RezéVox – le podcast

« RezéVox – le podcast » est le nom du nouveau média de la Ville de Rezé.
Chaque mois, nous irons à la rencontre de femmes et d’hommes qui agissent, inventent, témoignent sur des faits ou sur des façons de faire dans notre territoire.

RezéVox le Podcast est aussi accessible sur Spotify, Deezer, Youtube et Apple podcast 

 

Jocelyn, un électricien très mobile


Il a lancé son activité d’artisan électricien à Rezé il y a deux ans à peine. Mais pour Jocelyn Gouriou, pas question de se déplacer comme la plupart de ses confrères. Il a fait le choix de la mobilité douce pour son travail en enfourchant au quotidien un vélo cargo.

Bonjour Jocelyn.

Jordi, enchanté. C’est ça, ça tourne.

Ça tourne, c’est super, merci.

Partir travailler à vélo le matin, ce n’est pas partir travailler dans une voiture. Il y a une sensation en fait quand on part, une sensation de liberté, une sensation de prendre l’air, une sensation d’être plus proche de la nature, on est en ville, mais quand même.

Vous écoutez Rezévox, le podcast de la ville de Rezé. Chaque mois, nous allons à la rencontre de femmes et d’hommes qui agissent, inventent, témoignent sur leur parcours, sur des faits ou sur des façons de faire dans notre territoire. Pour ce nouvel épisode de Rezévox, nous allons à la rencontre de Jocelyn Gouriou. Il y a quelques années, il a troqué sa blouse d’infirmier pour devenir électricien. Avec une petite originalité quand même, vous l’entendez derrière moi, c’est un artisan électricien qui a fait le choix de se déplacer uniquement en vélo-cargo.

Je m’appelle Jocelyn Gouriou, je suis électricien, artisan, à mon compte sur la ville de Reusé depuis bientôt deux ans. CycloWatt, c’est une entreprise d’électricité générale qui a vocation à réaliser des travaux d’électricité dans le résidentiel, dans le tertiaire ou éventuellement un petit peu dans l’industriel aussi dans le coin.

Vous êtes en vélo-cargo, alors pourquoi ? Parce que vous auriez pu dire, bon voilà, je me lance dans cette activité avec un utilitaire électrique ou quelque chose d’un peu déjà pas trop polluant. Vous êtes allé vraiment au bout d’une idée j’ai l’impression ?

Sur l’approche écologique, effectivement, un vélo-cargo, ça ne crache pas de carbone comme un camion, comme un utilitaire. Ça, c’est la première chose. Après, se déplacer à un vélo, ça a un côté pratique. C’est un côté pratique parce qu’on évite les bouchons. C’est un côté pratique parce qu’on évite de tourner trois fois dans le quartier avant de stationner. En général, on arrive à stationner de manière assez proche du lieu d’intervention. Et puis, après, un troisième point, mais qui est plus… Le plus personnel, c’est partir travailler à vélo le matin, ce n’est pas partir travailler dans une voiture, ce n’est pas pareil. J’ai fait les deux, notamment quand je travaillais sur Angers. Il y a une sensation de liberté, une sensation de prendre l’air, une sensation d’être plus proche de la nature. On est en ville, mais quand même, de la nature. de la vraie vie.

Cette fibre écologique ou responsable, elle vient de quelque chose de particulier chez vous ou c’est construit comme ça, un petit peu naturellement ?

Je n’ai pas eu un gros déclic à un moment donné, comme des personnes que je connais qui ont regardé des reportages et puis du jour au lendemain, ils ont basculé. Moi, ce n’est pas ça. Je dirais que c’est une manière de vivre qui s’installe petit à petit dans notre vie de famille.

Et les réactions un peu autour de vous, quand vous avez parlé du projet, c’est quoi ? Il va un peu loin. Et puis peut-être en termes aussi de… pour le montage du projet financier, etc. Il y a eu des freins, il y a eu des choses un peu compliquées ou ça a été assez fluide ?

