos enfants… qui jouent toujours sur les deux cailloux !

Aussitôt dit, aussitôt fait, les parents s’organisent. Chacun trouve sa place et c’est Séverine Rommé, architecte d’intérieur, qui dessine le projet.

SR – Donc, une structure en bois pour pouvoir s’asseoir à plein de hauteurs différentes, des tables, des bancs… On a des enfants qui sont en maternelle et les plus grands jusqu’en CM2, donc que tout le monde puisse y trouver sa place… D’avoir des groupements de 3-4 tables qui permettent aussi de faire l’école du dehors, d’avoir une classe entière qui puisse s’asseoir. Et des petites pergolas pour y faire pousser des plantes qui nous donneront un peu d’ombre, avec de la chance.

FC – Dès le premier soir, tout le monde l’avait investi. C’est-à-dire que tout le monde s’asseyait de manière plus ou moins formelle, mais prenait appui. C’était comme s’il avait toujours été là. Et effectivement, quand on attend les enfants le soir, les gens s’assoient, discutent. Le midi, il peut y avoir des travailleurs qui viennent manger. Cet espace a été naturel pour tout le monde dans son usage.

Mais avant de vivre tous ces moments conviviaux au Carré d’Ragon, l’équipe de parents d’élèves a porté le projet pendant plusieurs mois. Première étape, proposer sa candidature.

FC – Alors, il y a une note d’intention. C’est-à-dire qu’il faut écrire le projet avec des images, si on peut, et puis avec un devis. Donc, c’est assez simple. Et puis après, il y a un petit lien Internet où on poste tout ça.

SR – Le dossier en lui-même, je pense qu’il est accessible à tout le monde. Après, il y a un vrai échange avec le dialogue citoyen pour justement pouvoir monter le projet complet et voir s’il est viable, s’il est faisable. Parce qu’on a appris plein de choses, forcément, sur comment on occupe l’espace public. Mais ils ont répondu à nos questions au fur et à mesure. Donc je pense que chaque projet est différent. Il y aura forcément des questions qui se poseront. Et c’est là où le dialogue citoyen est top et peut répondre à toutes les questions pour avancer dans le projet.

FC – Après l’étude de faisabilité… Il y a quand même une notion qui nous a un petit peu surprises, c’est-à-dire qu’on fait campagne ! On fait campagne parce qu’il y a un vote en fait. La ville nous a donné des tracts et il fallait qu’on aille parler de ce projet aux gens.

Et vous êtes allé où ? Vous avez fait les marchés comme les hommes politiques ?

FC – Oui, c’est ça. Exactement. C’était inattendu. Mais c’est marrant.

Et l’aventure ne fait que commencer. Les familles ont encore plein d’idées dans la tête. Et pour les faire exister, elles ont ouvert une cagnotte en ligne.

SR – Avoir quelque chose de plus grand, il y a notamment toute une partie où on aurait aimé faire avec le CSC une petite scénette, pour pouvoir avoir du petit théâtre de quartier, des petites animations…

Ce projet ne mobilise pas que les parents, c’est aussi un apprentissage de la citoyenneté en famille.

FC – On l’a fait aussi avec nos enfants, ça leur a permis d’apprendre qui était la Maire de la ville, ce que c’était qu’un conseil municipal… Toutes ces questions-là, c’était rigolo de les vivre.

SR – Je me rappelle encore de la réunion des lauréats, je ne sais plus comment on l’a appelé, mais cet amphithéâtre avec la Maire et plusieurs représentants. Les enfants étaient très impressionnés, très sérieux. Alors, ils ne sont pas très grands, ils sont à l’école primaire, mais ils ont réussi pendant une heure et demie à écouter tout ce qui se passait, à voir quels étaient les projets lauréats et pourquoi. Et c’était vraiment chouette cette ambiance familiale et de se dire, on mêle notre vie perso à notre vie dans la ville et de ce qu’on fait dans la ville, c’est chouette.

Pour soutenir le projet de Françoise et Séverine et des parents d’élèves de l’école de Ragon, direction la cagnotte Carré d’Ragon sur helloasso.fr Et si vous aussi, vous portez une initiative citoyenne dans votre quartier, vous pouvez être soutenu par les enveloppes de quartiers. Pour ça, il faut postuler en ligne jusqu’au 7 février sur enveloppequartier.reze.fr.

Suzanne Dezecot tricote du lien social

Publié le 23 décembre 2024

Suzanne Dezecot est l’une des tricoteuses de l’atelier “Les petites mains” qui se réunit deux fois par semaine au centre socioculturel Ragon. A 92 ans, elle tricote une centaine de bonnets chaque année qu’elle offre aux plus démunis. Elle a confié son histoire faite d’accueil et de partage au micro de RezéVox.


Le partage, vous voyez, ça existe. Il suffit que chacun donne un petit peu de son temps.

Chaque mois, RezéVox vous propose une rencontre avec des hommes et des femmes qui s’investissent et qui contribuent au vivre ensemble. Aujourd’hui, direction le centre socioculturel Ragon, au sud de Rezé, pour y rencontrer Suzanne Dezecot. À 92 ans, elle vient ici deux fois par semaine, tricoter pour les plus démunis.
Nous sommes accueillis par Alban Edigio. le directeur du centre.
 

Ici, c’est la maison de quartier, la maison des habitants. Tout le monde est bienvenu.
On accueille tout le monde et on fait plein d’activités. En ce moment, on a un atelier de cuisine et “Les petites mains”…

Dans la salle, quatre personnes sont venues tricoter autour d’une grande table. Nous rencontrons Suzanne, aiguille en main, face à plusieurs pelotes bleues et blanches.

Je tricote des bonnets. Alors là, j’ai tricoté des bonnets pour les migrants, pour les personnes qui n’ont pas de logis, enfin bref… Tous les ans, je m’étais promis de faire cent bonnets. Alors tous les ans, je fais cent bonnets. Puis je fais des tours de cou ou des couvertures. Et là, cette année, j’ai fait deux grandes couvertures.

Suzanne Dezecot est l’aînée d’une fratrie de 13 enfants. Elle a appris à tricoter très jeune, en 1939, au tout début de la guerre.

C’est une petite dame qui n’avait pas eu d’enfant et elle m’a pris pour m’apprendre à tricoter… des chaussettes ! Les chaussettes, c’est très laborieux, hein ! Il faut tricoter avec quatre aiguilles. Il faut compter ses mailles tout le temps, c’est compliqué ! Mais c’était la guerre, et les chaussettes, on n’en avait pas beaucoup et on était nombreux. Alors cette personne m’a dit, moi j’ai des tricots, on va les détricoter. Donc on a détricoté pour faire des chaussettes. Je ne vous dis pas que mon travail était parfait… (rires)

Et aujourd’hui, 85 ans plus tard, Suzanne poursuit cette démarche de réemploi au service des autres. Elle détricote, récupère la laine. la met en pelote et tricote à nouveau pour les personnes qui en ont besoin. Peut-être parce qu’elle aussi, un jour, a eu besoin des autres.

Oui, mais oui, oui, oui. Parce que je suis née dans les Ardennes, je suis réfugiée. C’est-à-dire que nous, on nous a mis dans le train, dans un wagon à bestiaux. Il n’y avait pas d’autre train disponible. Et puis, quand on a été dans le train, on a fermé les portes, on nous avait dit de prendre une casserole et une cuillère par personne, et on est resté dans le train 12 jours ! J’avais à peine 7 ans. J’étais petite, évidemment, mais je me rappelle. Je me rappelle. Je revois le passage à niveau, les portes s’ouvrir, nous demandant de monter. On cherchait les sièges, il n’y en avait pas. Il y avait de la paille par terre. On s’assoyait par terre. On laisse tout, quand c’est comme ça… Les meubles, les animaux, tout ! Le chien qui nous suit, les chats, les lapins, mon père avait un élevage de lapins. On ouvre les cages et on leur fait peur pour qu’ils se sauvent. C’est comme ça… On est tous migrants quelque part, soit dans notre vie, soit dans notre tête.

Cet événement traumatique et l’accueil chaleureux qui a été réservé à sa famille lorsqu’elle est arrivée en Vendée, puis en Sarthe, ont déterminé la façon dont elle voulait mener sa vie.

C’est l’accueil, c’est le partage. Il faut savoir partager. On apprend à partager. On est d’une famille nombreuse, alors on a toujours été habitués à partager. On nous disait “ne traîne pas tes pieds parce que l’année prochaine, il faudra donner tes chaussures à ton petit frère ou à ta petite sœur”. Parce qu’on n’avait droit qu’une paire par an !

Une fois adulte, Suzanne construit à son tour une famille nombreuse. Mais sa vie bascule. Son mari décède brutalement d’une crise cardiaque.

Et moi, je me suis trouvée veuve à 36 ans, avec six enfants, plus un que j’avais recueilli. Les gens m’ont beaucoup critiqué. Ben oui, parce qu’il était de couleur. Alors, il y a 60 ans… Ce n’était pas admis. On me disait toujours, oui, comment vous avez fait pour prendre cet enfant de couleur ? Parce qu’il ne déteint pas. C’était toujours ma réponse… Les gens étaient suffoqués. Mais non, il ne déteint pas. Qu’est-ce que ça pouvait gêner !

Suzanne devient alors famille d’accueil. Elle reçoit jusqu’à 15 enfants, en plus des siens et de ceux de l’homme qui deviendra son futur mari. Avec autant de monde à la maison, elle avait, bien sûr, toujours un tricot en cours. Un savoir-faire qu’elle a tenu à transmettre.

Je leur avais dit, je vous achèterai des aiguilles et de la laine, et vous saurez tous tricoter. Et ils savaient tous tricoter en partant de la maison. J’en ai qui ont fait la layette de leur enfant. C’était devenu un passe-temps pour les enfants, comme ils regarderaient la télé maintenant, ou le smartphone, je ne sais pas trop quoi. Moi, les miens, s’intéressaient surtout au tricot. Maintenant, non. Puis, même pour mes petits-enfants, je n’ai pas beaucoup tricoté, parce que… ils mettent du polaire !

Ce n’est pas la mode de la polaire qui lui fera ranger ses aiguilles. Tant que des personnes en auront besoin, Suzanne sera toujours au rendez-vous.

Les bonnets, ce n’est pas difficile. Moi, j’en fais de toutes sortes de couleurs. J’essaie de ne pas en faire un seul pareil… pour qu’ils ne se disputent pas les bonnets !

Si vous souhaitez venir tricoter avec Suzanne à l’atelier Les Petites Mains ou découvrir les activités proposées par le Centre socioculturel Ragon, rendez-vous sur www.cscragon.centre-sociaux.fr

RezéVox vous donne rendez-vous dans un mois pour découvrir le portrait d’un nouveau rezéen ou d’une nouvelle rezéenne.



Histoire de fouilles par Marie-Laure

Publié le 21 novembre 2024

C’est en face de l’Hôtel de Ville, sur le site du futur Carré Daviais, que l’archéologue Marie-Laure Hervé-Monteil et ses équipes mènent des fouilles d’envergure. À cet endroit, ils ont déjà découvert une centaine de sépultures et des vestiges antiques, marquant ainsi une nouvelle étape dans la connaissance du port de Ratiatum. « Mon métier, c’est comme ouvrir un cadeau chaque jour », confie-t-elle, évoquant la surprise et l’émotion, toujours intactes, quand elle met au jour des vestiges datant de plusieurs centaines d’années. Rencontre avec une passionnée, férue d’histoire et d’archéologie depuis l’adolescence.


Orateur #0
On est en face de la mairie de Rezé, on arrive sur le futur Carré Daviais et on doit rencontrer Marie-Laure, l’archéologue qui travaille sur les fouilles, sur le site.

Bonjour, vous êtes Marie-Laure ? Enchanté, Jordi.

Orateur #1
Chaque chantier a ses petits bonheurs. Mais il est vrai que le plus beau chantier que j’ai fait à l’heure actuelle, il se trouve effectivement à Rezé.

Orateur #0
Vous écoutez Rezévox, le podcast de la ville de Rezé. Chaque mois, nous allons à la rencontre de femmes et d’hommes qui agissent, inventent, témoignent sur leur parcours, sur des faits ou sur des façons de faire dans notre territoire.

Orateur #1
Bonjour, moi c’est Marie-Laure Hervé-Monteil et je suis archéologue à l’INRAP.

Orateur #0
Quand vous êtes venue ici, vous saviez déjà, quand vous avez commencé, que vous aviez des choses à trouver ?

Orateur #1
Oui, déjà parce qu’on est à Rezé et puis de toute façon, avant toute opération de fouilles, il y a une opération qui s’appelle « diagnostic » et qui est en fait la première phase pour savoir s’il y a des vestiges ou non archéologiques sur une parcelle qui va être construite, où il va y avoir des travaux. Donc le sous-sol va être détruit. On vient dans un premier temps avec une pelle mécanique pour faire des sondages. On fait des tranchées dans le sol et on regarde s’il y a des vestiges ou s’il n’y a pas de vestiges. Donc dans le cas présent, il y a eu un diagnostic que Nantes Métropole a fait et dans leurs tranchées, ils ont vu qu’il y avait des sépultures, des tombes et également des vestiges antiques.

Orateur #0
Et ce n’est pas une surprise pour vous qu’on trouve tout ça ici ?

Orateur #1
Non, parce qu’on est à Rezé. Et Rezé est une grosse agglomération antique. Dans la ligne qui se trouve le long de l’actuelle 4 voies, on sait qu’on va trouver des vestiges archéologiques, puisque c’était un ancien port antique.

Orateur #0
J’ai un squelette juste devant moi, qui me regarde un peu. Enfin, qui ne me regarde plus. Donc ça, vous en avez découvert plus d’une centaine, des comme ça. Aussi bien préservés ?

Orateur #1
Oui, alors aussi bien préservées, pas forcément, parce que comme on est dans un cimetière qui a duré sur le long temps, en fait, il y a certaines tombes qui sont venues perturber les tombes antérieures, etc. Donc, quelques fois, elles sont un peu perturbées. Là, ici, on a un adulte, il est super bien conservé, on a vraiment tous les ossements en place, mais on a également des bébés… On a vraiment toute la population. On n’a pas pu les dater précisément puisque en fait actuellement on a que le squelette. Ils ne sont pas accompagnés ni de bijoux ni de céramiques qui pourraient les dater. La seule chose que l’on sait c’est qu’ils sont antérieurs aux années 1830, ça c’est sûr, parce que sur le cadastre napoléonien il y avait des maisons à cet emplacement là, donc c’est sûr qu’il n’y avait pas de cimetière. Et comme on a quelques sarcophages, on a quelques indices. Elles pourraient en fait être à partir du VIe siècle et jusqu’au peut-être XVIe siècle. Ceux-là, ils sont du Moyen-Âge, Moyen-Âge au sens large. Alors ce qui est curieux à Rezé, c’est qu’on a les morts, mais on ne sait pas trop où ils vivaient et dans quoi ils vivaient. Donc les données principales qu’on a sur les gens qui vivaient du VIe siècle au XVIe siècle, c’est les sépultures en fait. Et c’est super, oui, parce que les modes d’inhumation, leur état sanitaire, etc. On va apprendre beaucoup de choses sur eux, évidemment. Pour le cas présent, donc là, il est dégagé. Donc on a enlevé toute la terre qui recouvrait ces ossements. Dans un deuxième temps, on va faire toutes les observations sur place, c’est-à-dire qu’il va y avoir couverture photographique, topographique, etc. Et ensuite, on va le prélever en le démontant. proprement, en le mettant dans des petits sacs, bien numérotés, bien identifiés. Et ensuite, on va l’amener en laboratoire à une spécialiste anthropologue, archéo-anthropologue. Ensuite, on va les laver soigneusement et on va regarder dans le détail l’état des ossements pour éventuellement détecter des maladies, voir s’il s’agit d’une femme, d’un homme, etc. Déterminer son âge, son sexe, etc.

Orateur #0
Et du coup, dater précisément aussi ?

Orateur #1
Et dater, après on va prélever une partie des ossements et on va les envoyer en laboratoire. Et c’est ça qui va nous permettre de les dater. Chaque chantier a ses petits bonheurs, mais il est vrai que le plus beau chantier que j’ai fait à l’heure actuelle, il se trouve effectivement à Rezé. Et c’est le dernier que j’ai fait, c’est Avenue De Lattre de Tassigny, donc sous les immeubles nouvellement construits, une partie de la suite du port antique. Et ça c’était exceptionnel parce qu’on avait les poutres en bois conservées et ça c’est extrêmement rare en fait. Dans ma vie d’archéologue, c’était la première fois que j’avais l’occasion de toucher du bois qui avait 2000 ans, d’observer les modes de construction d’il y a 2000 ans, tenons, mortaises, les marques de charpentiers, les marques de haches, etc. Et ça, j’avoue que c’était très très beau et assez impressionnant. Le rêve vraiment ultime ? Alors on me donne une maison à Pompéi, mais une maison de petites gens, je n’ai pas besoin d’une maison vraiment de riches, une petite maison et on me la laisse fouiller du plafond au sol. Ça me plairait vraiment.

Orateur #0
Merci d’avoir écouté cet épisode de Rezévox. On se retrouve le mois prochain pour une nouvelle rencontre.



Sylvanie Grée, la reine de la forêt

Publié le 30 octobre 2024

Sylvanie Grée porte très bien son prénom. Cette paysagiste imagine la place de la nature et des arbres au cœur même des projets d’aménagements urbains. À Rezé, elle crée les futurs paysages du quartier nature Pirmil-Les Isles et ceux du parc des Mahaudières dans le quartier Château avec une préoccupation : être à la hauteur des enjeux climatiques d’aujourd’hui et de demain. Rencontre au micro de RezéVox.


L’arbre, on va en avoir besoin de plus en plus pour nous aider à rafraîchir les villes.

Chaque mois, RezéVox vous propose une rencontre avec les hommes et les femmes qui y agissent et qui transforment notre territoire. Aujourd’hui, nous allons nous ancrer profondément dans la terre et nous connecter à la nature en compagnie de Sylvanie Grée paysagiste. Elle pense la place des arbres et de la nature au cœur de la ville, avec une préoccupation : être à la hauteur des enjeux climatiques d’aujourd’hui et de demain. Elle porte très bien son prénom, qui vient du latin Sylvanie la forêt…

Oui, alors moi je me prénomme Sylvanie, donc c’est la reine de la forêt, on pourrait dire ça comme ça. Et Sylvanie Grée, Grée en patois redonnais, c’est la butte sur laquelle rien ne pousse. Et c’est étonnant, puisque c’est un petit peu ce que je fais dans beaucoup de nos projets. C’est-à-dire qu’on intervient sur des sites souvent post-industriels, un peu dégradés, qui ont été un peu malmenés, sur lesquels on vient transformer les lieux pour en faire des parcs, des lieux de nature du quotidien.

C’est quoi un arbre, Sylvanie ?

C’est une question difficile. Un arbre, c’est avant tout un être vivant, un être végétal de grande hauteur, qui nous accompagne au quotidien. C’est une échelle qui nous dépasse en réalité. C’est une échelle de cycle de vie, c’est une échelle de lien à la question de l’eau, à la question de l’air et à la question du bien-être qui en fait, est complètement structurelle, que l’on a un peu oubliée dans la vie de tous les jours et puis que l’on redécouvre aujourd’hui, notamment vis-à-vis de ses bienfaits sur la trajectoire climatique. Aujourd’hui, on se retrouve un petit peu dans l’obligation de repenser cette question-là et dans l’obligation de venir réparer cette place de la nature et donc réparer cette place des arbres dans le quotidien de la ville de chacun.

Sylvanie Gray est donc une réparatrice des milieux naturels. Avec l’agence qu’elle a fondée il y a 20 ans, elle œuvre pour redonner sa juste place à la nature en ville en imaginant la présence des arbres au centre même des projets d’aménagement urbain. À Rezé, Sylvanie Grée intervient notamment dans la conception du futur quartier nature de Pirmil-les-Isles.

On est parti de ce constat, tout simple : il va falloir que l’on propose un quartier dans lequel le réseau d’arbres doit être continu entre chez soi et n’importe quel lieu du quartier. Qu’on puisse aller à l’école, prendre le tramway, faire ses courses dans un réseau qui est ombragé, qui nous permet d’avoir un quotidien agréable. Et donc pour ça, on leur a sanctuarisé une part de sol. Et donc on ne vient pas mettre des arbres une fois qu’on a mis des voitures, des lampadaires, des poubelles et tout ça, etc. Mais on met d’abord la place des arbres. Et c’était plutôt ça qui faisait l’unité de mesure pour concevoir tout le réseau d’espaces publics. Nous, on fait souvent cet exercice de rapprocher la taille des arbres et la taille des immeubles ou la taille des bâtiments parce qu’on ne se rend pas tout à fait compte dans l’imaginaire collectif que finalement, souvent, un arbre, c’est aussi haut qu’un immeuble. En tout cas, que ça a une place qui est vraiment très importante. Donc ça, c’est un des critères. C’est aussi ce qui est adapté à la question du climat, ce qui est adapté aux conditions dans lesquelles on est. Et comment est-ce qu’on peut choisir les arbres pour qu’ils soient le plus ancrés dans la biodiversité locale. Ils ont un rôle important à jouer.

Pour ce projet, l’équipe de Sylvanie Grée s’est inspirée du modèle forestier, c’est-à-dire une plantation assez serrée d’espèces locales et variées pour que certains arbres puissent prendre le pas sur d’autres. Une façon de laisser faire la nature.

Dans toute une partie du quartier, et notamment du futur parc que l’on retrouve aujourd’hui dans la cale Aubin, on est venu faire de la renaturation au sens réel du terme, c’est-à-dire de la remise en place de milieux naturels, pour pouvoir aider à la stabilité de la berge, pour pouvoir aider à la présence d’une biodiversité qui elle aussi s’adapte toute seule à une condition de milieu très particulière, avec l’eau de l’estuaire, avec un type de végétation qui est vraiment ancrée dans le territoire et que l’on ne peut faire qu’à cet endroit-là du territoire.

Sylvanie Grée intervient aussi sur des lieux existants. C’est le cas du parc des Mahaudières, dans le quartier Château. Là aussi, l’enjeu est d’accompagner l’évolution de la végétation au regard du changement climatique.

Comment est-ce que l’on prépare ces parcs à cette évolution, au fait qu’on aura de plus en plus besoin de lieux de fraîcheur, de proximité, de pouvoir se mettre à l’ombre ? Et donc là, on a plutôt envisagé de conserver tout ce que l’on pouvait des arbres qui étaient déjà là, mais d’enclencher une stratégie de renouvellement. C’est-à-dire en gros, de préparer en mettant des arbres plus jeunes au fait que ceux qui sont là vont commencer à décliner un petit peu, mais que derrière on aura toute une structure qui est suffisamment grande pour que l’accompagnement de tout ça se fasse en douceur et qu’à la fin, pour les habitants tout autour, il y ait toujours, en tout cas dans les 50 prochaines années, une continuité dans la capacité à utiliser ce lieu-là.

Et nous, que pouvons-nous faire à notre échelle quand on a la chance d’avoir un jardin ?

Pour les particuliers, il y a plusieurs conseils que l’on peut donner. Déjà, le premier, c’est de garder les arbres que l’on a. C’est sans doute le premier et le plus nécessaire. C’est aussi de se dire qu’on peut contribuer sur tous les sujets de fond, c’est-à-dire que son jardin ne soit pas trop imperméable, c’est-à-dire qu’en gros, on retrouve du sol fertile le plus possible, c’est vraiment intéressant. Et puis, si on doit envisager de planter de nouveaux arbres, l’acte le plus intéressant, c’est vraiment d’aller regarder vers des essences qui sont des essences locales. Et puis il y a une autre échelle, c’est celle des fleurs ou des arbustes, qui sont vraiment compatibles avec la pollinisation, avec la présence des abeilles. C’est vraiment un énorme service collectif rendu parce que l’effondrement de la biodiversité, il passe malheureusement avec la disparition des abeilles. Et donc globalement, on a besoin que partout, qu’il y ait des effets de synergie avec ce qui est réfléchi dans les collectivités aujourd’hui, et pour les côtoyer de près, la ville de Rezé s’engage beaucoup sur ce sujet-là. Mais ça ne marchera d’autant mieux si les particuliers, chez eux, ont tous des petites actions qui vont dans ce sens-là.

Plus d’infos sur les projets d’aménagement de Pirmil-les-Isles et du parc des Mahaudières, sur reze.fr, à la page Grands projets. Quant à nous, on se retrouve le mois prochain à la rencontre d’une nouvelle personnalité. qui fait bouger la ville de Rezé.

 



Tiphaine, bâtisseuse solidaire

Publié le 19 septembre 2024

Éducatrice spécialisée et adepte du bricolage, Tiphaine Bonneau est aujourd’hui animatrice “Habitat Inclusion” au sein de l’association des Compagnons Bâtisseurs, à Rezé. Sa mission : lutter contre l’habitat indigne en organisant des chantiers de rénovation dans les logements des locataires du parc social. Avec son équipe, elle organise aussi des “Ateliers de bricolage” pendant lesquels on peut s’initier au ponçage, au perçage ou encore au réchampi… Et ainsi donner à tous les bases pour entretenir son logement. Des chantiers et ateliers qui permettent aussi de renouer le lien social avec des personnes souvent isolées. Entretien avec une “bâtisseuse solidaire”.


  • Orateur #0

    Bonjour, vous êtes Tiphaine ? Oui. Bonjour, enchanté, Jordi. Ça tourne. Merci de m’accueillir.

  • Orateur #1

    Les travaux, on ne fait pas sans les personnes. Tout l’intérêt de l’asso, c’est d’apprendre et de coopérer et de faire en sorte que les personnes apprennent à faire des travaux pour pouvoir poursuivre elles-mêmes la rénovation dans leur logement.

  • Orateur #0

    Vous écoutez Rezévox. le podcast de la ville de Rezé. Chaque mois, nous allons à la rencontre de femmes et d’hommes qui agissent, inventent, témoignent sur leur parcours, sur des faits ou sur des façons de faire dans notre territoire.

  • Orateur #1

    Moi, je suis Tiphaine, je suis animatrice Habitat Inclusion aux Compagnon Bâtisseurs. Je coordonne l’activité des chantiers que l’on propose dans les quartiers où on est implantés, donc ici, au Château de Rezé. Et j’ai une mission d’accompagnement social vers l’emploi des personnes qui ont des difficultés pour en trouver eux-mêmes. On propose aux habitants qui sont locataires du parc public, donc chez des bailleurs sociaux, des chantiers en autoréhabilitation accompagnée sur des quartiers prioritaires des villes. Il y a différents partenaires publics, la ville, le département. On est conventionné avec des bailleurs dans des contrats de ville, etc. pour avoir des financements. Et il y a aussi des donations avec des entreprises et des fondations privées. On propose aussi des animations collectives pour apprendre à bricoler. Et on fait des chantiers solidaires sur l’espace public. Le but, c’est de lutter contre l’habitat indigne et donc de proposer une amélioration de l’habitat pour les personnes qui en ont besoin.

  • Orateur #0

    Ce n’est pas des travaux trop lourds, j’imagine ? C’est vraiment de l’embellissement. Vous pouvez donner quelques exemples ?

  • Orateur #1

    Oui, on fait tout ce qui est en lien avec l’entretien à charge du locataire. Ce qui est à charge du bailleur, c’est renvoyé vers le bailleur. Donc ça va être de l’embellissement des murs, des plafonds. On peut faire le sol, on fait aussi de l’aménagement dans le logement pour créer des rangements, des coins bureaux, dans des chambres d’enfants. On a ce qu’on appelle l’aide à la mutation, quand une personne veut quitter son logement et le remettre en état. Pour que ça soit propre à son départ, il y a aussi l’aide à l’arrivée et l’appropriation du logement quand une personne entre dans son logement. Et puis parfois quand des personnes sont là depuis de nombreuses années et que ça devient vétuste mais qu’elles n’ont pas les moyens de le faire eux-mêmes, on fait ça ensemble. Là ce sont nos bureaux à nous, une cuisine. Ici le bureau des volontaires.

  • Orateur #0

    Ça veut dire que le s volontaires, ils sont là de temps en temps ? Ils sont ponctuellement ici ?

  • Orateur #1

    Non, le volontaire en service civique. Ils sont là à l’année. Ensuite, on reçoit les bénévoles quand il y a besoin de partir en chantier. Ici, c’est l’espace où on fait les animations collectives. On reçoit les personnes. Et juste à côté, on a les ateliers pour apprendre à bricoler. Alors juste ici, voilà. Ça, c’est l’atelier.

  • Orateur #0

    Donc, il y a des établis, un petit peu de matériel.

  • Orateur #1

    Oui, un peu de matériel. Il est à côté, mais quand on fait des animations, ça se retrouve dans cette pièce-là.

  • Orateur #0

    C’est une scie circulaire ?

  • Orateur #1

    Ça ressemble à ça. On a plein d’outils qu’on utilise. Là, c’est particulièrement pour couper du bois. On a l’établi. Là, on a des meubles qui sont en construction pour aller dans un logement, justement, d’une famille qui a besoin de pas mal de rangements. Et là, on fait tous nos essais pour poser de la faïence, pour peindre, apprendre à faire du réchampi, etc. Voilà, et on a toutes sortes de machines. Et ensuite, à côté, on a notre stockage, justement, de tout le matériel. Donc, on a toute la partie du matériel qu’on emmène chez les personnes. Donc, nous, on apporte le matériel pour faire le chantier. Et il y a des choses qu’on laisse chez les locataires. Par exemple, quand on achète des pinceaux, des camions pour la peinture, on leur laisse pour qu’ensuite, ils puissent finir. Ça rentre dans la facture, c’est tout compris. Et après, on a notre matériel qu’on emmène tout le temps.

  • Orateur #0

    Le caverne d’Alibaba.

  • Orateur #1

    Voilà, c’est un atelier.

  • Orateur #0

    Avec plein de choses, plein de boîtes, j’imagine des perceuses…

  • Orateur #1

    Exactement, tout est là, des scies, des perceuses, des ponceuses, on ponce beaucoup. Au départ, c’était 15 à 20 chantiers par an et depuis cette année, c’est 15 chantiers et on les remplit chaque année. Donc, ça fait une centaine de logements déjà qui ont été faits depuis qu’on est arrivé. Chaque personne qui habite dans le quartier prioritaire où on est implanté peut s’adresser à nous si on travaille avec le bailleur concerné. Et les personnes peuvent venir elles-mêmes ou nous appeler ou venir dans les bureaux pour demander et pour nous dire « voilà, moi j’ai besoin de refaire telle pièce, telle pièce, est-ce que vous pouvez intervenir ? » On fait un premier rendez-vous, on voit, ça n’engage à rien, et ensuite ça passe dans des commissions où il y a des validations, et ensuite on lance les chantiers. On intervient chez les personnes quand elles sont motivées à faire les travaux, on ne fait pas sans les personnes.

  • Orateur #0

    C’est un peu ça l’idée, c’est-à-dire d’aider aussi des gens qui sont, pas seulement matériellement, mais aussi d’aller les rencontrer, d’aller partager des choses avec eux, c’est ça un peu l’idée ?

  • Orateur #1

    Oui, et d’engager aussi des… de pouvoir, avec la dynamique un petit peu partenariale et des acteurs sur le quartier, c’est de pouvoir mettre en lien ces personnes, de faire sortir les habitants de chez eux avec nos animations, de les faire venir, même si c’est pour un café parce que la personne ne veut pas vraiment bricoler. En tout cas, l’idée, c’est de proposer un service dans un quartier et de mettre en lien les acteurs et de pouvoir présenter différents supports aux personnes qui sont là, pour les faire sortir de chez eux quand elles sont très isolées.

  • Orateur #0

    C’est un lien social avant d’être une aide à bricoler, etc.

  • Orateur #1

    Oui, c’est dans tous les cas le lien, et on ne peut pas faire sans parce qu’on est tous les jours et c’est propice aussi à la discussion, à la confidence, donc forcément c’est tout l’intérêt de nos interventions. C’est souvent des personnes âgées qui ne sont pas en capacité de faire eux-mêmes et qui parfois sont très isolées, qui n’ont pas de famille et pas d’environnement amical. Et du coup, là, on voit bien que quand on intervient, déjà, ça leur fait une compagnie. Tous les jours, ils sont vraiment contents et c’est aussi touchant pour nous et valorisant de voir qu’on a vraiment amélioré un quotidien.

  • Orateur #0

    Pour faire des travaux chez vous, pour participer à des ateliers ou pour devenir bénévole, n’hésitez pas à contacter Tiphaine et les compagnons bâtisseurs au 07 66 35 86 63. Toutes les informations sont également disponibles sur leur site internet www.compagnonsbatisseurs.eu. Merci d’avoir écouté cet épisode de Rezévox. On se retrouve le mois prochain pour une nouvelle rencontre.



Philippe Moreau, joyeux fanfaron

Publié le 27 août 2024

Philippe Moreau est saxophoniste dans la fanfare rose qui pétille et enflamme le dancefloor, LeGrandMACHINChose. Il est aussi l’un des organisateurs des Fanfaronnades, le festival de fanfares dont la 11e édition se tient du 27 au 29 septembre prochains, dans l’ancien village de pêcheur de Trentemoult. Ce Rezéen n’y vit pas, pourtant il le connaît presque par cœur. Visite du quartier au micro de RezéVox.


Dans une période un peu trouble, où l’on a de plus en plus tendance à cliver, on distille de la joie de vivre et du bonheur d’être ensemble et de partager un moment fort.

 

À Rezé, les talents sont multiples. Chaque mois, RezéVox les déniche et leur tend le micro pour vous les faire découvrir. Ce mois de septembre, RezéVox vous propose une rentrée en fanfare. Et quand je vous dis ça, c’est très premier degré parce que nous avons rendez-vous avec Philippe Moreau, saxophoniste du GrandMACHINChose, la fanfare Rezéenne qui organise les Fanfaronnades. L’édition 2024 de ce festival consacré aux fanfares se tiendra du 27 au 29 septembre dans l’ancien village de pêcheurs de Trentemoult. Nous sommes en bord de Loire, Philippe Moreau nous attend sur le quai Marcel Boissard, juste en face du débarcadère du Navibus.

Philippe, où va-t-on ? Où est-ce que vous nous emmenez ?

Je pense que nous allons commencer par la place des Filets, là où tout a commencé. C’était en 2004, donc je vous laisse calculer. Nous sommes à la 11e édition des Fanfaronnades, mais voilà, tout a commencé, place des Filets, avec un petit groupe de fous furieux qui un jour se sont dit pourquoi ne pas organiser une rencontre de fanfares, donc à une toute petite échelle. À l’époque il y avait seulement 7 fanfares invitées. Une première édition qui nous a donné envie de recommencer.

 

Nous prenons donc la direction de l’ouest le long du quai et ses terrasses jusqu’à la fameuse place des Filets.

 

Le long de laquelle se trouvent de très très beaux platanes qui sont probablement multicentenaires. Donc, une place ombragée de taille relativement réduite, je dirais, et c’est effectivement là que tout a commencé puisque la première édition a attiré un public relativement restreint. Et puis petit à petit, au fil des éditions, il a fallu réfléchir à d’autres lieux, d’autres espaces et investir un peu plus ce quartier de Trentemoult. On a investi beaucoup les places de Trentemoult. On a aussi eu des éditions qui se sont tenues plutôt du côté de la Maison des Îles, qui est de l’autre côté de Trentemoult.

 

Et puis, en 2019 et 2022, les Fanfaronnades ont migré à quelques pas d’ici, sur la friche culturelle éphémère de Transfert. Aujourd’hui disparue. Il a fallu trouver un nouveau site capable d’accueillir le festival et son public toujours plus nombreux. En 2022, le festival a rassemblé près de 25 000 spectateurs en trois jours.

 

Et finalement, le choix s’est porté sur le terrain de la Grève pour cette nouvelle édition. Le terrain de la Grève se trouve en direction du Pendule. C’est pas loin du tout, non, non, à pied, c’est à 200 mètres !

 

On va voir ça ?

Donc là, nous longeons le centre nautique. Et puis là, nous dépassons l’atelier du Pendule, qui est un collectif d’artistes. Nous arrivons devant le parking du parc de la Grève. Et puis là, maintenant, on arrive dans le parc de la Grève, un espace très verdoyant, très ombragé, assez bucolique. On aime beaucoup.

 

Ce choix d’installer les Fanfaronnades 2024 dans le parc de la Grève à Trentemoult, c’est donc un retour aux origines.

 

Pourquoi Trentemoult ? Probablement d’autres quartiers de Rezé le permettraient. Mais c’est vrai qu’ici, il y a ce cadre-là, ce parc de la Grève. Il y a peut-être un quartier aussi un peu apaisé. La circulation automobile est relativement réduite. On n’est pas sur des grands axes. Il y a surtout les habitants de Trentemoult. Parce que nous avons beaucoup travaillé avec les habitants au démarrage pour qu’ils nous accompagnent dans le logement des musiciens.

 

Ce lien avec les habitants, c’est la marque de fabrique des Fanfaronnades. Parce qu’en plus de loger les artistes, certains Trentemousins proposent d’accueillir des concerts au pied de leur maison, sur les toutes petites places qui font la singularité de ce village.

 

Et du coup, on retrouverait un petit peu le fonctionnement de l’origine, où il y avait quelques tables qui étaient dressées, je me souviens, avec des jus d’oranges, des habitants avaient fait quelques gâteaux, et donc la fanfare arrivait, c’était très très agréable, les fanfares appréciaient beaucoup, et puis le public qui était invité à déambuler, découvrait la fanfare au coin d’une rue. Et ça, ça fonctionnait très très bien. Donc on va retrouver un petit peu ça cette année.

 

On continue notre balade à Trentemoult et Philippe tente de nous guider à travers les ruelles.

 

C’est vrai que de toute façon, à Trentemoult, on est toujours surpris. Il y a une règle, c’est qu’on s’y perd tout le temps. Même quand on pense bien connaître, on est toujours perdu dans Trentemoult. Et puis voilà, avec des ruelles qui sont vraiment très étroites, de tout petits passages, comme ça… On musarde. Il y a des parfums de roses. C’est très végétalisé parce que les habitants apportent beaucoup de soins aussi à leur jardin. Là, on voit des bambous, on voit du lierre, on passe sous une treille. On voit les petits chats qui sont tranquilles parce qu’ils ne risquent pas de se faire écraser. Enfin, voilà, c’est un quartier très, très, très calme. Mais là, si on écoute, il se trouve que… On entend quasiment qu’un oiseau.

 

Et pas de fanfare pour le moment, d’ailleurs.

Oui, pas de fanfare, mais ça va changer bientôt. On va réveiller tout ça !

Moi, je me souviens d’une des éditions. On avait eu pour la première fois un chapiteau. Il avait fait un week-end abominable ! Il pleuvait, il faisait froid, etc. Et on avait réussi à avoir du public grâce à ce chapiteau. Mais je me souviens qu’on avait une scène, une scène extérieure, et il y avait une fanfare anglaise. Il n’y a que les Anglais pour faire ça ! Ils ont joué pendant peut-être une heure. Il pleuvait des cordes et le public était là à les entendre. Et je m’étais dit, mais ça, c’est quand même un truc inouï, quoi !