Il y a eu de tout. Il y a des personnes qui n’ont pas compris qu’un électricien puisse travailler à vélo. C’est quelque chose qui n’est pas dans l’esprit commun des gens. Donc il y en a qui n’ont pas compris. Il y en a qui ont adhéré tout de suite en disant Mais évidemment, tu as raison. J’ai avancé comme ça. Avec mon idée en tête, le banquier était d’accord, donc c’est le principal. Dans l’idée à, on va dire, court-moyen terme, l’objectif serait d’intervenir essentiellement sur EUSAE, et de réduire au maximum le périmètre d’intervention. Pourquoi ? Parce que ça me permet d’être plus réactif vis-à-vis des clients, ça permet de réintervenir plus facilement s’il y a besoin, et pour ces raisons-là, je pense qu’il faut que je réduise le périmètre autant que possible.

On va voir le cargo, comme ça vous allez me montrer un petit peu. Voilà l’engin.

Ça ressemble à ça. Oui. Donc il y a la partie vélos où j’en propose mes affaires.

Tout le matériel.

Tout le matériel nécessaire, les câbles, les filets.

Et alors c’est un vélo, c’est sur mesure ou c’est des choses qui existent déjà ?

Ça existe en standard. Après il y a différentes tailles. Celui-ci c’est le plus gros. Donc il a… un coffre à vent qui fait 550 litres à peu près. Donc, ça fait l’équivalent d’un bon coffre de voiture. La limite qu’il peut y avoir, c’est sur une installation de chauffage électrique, sur toute une maison, d’un coup, en une journée. Là, effectivement, il va falloir faire autrement et faire intervenir un tiers. Il y a des sociétés qui font ça maintenant. Mais on va dire que c’est la seule limite. Je n’ai pas inventé le concept. Ça, je le reconnais. Et d’ailleurs, j’ai fait un stage avec une équipe d’électriciens qui, eux, interviennent davantage sur le centre-ville de Nantes et qui m’ont aussi donné l’envie de partir là-dessus. C’est vrai qu’en ayant fait un stage CESE, ça devient l’évidence, en fait. Et je n’ai pas imaginé pouvoir exercer ce métier autrement que comme ça.

Merci beaucoup Jocelyn pour ce petit tour de votre activité.

Merci à vous.

Dans le numéro de mai du magazine Rezé Mensuel, découvrez d’autres artisans qui, comme Jocelyn, ont choisi le vélo comme mode de déplacement pour leur travail. Merci d’avoir écouté ce nouvel épisode de Rezévox. On se retrouve le mois prochain pour une nouvelle rencontre.

Merci.

Ludovic Dardenne aide les anciens détenus

Ludovic Dardenne dirige l’association Permis de Construire depuis 2016. La structure rezéenne accompagne des personnes placées ou passées sous main de justice dans la construction de leur nouveau projet de vie. Son leitmotiv est la désistance : un processus de changement qui s’appuie sur la volonté de la personne elle-même. Rencontre avec Ludovic Dardenne et son équipe.

La réinsertion… Nous, on peut faire tout ce qu’on veut, tout ce qu’on peut. Les pilotes peuvent faire tout ce qu’ils veulent, tout ce qu’ils peuvent. Si la société n’entrouvre pas sa porte, la réinsertion ne se fera pas.

Chaque mois, RezéVox vous emmène à la rencontre de celles et ceux qui font bouger notre territoire. Aujourd’hui, nous poussons la porte de l’association Permis de Construire.

Ici, des personnes placées sous main de justice, ou ayant eu affaire à elle, sont accompagnées dans la construction de leur nouveau projet de vie. Ludovic Dardenne est le directeur de Permis de Construire France.

 La philosophie de permis de construire, c’est de permettre à des personnes qui sont passées devant la justice, qui ont été condamnées pénalement, donc qui ont été un coût pour la société, de redevenir des acteurs positifs et de leur permettre de retrouver une place utile, choisie et pérenne au sein de cette société.