 

C’est ça, l’esprit fanfare ?

Bien sûr, une fanfare, c’est la communication immédiate avec le public. Il y a zéro distance. C’est aussi la magie des Fanfaronnades, parce qu’on a aussi ces petits formats, avec des petites jauges sur les places. Et puis ensuite, les fanfares, quand elles vont se retrouver sur le site principal, elles vont avoir probablement l’occasion de jouer devant un des publics les plus larges qu’elles aient connus. Parce qu’en toute modestie, les Fanfaronnades, ça devient un festival important dans le paysage des fanfares françaises. Donc ça, c’est aussi la force des Fanfaronnades.

 

Et ça vous donne l’occasion de fanfaronner ?

Peut-être qu’il va falloir qu’on débaptise l’événement (rires)…. Mais effectivement, c’est quelque chose de très humble. Enfin, on n’a pas de prétention, en dehors de celle de procurer de la joie de vivre.

 

Et cette joie de vivre, c’est le résultat du travail et de l’engagement de tous les bénévoles, qu’ils soient artistes, habitants ou organisateurs.

Rendez-vous les 27, 28 et 29 septembre à Trentemoult pour la 11e édition des Fanfaronnades. Vous trouverez tous les détails et les informations pratiques sur fanfaronnades.com. Et quant à nous, on se retrouve le mois prochain.

 



Le défi olympique de Samuel

Publié le 4 juin 2024

Samuel Brouillet est un homme de l’ombre. Il pratique un métier méconnu mais indispensable à la bonne tenue de tout événement recevant du public : il est directeur technique. Sans lui, pas de festival, pas de feu d’artifice ni de compétition sportive.
Depuis septembre 2023, Samuel s’est provisoirement éloigné des berges de la Sèvre et de la Loire pour rejoindre un autre fleuve et un autre projet : la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques 2024.


C’est une fois dans sa vie, il n’y aura pas d’autres occasions. Si on prend les stats, la dernière en France, c’était il y a cent ans. Donc, je ne sais pas si ce sera encore là dans cent ans.

Une fois par mois. RezéVox brosse le portrait des hommes et des femmes qui font vibrer notre territoire. Aujourd’hui, il s’agit d’un rezéen ordinaire au parcours extraordinaire. Samuel Brouillet est l’un des directeurs techniques de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques 2024.

J’habite Rezé depuis 2015, mais j’y ai vécu quand j’étais enfant. J’ai travaillé à Nantes mais aussi à Rezé sur des événements comme la fête du Quai Léon Sécher ou le festival l’Ere de rien. Voilà comment on passe de la Sèvre à Rezé à la Seine à Paris.

Aujourd’hui, Samuel est prêt à relever son défi olympique, à lui : assurer l’accueil et la sécurité du public en bord de Seine, lors de la cérémonie d’ouverture des JO. Nous l’avons rencontré fin mai, à environ deux mois du jour J.

Le 26 juillet exactement à 16 heures quand on va ouvrir les portes… Alors bien sûr, je ne serai pas dans les tribunes, je ne serai pas chez moi. Je serai dans ce qu’on appelle le “PCO”, le PC opérationnel, pas loin du Louvre, à regarder les images de la cérémonie et à être là au cas où. Mais nous, notre travail sera terminé à ce moment-là. On passera la main à Paris 2024, qui est donc l’organisateur des Jeux Olympiques et qui sera en phase d’exploitation du site qu’on aura monté en un mois et demi.

Un mois et demi, c’est seulement le temps nécessaire au montage du site. Samuel et ses équipes sont sur le pont depuis septembre 2023. Leur travail, c’est de concevoir et de dessiner le plan de l’aménagement des berges de la Seine. Ça s’appelle l’intégration.

On a un plan vide avec les bâtiments, les quais, les rampes existantes… Tout ce qu’on peut voir quand on se balade sur les quais de Seine. Et nous, sur 6 kilomètres de Seine (fois 2, donc 12 kilomètres), on va installer des tribunes pour que les gens puissent s’asseoir. On va installer des services pour qu’ils puissent boire, manger, aller aux toilettes tout ce qu’on trouve dans un festival. Même si c’est la cérémonie d’ouverture, on est sur l’espace public. Donc on amène une quantité et une qualité de service qui est liée à l’accueil du public.

Le pôle intégration s’occupe donc de mettre sur plan toutes ces infrastructures. Et bien sûr, parfois, les plans de Samuel et son équipe doivent être modifiés et ajustés en fonction des contraintes techniques.

Par exemple, on fait des études de sol pour savoir si l’on peut mettre des tribunes avec des milliers de personnes. Ces études de sol nous disent que la tribune, il faut la mettre à cinq mètres à côté parce que c’est mieux. Alors ça, c’est très intéressant ! Quand on reçoit ces études de sol, on lit sur des dizaines de pages tout l’historique des quais de Seine depuis le 14e siècle quasiment. C’est des bureaux d’études qui ont recherché, dans les archives de la Ville de Paris, l’histoire de la construction des quais, la superposition les différentes strates et les différentes couches pour ensuite, avec des ingénieurs, extrapoler la capacité du sol à tenir des charges lourdes comme des tribunes, avec des gens. Donc j’ai appris plein de choses comme ça sur l’historique de la ville de Paris et ses quais.

Pour nous aider à mieux comprendre, Samuel propose de nous montrer les plans. Une faveur accordée au micro de RezéVox, car bien sûr, ces plans sont confidentiels.

Je vais glisser ma souris pour me repérer… La cérémonie d’ouverture, c’est entre le pont d’Austerlitz et le pont d’Iéna.

Ce qu’on voit là, c’est le plan de la Seine, on voit les rues…

Voilà exactement. On voit les rues sur une centaine de mètres de chaque bord de la Seine. Nous, notre terrain de jeu, c’est les quais bas de la Seine. On a découpé le plan, par secteur et par zone. Et si je prends une zone, on va retrouver sur le plan des tribunes, comme ici les grandes tribunes.

Elles sont dessinées, on voit même les sièges…

Oui, bien sûr ce sont les sièges.

Une dimension essentielle du métier de Samuel, c’est la protection du public et des salariés. Il est le garant du respect des normes de sécurité et de la réglementation en vigueur. Ça concerne le matériel, bien sûr, mais aussi la gestion de l’espace. Son plan prévoit donc les accès pour les secours et l’évacuation du public.

Je dis souvent que nous, au pôle intégration, on est le “gendarme des mètres carrés”.

On nous demande :

  • Tiens, j’ai besoin de mettre un parking vélo, alors je voudrais le mettre là.

Et nous on répond :

  • Ah non, là on ne peut pas parce qu’ici parce qu’il y a une voie pompier ou alors là, ça marche pas parce que ça va venir dans le flux du public…

Donc il y a une demande, on va prendre en compte les contraintes données par la personne qui a besoin d’espace, de mètres carrés. Et nous, on va proposer différents endroits pour que ça convienne au maximum à tout le monde.

Participer à l’organisation des Jeux olympiques, c’est évidemment pas un projet comme les autres. Pour Samuel, ce souvenir restera gravé comme une expérience hors norme.

Oui, c’est ce qu’on se dit tous un peu. On est nombreux à y aller pour le challenge de faire quelque chose qui n’a jamais été fait sous ce format là. Ce qui est très intéressant, c’est que je travaille qu’avec des professionnels de haut vol. Certains se connaissaient un petit peu, mais on ne se connaissait absolument pas tous. Donc, il faut créer aussi une manière de travailler ensemble. Et puis surtout, il faut inventer une méthode de travail au fur et à mesure, parce que personne ne peut dire “j’ai déjà fait ce format, l’expérience nous montre qu’il faut ajuster là-dessus ou faire attention à ça”. Là, c’est pas le cas. On débroussaille au fur et à mesure la méthode de travail, l’organisation du travail, la manière de piloter le projet, de se positionner aussi par rapport à l’évolution du projet.

A la fin de la cérémonie d’ouverture des JO, le travail de l’équipe de Samuel ne sera pas totalement terminé. Il faudra encore superviser le démontage du site. Mais que va-t-il se passer après, une fois que tout sera fini et que tout s’arrêtera net après onze mois de travail ?

La déprime post-partum, on l’a tous vécue au début de notre carrière. Même sur de plus petits projets, quand on a été 15 jours sur un festival avec une équipe de trente personnes à travailler très dur, à ne pas se faire à manger, parce qu’en général on est nourri, et que ça y est, c’est terminé et qu’on rentre chez soi…. Alors il faut faire sa lessive et il faut recommencer à se faire à manger et on est tout seul. Et on n’a plus trente trente copains. Bon, avec quelques années de carrière comme moi, on gère ça ! Donc je vais partir en vacances en famille. Et puis après je vais reprendre mon quotidien à Nantes avec l’équipe de Zébulon régie. En 2025, on fêtera nos dix ans. On a un gros événement sur l’espace public qui s’appelle Débord de Loire, qui va commencer à se préparer en septembre. Ce sera mon prochain chantier. Mais je vais être content après un an passé à Paris sur un projet comme ça, totalement extraordinaire de reprendre aussi quelque chose de plus habituel. On va dire de plus quotidien, avec plaisir !

Rendez-vous est pris en 2025 pour profiter des événements auxquels Samuel contribue. Et quant à nous, on se retrouve en septembre pour découvrir le destin d’un nouveau rezéen, d’une nouvelle rezéenne.


Jocelyn, un électricien très mobile

Publié le 26 avril 2024

Il a lancé son activité d’artisan électricien à Rezé il y a deux ans à peine. Mais pour Jocelyn Gouriou, pas question de se déplacer comme la plupart de ses confrères. Il a fait le choix de la mobilité douce pour son travail en enfourchant au quotidien un vélo cargo.


Bonjour Jocelyn.

Jordi, enchanté. C’est ça, ça tourne.

Ça tourne, c’est super, merci.

Partir travailler à vélo le matin, ce n’est pas partir travailler dans une voiture. Il y a une sensation en fait quand on part, une sensation de liberté, une sensation de prendre l’air, une sensation d’être plus proche de la nature, on est en ville, mais quand même.

Vous écoutez Rezévox, le podcast de la ville de Rezé. Chaque mois, nous allons à la rencontre de femmes et d’hommes qui agissent, inventent, témoignent sur leur parcours, sur des faits ou sur des façons de faire dans notre territoire. Pour ce nouvel épisode de Rezévox, nous allons à la rencontre de Jocelyn Gouriou. Il y a quelques années, il a troqué sa blouse d’infirmier pour devenir électricien. Avec une petite originalité quand même, vous l’entendez derrière moi, c’est un artisan électricien qui a fait le choix de se déplacer uniquement en vélo-cargo.

Je m’appelle Jocelyn Gouriou, je suis électricien, artisan, à mon compte sur la ville de Reusé depuis bientôt deux ans. CycloWatt, c’est une entreprise d’électricité générale qui a vocation à réaliser des travaux d’électricité dans le résidentiel, dans le tertiaire ou éventuellement un petit peu dans l’industriel aussi dans le coin.

Vous êtes en vélo-cargo, alors pourquoi ? Parce que vous auriez pu dire, bon voilà, je me lance dans cette activité avec un utilitaire électrique ou quelque chose d’un peu déjà pas trop polluant. Vous êtes allé vraiment au bout d’une idée j’ai l’impression ?

Sur l’approche écologique, effectivement, un vélo-cargo, ça ne crache pas de carbone comme un camion, comme un utilitaire. Ça, c’est la première chose. Après, se déplacer à un vélo, ça a un côté pratique. C’est un côté pratique parce qu’on évite les bouchons. C’est un côté pratique parce qu’on évite de tourner trois fois dans le quartier avant de stationner. En général, on arrive à stationner de manière assez proche du lieu d’intervention. Et puis, après, un troisième point, mais qui est plus… Le plus personnel, c’est partir travailler à vélo le matin, ce n’est pas partir travailler dans une voiture, ce n’est pas pareil. J’ai fait les deux, notamment quand je travaillais sur Angers. Il y a une sensation de liberté, une sensation de prendre l’air, une sensation d’être plus proche de la nature. On est en ville, mais quand même, de la nature. de la vraie vie.

Cette fibre écologique ou responsable, elle vient de quelque chose de particulier chez vous ou c’est construit comme ça, un petit peu naturellement ?

Je n’ai pas eu un gros déclic à un moment donné, comme des personnes que je connais qui ont regardé des reportages et puis du jour au lendemain, ils ont basculé. Moi, ce n’est pas ça. Je dirais que c’est une manière de vivre qui s’installe petit à petit dans notre vie de famille.

Et les réactions un peu autour de vous, quand vous avez parlé du projet, c’est quoi ? Il va un peu loin. Et puis peut-être en termes aussi de… pour le montage du projet financier, etc. Il y a eu des freins, il y a eu des choses un peu compliquées ou ça a été assez fluide ?

Il y a eu de tout. Il y a des personnes qui n’ont pas compris qu’un électricien puisse travailler à vélo. C’est quelque chose qui n’est pas dans l’esprit commun des gens. Donc il y en a qui n’ont pas compris. Il y en a qui ont adhéré tout de suite en disant Mais évidemment, tu as raison. J’ai avancé comme ça. Avec mon idée en tête, le banquier était d’accord, donc c’est le principal. Dans l’idée à, on va dire, court-moyen terme, l’objectif serait d’intervenir essentiellement sur EUSAE, et de réduire au maximum le périmètre d’intervention. Pourquoi ? Parce que ça me permet d’être plus réactif vis-à-vis des clients, ça permet de réintervenir plus facilement s’il y a besoin, et pour ces raisons-là, je pense qu’il faut que je réduise le périmètre autant que possible.

On va voir le cargo, comme ça vous allez me montrer un petit peu. Voilà l’engin.

Ça ressemble à ça. Oui. Donc il y a la partie vélos où j’en propose mes affaires.

Tout le matériel.

Tout le matériel nécessaire, les câbles, les filets.

Et alors c’est un vélo, c’est sur mesure ou c’est des choses qui existent déjà ?

Ça existe en standard. Après il y a différentes tailles. Celui-ci c’est le plus gros. Donc il a… un coffre à vent qui fait 550 litres à peu près. Donc, ça fait l’équivalent d’un bon coffre de voiture. La limite qu’il peut y avoir, c’est sur une installation de chauffage électrique, sur toute une maison, d’un coup, en une journée. Là, effectivement, il va falloir faire autrement et faire intervenir un tiers. Il y a des sociétés qui font ça maintenant. Mais on va dire que c’est la seule limite. Je n’ai pas inventé le concept. Ça, je le reconnais. Et d’ailleurs, j’ai fait un stage avec une équipe d’électriciens qui, eux, interviennent davantage sur le centre-ville de Nantes et qui m’ont aussi donné l’envie de partir là-dessus. C’est vrai qu’en ayant fait un stage CESE, ça devient l’évidence, en fait. Et je n’ai pas imaginé pouvoir exercer ce métier autrement que comme ça.

Merci beaucoup Jocelyn pour ce petit tour de votre activité.

Merci à vous.

Dans le numéro de mai du magazine Rezé Mensuel, découvrez d’autres artisans qui, comme Jocelyn, ont choisi le vélo comme mode de déplacement pour leur travail. Merci d’avoir écouté ce nouvel épisode de Rezévox. On se retrouve le mois prochain pour une nouvelle rencontre.

Merci.


Ludovic Dardenne aide les anciens détenus

Publié le 25 mars 2024

Ludovic Dardenne dirige l’association Permis de Construire depuis 2016. La structure rezéenne accompagne des personnes placées ou passées sous main de justice dans la construction de leur nouveau projet de vie. Son leitmotiv est la désistance : un processus de changement qui s’appuie sur la volonté de la personne elle-même. Rencontre avec Ludovic Dardenne et son équipe.


La réinsertion… Nous, on peut faire tout ce qu’on veut, tout ce qu’on peut. Les pilotes peuvent faire tout ce qu’ils veulent, tout ce qu’ils peuvent. Si la société n’entrouvre pas sa porte, la réinsertion ne se fera pas.

Chaque mois, RezéVox vous emmène à la rencontre de celles et ceux qui font bouger notre territoire. Aujourd’hui, nous poussons la porte de l’association Permis de Construire.

Ici, des personnes placées sous main de justice, ou ayant eu affaire à elle, sont accompagnées dans la construction de leur nouveau projet de vie. Ludovic Dardenne est le directeur de Permis de Construire France.

 La philosophie de permis de construire, c’est de permettre à des personnes qui sont passées devant la justice, qui ont été condamnées pénalement, donc qui ont été un coût pour la société, de redevenir des acteurs positifs et de leur permettre de retrouver une place utile, choisie et pérenne au sein de cette société.

L’association accompagne la réinsertion selon 4 piliers fondamentaux : être bien dans sa tête, bien dans son corps, bien dans son job et bien dans sa vie. Chez Permis de Construire, il n’y a pas de bénéficiaire ou d’accompagnant, mais des “pilotes” et des “copilotes”. Gérald est l’un des pilotes de l’association depuis 5 ans.

Les copilotes sont les travailleurs sociaux et les pilotes c’est nous. Car on est maître de notre destin, de notre avancée dans une nouvelle vie. En fait, c’est nous qui décidons.

Gérald est un grand gaillard tatoué, t-shirt à l’effigie d’un groupe de métal et croix inversée en pendentif.

Je ne me suis jamais posé la question de savoir pourquoi on nous appelait les pilotes, j’ai même trouvé ça cool. Donc j’ai tout de suite accepté le terme.

Pour Ludovic Dardenne, se définir comme un pilote, c’est adopter le pouvoir de la posture.

Mais comme moi, en tant que Ludovic, je veux être pilote de ma vie ! C’est une prise de réalité pour la personne de se dire : oui, c’est moi qui mène ma vie, c’est moi qui choisis, c’est moi qui décide et personne d’autre, y compris des travailleurs sociaux bienveillants et professionnels. Car personne d’autre ne peut décider à sa place. Le fait de les nommer comme cela dès le démarrage, les met dans cette posture d’acteurs et de participants actifs à leur propres situations.

A leur arrivée dans l’association, les pilotes ont souvent beaucoup de choses à reconstruire : logement, papiers, emploi, lien social…

Par principe, la prison est excluante, déshumanisante et surtout déresponsabilisante. On est enfermé 23h sur 24, on ne décide pas des repas, on ne fait pas à manger, donc on est complètement déresponsabilisé des actes, même mineurs, de la vie quotidienne.

Et donc le premier acte, c’est de les remettre en situation. Que ce soit sur les horaires, sur la prise de décision. Des décisions qui peuvent nous paraître minimes dans notre quotidien, mais qui pour eux sont assez fondamentales. On a des personnes qui ont pu connaître de longues années de prison, qui s’arrêtent devant une porte pour attendre que quelqu’un leur ouvre. Parce que dans leur quotidien, pendant des dizaines d’années, ça a été leur réalité. Et donc quand on lui dit : tu deviens pilote, ça veut dire tu deviens maître de tes choix et de tes actions. Et nous, notre rôle, c’est vraiment de l’accompagner dans son propre choix et dans son analyse des choix.

En plus de l’accompagnement individuel des pilotes, des activités collectives sont proposées chaque semaine : sport, informatique, atelier d’écriture, visites culturelles. Gérald nous présente le fonctionnement des activités.