L’association accompagne la réinsertion selon 4 piliers fondamentaux : être bien dans sa tête, bien dans son corps, bien dans son job et bien dans sa vie. Chez Permis de Construire, il n’y a pas de bénéficiaire ou d’accompagnant, mais des “pilotes” et des “copilotes”. Gérald est l’un des pilotes de l’association depuis 5 ans.

Les copilotes sont les travailleurs sociaux et les pilotes c’est nous. Car on est maître de notre destin, de notre avancée dans une nouvelle vie. En fait, c’est nous qui décidons.

Gérald est un grand gaillard tatoué, t-shirt à l’effigie d’un groupe de métal et croix inversée en pendentif.

Je ne me suis jamais posé la question de savoir pourquoi on nous appelait les pilotes, j’ai même trouvé ça cool. Donc j’ai tout de suite accepté le terme.

Pour Ludovic Dardenne, se définir comme un pilote, c’est adopter le pouvoir de la posture.

Mais comme moi, en tant que Ludovic, je veux être pilote de ma vie ! C’est une prise de réalité pour la personne de se dire : oui, c’est moi qui mène ma vie, c’est moi qui choisis, c’est moi qui décide et personne d’autre, y compris des travailleurs sociaux bienveillants et professionnels. Car personne d’autre ne peut décider à sa place. Le fait de les nommer comme cela dès le démarrage, les met dans cette posture d’acteurs et de participants actifs à leur propres situations.

A leur arrivée dans l’association, les pilotes ont souvent beaucoup de choses à reconstruire : logement, papiers, emploi, lien social…

Par principe, la prison est excluante, déshumanisante et surtout déresponsabilisante. On est enfermé 23h sur 24, on ne décide pas des repas, on ne fait pas à manger, donc on est complètement déresponsabilisé des actes, même mineurs, de la vie quotidienne.

Et donc le premier acte, c’est de les remettre en situation. Que ce soit sur les horaires, sur la prise de décision. Des décisions qui peuvent nous paraître minimes dans notre quotidien, mais qui pour eux sont assez fondamentales. On a des personnes qui ont pu connaître de longues années de prison, qui s’arrêtent devant une porte pour attendre que quelqu’un leur ouvre. Parce que dans leur quotidien, pendant des dizaines d’années, ça a été leur réalité. Et donc quand on lui dit : tu deviens pilote, ça veut dire tu deviens maître de tes choix et de tes actions. Et nous, notre rôle, c’est vraiment de l’accompagner dans son propre choix et dans son analyse des choix.

En plus de l’accompagnement individuel des pilotes, des activités collectives sont proposées chaque semaine : sport, informatique, atelier d’écriture, visites culturelles. Gérald nous présente le fonctionnement des activités.

En fin de semaine, le jeudi ou vendredi, on reçoit un message avec toutes les activités de la semaine suivante et on coche les activités qu’on veut faire. Et moi, de faire des activités en collectif ça me permet d’être moins… Moins tête de mule !

Je faisais partie de cette catégorie qui ne voulait pas s’ouvrir au monde. Et à force de venir à Permis de Construire, ça m’a ouvert socialement vers les autres. En fait, je me suis épanoui et ça va beaucoup mieux. Je discute avec tout le monde. Il n’y a pas de souci, tout se passe bien.

Une fois par semaine, se réunit le “conseil des pilotes”. Un temps pour proposer et organiser de nouvelles activités. Pour Ludovic Dardenne, c’est aussi une façon de permettre aux pilotes d’être acteurs de leur réinsertion.

Parce que ce sont eux qui ont leurs problématiques et donc qui mieux qu’eux peuvent décider ?

Et en plus de décider, ils vont aussi construire. Il y a un moment, ils ont voulu un atelier couture. Ils ont donc dû se demander comment on cherche un intervenant, comment on prend contact avec lui, comment on négocie, comment on l’accueille quand il arrive… Faire de la couture pour faire de la couture, ce n’est pas notre but. Il faut faire de la couture avec un objectif pédagogique derrière. Et donc nous, on est juste vigilant à ce qu’à chaque fois, ou en tout cas le maximum de fois, qu’on passe à Permis de Construire, on en ressorte en ayant appris un petit truc.

Les pilotes sont aussi les meilleurs ambassadeurs de l’association. Pour Permis de Construire, il est nécessaire d’agir pour faire changer le regard de la société sur les personnes condamnées par la justice.

Qui mieux que les pilotes pour parler des pilotes ? Moi, je peux faire des PowerPoint, je peux aller faire des conférences, je peux aller présenter ce qu’on fait. Ça n’aura pas le même impact que la rencontre humaine entre un pilote et un chef d’entreprise ou des étudiants. Moi je suis rentré dans les prisons, mais en tant que visiteur. Mais le pilote peut montrer au chef d’entreprise ou aux étudiants qu’il y a des réalités de vie différentes et que les deux ne doivent pas s’exclure. C’est bien cette complémentarité qui va faire qu’on obtienne un vivre ensemble positif.

La temporalité de l’accompagnement dépend de chaque pilote, de son parcours et de ses besoins. Gérald est accompagné par l’association depuis 5 ans. Il dit en plaisantant qu’il “fait partie des murs”. Mais alors, comment se sépare-t-on ? Pour Ludovic Dardenne, “on ne se sépare pas, on continue son chemin”.

Il y a un administrateur un jour qui m’a dit  : c’est comme les grands ados qui quittent le nid et les parents qui disent on sera toujours là si tu as besoin pour un moment ou un autre. Et donc nous, avec nos pilotes, on est dans cette posture là. Parce que si tu viens boire un café, on sera ravi de boire le café avec toi. Mais la relation professionnelle s’arrête là. Il faut le conscientiser. Des fois, ça se fait tout naturellement du côté du professionnel qui va le verbaliser ou du côté du pilote qui va là aussi le verbaliser. Mais ce qui est important, c’est de savoir que la porte est ouverte.

Depuis 2023, l’association essaime son modèle d’accompagnement à la liberté. Permis de Construire existe désormais à Vannes, à Rennes et à Saint-Malo.

Si vous voulez rencontrer les pilotes rezéens, un autour d’un café, rendez-vous chaque premier vendredi du mois à 14h00 au Ripaillon. Arrêt de tram, Pirmil.     

RezéVox revient le mois prochain avec de nouvelles voix, de nouvelles histoires et de nouvelles inspirations.

Marie Baldo fait son cinéma au Saint-Paul

Entourée d’une équipe de 130 bénévoles, Marie Baldo dirige le Cinéma Saint-Paul depuis un an et demi.
Cette passionnée du 7ème art est mue par des objectifs clairs : ouvrir le cinéma à tous les publics et proposer des rendez-vous uniques. En un mot, faire du Cinéma Saint-Paul, cette institution rezéenne, un lieu de rencontres et d’échanges. Vous pouvez découvrir la programmation du cinéma sur https://cinemastpaul.fr

Marion, ambassadrice du cécifoot


Marion Chiapello arpente les terrains de cécifoot depuis quelques années. Elle est notamment l’une des figures du FC Nantes Cécifoot, une équipe mixte dont elle est la seule fille. Elle partage au micro son goût pour ce sport qui nécessite une bonne dose d’engagement et de dépassement de soi. Et si vous voulez en savoir plus, rendez-vous les samedis matins au bord du tout nouveau terrain de cécifoot de la Trocardière. Marion s’y entraîne avec ses coéquipiers du FC Nantes.

Bonjour Marion !

Si des gens voyants veulent s’impliquer dans le cécifoot, c’est possible. Parce qu’il faut des gens voyants pour nous accompagner aussi et pour nous guider. J’ai tellement le ballon dans les oreilles que je suis que ça et des fois j’oublie même ceux qui se signalent où ils sont.

Vous écoutez Rezévox, le podcast de la ville de Rezé. Chaque mois, nous allons à la rencontre de femmes et d’hommes qui agissent, inventent, témoignent sur leur parcours, sur des faits ou sur des façons de faire dans notre territoire.