En fin de semaine, le jeudi ou vendredi, on reçoit un message avec toutes les activités de la semaine suivante et on coche les activités qu’on veut faire. Et moi, de faire des activités en collectif ça me permet d’être moins… Moins tête de mule !

Je faisais partie de cette catégorie qui ne voulait pas s’ouvrir au monde. Et à force de venir à Permis de Construire, ça m’a ouvert socialement vers les autres. En fait, je me suis épanoui et ça va beaucoup mieux. Je discute avec tout le monde. Il n’y a pas de souci, tout se passe bien.

Une fois par semaine, se réunit le “conseil des pilotes”. Un temps pour proposer et organiser de nouvelles activités. Pour Ludovic Dardenne, c’est aussi une façon de permettre aux pilotes d’être acteurs de leur réinsertion.

Parce que ce sont eux qui ont leurs problématiques et donc qui mieux qu’eux peuvent décider ?

Et en plus de décider, ils vont aussi construire. Il y a un moment, ils ont voulu un atelier couture. Ils ont donc dû se demander comment on cherche un intervenant, comment on prend contact avec lui, comment on négocie, comment on l’accueille quand il arrive… Faire de la couture pour faire de la couture, ce n’est pas notre but. Il faut faire de la couture avec un objectif pédagogique derrière. Et donc nous, on est juste vigilant à ce qu’à chaque fois, ou en tout cas le maximum de fois, qu’on passe à Permis de Construire, on en ressorte en ayant appris un petit truc.

Les pilotes sont aussi les meilleurs ambassadeurs de l’association. Pour Permis de Construire, il est nécessaire d’agir pour faire changer le regard de la société sur les personnes condamnées par la justice.

Qui mieux que les pilotes pour parler des pilotes ? Moi, je peux faire des PowerPoint, je peux aller faire des conférences, je peux aller présenter ce qu’on fait. Ça n’aura pas le même impact que la rencontre humaine entre un pilote et un chef d’entreprise ou des étudiants. Moi je suis rentré dans les prisons, mais en tant que visiteur. Mais le pilote peut montrer au chef d’entreprise ou aux étudiants qu’il y a des réalités de vie différentes et que les deux ne doivent pas s’exclure. C’est bien cette complémentarité qui va faire qu’on obtienne un vivre ensemble positif.

La temporalité de l’accompagnement dépend de chaque pilote, de son parcours et de ses besoins. Gérald est accompagné par l’association depuis 5 ans. Il dit en plaisantant qu’il “fait partie des murs”. Mais alors, comment se sépare-t-on ? Pour Ludovic Dardenne, “on ne se sépare pas, on continue son chemin”.

Il y a un administrateur un jour qui m’a dit  : c’est comme les grands ados qui quittent le nid et les parents qui disent on sera toujours là si tu as besoin pour un moment ou un autre. Et donc nous, avec nos pilotes, on est dans cette posture là. Parce que si tu viens boire un café, on sera ravi de boire le café avec toi. Mais la relation professionnelle s’arrête là. Il faut le conscientiser. Des fois, ça se fait tout naturellement du côté du professionnel qui va le verbaliser ou du côté du pilote qui va là aussi le verbaliser. Mais ce qui est important, c’est de savoir que la porte est ouverte.

Depuis 2023, l’association essaime son modèle d’accompagnement à la liberté. Permis de Construire existe désormais à Vannes, à Rennes et à Saint-Malo.

Si vous voulez rencontrer les pilotes rezéens, un autour d’un café, rendez-vous chaque premier vendredi du mois à 14h00 au Ripaillon. Arrêt de tram, Pirmil.     

RezéVox revient le mois prochain avec de nouvelles voix, de nouvelles histoires et de nouvelles inspirations.


Marie Baldo fait son cinéma au Saint-Paul

Publié le 26 février 2024

Entourée d’une équipe de 130 bénévoles, Marie Baldo dirige le Cinéma Saint-Paul depuis un an et demi.
Cette passionnée du 7ème art est mue par des objectifs clairs : ouvrir le cinéma à tous les publics et proposer des rendez-vous uniques. En un mot, faire du Cinéma Saint-Paul, cette institution rezéenne, un lieu de rencontres et d’échanges. Vous pouvez découvrir la programmation du cinéma sur https://cinemastpaul.fr

Marion, ambassadrice du cécifoot

Publié le 27 janvier 2024

Marion Chiapello arpente les terrains de cécifoot depuis quelques années. Elle est notamment l’une des figures du FC Nantes Cécifoot, une équipe mixte dont elle est la seule fille. Elle partage au micro son goût pour ce sport qui nécessite une bonne dose d’engagement et de dépassement de soi. Et si vous voulez en savoir plus, rendez-vous les samedis matins au bord du tout nouveau terrain de cécifoot de la Trocardière. Marion s’y entraîne avec ses coéquipiers du FC Nantes.


Bonjour Marion !

Si des gens voyants veulent s’impliquer dans le cécifoot, c’est possible. Parce qu’il faut des gens voyants pour nous accompagner aussi et pour nous guider. J’ai tellement le ballon dans les oreilles que je suis que ça et des fois j’oublie même ceux qui se signalent où ils sont.

Vous écoutez Rezévox, le podcast de la ville de Rezé. Chaque mois, nous allons à la rencontre de femmes et d’hommes qui agissent, inventent, témoignent sur leur parcours, sur des faits ou sur des façons de faire dans notre territoire.

Du coup, moi, c’est Marion, j’habite à Rezé. Je fais du cécifoot depuis 4 ans maintenant. Enfin, je me suis arrêtée pendant à peu près un an et demi, deux ans, parce que j’ai eu des enfants. Je n’ai pas vraiment de niveau particulier. En tout cas, je joue au FC Nantes cécifoot. Et je joue également à Schiltigheim dans l’équipe féminine, en fait. Par contre, je joue en catégorie B1, parce qu’il y a plusieurs catégories au cécifoot. Et c’est les non-voyants, en fait. On a tous le masque, du coup. Pour être tous à la même vision.

Est-ce que vous pouvez nous raconter un petit peu comment vous êtes arrivée à ce sport-là ? Est-ce que c’est un peu le hasard ou vous avez eu dans votre famille, dans votre entourage des gens qui jouaient déjà ?

C’est un petit peu le hasard, on va dire. Moi, à la base, je faisais du judo. J’ai toujours été malvoyante. Moi, je suis malvoyante de naissance. Après, j’ai eu d’autres problèmes à mes yeux qui ont fait que je ne pouvais plus faire de judo, donc j’ai cherché un autre sport. Et j’ai connu le cécifoot en me renseignant un peu sur les sports adaptés. Et j’ai eu envie d’essayer. Il n’y en avait pas où je faisais mes études. J’étais à Montpellier pour mes études. Il n’y en avait pas là-bas. Et du coup, quand je suis arrivée à Nantes, il y avait un club, donc j’ai voulu essayer. Et j’ai continué parce que ça m’a bien plu.

Est-ce que c’est simple ? Est-ce que c’est un peu complexe ? Comment on rentre dans ce jeu-là ?

Alors moi c’était un peu complexe parce que, déjà moi, je vois un petit peu donc quand je suis arrivée,  j’ai mis le bandeau du coup je ne voyais plus rien ! Donc déjà il y avait cette chose d’être vraiment sans la vue parce que quand on est malvoyant on voit pas bien mais on voit quand même un peu donc et on s’en sert quand même du peu de vision qu’on a.  Et moi c’était ça qui était un peu complexe et aussi que, à la base, le foot, ça ne m’intéresse pas trop, je ne connais pas  du tout, je ne connais pas les règles. Donc c’était vraiment tout nouveau pour moi. Comment contrôler un ballon, ça a été difficile au début, même encore maintenant, je ne suis pas… La plus forte, clairement. Et après, le cécifoot, c’est quand même, je ne vais pas dire violent, mais en tout cas, il y a du contact et il ne faut pas avoir peur.

Alors, qu’est-ce qui vous a plu, vous, quand vous avez commencé ce sport ? Vous vous êtes dit, voilà, c’est un truc que je veux faire parce que, pour telle et telle raison, qu’est-ce qui vous plaît particulièrement ?

Alors déjà j’aime bien le fait d’être en équipe. Moi j’aime beaucoup le fait justement de ne pas voir et que ça repose mes yeux  et ça me fait travailler les autres sens et je trouve que c’est assez stimulant pour ça. Après, il y a tout le côté dépassement de soi un petit peu aussi où je trouve qu’on essaye de faire bien, de bien contrôler la balle, de marquer un but sans voir. Et c’est quand même assez impressionnant, je trouve. J’aime beaucoup le sport en général. Et là, vraiment, on est sur du sport assez intensif. C’est un assez grand challenge.

Qu’est-ce qui différencie vraiment ce jeu, particulièrement du foot traditionnel, comme on le connaît ?

Du coup, il y a moins de joueurs. On n’est que 4 joueurs de champ et il y a un gardien. Je pense que c’est quand même une des grosses différences. Après, le terrain ne fait pas la même taille aussi. Il y a quand même des tailles un peu spécifiques. C’est un peu la taille d’un terrain de hand. Après, les règles sont quand même à peu près les mêmes. Ce qui change un peu, c’est qu’il y a des règles pour le guidage parce que forcément, on ne voit pas, donc on est guidé. Il y a des règles également pour qu’on puisse se signaler, dire où on est, demander le ballon. En fait, c’est surtout pour signaler, on dit « voy » pour dire quand on va vers le ballon. C’est vraiment quand on va vers le ballon, si on ne bouge pas, on n’est pas obligé de dire « voy ».

Ça manque un peu cruellement de femmes dans ce sport-là où, comme dans le foot traditionnel, il y a beaucoup de garçons et assez peu de femmes ?

Ça manque un petit peu. Après, je ne sais pas si c’est un problème de communication, d’envie de faire ce type de sport… De crainte, peut-être de peur, je ne sais pas. En tout cas, moi, je vois quand même, quand je parle avec mes copines, qu’elles n’ont pas forcément envie de faire ça parce que, justement, c’est quand même assez intense. Et du coup, ce n’est pas forcément un sport qui attire, je ne sais pas. Mais en tout cas, c’est un sport mixte et ce serait bien qu’il y ait plus de filles.

Quand c’est sur Nantes, par exemple, vous savez où vous jouez ou pas ? Ça change tout le temps ?

Normalement, ça va être à la Trocardière, il me semble. Du coup, sur le nouveau terrain de cécifoot, qui a été inauguré le 16 décembre. Ça fait plaisir de jouer sur un vrai terrain. Oui, moi je veux continuer. J’aimerais bien m’améliorer encore plus. Avec le FC Nantes, du coup, je m’améliore bien. J’ai beaucoup d’entraînement quand même avec eux. Ils ont leur niveau qui est assez bon quand même. Et du coup, forcément, ils m’aident avec leur expérience et avec ce qu’ils savent faire. Après, j’apprends aussi avec l’équipe féminine, mais c’est complètement différent. Peut-être que l’équipe féminine devienne une équipe de France. Mais il faudrait plus de joueuses, il faudrait plus de stables. Enfin, c’est un gros… C’est une grosse organisation.

Il faut venir nous voir, il ne faut pas hésiter ! Maintenant, on va sûrement s’entraîner à la Trocardière les samedis matins, de 9h30 à 13h. Parce que le matin, il y a les jeunes aussi, l’académie du FC Nantes. Même les jeunes peuvent intégrer le cécifoot à partir de 6 ans. Donc ça peut être, pas forcément aller voir un match, mais au moins aller voir les entraînements, voir comment ça se déroule, comment on joue.

Si des gens voyants veulent s’impliquer dans le cécifoot, c’est possible. Parce qu’il faut des gens voyants pour nous accompagner et pour nous guider. Des moments où on cherche des gardiens de but, des choses comme ça. En tout cas, toute aide est la bienvenue dans le club !

Merci beaucoup Marion ! De rien, avec plaisir. Merci d’avoir écouté cet épisode de Rezévox. On se retrouve le mois prochain pour une nouvelle rencontre !


Le calendrier culte de Samuel Dujeux

Publié le 27 décembre 2023

Samuel Dujeux est le patron d’un bar pas comme les autres : le « Petit Café » de Rezé, dans le quartier Blordière. Vous le reconnaîtrez facilement avec sa licorne accrochée à la façade. Ouvert uniquement les jeudis et vendredis, il fait la part belle à la musique.
Mais ce qui caractérise aussi ce café, c’est sa solidarité : Samuel et ses clients sont à l’initiative, depuis 8 ans, d’un calendrier « dénudé » dont les bénéfices vont à une association d’aide aux enfants malades, « Pour le sourire d’Isaac ».


C’est toujours une expérience intéressante, et puis avec les thèmes qu’on aborde chaque année, on rigole plutôt des mises en scène et des idées de chacun. Il y a des gens qui sont récurrents, qui adorent ça et qui trouvent ça super rigolo et très intéressant, et d’autres qui sont tout nouveaux, ou des gens qui repartent, qui reviennent, en fonction des disponibilités de chacun et de leur envie par rapport aux thèmes. Vous écoutez RezéVox, le podcast de la Ville de Rezé.

Chaque mois, nous allons à la rencontre de femmes et d’hommes qui agissent, inventent, témoignent sur leur parcours, sur des faits ou sur des façons de faire dans notre territoire. Alors je m’appelle Samuel Dujeux, j’ai 43 ans, bientôt 44 dans sept jours, et je suis le patron gérant et fondateur du Petit Café de Rezé, nouvelle formule depuis 2015.

Le Petit Café de Rezé, est-ce que tu peux nous dire comment il fonctionne ? C’est un café un peu spécial et un peu bizarre parce qu’on nous appelle la « licorne », parce qu’on bosse que deux jours, on bosse que les jeudis et les vendredis. Mais à chaque fois qu’on est ouvert, on propose une activité. Donc les jeudis c’est soit quiz, soit blind test. Et tous les vendredis soirs, c’est concert.

Alors, il y a une initiative que vous avez prise, je crois il y a sept ans, c’est ça ?  Sept, huit. Ce calendrier solidaire dont on va parler, comment est née déjà l’idée d’un calendrier solidaire ? C’est parce que vous avez vu d’autres exemples ailleurs, comment ça s’est passé ? Alors tout d’abord, quand on a ouvert le café on savait pas si ça allait marcher. Donc la question qui s’est posée,  c’est : quitte à faire des choses folles, autant faire des trucs rigolos dès le démarrage. Donc on s’est dit : « tiens, on va faire un calendrier ! » Alors oui, l’inspiration c’est le Dieux du Stade. Mais bon, vu qu’on est pas des rugbymen, on a fait ce qu’on a pu avec ce qu’on avait. Mon associé était photographe à l’époque. Donc on a décidé de faire ça déjà avec les copains pour rigoler, et après les filles ont voulu faire la même chose l’année d’après. Et c’est parti comme ça. Et après c’était mixte avec des thèmes différents chaque année. Et tout ça pour effectivement financer une association qui s’occupe d’enfants malades. Pour l’instant, on est toujours avec l’association « Pour le sourire d’Isaac » qui s’occupe des enfants qui sont atteints du gliome infiltrant du tronc cérébral. C’est une tumeur mortelle de l’enfant. Donc des gamins qui passeront pas l’année en l’occurrence, et effectivement c’est pour financer des vœux, leurs derniers vœux.

Il y a une journée de shooting, il y a un photographe qui vient ? Comment ça se passe  ? Alors tout simplement, on fait appel à candidature, on remplit un calendrier pour le shooting sur la journée de shooting. Chacun a décidé, en fonction du thème, décide d’une photo qui veulent faire avec le photographe. Et donc on a un photographe professionnel, qui s’appelle Jean-Marie Jagu, qui vient chaque année shooter le calendrier dans l’ordre de passage de la journée. Et voilà normalement en une  journée c’est plié, il prend un quart d’heure pour shooter une mise en scène donc ça va très très vite.  Et il a une patte qui est reconnaissable entre mille. Il est ancien photographe de concerts et de Ko Ko Mo. Donc c’est à la fois les gens qui travaillent ici, les clients, les voisins…

Qui participe du coup ? Tous ceux qui veulent ? Voilà, c’est sur une base de volontariat, on fait un appel au volontariat et donc c’est de la famille, des amis, des clients, des voisins. Enfin voilà  c’est le quartier, même des gens qu’on connaît à peine et qui disent « nous on aimerait bien faire ça, on trouve que l’idée est intéressante ! »  Et pour une bonne cause ils sont prêts à se dénuder. On est à poil ou pas, ou alors certains avec quelques vêtements. L’intérêt, c’est qu’effectivement on ne voit pas les choses les plus coquines. On voit juste des corps dénudés, des corps de tous les âges. L’intérêt, c’est de rigoler un coup, pour certains c’est une épreuve, donc en fait ils veulent se confronter à leur propre vision de leur corps. Et à ce titre là, c’est toujours une expérience intéressante. Et puis avec les thèmes qu’on aborde chaque année, on rigole plutôt des mises en scène  et des idées de chacun. C’est assez facile finalement parce que le plus dur  c’est les photos de groupe collégiales qui sont un peu complexes à mettre en œuvre, mais après quand on est deux ou trois sur la photo ça passe assez bien et puis c’est reconnaissable entre mille très facilement.

Et tu disais  qu’il y a du monde,  il y a des volontaires, toujours ? Pour l’instant, effectivement, on n’a jamais manqué de volontaires. Faut qu’on fasse 14 photos à l’année : la photo de couverture et la photo pour le 13ème mois puisque effectivement on repasse sur le mois de janvier qui suit,  et en fait c’est le teaser pour l’année d’après. Voilà, 12 de l’année plus la photo de couverture et la dernière effectivement pour le mois de janvier de l’année qui suit. Il y a des gens qui sont récurrents, qui adorent ça, et qui trouvent ça super rigolo et très intéressant, et d’autres effectivement qui sont tout nouveaux, des gens qui repartent qui reviennent voilà… En fonction des disponibilités de chacun et de leur envie par rapport aux thèmes. La première année avec mon associé qui voulait faire une photo en faisant les Beatles dans la rue d’en face sur le passage à niveau un peu comme Abbey Road, donc on a programmé la photo, on a attendu qu’il fasse nuit, on était prêts, on avait des guetteurs. Et au moment où on se décide à faire la photo, donc les gens qui regardaient qu’il y avait personne qui passait à ce moment là, il y a des clientes qui viennent et qui s’arrêtent… En fait il y a une voiture qui s’arrête à ce moment là, et c’est des clientes qui nous disent : « qu’est-ce que vous faites ? » On dit : « on fait les photos promotionnelles pour le Petit Café ». Voilà on s’est fait griller quoi…

Alors cette année c’est le sport, est-ce que tu peux nous dire un petit peu les thèmes que vous avez choisis avant ? Alors la première année donc comme je t’ai expliqué c’étaient les garçons qui ont fait donc une mise en scène sur l’année avec mise scène dans un bar. La deuxième année c’étaient les filles qui ont dit « nous aussi on aimerait bien poser dans le calendrier ! » On a dit « ok il n’y a pas de problème », donc elles sont restées 24 heures avec une amie et une photographe pour pouvoir faire les photos. L’année d’après, qu’est ce qu’on a fait ? On a fait « cinéma et séries », ensuite on a fait « BD et littérature ». Ensuite on a fait « star de la musique ». Ensuite on a dû faire « mythologie et histoire », « reproduction d’œuvre d’art » et là, « sport ».

Pour les prochains, c’est quoi les trucs un peu fous que vous avez en tête ? Alors l’année prochaine, le teaser qu’on a, c’est « dessins animés de notre enfance ». Donc là le teaser c’est Chapi Chapo, Cruella d’enfer et Fifi Brindacier. Voilà ça c’est le prochain, c’est officiel, ce sera celui-ci. Après pour les suivants, il faut réfléchir mais on a un an encore pour réfléchir, pour trouver le futur thème pour le teaser de l’année prochaine, donc en août 2024.