Du coup, moi, c’est Marion, j’habite à Rezé. Je fais du cécifoot depuis 4 ans maintenant. Enfin, je me suis arrêtée pendant à peu près un an et demi, deux ans, parce que j’ai eu des enfants. Je n’ai pas vraiment de niveau particulier. En tout cas, je joue au FC Nantes cécifoot. Et je joue également à Schiltigheim dans l’équipe féminine, en fait. Par contre, je joue en catégorie B1, parce qu’il y a plusieurs catégories au cécifoot. Et c’est les non-voyants, en fait. On a tous le masque, du coup. Pour être tous à la même vision.

Est-ce que vous pouvez nous raconter un petit peu comment vous êtes arrivée à ce sport-là ? Est-ce que c’est un peu le hasard ou vous avez eu dans votre famille, dans votre entourage des gens qui jouaient déjà ?

C’est un petit peu le hasard, on va dire. Moi, à la base, je faisais du judo. J’ai toujours été malvoyante. Moi, je suis malvoyante de naissance. Après, j’ai eu d’autres problèmes à mes yeux qui ont fait que je ne pouvais plus faire de judo, donc j’ai cherché un autre sport. Et j’ai connu le cécifoot en me renseignant un peu sur les sports adaptés. Et j’ai eu envie d’essayer. Il n’y en avait pas où je faisais mes études. J’étais à Montpellier pour mes études. Il n’y en avait pas là-bas. Et du coup, quand je suis arrivée à Nantes, il y avait un club, donc j’ai voulu essayer. Et j’ai continué parce que ça m’a bien plu.

Est-ce que c’est simple ? Est-ce que c’est un peu complexe ? Comment on rentre dans ce jeu-là ?

Alors moi c’était un peu complexe parce que, déjà moi, je vois un petit peu donc quand je suis arrivée,  j’ai mis le bandeau du coup je ne voyais plus rien ! Donc déjà il y avait cette chose d’être vraiment sans la vue parce que quand on est malvoyant on voit pas bien mais on voit quand même un peu donc et on s’en sert quand même du peu de vision qu’on a.  Et moi c’était ça qui était un peu complexe et aussi que, à la base, le foot, ça ne m’intéresse pas trop, je ne connais pas  du tout, je ne connais pas les règles. Donc c’était vraiment tout nouveau pour moi. Comment contrôler un ballon, ça a été difficile au début, même encore maintenant, je ne suis pas… La plus forte, clairement. Et après, le cécifoot, c’est quand même, je ne vais pas dire violent, mais en tout cas, il y a du contact et il ne faut pas avoir peur.

Alors, qu’est-ce qui vous a plu, vous, quand vous avez commencé ce sport ? Vous vous êtes dit, voilà, c’est un truc que je veux faire parce que, pour telle et telle raison, qu’est-ce qui vous plaît particulièrement ?

Alors déjà j’aime bien le fait d’être en équipe. Moi j’aime beaucoup le fait justement de ne pas voir et que ça repose mes yeux  et ça me fait travailler les autres sens et je trouve que c’est assez stimulant pour ça. Après, il y a tout le côté dépassement de soi un petit peu aussi où je trouve qu’on essaye de faire bien, de bien contrôler la balle, de marquer un but sans voir. Et c’est quand même assez impressionnant, je trouve. J’aime beaucoup le sport en général. Et là, vraiment, on est sur du sport assez intensif. C’est un assez grand challenge.

Qu’est-ce qui différencie vraiment ce jeu, particulièrement du foot traditionnel, comme on le connaît ?

Du coup, il y a moins de joueurs. On n’est que 4 joueurs de champ et il y a un gardien. Je pense que c’est quand même une des grosses différences. Après, le terrain ne fait pas la même taille aussi. Il y a quand même des tailles un peu spécifiques. C’est un peu la taille d’un terrain de hand. Après, les règles sont quand même à peu près les mêmes. Ce qui change un peu, c’est qu’il y a des règles pour le guidage parce que forcément, on ne voit pas, donc on est guidé. Il y a des règles également pour qu’on puisse se signaler, dire où on est, demander le ballon. En fait, c’est surtout pour signaler, on dit « voy » pour dire quand on va vers le ballon. C’est vraiment quand on va vers le ballon, si on ne bouge pas, on n’est pas obligé de dire « voy ».