Vous faites le tour des maisons, mais à poil ? Comme les pompiers tu sais, pour vendre leur calendrier ? Alors nous le problème c’est qu’effectivement ça nous dérangerait pas mais je suis pas sûr que la Maréchausée soit d’accord !

Le calendrier, on le trouve ici essentiellement ou on peut le trouver ailleurs ? Alors habituellement on le trouve ici au bar, on peut demander par le biais des réseaux à se le faire envoyer avec un virement, et nous on vous l’envoie par la Poste au besoin. Donc donc plutôt ici, à partir du 25 janvier en l’occurrence parce qu’on ferme demain le 8 décembre.

Et tu peux rappeler l’adresse ? 7, rue Maurice-Lagathu, 44 400 Rezé. Alors n’hésitez pas à passer au Petit Café dès fin janvier pour vous procurer ce calendrier un peu particulier. Les fonds récoltés seront reversés  à l’association « Pour le sourire d’Isaac », et permettront ainsi d’exaucer les vœux des enfants malades.

Merci d’avoir écouté cet épisode de Rezévox. On se retrouve le mois prochain pour une nouvelle rencontre !



Olivier, engagé pour une consommation responsable

Publié le 25 novembre 2023

Olivier Noël est devenu co-président de Scopéli début 2022, quelques temps après son arrivée à Rezé. Impliqué depuis sa jeunesse dans des mouvements de défense de l’environnement, il a embrassé très rapidement le projet de ce supermarché coopératif et participatif, véritable ovni dans le paysage actuel de la consommation. Il nous dévoile les coulisses de cette entreprise pas comme les autres.


Je suis devenu scopélien, j’ai trouvé le projet prodigieux, à chaque fois que je rentre je me dis comment ce truc-là peut tourner avec que, quelque part, des bénévoles. C’est extraordinaire. Quand on vient faire sa vacation ici, franchement c’est un plaisir, c’est pas du tout une contrainte.

Vous écoutez Rezévox, le podcast de la Ville de Rezé. Chaque mois, nous allons à la rencontre de femmes et d’hommes  qui agissent, inventent, témoignent sur leur parcours, sur des faits ou sur des façons de faire dans notre territoire.

Alors je m’appelle Olivier Noël, mon nom de famille comme le Père-Noël.

Et alors Scopéli, c’est depuis quand ? Comment tu arrives dans cette aventure-là ? Est-ce que tu peux nous raconter un petit peu ?

Quand j’étais tout jeune, je faisais partie d’une association qui s’appelait « Les jeunes pour la nature », donc j’étais déjà sensibilisé à l’écologie, j’avais à peine 10 ou 11 ans quand j’ai manifesté pour l’arrêt de Plogoff à l’époque. Alors, on était un petit peu naïfs et compagnie mais voilà c’était intéressant. Donc ça a toujours été une sensibilité que j’ai eue, que j’avais du mal à appliquer là où j’habitais avant. J’habitais dans le 93 à Drancy, qui était une super ville avec une mixité qui me plaisait beaucoup. Mais par contre, les seuls trucs bio auxquels j’avais accès c’était quand la marchande était là et qu’elle était passée à Rungis quoi, sinon il y avait pas. Donc quand je suis arrivé, qu’on a décidé de partir de la région parisienne parce que j’avais envie de faire du vélo en sortant que chez moi et que dans le 93 c’est très difficile.
On est arrivés sur Rezé et je suis passé devant Scopéli et je me suis dit  » Qu’est ce que c’est que ça ? ». J’ai fait une recherche sur internet, je suis venu voir physiquement, j’ai passé la tête par la porte en disant « Bonjour, je peux regarder ? », on m’a dit oui et je me suis inscrit. Donc je suis arrivé en juillet 2021 sur Rezé. En août je suis devenu scopélien, j’ai trouvé le projet prodigieux à chaque fois que je rentre je me dis : comment ce truc-là peut tourner avec que, quelque part, des bénévoles. C’est extraordinaire. Et puis, tout un tas de circonstances ont fait que je suis devenu co-président de Scopéli en février ou mars 2022 pour un mandat de 3 ans non renouvelable, très important. Et on ne changera pas la constitution. Donc c’est pour ça je suis pour l’instant, on va dire, le représentant de Scopéli mais dans un an et demi ce sera quelqu’un d’autre. Et c’est ce qui est bien, c’est qu’à chaque fois chacun apporte ce qu’il peut et  ce qu’il veut à l’ensemble du fonctionnement.

Alors Scopéli est un supermarché coopératif participatif, ça signifie que pour pouvoir faire ses courses ici de manière régulière en dehors des portes ouvertes, il faut devenir actionnaire. Donc on achète entre 1 et 5 actions, ce qui revient à 10 à 50 euros, qu’on fait une fois, ce n’est pas tous les ans, ce n’est pas une adhésion. Et on doit donner 3 heures de son temps au minimum par mois lissées sur l’année donc 39 heures sur l’année, ça veut dire que si on est très occupé sur l’été, on peut faire plus de vacations à un autre moment, et en échange de ces 3 heures, on peut faire  ses courses comme on veut aux tarifs qui sont intéressants mais ils sont intéressants parce qu’on participe beaucoup aux frais en participant nous-mêmes ou en faisant les tâches du magasin. Toutes les tâches possibles : on peut faire effectivement dans le magasin la caisse, le fromage, les légumes, on peut faire la compta, le ménage, les achats, etc. Ici, une partie du recyclage, donc tout ce qui est bouchons, etc. Là c’est toutes les consignes non payantes qu’on reprend ici. Là les légumes qui sont un peu usés sont vendus moins chers et s’ils ne partent pas ils vont dans une remorque sur le parking et on les emmène à la ferme des Mille Bras pour en faire du compost. Donc ça ne se perd pas. On essaye de recycler au maximum. 98 % de notre offre alimentaire est en bio. C’est l’une des différences avec beaucoup de supermarchés coopératifs en France. Et le dernier point « local » : 50 % de nos produits viennent de Loire-Atlantique, 25 % des départements limitrophes et 25 % d’ailleurs.

Les valeurs un peu fondamentales de Scopéli, c’est lesquelles ?

La bienveillance, la solidarité, l’écoresponsabilité, même si le mot est un peu galvaudé, mais c’est une réalité. Les gens qui viennent ici c’est pour essayer d’améliorer bien sûr leur quotidien, par des prix qui sont généralement attractifs, par un message derrière, ils savent  que quand ils achètent quelque chose ici encore une fois le producteur va gagner sa vie correctement, qu’il n’y aura pas de saleté dedans, qu’on a réfléchi, on travaille sur des biscuits qui sont des biscuits qui sont faits dans les ESAT également, enfin, il y a tout un côté solidaire. Donc oui, c’est ça, c’est la solidarité vraiment. Ca veut pas dire qu’on va partir en vacances tous ensemble parce qu’on est tous différents, il y a des gens qui ne n’apprécient pas forcément, parce que qu’on ne peut pas tous s’apprécier. Mais au sein du magasin, tu as pu t’en rendre compte, les gens ils ont le sourire, ils sont plutôt cools. Il y a des choses très rigolotes : quand tu es dans la file d’attente à la caisse, le caissier peut être bloqué par un problème et en fait c’est quelqu’un qui est dans la file d’attente qui va sortir de la file d’attente pour venir l’aider, pour lui expliquer ce qu’il faut faire. Parce qu’il l’a déjà  fait, et ça c’est génial. On n’est pas là pour concurrencer les grandes surfaces, on n’en aurait pas les moyens, c’est pas l’idée, par contre pour toutes les personnes qui ont envie de changer un peu de mode de consommation, de faire des trucs qui sont plus locaux, on fait que des légumes de saison, tu ne pourras pas trouver en ce moment des tomates, y a peut-être quelques dernières qu’il peut y avoir mais c’est tout c’est fini.  D’un autre côté tu redécouvres ça, quand tu manges de la pastèque ou le raisin en septembre tu fais « Ouah le raisin ! », ma fille elle est folle quand les grenades arrivent. Donc ça c’est vraiment un truc qui est très très différent, mais on n’est pas du tout là pour concurrencer. C’est juste que tout le monde, et c’est très important, quel que soit le budget, parce que si jamais tu fais des achats en vrac par exemple, tu économises quand même 20 % à peu près sur les produits, donc même avec des petits budgets, tu dois pouvoir te nourrir en venant ici c’est vraiment ça l’idée. On est en partenariat avec Simon de Cyrène, ce sont des logements partagés entre personnes handicapées et assistants de vie, donc on a quelques-uns de leurs pensionnaires qui sont coopérateurs et qui viennent faire une vacation régulière. Nous avons donc également Ocens qui est un institut qui s’occupe de personnes à retard cognitif. Ils ont deux groupes différents qui viennent faire des vacations ici. Nous avons également un groupe de personnes malentendantes qui viennent, nous avons des malvoyants aussi. Puis nous avons des stagiaires, des lycéens, des personnes qui sont en école supérieure, des collégiens. En fait, on essaie d’être le plus inclusif possible et d’être le plus ouvert pour qu’il y ait le plus de monde. Après, je trouve qu’on manque de populations vraiment des couches sociales les plus défavorisées parce que c’est très difficile. Le souci c’est que quand il faut prendre le bus pour venir à Scopéli faire trois heures par mois pour acheter des produits, ça ne fonctionne pas. Donc pour ça en fait, faut passer les écoles, c’est par l’éducation. Donc c’est pour ça que je suis pas mal investi sur le collège Allende, mais également on essaie d’organiser, quand on a des expos par exemple, des visites par des écoles, où on va pouvoir leur faire visiter, leur expliquer, etc. C’est quelque chose qui est très important également de passer par l’éducation.

Je suis Rezéen, je veux devenir actionnaire, comment je fais ?

Alors il y a plusieurs solutions, là on a à nouveau un site internet, donc en fait tu peux au choix aller sur le site et t’inscrire à une visite découverte, y en a les mercredis et samedis en alternance. Donc ça va durer deux heures on va vraiment tout t’expliquer, tout ce que je viens de dire là mais d’autres choses également. Les autres solutions c’est par les journées « portes ouvertes », où là on va pouvoir te renseigner, donc on en fait quand même au moins une par trimestre. L’autre solution c’est tout bêtement de passer la porte puis de poser la question aux gens qui sont là. Tu vas pouvoir t’inscrire directement, voire visiter. Moi si je suis présent, je fais des visites régulières, quand les gens arrivent je dis « Bon je vous fais visiter ». Voilà, ça fonctionne comme ça.  Et puis ça peut être par des connaissances également. On a quand même pas mal de partenariats, on a un partenariat avec le CSC Loire et Seil, avec le CSC Allée Verte, on a un partenariat avec que le secours populaire de Rezé. Donc tout ça ce sont des moyens d’arriver jusqu’à Scopéli.

S’engager pour une société plus solidaire et plus responsable. C’est ce qui anime Olivier et tant d’autres, chez Scopéli ou ailleurs. Cet épisode de Rezévox est aussi un moyen de les mettre en lumière, et pourquoi pas, de donner envie à d’autres de pousser les portes des associations.

Merci d’avoir écouté cet épisode de Rezévox. On se retrouve le mois prochain pour une nouvelle rencontre.


Diane offre une nouvelle vie aux jouets

Publié le 28 octobre 2023

En 2020, Diane Bégard décide de créer l’atelier Joujou au sein de l’association ATAO. Le principe : collecter, trier et valoriser des jeux, jouets et livres pour enfants pour les vendre ensuite dans la boutique du quartier de la Bottière. Une initiative qui permet également de donner un nouvel élan à des personnes éloignées de l’emploi.
Cette année encore, la ville de Rezé est partenaire de l’atelier Joujou en proposant des collectes dans différents lieux. A vous de jouer !


Vous êtes Diane ? Bonjour, enchanté. Vous enregistrez déjà ? Oui c’est parti, moi je suis comme ça. Alors nous on reprend les jeux et les jouets et les livres pour enfants en bon état, complets, fonctionnels.  Finalement sur les 50 doudous reçus, il y en a un ou deux qui va plaire et les autres pas. Et du coup on nous les confie, pour nous ça nous permet d’avoir une boutique avec des belles choses. Vous écoutez Rezévox, le podcast de la ville de Rezé. Chaque mois, nous allons à la rencontre de femmes et d’hommes qui agissent, inventent, témoignent sur leur parcours, sur des faits ou sur des façons de faire dans notre territoire. Alors je suis Diane Bégard, je suis la coordinatrice de l’atelier d’insertion Joujou chez l’association ATAO et on fait du réemploi de jeux, jouets, livres pour enfants, donc on offre une seconde vie à tout ça. En offrant un parcours d’insertion, un accompagnement à des adultes temporairement éloignés de l’emploi. J’ai longtemps travaillé dans des associations, dans des montages de projets, et je me suis réveillée un matin avec mes enfants en me disant « où est-ce qu’on trouve des jouets d’occasion de qualité à Nantes ? » Et en regardant un peu ce qui se passait dans d’autres territoires, j’ai vu qu’à Paris il y avait une association qui s’appelait Rejouer qui s’appelle Rejouer, qui existe encore, et qui faisait du réemploi de jouets avec un volet de solidarité d’inclusion sociale et professionnelle. Ça m’a parlé et j’ai quitté mon précédent emploi pour me lancer dans cette aventure de l’entrepreneuriat social. Les partenaires nous soutenaient, les collectivités et autres, et l’État et du coup on s’est lancés. Donc ça a démarré en décembre 2020. – Alors, ça représente combien de personnes ici à temps plein, à peu près ? Alors au quotidien, sur l’atelier on peut être jusqu’à 13 personnes, il y a 10 salariés en parcours d’insertion qui ne sont pas à plein temps qui sont sur 28 heures. On est en fait un marchepied vers l’emploi et quand on a réussi notre mission c’est que la personne, elle part. Donc elle part au bout de 1 an ou 2 ans en moyenne, et si on a tout bien fait, elle part sur une formation qualifiante qui correspond à son projet professionnel ou elle part en emploi, en CDD, CDI, il ne faut pas qu’ils restent en fait, le but du jeu c’est pas qu’ils restent. – Vu qu’on arrive à Noël bientôt j’imagine que là vous êtes en pleine période de collecte, est-ce que vous pouvez nous expliquer un peu comment ça se passe ?
On collecte par différents canaux. Nous ce qu’on veut c’est que ce soit facile pour les familles de nous confier des jouets. Donc ils peuvent déposer les jeux et les jouets dans notre boutique pendant les heures d’ouverture. Et on organise des collectes aussi sur d’autres lieux. Par exemple à Rezé, on va collecter au mois de novembre décembre à la mairie, aux maisons de quartier, à la médiathèque et à l’école de musique, donc du coup on dispose des bacs de collectes, les gens peuvent le déposer et on vient les chercher à la fin. Et on organise enfin des collectes dans des entreprises où les salariés le matin peuvent déposer des jouets en allant au travail
et nous on va aller chercher les jouets quand l’opération est terminée. On l’a déjà fait, ça va être la troisième année qu’on le fait à Rezé, donc les Rezéens nous connaissent, normalement, en tout cas ils ont été très très généreux sur les dons et nous ça nous permet de travailler derrière et d’avoir un support d’activité pour faire monter en compétences les salariés qu’on accueille. – Et est-ce qu’on peut tout donner ? Ou il y a vraiment des choses, il ne faut pas le faire ?
Alors nous on reprend les jeux, les jouets et les livres pour enfants en bon état, complets, fonctionnels, idéalement qui ont la norme CE, notamment pour les peluches parce que sinon ils ne passeront pas nos tests de qualité et on ne prend pas donc du coup les livres gribouillés, déchirés, on ne prend pas les jouets cassés. Nous on ne fait pas de réparation et on prend pas le matériel de puériculture, on ne prend pas les vêtements. Ça ce n’est pas nous il y a d’autres structures qui le font. Notre spécialité c’est vraiment les jeux, les jouets, les livres pour enfants. On n’est pas une déchetterie, donc en gros quand on nous donne quelque chose il faut qu’il puisse être sauvable. Sinon on perd du temps et on doit aussi après le jeter, donc vigilance, qu’est-ce que vous donneriez à votre voisin ? Bah c’est pareil pour nous. – Est-ce qu’on peut faire du coup un petit tour de l’atelier ? On est dans un local qui fait 500 m² dans lequel on s’est installé début septembre, donc tout n’est pas encore mis en place – c’est tout frais – . Voilà donc il y a encore encore pas mal de choses à mettre en place mais l’activité a repris en tout cas. Donc on a vraiment ce circuit du jouet qu’on retrouve sur les différents postes de travail donc on a plusieurs postes de travail. Celui-ci c’est le poste de tri. On va découvrir ce qui a été collecté. On ouvre les cartons, on vérifie que ce sont bien des jouets, qu’ils sont sauvables, valorisables, qu’ils ont un potentiel…
– Et dans ce que vous recevez des fois quand vous ouvrez les cartons, est-ce qu’il y a des grosses surprises des fois ? Des trucs, c’est hyper beau, c’est un truc qu’on n’a jamais vu. Oui, on a des pépites, on a aussi des jouets qui sont neufs, qui n’ont pas du tout servi. Alors je pense que, on imagine que ce sont des cadeaux, voilà, qui sont tombés à côté de la plaque. Il y a beaucoup beaucoup de premier âge, c’est le moment où on se fait offrir beaucoup de cadeaux aussi au moment des naissances, et finalement sur les 50 doudous reçus il y en a un ou deux qui va plaire et les autres pas. Mais du coup on nous les confie, et pour nous ça nous permet d’avoir une boutique avec des belles choses.  Et ensuite les jouets arrivent ici donc ça ce sont des jouets, c’est ce qu’on appelle la bibliothèque de pièces détachées. Ces boîtes contiennent des pièces d’avance qui peuvent permettre de compléter un jouet que nous on reçoit incomplet. Ce n’est pas des jouets en attente, c’est la réserve. On a la même chose pour les dés, les pions de toutes les couleurs, les mini-univers, donc quand on a une pièce de Playmo on ne va pas la vendre brute, on va attendre de reconstituer un univers afin de pouvoir le refaire partir. Et du coup il y a la boutique, le bout de la chaîne. SI vous voulez interviewez une cliente… De Rezé en plus. – Je m’appelle Johanna, et ma fille c’est Marley. Alors là pour le moment, je suis sur les livres. Mais là je sens qu’on va bientôt acheter le magasin parce que ma fille est en train de regarder les autres petits trucs. Mais là on a fait pas mal de stocks de livres, on a fait pas mal de jouets extérieurs aussi. Moi j’achète beaucoup ici parce que déjà c’est pas très cher. Forcément ça m’intéresse et en plus parce que j’ai pas besoin de surconsommer des choses qui existent déjà. – Et je vois que T’choupi a toujours du succès. T’choupi oui là en ce moment on est sur le pot, donc voilà c’est « T’choupi sur le pot »…  Si vous avez quelques jouets qui s’ennuient au fond d’un placard, n’hésitez pas à venir les déposer dans un des points de collecte présents à Rezé entre le 29 novembre et le 16 décembre, Joujou leur donnera certainement une seconde vie. Merci d’avoir écouté cet épisode de Rezévox, on se retrouve le mois prochain pour une nouvelle rencontre.



Jean-Michel, l’organiste de Saint-Paul

Publié le 20 août 2023

Jean-Michel Roger est organiste à Rezé depuis une dizaine d’années. Il est même devenu le conservateur de l’orgue de l’église Saint-Paul, sur lequel il s’entraîne et joue régulièrement.
Passionné, il raconte au micro de Rezévox comment  il ausculte et entretient cet instrument monumental et très vivant. Musique !