Ça manque un peu cruellement de femmes dans ce sport-là où, comme dans le foot traditionnel, il y a beaucoup de garçons et assez peu de femmes ?

Ça manque un petit peu. Après, je ne sais pas si c’est un problème de communication, d’envie de faire ce type de sport… De crainte, peut-être de peur, je ne sais pas. En tout cas, moi, je vois quand même, quand je parle avec mes copines, qu’elles n’ont pas forcément envie de faire ça parce que, justement, c’est quand même assez intense. Et du coup, ce n’est pas forcément un sport qui attire, je ne sais pas. Mais en tout cas, c’est un sport mixte et ce serait bien qu’il y ait plus de filles.

Quand c’est sur Nantes, par exemple, vous savez où vous jouez ou pas ? Ça change tout le temps ?

Normalement, ça va être à la Trocardière, il me semble. Du coup, sur le nouveau terrain de cécifoot, qui a été inauguré le 16 décembre. Ça fait plaisir de jouer sur un vrai terrain. Oui, moi je veux continuer. J’aimerais bien m’améliorer encore plus. Avec le FC Nantes, du coup, je m’améliore bien. J’ai beaucoup d’entraînement quand même avec eux. Ils ont leur niveau qui est assez bon quand même. Et du coup, forcément, ils m’aident avec leur expérience et avec ce qu’ils savent faire. Après, j’apprends aussi avec l’équipe féminine, mais c’est complètement différent. Peut-être que l’équipe féminine devienne une équipe de France. Mais il faudrait plus de joueuses, il faudrait plus de stables. Enfin, c’est un gros… C’est une grosse organisation.

Il faut venir nous voir, il ne faut pas hésiter ! Maintenant, on va sûrement s’entraîner à la Trocardière les samedis matins, de 9h30 à 13h. Parce que le matin, il y a les jeunes aussi, l’académie du FC Nantes. Même les jeunes peuvent intégrer le cécifoot à partir de 6 ans. Donc ça peut être, pas forcément aller voir un match, mais au moins aller voir les entraînements, voir comment ça se déroule, comment on joue.

Si des gens voyants veulent s’impliquer dans le cécifoot, c’est possible. Parce qu’il faut des gens voyants pour nous accompagner et pour nous guider. Des moments où on cherche des gardiens de but, des choses comme ça. En tout cas, toute aide est la bienvenue dans le club !

Merci beaucoup Marion ! De rien, avec plaisir. Merci d’avoir écouté cet épisode de Rezévox. On se retrouve le mois prochain pour une nouvelle rencontre !

Le calendrier culte de Samuel Dujeux

Samuel Dujeux est le patron d’un bar pas comme les autres : le « Petit Café » de Rezé, dans le quartier Blordière. Vous le reconnaîtrez facilement avec sa licorne accrochée à la façade. Ouvert uniquement les jeudis et vendredis, il fait la part belle à la musique.
Mais ce qui caractérise aussi ce café, c’est sa solidarité : Samuel et ses clients sont à l’initiative, depuis 8 ans, d’un calendrier « dénudé » dont les bénéfices vont à une association d’aide aux enfants malades, « Pour le sourire d’Isaac ».

C’est toujours une expérience intéressante, et puis avec les thèmes qu’on aborde chaque année, on rigole plutôt des mises en scène et des idées de chacun. Il y a des gens qui sont récurrents, qui adorent ça et qui trouvent ça super rigolo et très intéressant, et d’autres qui sont tout nouveaux, ou des gens qui repartent, qui reviennent, en fonction des disponibilités de chacun et de leur envie par rapport aux thèmes. Vous écoutez RezéVox, le podcast de la Ville de Rezé.

Chaque mois, nous allons à la rencontre de femmes et d’hommes qui agissent, inventent, témoignent sur leur parcours, sur des faits ou sur des façons de faire dans notre territoire. Alors je m’appelle Samuel Dujeux, j’ai 43 ans, bientôt 44 dans sept jours, et je suis le patron gérant et fondateur du Petit Café de Rezé, nouvelle formule depuis 2015.