C’est vraiment un instrument très complet, on peut jouer énormément de choses avec. Et puis avec les sons, on est violent, on est doux, on est amoureux, on est en colère. Noir désir, j’ai joué Noir désir aussi… C’était pour un baptême.

Vous écoutez Rezévox, le podcast de la ville de Rezé. Chaque mois, nous allons à la rencontre de femmes et d’hommes qui agissent, inventent, témoignent sur leur parcours, sur des faits ou sur des façons de faire dans notre territoire. Aujourd’hui nous poussons les portes de l’église Saint-Paul pour rencontrer Jean-Michel Roger, l’organiste du lieu.

L’orgue, au départ, comment vous y venez ? C’est le hasard, c’est vraiment une appétence pour cet instrument-là, comment ça se passe ?

Donc j’avais 9 ans, il y a le prêtre qui est arrivé chez moi et qui m’a dit « toi tu feras de l’orgue ». Alors moi j’avais pas le choix et puis les parents poussaient derrière. J’étais pieds et mains liés dedans.
Donc j’ai commencé par prendre des cours avec ce prêtre, et puis en fait c’est des petits instruments électroniques ça donne pas plus envie que ça, et au moment où j’ai commencé à l’âge de 13 ans à vraiment jouer sur un orgue à tuyaux, là ça a complètement changé la vision de l’instrument.

Ça a pris une autre dimension c’est ça ?
Ça prend une toute autre dimension parce qu’on est vraiment sur un instrument…On dit qu’un orgue c’est des organes, des voix. En fait chaque tuyau va avoir sa voix et les vibrations, les sensations que l’on va ressentir quand on joue elles sont très très fortes.

Il y a des touches blanches, des noires, c’est un piano au départ.
Oui, on a trois claviers ici, donc le pédalier, on a un clavier pour les pieds, on joue avec les pieds comme si on jouait avec les doigts de pieds sur les touches. On a un clavier qui va correspondre à un certain type de jeu et puis un autre clavier ici qui correspond à d’autres sons.
En fait l’organiste c’est comme un chef d’orchestre, en fonction des pièces qu’on va jouer on va décider quels sons on va produire, on a des tuyaux qui vont avoir des sons très larges et d’autres qui vont être très doux. Quand vous avez un orchestre, vous avez des violons 1, violons 2, des altos, des contre basses… Ils vont jouer tous la même note plus ou moins fort, et puis vous avez les trompettes. On se croirait sur un bateau. On a un hautbois, un cromorne, c’est un vieux jeu du moyen-âge.

Du coup je parlais de votre première rencontre avec cet orgue-là, c’était quand et c’était pourquoi ?
Il y a une dizaine d’années. Alors ce qui s’est passé : ça fait 15 ans que je vis à Rezé, et il y a une dame que j’ai rencontrée dans ma famille qui est du côté de Fougères et elle habite à Rezé, elle m’a dit « on cherche un organiste sur Rezé ». Je savais pas. Donc c’est à Fougères qu’on m’a dit devenir jouer à Rezé. Ça faisait déjà 5 ans que j’étais là. Et puis ensuite, on m’a fait rencontrer les personnes qu’il fallait puis on m’a inscrit ici en tant qu’organiste et il y a une dizaine d’années, j’ai été nommé vis-à-vis de la mairie comme étant le conservateur de l’instrument. Je suis garant du bon fonctionnement que ce soit pour des concerts ou pour des offices, ou quand la mairie a besoin de faire des événements, que l’instrument fonctionne.

Vous savez combien de fois vous jouez par semaine ? C’est très variable ou il y a une discipline comme ça ?
Il y a une grande discipline au début, on joue à peu près une heure par jour, enfin ceux qui ont envie, c’est toujours la même chose. C’est comme le piano c’est comme tout instrument, ça se travaille donc on y attribue une heure par jour, une demi-heure, dix minutes, ce qui compte c’est la régularité et puis de s’entraîner. Là, aujourd’hui je suis à 3, 4 heures par semaine.

On vous a jamais demandé de jouer du Michel Sardou avec l’orgue ?
Ah si, j’ai fait des trucs pas avouables. J’ai joué du Thunderstruck d’ACDC. Faut pas que le prêtre soit au courant ? Personne s’en rend compte…

C’était ici du coup ?
C’était pas ici non.

Et sur celui-là, des choses un petit peu hors du commun que vous ayez jouées ? Ici ?
C’est pas un orgue qui se prête à des fantaisies de ce genre-là. C’est plutôt un orgue classique, baroque, l’autre c’était vraiment un gros instrument, donc on pouvait se lâcher.

Il y a des orgues qui se prêtent plus ou moins à de la fantaisie ?

Pour moi en tout cas, mais chaque orgue en fait, chaque église a un orgue et chaque orgue est différent. On ne peut pas jouer n’importe quelle pièce sur tous les orgues. Il y en a qui passeront très bien et d’autres qui…Jouer de la musique romantique sur un orgue purement baroque, c’est pas formidable.

Et donc celui-là, Michel Sardou, c’est pas trop son truc ?
La maladie d’amour à la rigueur…

Ce qui fait que c’est un peu particulier de jouer, c’est cette vibration, c’est cette façon de sentir un peu dans son corps cet instrument qui est gigantesque, c’est un peu ça qui vous anime ?
C’est le souffle, c’est vraiment comme on avait dit tout à l’heure c’est vivant, c’est un instrument vivant, donc on respire avec lui. C’est ce qu’il y a écrit là : « là où est le vent est la liberté »

En latin : « Ubi spiritus ibi libertas ».

Faut toujours un petit peu de latin dans un podcast.

Vous voulez voir l’intérieur ?
Je veux bien. Oui on peut aller voir. L’arrière salle…
La sacristie. Voilà l’instrument de l’intérieur, avec les tuyaux en bois qui bougent, qui font 4 mètres de haut à peu près.

Et ce petit bruit qu’on entend c’est quoi ?
La soufflerie, y a du vent.

Donc il y a un ventilateur qui fournit du vent en permanence. Et des fois vous mettez le nez dedans un petit peu pour réparer ? Oui, c’est ce que j’essayais de faire avant que vous arriviez.

Et c’est pas facile ?
Il y a toujours des petits bruits, après il faut rechercher où se situe la fuite, et puis essayer de la colmater.

Donc c’est des fuites, c’est quoi, c’est de l’air qui passe ?
Oui, parce que le cuir a séché pendant une période, là on a eu une grande période de sécheresse et puis beaucoup d’humidité d’un coup, donc l’instrument a bougé.
L’année dernière avec les sécheresses et puis les périodes de pluies intenses, ça n’arrête pas.

Et bien merci beaucoup Jean-Michel.
Mais je vous en prie, merci à vous.

Merci d’avoir écouté cet épisode de Rezévox, on se retrouve le mois prochain pour une nouvelle rencontre.



Simon, futur grand du volley

Publié le 28 mai 2023

Il n’a pas encore 20 ans mais Simon Magnin a tout pour devenir un grand du volley. Le jeune Rezéen de 2,01 m a la particularité de faire partie du groupe professionnel du NRMV depuis cette saison et de continuer à jouer avec les jeunes de son club de formation, l’ASBR. D’ailleurs, il tentera en fin de saison de décrocher un nouvelle Coupe de France avec ses coéquipiers des moins de 21 ans. Et les matchs auront lieu à la maison, dans la salle de la Trocardière. Simon partage avec nous un parcours déjà riche et des ambitions bien affirmées.
Crédits photos : Corentin Pingeon


Bonjour Simon, ça va ? C’est bon le timing, ça va toujours ? Est-ce que tu veux qu’on s’installe, on peut s’asseoir quelque part ?

Quand tu passes que la moitié du temps du match sur le terrain, des fois ça peut être un peu frustrant. Et mentalement, je commence mine de rien quand même à avoir un peu d’expérience avec tout ce que j’ai pu faire déjà dans le volley malgré mon jeune âge.

Vous écoutez Rezévox, le podcast de la Ville de Rezé. Chaque mois, nous allons à la rencontre de femmes et d’hommes qui agissent, inventent, témoignent sur leur parcours, sur des faits ou sur des façons de faire dans notre territoire.

Alors : Simon Magnin, sportif professionnel volleyeur. Donc j’évolue dans le club du NRMV avec l’équipe première, au poste de central depuis cette année. Pour l’information, je mesure 2 m 01…Si ça peut intéresser des gens. J’ai 19 ans.

Si on revient un petit peu en arrière, est-ce que tu peux nous dire comment tu as eu le virus du volley ? Est-ce que c’est la famille, est-ce que c’est un prof à un moment, comment t’es rentré là-dedans ? Ça part d’assez loin parce que c’est mes parents, surtout mon père qui en a fait beaucoup pendant toute sa vie, donc j’ai été amené, en étant très jeune, vers mes 3/4 ans à aller avec eux sur les estivales de volley, donc l’été, les tournois de 3x3sur sable. Je pense que ça ça a joué aussi sur le fait qu’aujourd’hui je m’y sois mis. Après je suis passé par beaucoup d’autres sports, je me suis mis relativement tardivement au volley, à 14 ans.

Tu peux nous parler un peu de ton parcours justement en jeunes à l’ASBR, comment ça s’est passé ? Pour parler juste de l’ASBR, c’est vrai que c’est un club enj eunes qui a toujours été considéré comme un des plus gros clubs de France, un des plus formateurs. Donc j’ai la chance d’avoir pu grandir ici. Après au niveau des compétitions, moi c’est vrai que je suis arrivé dans une génération…J’ai joué toutes mes années en jeunes dans une belle génération, on avait des bons joueurs avec des bons potentiels. Donc, ça a fait que sur les compétitions on brillait assez souvent.

Il y a beaucoup de jeunes qui font du volley, qui restent à en faire à un niveau loisir, qui ne deviennent pas pro. Toi, qu’est ce qui t’a permis toi de basculer  sur ce monde professionnel du volley ? Bah on va pas se mentir il y a la taille quand même qui m’a aidé, qui a joué sur le fait que je devienne professionnel aujourd’hui. Après derrière, j’ai toujours eu des entraîneurs qui m’ont dit que c’était possible même dans mes plus jeunes années au volley, on m’a très rapidement dit que j’avais quelque chose à faire dans ce sport. C’est beaucoup de travail, pas mal de sacrifices aussi quand, sur les étés, t’es sélectionné avec l’équipe de France jeunes et que t’as que 2 semaines de vacances sur l’été, on peut appeler ça un sacrifice. Encore une fois, c’est du travail et des sacrifices mais il y a tellement d’énormes moments de bonheur que ça vaut le coup de faire ça.

Cette année au NRMV, comment tu l’as vécue ? C’est ta première année vraiment dans le groupe ? Ouais, c’est ma première année en club professionnel, c’était un tout nouveau monde pour moi d’arriver avec des joueurs expérimentés qui avaient l’habitude de jouer dans des gros championnats que ce soit à l’étranger ou en France, mais ça a été une superbe expérience. J’ai eu la chance de tomber pour ma première saison en club pro dans une équipe hyper familiale où tout le monde s’est très bien entendu, franchement on a eu une hyper bonne cohésion de groupe. Cette année, ça a été une équipe très changeante par rapport aux saisons dernières. Beaucoup de nouveaux joueurs et beaucoup de changements sur chaque poste. Et apparemment les choix ont été bons. Donc ça a fait qu’on finit deuxième de la saison régulière, on s’y attendait pas du tout mais au final ça a déroulé toute la saison, match après match on jouait de mieux en mieux on finit malheureusement sur, j’ai pas envie de dire une mauvaise note, mais sur une demi-finale contre Chaumont. Chaumont qu’on a battu sur le match aller et le match retour pendant la saison régulière, donc on s’attendait à faire mieux contre eux mais ça n’enlève rien sur le fait qu’on ait fait une énorme saison et que ça a été incroyable.

Avec l’ASBR en jeunes, ça a été quoi la saison cette année ? C’était comme tous les ans des tours de coupe de France pour pouvoir se qualifier en phases finales. J’ai fait 2 tours avec l’équipe cette saison qu’on a gagnés, et donc là on arrive aux phases finales avec une belle équipe.

Et c’est à Rezé non ? Enfin c’est organisé par Rezé ? Organisé par Rezé, c’est la première fois il me semble, en tout cas moi depuis que je suis au club, on n’a jamais vu ça dans aucune catégorie. Donc c’est énorme, franchement, pour avoir vécu d’autres phases finales c’est vrai que de pouvoir en faire une chez soi c’est assez fou, surtout que moi il me reste cette saison et la saison prochaine en moins de 21 puis ensuite les équipes jeunes ce sera fini pour moi donc c’est peut-être l’occasion d’aller  chercher encore une fois un titre à la maison.

À la maison, ce serait beau ? Ce serait magnifique.

Je crois qu’il y a une histoire de parrainage entre NRMV et l’ASBR, c’est à dire que les joueurs pros vont supporter les équipes de jeunes surtout… que les équipes de jeunes ? Les équipes de l’ASBR en général. Par binôme dans l’équipe pro on a tous été mis dans une équipe de l’ASBR, que ce soit en régionale féminine, en prénat masculine etc…Donc ça va des catégories adultes jusqu’aux jeunes, et cette saison, ça n’a pas trop pris. Moi, personnellement j’ai pas été voir mon équipe non plus, je ne vais pas vous mentir, mais moi j’ai mon petit frère qui joue en moins de15 ans qui est entraîné par mon père. Donc j’ai pas eu la chance de tomber sur eux en tant que parrain mais j’espère que l’année prochaine je pourrais les avoir et donc ce sera l’occasion d’aller les voir.

Si on se projette un peu, toi tu vois comment, ta carrière dans quelques années, si on se projette à cinq ans par exemple, tu te vois toujours ici ? À 24 ans, 25 ans moi je me vois bien à l’étranger, dans j’espère les plus prestigieux championnats du monde. Je pense à l’Italie ou la Pologne qui sont souvent cités dans les gros championnats parce que c’est aussi les meilleurs mais pour l’instant c’est un rêve, j’avance au fur et à mesure, petit à petit je fais ce qu’il faut pour l’instant ça marche bien parce que je grapille du temps de jeu, la saison prochaine j’espère en avoir plus. Et voilà on verra comment ça avance mais moi je pense que c’est possible donc je vais bosser pour ça.

Vous l’aurez compris, Simon a déjà l’étoffe d’un grand du volley. Avec ses coéquipiers des moins de 21 ans de l’ASBR, il vous attend nombreux pour l’encourager et l’aider à soulever une nouvelle coupe de France. Rendez-vous les 2, 3 et 4 juin à la Trocardière.

Merci d’avoir écouté cet épisode de Rezévox, on se retrouve le mois prochain pour une nouvelle rencontre.



Le voyage solidaire de Sarah

Publié le 24 avril 2023

À 22 ans, Sarah Douaud vient de participer à une mission de près d’un an au sein du Corps européen de solidarité. Un dispositif encore méconnu qui permet à des jeunes entre 18 et 30 ans de parcourir l’Europe tout en se mettant au service d’associations ou d’organisations non gouvernementales (ONG). Sarah raconte cette expérience unique, qui a confirmé son goût pour l’engagement.


Bonjour ! C’est Sarah. Enchanté. Quand j’étais plus petite, je me disais « quand je serai plus grande, je ferai une mission humanitaire ou je ferai du bénévolat, parce que pour moi ça allait de soi. On est tous sur une même planète où on doit s’entraider d’une façon ou d’une autre et pour moi, c’était comme ça que je pouvais faire ma part des choses.

Vous écoutez Rezévox, le tout nouveau podcast de la Ville de Rezé. Chaque mois, nous allons à la rencontre de femmes et d’hommes qui agissent, inventent, témoignent sur leur parcours, sur des faits ou sur des façons de faire dans notre territoire.

Moi c’est Sarah, j’ai 22 ans et là je suis actuellement en service civique dans le groupe artistique Alice pour une mission de médiation culturelle et suivi de projet. Alors, moi j’ai fait un bac littéraire, quand je suis sortie du bac, j’avais l’idée de devenir journaliste mais plus dans la mode donc la première étape pour moi ça a été de faire une licence information communication. Et en fait je me suis vite aperçue que c’était vraiment pas fait pour moi. J’ai décidé d’entamer un cursus qui s’appelle « DN MADE » c’est un peu un nouveau diplôme, je dis souvent « nouveau diplôme » mais ça date de 3 ou 4 ans. Donc c’est un diplôme national des métiers des arts et du design, en design de mode. J’ai appris plein de choses, j’ai vraiment exploré tous les aspects de ma créativité et puis j’ai rencontré énormément de personnes très très chouettes. Et j’ai voulu en fait aller voir ailleurs, parce qu’en fait j’étais vachement avec les gens qui me ressemblaient parce que forcément quand tu fais une formation dans le design, on est tous un peu… On est tous passionnés par la même chose, mais on est quand même intéressés à l’art, au design, à la mode. Et j’avais envie de voir d’autres personnes, d’un autre milieu qui ne s’intéressent pas forcément à la mode ou à l’art. Et c’est là où j’ai voulu faire un Corps européen de solidarité.

Comment vous avez su que ce Corps européen existait ? Parce qu’on n’a pas cette idée là tout de suite. Non, c’est vrai, je trouve que c’est très méconnu en fait, parce qu’au lycée on parle de service civique un petit peu et puis des études post bac, mais c’est aussi une option, et donc moi j’ai eu l’information par une amie qui en a fait un, je crois en Finlande. Et vraiment, ça a capté mon attention parce que j’ai toujours voulu aller à l’étranger et aussi faire du bénévolat, donner de ma personne sans vraiment attendre en retour, et pas forcément de l’argent ou un truc matériel et donc pour moi ça a été vraiment l’option parfaite. Ma première démarche a été d’appeler la mairie de Rezé parce que mon amie était partie via la mairie de Rezé. Et donc j’ai eu un rendez-vous, ils m’ont présenté un peu comment ça allait se faire et quelles étaient les options possibles parce que moi, pour dire, les démarches peuvent être faites très très rapidement parce que moi j’ai appelé en juillet, mi-juillet, et je voulais partir en septembre. Au début, j’avais l’idée dans ma tête que ça n’allait pas se faire parce que normalement toutes ces démarches, c’est long. J’avais l’impression que c’était beaucoup d’administratif, et pas du tout. Donc ça c’était super. Et donc j’ai eu un deuxième rendez-vous où j’ai rencontré une autre volontaire en fait elle m’a aidée à faire mon dossier : CV en anglais, lettre de motivation et elle m’a dit qu’en fait il fallait envoyer sa candidature aux plus de projets possibles.

C’était en Suède, c’était quoi la mission et comment ça se passe concrètement ? Alors, j’étais dans une ONG qui avait plusieurs pôles, mais leur but principal, c’était d’aider les personnes avec des handicaps à s’intégrer dans la société. Donc ils avaient une maison d’édition, ils avaient une boutique en ligne et ils avaient une boutique sur place et aussi un service de location de vélos.  Et moi je travaillais un peu dans tous ces pôles, et il y avait aussi une toute petite partie où c’était des rencontres avec des gens. Au tout début, y avait un goûter, on appelle ça un « fika » en suédois, c’est un goûter où on partage du café, du thé, des petits gâteaux et c’est organisé tous les mercredis avec les personnes qui voulaient venir. Je dirais que c’est vraiment les autres volontaires avec qui j’ai partagé ma vie qui m’ont vraiment marquée cette année. Il y avait deux Allemandes, une Autrichienne et une Tchèque. Et donc forcément moi déjà j’étais jamais allée en Allemagne, en Autriche ou en République Tchèque donc je ne connaissais presque rien de leur culture à part un peu l’Allemagne parce que c’est un pays frontalier, mais donc j’ai pu apprendre en fait plein plein de choses et c’était toujours super enrichissant et super drôle en fait d’avoir des conversations sur juste des petites choses du quotidien qu’on ne fait pas pareil du tout. Et je trouve que ça a apporté une dynamique différente par rapport aux amitiés que j’avais avant en fait.