Le Petit Café de Rezé, est-ce que tu peux nous dire comment il fonctionne ? C’est un café un peu spécial et un peu bizarre parce qu’on nous appelle la « licorne », parce qu’on bosse que deux jours, on bosse que les jeudis et les vendredis. Mais à chaque fois qu’on est ouvert, on propose une activité. Donc les jeudis c’est soit quiz, soit blind test. Et tous les vendredis soirs, c’est concert.

Alors, il y a une initiative que vous avez prise, je crois il y a sept ans, c’est ça ?  Sept, huit. Ce calendrier solidaire dont on va parler, comment est née déjà l’idée d’un calendrier solidaire ? C’est parce que vous avez vu d’autres exemples ailleurs, comment ça s’est passé ? Alors tout d’abord, quand on a ouvert le café on savait pas si ça allait marcher. Donc la question qui s’est posée,  c’est : quitte à faire des choses folles, autant faire des trucs rigolos dès le démarrage. Donc on s’est dit : « tiens, on va faire un calendrier ! » Alors oui, l’inspiration c’est le Dieux du Stade. Mais bon, vu qu’on est pas des rugbymen, on a fait ce qu’on a pu avec ce qu’on avait. Mon associé était photographe à l’époque. Donc on a décidé de faire ça déjà avec les copains pour rigoler, et après les filles ont voulu faire la même chose l’année d’après. Et c’est parti comme ça. Et après c’était mixte avec des thèmes différents chaque année. Et tout ça pour effectivement financer une association qui s’occupe d’enfants malades. Pour l’instant, on est toujours avec l’association « Pour le sourire d’Isaac » qui s’occupe des enfants qui sont atteints du gliome infiltrant du tronc cérébral. C’est une tumeur mortelle de l’enfant. Donc des gamins qui passeront pas l’année en l’occurrence, et effectivement c’est pour financer des vœux, leurs derniers vœux.

Il y a une journée de shooting, il y a un photographe qui vient ? Comment ça se passe  ? Alors tout simplement, on fait appel à candidature, on remplit un calendrier pour le shooting sur la journée de shooting. Chacun a décidé, en fonction du thème, décide d’une photo qui veulent faire avec le photographe. Et donc on a un photographe professionnel, qui s’appelle Jean-Marie Jagu, qui vient chaque année shooter le calendrier dans l’ordre de passage de la journée. Et voilà normalement en une  journée c’est plié, il prend un quart d’heure pour shooter une mise en scène donc ça va très très vite.  Et il a une patte qui est reconnaissable entre mille. Il est ancien photographe de concerts et de Ko Ko Mo. Donc c’est à la fois les gens qui travaillent ici, les clients, les voisins…

Qui participe du coup ? Tous ceux qui veulent ? Voilà, c’est sur une base de volontariat, on fait un appel au volontariat et donc c’est de la famille, des amis, des clients, des voisins. Enfin voilà  c’est le quartier, même des gens qu’on connaît à peine et qui disent « nous on aimerait bien faire ça, on trouve que l’idée est intéressante ! »  Et pour une bonne cause ils sont prêts à se dénuder. On est à poil ou pas, ou alors certains avec quelques vêtements. L’intérêt, c’est qu’effectivement on ne voit pas les choses les plus coquines. On voit juste des corps dénudés, des corps de tous les âges. L’intérêt, c’est de rigoler un coup, pour certains c’est une épreuve, donc en fait ils veulent se confronter à leur propre vision de leur corps. Et à ce titre là, c’est toujours une expérience intéressante. Et puis avec les thèmes qu’on aborde chaque année, on rigole plutôt des mises en scène  et des idées de chacun. C’est assez facile finalement parce que le plus dur  c’est les photos de groupe collégiales qui sont un peu complexes à mettre en œuvre, mais après quand on est deux ou trois sur la photo ça passe assez bien et puis c’est reconnaissable entre mille très facilement.