Si vous aviez un conseil peut-être pour quelqu’un qui veut faire ce que vous avez fait, c’est quoi, allez, deux trois conseils pour bien se préparer, ne pas avoir trop de surprises une fois qu’on se lance.

Il y a la préparation matérielle qui est importante parce que moi je suis partie dans un pays nordique donc forcément fallait que j’achète des vêtements chauds, mais aussi la préparation mentale en fait, je pense que moi je l’ai pas eue forcément parce que ça s’est passé très très vite, et donc au début je ne réalisais pas forcément que j’étais en train de faire ce projet, et donc peut-être faire par étapes, écrire les étapes de « avant son voyage » et écrire pendant ce séjour et après. Je trouve ça toujours bien de relire après parce qu’on est toujours une personne différente et donc relire que l’état d’esprit on avait avant c’est toujours intéressant. Juste ne pas avoir peur, parce que je sais que j’ai rencontré une personne qui a fait ça, et qui au départ me disait qu’elle avait peur de l’inconnu et je pense que ça peut être… Quand on a peur souvent on reste en soi et donc c’est vraiment un moment où on est là pour partager et ne pas avoir peur de partager.

Si comme Sarah, vous souhaitez donner de votre temps au sein de ce Corps européen de solidarité, n’hésitez pas à pousser les portes de la mairie de Rezé. Merci d’avoir écouté cet épisode de Rezévox. On se retrouve le mois prochain pour une nouvelle rencontre.



Korsé, itinéraire d’un graffeur passionné

Publié le 26 mars 2023

L’illustrateur et graffeur Korsé promène ses bombes de couleur dans la métropole nantaise, du côté de République, sur l’île de Nantes, ou encore sous les Ponts des bords de Sèvre. A force de travail (ne lui parlez surtout pas de talent !), l’artiste qui a grandi à Rezé a trouvé son style et s’est fait un nom dans l’univers du graff. De ses premiers dessins d’enfance à ses compositions complexes d’aujourd’hui, Korsé revient sur son parcours d’artiste passionné.


Ce n’est que de la peinture pour moi il n’y a rien de très très grave à faire de la peinture dans la rue.

Eteins ta télé, éteins les réseaux et c’est parti. Ouvre des bouquins et commence à dessiner mais alors mais c’est une demi-heure tous les jours c’est pas genre « moi j’aimerais bien avoir un talent j’aimerais bien faire un chat comme tu fais ». Mais moi je l’ai fait 10 000 fois le chat.

Vous écoutez Rezévox, le tout nouveau podcast de la Ville de Rezé. Chaque mois nous allons à la rencontre de femmes et d’hommes qui agissent, inventent, témoignent sur leur parcours sur des faits ou sur des façons de faire dans notre territoire.

Moi c’est Nico, je suis Nantais, ça fait 17 ans que je suis dans le milieu de la peinture de rue mais pas que. Je suis un illustrateur on va dire avec plusieurs cordes à mon arc. Et donc voilà je suis un peu à fond dans le dessin, ça me fait vibrer, ça me fait rencontrer du monde. Notamment à Nantes mais pas que justement, un peu partout.

Et ton nom d’artiste ? Moi c’est Korsé. Vous pouvez dire « café Korsé » pour retenir en fait mieux.

Et donc là on est nantais aujourd’hui, mais tu me disais tout à l’heure que tu avais vécu à Rezé toute ta jeunesse. Tu peux me refaire un petit peu le parcours rapide ? Absolument, du coup j’ai grandi à Rezé, au niveau de la Blordière et donc j’ai connu l’ARPEJ, j’ai connu tellement de choses qui m’ont fait du coup, donner des bonnes bases pour grandir avec des valeurs de plein de choses, dont des bivouacs, vivre en communauté aussi. Et puis on se fait pas mal de copains, c’est facile quoi. Le dessin moi c’est depuis tout petit tout petit que j’aime ça. Des cahiers, faire des dessins tout le temps à l’école tout le temps tout le temps quoi. Arrive, je sais plus à quelle époque, j’avais peut-être 13 ou 14 ans donc ça remonte, une initiation graffiti justement à l’ARPEJ un certain Sad et Sak donc je leur fais une grosse dédicace, ils sont arrivés, initiation de graffiti, planches de bois et bombes de peinture quoi. Du coup, étant mordu de dessin, j’avais mon cahier, « bah c’est bien c’est cool, tu dessines Nico… super » Gros coup de foudre entre guillemets avec la bombe de peinture. C’est pas évident quand tu dis à tes parents ben moi je vais faire de la bombe, « ah ouais mais non », on peut pas partout c’est pas évident.

Alors justement sur cette culture du graff, ça a eu une réputation un peu d’art clandestin, est-ce que ça a changé ? Est-ce que c’est quelque chose qui est beaucoup plus accepté ? Alors en fait maintenant le graffiti, la fresque, les gens ils assimilent ça au « street art » pour que ce soit direct plus vendeur, direct plus séduisant. Ça me dérange un peu sur le côté un peu « appropriation » d’une culture hip-hop. C’est quand même une culture qui revendiquait des « crew » de B-boys, des « crew » de chanteurs, NTM, Assassins, étaient les premiers quoi à tagguer, à graffer les trains. En fait, leur rôle était de mettre en valeur leur crew, en fait tout simplement de faire la pub de leur crew gratos avec du tag. Bien sûr vandale, bien sûr interdit mais ce n’est que de la peinture. Pour moi il n’y a rien il y a rien de très très grave à faire de la peinture dans la rue. J’ai fait une formation qui s’appelle « brevet technicien dessinateur-maquettiste », ça, c’est la révélation. Tu rentres sur concours, donc déjà faut que tu te bouges un peu, tu montres un peu ce que tu as envie. Tu montres un peu, tu te donnes un peu. Avec des formations extraordinaires d’art appliqué, de photographies, graphisme, tout d’un coup. Tout d’un coup montrant qu’on peut faire autre chose que sur un papier A4,  ils nous montrent déjà des grandes feuilles de papier, je savais pas ce que c’était ces grandes feuilles là, les feuilles raisins, et du coup c’était mais huit heures de matière de dessin le mercredi. Envie de te motiver et de te lever quoi ! Et puis un gars dans la classe regarde mon sketch book et il me dit « ah bah ça te dit on achète trois bombes, on se trouve un samedi on achète trois bombes… » Pas trop de moyens à l’époque, on avait peut-être un peu d’argent de poche je sais plus, et puis on se pose, on essaie de trouver de la place quoi. Et donc ce personnage-là c’est Ador, qui lui est ultra réputé aujourd’hui, qui fait le tour du monde, et c’est devenu mon confrère en fait pendant longtemps, que je salue aujourd’hui encore on est potes à distance du coup, on se suit…

Qui est Rezéen ? Qui habite Rezé aujourd’hui encore et qui voyage tellement en fait que t’arrives même pas à l’avoir. Lui, il m’a pris sous son aile. On s’inspire des magazines, à l’époque on n’avait pas d’Internet, je trouve que c’était tellement charmant. Il y avait un truc où t’ouvrais le magazine. Qu’est-ce c’est que ça ? La découverte des persos, je veux faire ça.

C’est quoi tes terrains d’expression aujourd’hui ? Aujourd’hui on a de la chance à Nantes, il y a une dizaine de terrains, on va dire, autorisés : c’est marqué « mur de libre expression ». Bon c’est cool parce que nous on est des « fresqueux ». On nous a appelé les « fresqueux ». On fait de la fresque, on n’est pas pro vandale, on fait deux trois conneries, deux trois tags…Donc on a des terrains comme Paul-Nizan qui est limite notre QG parce que personne n’y va et c’est trop bien. A République ? Exactement il est trop bien ce quartier, on y est allés dimanche dernier. On a fait un truc donc je vais prendre ma photo et poster bientôt, mais il y a encore des quartiers à Rezé, les ponts de Sèvre, ça c’est top, ça c’est pareil je crois on a inauguré il y a pas longtemps c’était avec moi qu’on a inauguré les ponts de Sèvre il y a dix ans peut-être de ça…C’est toujours un lieu où on peut travailler, s’exprimer ? Voilà, sachant que les vandales y étaient avant en fait, ils avaient « éclaté » les ponts de Sèvre, donc eux ils avaient ouvert comme on dit, c’est pas un terrain, ils avaient ouvert la voie. Genre, « non par là, c’est pas autorisé », mais c’est respect en fait aux premiers, moi j’oublie pas ça. Par contre c’est un milieu difficile mais qu’est-ce ce qu’il faut bosser, qu’est-ce que je suis un bosseur, je le sais que je ne suis pas un branleur là-dessus et que les gens ils savent que je charbonne comme un malade et qu’aujourd’hui, allez tu mérites un peu qu’on te soulève un peu, quoi, ça fait du bien que les gens te respectent par le travail fourni et non pas « quel talent » je déteste entendre ça. Et en fait c’est du boulot quoi. Qu’est-ce que c’est compliqué d’obtenir une technique, faut y aller quoi.

Lors de vos prochaines balades rezéennes, n’hésitez pas à jeter un œil aux graffitis présents sur les murs de certains quartiers. Ils sont peut-être sortis de l’imaginaire prolifique de Korsé. Vous pouvez aussi aller voir l’ensemble du travail de l’artiste sur son compte Instagram. Le lien est présent dans le texte qui accompagne l’épisode. Et si vous voulez aller plus loin, vous pouvez aussi consulter la carte recensant les différentes fresques présentes à Rezé sur le site de la ville reze.fr. Merci d’avoir écouté cet épisode de Rezévox, on se retrouve le mois prochain pour une nouvelle rencontre.



Aline, une Amazone à la Balinière

Publié le 24 février 2023

Aline Billy rejoint les Amazones tous les jeudis soirs à l’école de musique et de danse de la Balinière. Véritable espace de liberté, cet atelier exclusivement féminin est l’occasion pour elle de chanter mais aussi de lâcher prise au son des percussions. Un rendez-vous qui permet de s’exprimer et de créer un moment vocal inédit. Elle nous raconte.


On est des êtres humains qui se rassemblent et en l’occurrence notre point commun c’est qu’on est des femmes.

Alors là c’est joker…

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Je m’appelle Aline Billy, je suis Rezéenne depuis deux ans et demi. Ça fait deux ans que je suis aux Amazones. C’est Magalie Sonneville qui a eu l’idée, qui a souhaité proposer en fait un rassemblement de femmes autour de plusieurs notions. Elle avait surtout envie de rassembler les femmes et de vivre un temps entre nous par le biais du chant et des tambours pour un retour à soi pour une sorte de communion entre guillemets entre femmes quoi.

Et vous, alors comment vous avez su que ce groupe, cet atelier existait, parce que vous parlez d’atelier, comment vous avez su ça et comment vous y êtes arrivée ? Alors moi je faisais partie d’une autre chorale avant ça et la cheffe de choeur m’avait parlé du travail de Magalie qui est beaucoup plus intuitif, qui est un travail aussi beaucoup sur la rythmique corporelle. Et j’étais intéressée pour aller vers de la rythmique corporelle et puis aussi peut-être être moins sur la technique vocale, moins d’exigence sur la hauteur des notes, sur le fait de bien s’accorder quand il y a plusieurs voix. On est moins là-dessus. On est vraiment plus sur un rassemblement de nos voix.

Ça veut dire qu’on n’a pas besoin d’être une grande technicienne pour participer, c’est ça ? Eh bien pas du tout, effectivement, on peut vraiment partir de pas grand chose pour faire partie du groupe. Pour mettre un peu d’images plus concrètes sur cet atelier, on commence par un temps de relaxation. On commence bien souvent allongées au sol. En cercle, le cercle est très important dans cet atelier, et puis Magalie propose une nappe sonore, soit au piano soit avec des petits instruments doux ou avec sa voix. Et nous on baigne dans ce bain sonore et on vient délicatement, doucement, mettre notre voix, notre vibration, notre bourdon, on appelle ça un « bourdon ». Elle a beaucoup de propositions à nous faire pour aller chercher ce lâcher prise, et surtout, ce qu’elle propose, qui est vraiment très remarquable chez Magalie, c’est sa capacité à nous laisser faire malgré les erreurs malgré le fait que ce ne soit pas juste au niveau technique. Ce qui est important pour elle et c’est ce que moi je viens chercher, c’est cette liberté de s’exprimer, de faire malgré tout en fait. Et on se rend compte que tout ça n’empêche pas justement le fait de se rassembler et de partager, et de co-créer un moment vocal.

Ce groupe, cet atelier s’appelle les Amazones, donc en rapport avec ces guerrières très redoutées dans l’Antiquité, qu’est-ce que vous avez comme lien avec ces Amazones d’antan ? Quand je vous écoutais parler, moi ce qui me venait c’était tout simplement finalement la personnalité de Magalie, d’une certaine façon c’est une grande voyageuse qui va rencontrer les tribus, les peuples un peu partout et elle nous ramène, oui, cette énergie des peuples qui sont loin. Et oui effectivement il y a ce côté « allez on y va on le fait, c’est bien de toute façon c’est bien ce qu’on fait et rien ne nous arrêtera ». Oui il peut y avoir un petit côté comme ça. Comme c’est un atelier 100 % féminin ,est-ce qu’il y a un côté militant ? Alors effectivement je n’aurais pas du tout mis le mot « militant ». C’est vraiment un rassemblement de femmes point. En fait comme des hommes se rassembleraient pour faire du foot nous on se rassemble pour faire du chant et le fait d’être accompagnées par ces percussions-là, ça permet une alliance forte aussi dans ce travail d’affirmation. Je fais le lien avec ce qu’on venait de dire juste avant dans le fait où c’est pas militant c’est juste qu’on est des êtres humains qui se rassemblent et en l’occurrence notre point commun c’est qu’on est des femmes mais voilà je pense à la fois aux percussions parce que c’est un instrument qui permet de travailler l’affirmation et la présence à soi.

Ça veut dire que cet atelier pourrait s’ouvrir, pourrait être mixte ? Ah non ! La question qu’il ne fallait pas poser… C’est vrai que bon en soi on pourrait tout à fait inventer ce type d’ateliers mixtes mais c’est vrai qu’il y a quelque chose de…Comment dire ? C’est notre petit moment à nous quand même. Il y a une forme de vulnérabilité dans le fait de faire du chant et notamment pour des personnes qui débutent. La voix ça vient… voilà on peut être timide dans ce travail-là. Et donc effectivement de se rassembler entre femmes ça permet aussi potentiellement d’aller se casser quelques coquilles de travailler la voix entouré de femmes oui ça permet sans doute des choses.

Pour faire vivre cette expérience en dehors des murs de la Balinière, les Amazones se produisent régulièrement en concert. Elles seront notamment à la Barakason à Rezé le 11 mars prochain.

Merci d’avoir écouté cet épisode de Rezévox. On se retrouve le mois prochain pour une nouvelle rencontre.


Laurent, petit-fils de résistant fusillé

Publié le 28 janvier 2023

Laurent Boissard n’a jamais connu son grand-père, Marcel, résistant rezéen fusillé en 1943 par l’occupant nazi. Quatre-vingts ans après cette histoire tragique, il évoque non sans émotion la mémoire de cet aïeul dont on parlait peu en famille, de peur de réveiller un passé douloureux. Il partage avec nous ce parcours de résistance, symbolique du destin de nombre de ses camarades de l’époque.


Eh bien je vous dis bonjour là …  Bonjour Laurent. Vous allez bien ? Très bien … On se met au chaud ?

D’une certaine manière que tout le monde soit résistant dans l’âme mais pas que résistant armé faut être surtout résistant à toutes les choses qui nous arrivent dans la vie.

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Je m’appelle Laurent Boissard, je suis le petit fils donc de Marcel Olivier Boissard.

Est-ce que vous pouvez me parler déjà de ce grand-père que vous n’avez jamais connu ?

C’est des choses dont on ne parlait pas avec mon père ça c’est sûr c’était des choses … On va pas dire que c’était tabou on va pas dire que c’était caché mais il en parlait pas et puis nous on n’osait pas non plus en parler parce que c’était sûrement aussi une manière de le préserver d’une certaine manière parce que c’était sa vie d’avant. Je ne savais pas ce qu’il faisait réellement dans la vie ni ma grand-mère d’ailleurs c’est quelque chose que j’ai jamais vraiment demandé. Ce que je sais c’est que ma grand-mère a toujours soutenu mon grand-père dans toutes les configurations de la vie qui lui ont été proposées et que mon grand-père était dans la résistance et qu’il a été fusillé. Voilà, c’étaient les grandes lignes… et que ma grand-mère est morte pendant les bombardements américains de Nantes.

Vous, vous avez appris cette histoire, le fait que votre grand-père ait été fusillé par ces faits de résistance, oui vous avez appris ça très récemment je crois ? La première fois que vous avez appris ça c’était quand ? Vous vous souvenez un petit peu ?

On en a tout le temps parlé que mon grand était résistant. On parlait très très peu de ma grand-mère. J’ai eu quelques informations mais vraiment c’était vraiment des moments très très brefs mais mon grand-père j’ai toujours su qu’il était dans la résistance. Je savais pas exactement ce qu’il faisait dans la résistance… je l’ai appris hier. Alors lui justement il hébergeait des résistants comme des agents de liaison voilà des personnes comme ça, à Trentemoult justement.

Vous me disiez que vous l’avez toujours mis sur un piédestal, c’est un peu un héros au sein de la famille ?

Oui presque parce qu’en fait c’était quelqu’un qui était très respecté même par son entourage même par… il a toujours été respecté.

Vous avez une lettre ? Ca va être dur de la lire ? ah bah oui…Donc je vais me permettre de lire quelques lignes de cette lettre alors c’est une lettre du coup de votre grand-père qui date du 13 février 1943 et qui est adressée à votre grand-mère qui s’appelait Marie Mathilde. Je lis quelques lignes là où on parle aussi évidemment de votre papa à l’époque qui a quelques années.

« Surtout chérie je voudrais que mon souvenir soit entretenu dans cette jeune tête, qu’il sache que son papa était honnête droit, et que s’il est tombé, c’est pour que tous les petits enfants de France deviennent des hommes libres et fiers de leur pays, pour que la fraternité humaine habite leur cœur et que disparaisse à jamais la barbarie avec l’égoïsme qui la perpétue. »

Là il savait, il savait ce qu’il lui arrivait…Il était parfaitement au courant de ce qu’il lui arrivait. Il savait parfaitement ce qui lui arrivait, la finalité, donc c’était ces derniers mots. Parce qu’en fait il a été arrêté il a été envoyé à la prison de Nantes, le temps qu’ils fassent toute une procédure pour ce fameux procès qui a été carrément mais pratiquement hué par toutes les personnes qui étaient présentes dans la salle parce que c’était carrément immonde.

Un procès qui n’avait que le nom de procès ? Voilà c’est ça en fait parce que tout était déjà planifié d’avance et tout était déjà écrit. C’était faire un exemple déjà pour se débarrasser d’une partie de la résistance et surtout en même temps pour donner une image aux autres de tout de suite arrêter toutes les formes de résistance qui pouvaient exister.

Votre papa du coup, lui, il a eu accès à cette histoire très tôt ? il a su très tôt ? Ou comme vous il a su des choses un peu au fil des années, du temps ?

Mon papa en fait il a commencé à s’y intéresser quand il est arrivé à la retraite. Il a été contacté par par Guy le Floch parce que voilà ils se connaissaient déjà, pour le souvenir. Je crois déjà qu’ils ont rencontré énormément de gens qui faisaient partie de près ou de loin de la résistance et en même temps oui ils ont fait beaucoup de recherches donc ce qu’il leur a permis justement d’avoir beaucoup d’éléments et ils avaient aussi des histoires de famille qui se sont racontées et qu’ils ont notées pour justement garder et garder tout ça en mémoire pour justement annoncer ça aux générations futures pour éviter qu’un jour ça se reproduise malheureusement.

Dans votre esprit, c’est vraiment faire un devoir de mémoire, c’est transmettre cette histoire là que vous souhaitez faire aujourd’hui ? C’est important que justement tout le monde sache parce qu’en fait on a qu’une version approximative de ce qui s’est passé on n’en parle pas dans les cas d’école enfin on en parle nulle part de toutes ces choses alors que ça fait partie de notre histoire ça fait partie des choses extrêmement importantes. Bon à l’école on nous parle tout le temps de la guerre 14-18, 39-45, mais on va jamais nous parler de tous ces éléments là qui sont quand même des éléments qui sont importants parce que c’est ce qui a fait changer aussi par les différents petits points dans toute la France c’est ce qui a fait changer aussi l’histoire de la France. C’est ce qui a fait aussi avancer la France dans laquelle on est.

Le devoir de mémoire c’est bien sûr ce qui anime Laurent Boissard à travers ce témoignage. 80 ans après nous pensons à ces résistants dont nos rues portent aujourd’hui le nom et qui nous sont si familiers : Marcel Boissard, le grand-père de Laurent, mais aussi Henri Adam, Georges Barbeau, Albert Brégeon, André Guinoiseau, Maurice Jouaud, Maurice Lagathu, Félicien Thomazeau, Jean Fraix et Guy Lelan. En 1943 ces dix résistants rezéens ont été exécutés à l’issue du procès des 42 et du procès des 16 qui se sont déroulés en janvier en août au palais de justice de Nantes. Marcel Brégeon sera quant à lui abattu par la police en 1943. Quatre autres Rezéens ont été fusillés en 1942 et 1943.Victor Fortun, Claude Gaulué, Alexis Auvinet et Pierre Legendre. Dimanche 26 février, Rezé leur rendra hommage.

Merci d’avoir écouté cet épisode de Rezévox. On se retrouve le mois prochain pour une nouvelle rencontre.


La boule nantaise racontée par Gérard

Publié le 1er janvier 2023

Président de l’amicale bouliste Saint-Paul depuis 26 ans, Gérard Caseteuble a fait de cette association bien plus qu’un lieu où l’on roule du bois. Dans ses locaux abrités derrière le cinéma Saint-Paul, l’Amicale favorise la rencontre, la convivialité et assure un vrai rôle social dans le quartier. En écoutant Gérard, vous saurez également tout – ou presque – sur la boule nantaise, sport hérité des ouvriers de la construction navale.


Bonjour. C’est vous Gérard ? Bonjour !

Faut de la vision spatiale c’est ça qui est intéressant c’est mathématique si vous comprenez. Vision dans l’espace Faut être géomètre ? Peut-être… Je plaisante mais ça pourrait. Et j’ai une nouvelle à annoncer aux Rezéens et aux Rezéennes. On est à l’Unesco, au patrimoine immatériel et culturel de l’Unesco.

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Alors, je m’appelle Gérard Caseteuble et je suis le président. Je gère l’Amicale depuis 26 ans. Mes parents dans les années 50 se sont occupés du cinéma en tant que bénévoles. Je suis né en 48, donc je suis venu tout petit ici. j’ai pratiqué différentes activités sur le site de l’époque. C’était les patronages, aujourd’hui on appellerait ça les centres aérés. Ensuite j’ai pratiqué le basket, j’ai joué à un niveau assez important en excellence région et je suis devenu entraineur parce que j’ai fait un brevet d’état 1er degré-

Donc ici à Saint-Paul ? Toujours oui. Je n’ai jamais renié mon origine malgré des propositions pour aller jouer dans des clubs plus huppés nantais, la Roche Sur Yon aussi…Ensuite est venu le  temps de la retraite si je puis dire. Avec les copains on venait prendre un pot le soir à l’Amicale, c’était notre lieu rendez-vous. Ça l’est toujours. Et de fil en aiguille je suis devenu président. Alors l’Amicale c’est pas simplement que la boule. C’est aussi un lieu de rencontre qui est très convivial et qui est très cultivé. On parle de tout : nos anciens, les retraités, font des voyages partout au monde, la Chine, le Japon, les pays d’Afrique, l’Europe et quand ils reviennent, il y a des échanges/ « Tiens tu as vu ça ? » Le jardinage, à l’époque du jardinage, les anciens apprennent aux jeunes comment planter des tomates etc enfin je prends un exemple, c’est très très riche et puis et puis aussi le bricolage, on a toutes les spécialités. Pour entretenir les locaux là, on a des électriciens on a des maçons, des peintres, donc c’est une richesse. Forcément il y a des amicalistes qui ont perdu leur conjoint ou qui vivent seuls… Dès qu’on ne les voie plus pendant une journée ou deux, les uns les autres s’inquiètent. Aujourd’hui ça fait deux jours qu’on le voit pas. Coup de téléphone. Qu’est-ce ce qui se passe ? C’est une petite société en fait où tout le monde prend soin de l’autre ? Alors Jacques Floch, maire de Rezé à l’époque, ça remonte à loin, c’était au 50ème anniversaire, il avait déclaré que l’amicale était d’utilité publique, entre guillemets, et qu’on avait un rôle social très important dans le quartier et peut-être au-delà sur Rezé. Là c’était un grand plaisir aussi.

C’est quoi pour les gens qui ne connaissent pas la différence entre la pétanque traditionnelle et la boule nantaise ? Alors, la pétanque ça se joue sur un terrain plat sur le sable. La boule nantaise est issue de la construction navale. L’histoire de Nantes… il y a des légendes qui parlent même de boulets de canon au temps des corsaires dans les fonds de cale des bateaux. Enfin ça c’est vraiment une légende … Il y a aussi la battelerie sur la Loire. On se pose des questions parce que c’est des fonds plats, mais autrement il y a toute la construction navale où les coques quand même… donc ce jeu viendrait de cette histoire nantaise. C’est pour ça que l’on dit, le spot publicitaire : »la boule nantaise, seul sport typiquement nantais »

Et bien on va voir ? On va dans l’ambiance. Alors ça joue et vous pouvez m’expliquer ce qui se passe ? Alors bien sûr l’histoire c’est boules noires boules blanches. Donc trois joueurs, des équipes de 3, et chacun joue deux boules.

Et donc la piste est incurvée ? Bien sûr il faut approcher le petit comme à la pétanque si vous connaissez… Et bien sûr on peut faire on a plusieurs figures possibles : une entrée directe, une charge, double charge, aller jouer au talon…

Quand vous dites « double charge » ? En lançant une boule, on va essayer de faire un S pour venir chasser une boule ou approcher le petit. Faire un talon c’est aller à la planche et puis revenir sur une boule. Il faut de l’adresse.

On a droit de se servir des côtés ? Alors il faut de la vision spatiale c’est ça qui est intéressant. C’est mathématique, si vous comprenez…

Vision dans l’espace. Faut être géomètre ? Peut-être ! Je plaisante mais ça pourrait.

Est-ce qu’il y a quelques stars ici ? Ah y a des stars il y a des stars oui. Des très bons ? Oui des très bons, comme tout sport.

Et vous rencontrez d’autres clubs ? Oui alors on appartient à la fédération des amicales de la boule nantaise « FABN » donc il y a quatre concours fédéraux par an et à chacun d’organiser  un concours.

Et vous, vous recevez ? Nous, on aura le premier concours 2023 qui commencera le premier février. Et ça dure 6 à 8 semaines. 200 joueurs sur les 6 semaines. C’est toute une organisation, avec la gestion de beaucoup de choses. J’espère que quand les gens vont écouter, ils vont avoir envie de venir découvrir…

On va essayer de leur donner envie. Merci beaucoup ! je vous en prie.

Maintenant que vous savez tout ou presque sur la boule nantaise, n’hésitez pas à pousser les portes de l’amicale Saint-Paul pour vous aussi faire des charges, des doubles charges ou jouer au talon.

Merci d’avoir écouté cet épisode de RezéVox. On se retrouve le mois prochain pour une nouvelle rencontre.



Les 33 tours d’Emmanuel

Publié le 19 novembre 2022

Grand collectionneur de vinyles, Emmanuel Piet est depuis 15 ans la cheville ouvrière du Salon du disque organisé à la Trocardière. De  sa rencontre avec Philippe Manoeuvre, fidèle parmi les fidèles, à la création de sa boutique de disques, il nous raconte une vie en musique. En bonus, quelques notes de funk japonais et de musique psychédélique turque !


Bonjour ! C’est vous Emmanuel ? Bonjour.

Vous voyez là on est en plein travaux donc on prépare la boutique. Donc ça c’est la future boutique ? Voilà, pour l’instant il faut vraiment imaginer. C’est un peu dans son jus on va dire…oui dans le jus ancien on va dire.

Et c’est prévu pour quand l’ouverture ? J’espère pour début janvier. Vous avez un peu de temps.

Vous écoutez RezéVox, le tout nouveau podcast de la ville de Rezé. Chaque mois, nous allons à la rencontre de femmes et d’hommes qui agissent, inventent, témoignent sur leur parcours, sur des faits ou sur des façons de faire dans notre territoire.

Emmanuel Piet, je suis disquaire depuis trois ans mais le disque pour moi c’est une longue histoire puisque je me souviens d’avoir posé le saphir sur un disque je devais avoir quatre ou cinq ans donc c’est une histoire d’enfance une histoire d’adolescence et puis une histoire d’adulte aussi évidemment. Un jour on m’a dit mais pourquoi t’es pas disquaire, je me si même pas posé la question en fait c’est une question qui m’a vraiment étonné puis bah oui c’est vrai pourquoi pas d’autant plus que j’organise un salon depuis maintenant… c’est la seizième édition. Je connais bien le disque je connais bien son univers, je connais bien les gens qui travaillent autour du disque : les disquaires, les producteurs les labels, mais aussi les artistes. Donc voilà disquaire évidemment ça tombe sous le sens.

Et alors je crois savoir que vous êtes président par ailleurs de l’association des donneurs de sang si je ne trompe pas. Et historiquement c’est cette association qui organise le salon du disque ? Oui au départ j’étais simple bénévole, on organisait des vides greniers, des galas, des lotos et puis un jour j’ai proposé « pourquoi on ferait pas un salon du  disque ? » Alors tout de suite on avait voulu voir grand puisqu’on s’est dit on est à Rezé, à côté de Nantes, donc il doit y avoir un potentiel donc on a loué tout de suite la Halle de la Trocardière qui est vraiment une grande salle. On se doutait pas qu’on était vraiment encore au cœur de la crise du disque alors on avait dû faire la première année en 2007 aux alentours de 1400 visiteurs sur un week-end ce qui est assez peu parce que ça fait à peu près 700 visiteurs par jour, par rapport aux nombre d exposants, des gens qui viennent de loin, c’était un petit peu risqué et puis on on a perduré, on a vraiment persévéré et c’est surtout à partir du début des années 2010, là on a ressenti vraiment un boom. Et les gens venaient de loin il venaient de Brest, de Bordeaux, de Paris, on a même eu des visiteurs qui venaient de Belgique.

Alors je crois savoir qu’il y a un peu des vedettes qui viennent ou des gens un peu célèbres qui viennent notamment Philippe Manoeuvre qui est un fidèle je crois ? Oui alors Philippe Manœuvre c’est un grand collectionneur déjà donc il peut pas s’empêcher de fouiner dans les bacs pour trouver des choses qu’étonnamment  il n’a pas encore. Oui donc comme habitué on a Manou, le chanteur d’Elmer Food Beat qui vient souvent, Laurent Charliot qui a écrit beaucoup sur l’histoire du Rock nantais, et puis pas mal de groupes aussi nantais qui viennent se ressourcer.

Dans votre collection personnelle est-ce qu’il y a une pépite, un truc introuvable ? Non je ne pense pas, en fait moi j’ai pas l’esprit collectionneur j’ai plutôt l’esprit mélomane, ce je que j’achète c’est pour l’écouter. Je ne suis pas comme ceux qui sont fans, par exemple des Beatles, qui veulent tout avoir des Beatles y compris les pressages étrangers, les éditions rares, etc. Non non du moment que j’ai le morceau une fois ça me suffit.

On peut écouter quelque chose ? Pourquoi pas.

Allez on va bouger, alors là, il y en a beaucoup là ? Pas tant que ça ? C’est la partie plutôt arrivage donc surtout du disque neuf. Alors vous m’avez parlé de funk japonais c’est une très belle pochette déjà c’est le fujiyama avec le soleil rouge, c’est presque le drapeau japonais en fait. Là c’est un groupe turc mais qui ne vit pas en Turquie qui vit en Hollande.

Ça c’est récent ? Oui c’est un groupe actuel pareil ils font beaucoup de reprises de standards turcs des années70 mais comme la situation politique a beaucoup changé ils ne peuvent plus les chanter dans leur pays. Les paroles sont un peu licencieuses ? Un peu trop libérées. Vous avez un souvenir ou deux qui vous ont marqué ? Oh, il y a tellement de choses à dire que c’est compliqué ? Je me rappelle d’avoir guidé Manou, le chanteur de Elmer Food Beat sur un stand où il y avait le premier album de Elmer Food Beat qui était en exposition, mais c’était un pressage italien donc avec les chansons traduites en Italien, et il y avait en bonus un préservatif… Evidemment quand Manou a vu ça il l’a acheté tout de suite.

Et bien merci beaucoup Emmanuel. On a fait le tour ? Oui merci.

J’espère qu’Emmanuel vous aura donné envie de réécouter vos vieux vinyles. Et sinon rendez-vous les 3 et 4 décembre prochains au salon du disque à la Trocardière ou dans la boutique d’Emmanuel dès le mois de janvier.

Merci d’avoir écouté cet épisode de RezéVox. On se retrouve le mois prochain pour une nouvelle rencontre.



Laurence cultive son jardin

Publié le 22 octobre 2022

Habitante du quartier Saint-Paul, Laurence est un pilier du « jardin de Célestin », un petit bout de terre situé au milieu de la rue Célestin Freinet. Elle y retrouve régulièrement d’autres jardiniers et jardinières – Adeline, Agnès et Pierre – pour soigner radis, blettes et pommes de terre.


Bonjour ! Je suis une des 4 jardinières du jardin de Célestin.

Et Laurence arrive. Je prends des sons… Je prends l’ambiance.

Vous m’entendez ? Bonjour, vous êtes Laurence ? Enchanté.

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On va ouvrir et vous présenter notre petit jardin on aurait dû mettre un cadenas parce qu’on a eu de la fauche, c’est malheureux, l’année dernière on avait un beau potimarron un potiron peut-être plutôt et on nous l’a embarqué on attendait qu’il mûrisse et puis il a disparu avant qu’on ait eu le temps de le manger. Donc on a  été obligé de mettre un cadenas, ça n’empêche pas qu’on nous vole des plantes mais bon heureusement c’est pas tous les jours. Et vous agrandissez ? On a agrandi la partie qui est après les framboisiers là-bas. Donc on voulait gagner un peu de place parce qu’on voulait faire des légumes d’hiver.

Moi je m’appelle Laurence j’habite à Rezé dans le quartier, alors je sais pas comment on peut l’appeler, Saint Paul, voilà, pas très loin de l’école Salengro juste à côté du square Terrien où on a un composteur collectif et donc dans la rue qui s’appelle Célestin freinet, c’est pour ça qu’on a appelé ce jardin le « jardin de Célestin ». Le composteur a été installé en juin 2016 au square Terrien. Moi je venais d’un autre composteur à Lamour les forges un peu plus bas du côté de Pont Rousseau où il y avait déjà un jardin tout autour et ici comme j’habite dans la rue qui est derrière je me suis investie sur ce composteur là. Au fur à mesure que le temps s’écoulait on a émis l’envie d’avoir un jardin et il s’est présenté des réunions de quartier pour financer des projets et 3adhérents du composteur donc Adeline, Agnès et Pierre, adhérents aussi, ont proposé notre projet qui était d’avoir des tables pour avoir un lieu de convivialité et puis d’avoir un endroit pour jardiner. C’est vraiment quelque chose d’individuel et c’est vraiment un plaisir au départ individuel et collectif parce qu’on est contents de se retrouver, pendant le confinement c’était un petit peu notre petite bouffée d’oxygène. On se retrouvait, on cochait notre petite case et on venait jardiner ici, pour toucher la terre pour être content de voir la nature pousser et puis manger effectivement ça a un sens avec le composteur ça veut dire que maintenant on jette le moins possible mais quand on a pas le temps de finir qu’il y un truc qui est pourri on sait que ça va aller dans le composteur et puis ça va nourrir le jardin. Les jardiniers et les chats… Non il est mignon, il fait pas trop de bêtises depuis le début il nous accompagne, au début il était moins farouche il venait dans nos pattes pendant qu’on jardinait. Maintenant il vient dormir sur la paille et dans les fraisiers. On jardine basiquement de toute façon on n’a pas des gros moyens et puis le but c’est pas de dépenser trop d’argent donc c’est de faire avec ce qu’on a on achète des graines quand même on a une aide de la mairie pour s’équiper un petit peu. Et puis on partage avec d’autres jardins on s’échange des plants, et on essaie de faire nos graines là les épinards c’est nos graines de l’année dernière donc ça c’est des choses qu’on apprend au fur et à mesure et on met rien on essaye de laisser la nature faire son boulot tout seul parce qu’elle sait très bien tout faire tout seul mais par contre on essaie d’accompagner, on enlève les herbes qui vont étouffer les plants qu’on amis, on a mis de la paille cette année. Ce qui me motive c’est de toucher la terre, de voir comment les épinards poussent. On est contents, moi j’aime bien passer sans forcément jardiner mais passer voir comment évoluent les plantes, être contente de ce qu’on a fait quelque part et puis manger surtout notre production parce que quand on a goûté les tomates du jardin évidemment les tomates du supermarché sont un peu fades. Y a rien de formel en fait, c’est à dire qu’on vient au jardin, on regarde ce qui est bon à prendre et on essaie de partager équitablement entre celles qui viennent jardiner parce qu’on est une majorité de filles pour l’instant mais quand on a des surplus, l’année dernière c’était les concombres des fois ça peut être les blettes aussi on donne notamment quand on se rencontre à la permanence du composteur. On va donner ce qu’on a en rab si quelqu’un passe à l’occasion on peut aussi partager les tomates cerises, quelques épinards. Je pense qu’il y a ce besoin cette envie, des fois certains viennent nous voir pour nous demander comment il faudrait faire pour jardiner. Mais soit ils nous rejoignent soit ils peuvent faire des demandes de jardins partagés, on sent qu’il y a une envie effectivement. Si vous aussi vous pensez avoir la main verte, n’hésitez pas à vous renseigner auprès des associations de votre quartier, il y a certainement un jardin et des jardiniers pour vous accueillir. Alors comme c’est le premier, et ça s’appelle « Rezévox » je vais vous demander de dire « Rezévox ». Merci d’avoir écouté le premier épisode de Rezévox. On se retrouve le mois prochain pour une nouvelle rencontre.