Et tu disais  qu’il y a du monde,  il y a des volontaires, toujours ? Pour l’instant, effectivement, on n’a jamais manqué de volontaires. Faut qu’on fasse 14 photos à l’année : la photo de couverture et la photo pour le 13ème mois puisque effectivement on repasse sur le mois de janvier qui suit,  et en fait c’est le teaser pour l’année d’après. Voilà, 12 de l’année plus la photo de couverture et la dernière effectivement pour le mois de janvier de l’année qui suit. Il y a des gens qui sont récurrents, qui adorent ça, et qui trouvent ça super rigolo et très intéressant, et d’autres effectivement qui sont tout nouveaux, des gens qui repartent qui reviennent voilà… En fonction des disponibilités de chacun et de leur envie par rapport aux thèmes. La première année avec mon associé qui voulait faire une photo en faisant les Beatles dans la rue d’en face sur le passage à niveau un peu comme Abbey Road, donc on a programmé la photo, on a attendu qu’il fasse nuit, on était prêts, on avait des guetteurs. Et au moment où on se décide à faire la photo, donc les gens qui regardaient qu’il y avait personne qui passait à ce moment là, il y a des clientes qui viennent et qui s’arrêtent… En fait il y a une voiture qui s’arrête à ce moment là, et c’est des clientes qui nous disent : « qu’est-ce que vous faites ? » On dit : « on fait les photos promotionnelles pour le Petit Café ». Voilà on s’est fait griller quoi…

Alors cette année c’est le sport, est-ce que tu peux nous dire un petit peu les thèmes que vous avez choisis avant ? Alors la première année donc comme je t’ai expliqué c’étaient les garçons qui ont fait donc une mise en scène sur l’année avec mise scène dans un bar. La deuxième année c’étaient les filles qui ont dit « nous aussi on aimerait bien poser dans le calendrier ! » On a dit « ok il n’y a pas de problème », donc elles sont restées 24 heures avec une amie et une photographe pour pouvoir faire les photos. L’année d’après, qu’est ce qu’on a fait ? On a fait « cinéma et séries », ensuite on a fait « BD et littérature ». Ensuite on a fait « star de la musique ». Ensuite on a dû faire « mythologie et histoire », « reproduction d’œuvre d’art » et là, « sport ».

Pour les prochains, c’est quoi les trucs un peu fous que vous avez en tête ? Alors l’année prochaine, le teaser qu’on a, c’est « dessins animés de notre enfance ». Donc là le teaser c’est Chapi Chapo, Cruella d’enfer et Fifi Brindacier. Voilà ça c’est le prochain, c’est officiel, ce sera celui-ci. Après pour les suivants, il faut réfléchir mais on a un an encore pour réfléchir, pour trouver le futur thème pour le teaser de l’année prochaine, donc en août 2024.

Vous faites le tour des maisons, mais à poil ? Comme les pompiers tu sais, pour vendre leur calendrier ? Alors nous le problème c’est qu’effectivement ça nous dérangerait pas mais je suis pas sûr que la Maréchausée soit d’accord !

Le calendrier, on le trouve ici essentiellement ou on peut le trouver ailleurs ? Alors habituellement on le trouve ici au bar, on peut demander par le biais des réseaux à se le faire envoyer avec un virement, et nous on vous l’envoie par la Poste au besoin. Donc donc plutôt ici, à partir du 25 janvier en l’occurrence parce qu’on ferme demain le 8 décembre.

Et tu peux rappeler l’adresse ? 7, rue Maurice-Lagathu, 44 400 Rezé. Alors n’hésitez pas à passer au Petit Café dès fin janvier pour vous procurer ce calendrier un peu particulier. Les fonds récoltés seront reversés  à l’association « Pour le sourire d’Isaac », et permettront ainsi d’exaucer les vœux des enfants malades.

Merci d’avoir écouté cet épisode de Rezévox. On se retrouve le mois prochain pour une nouvelle rencontre !

Olivier, engagé pour une consommation responsable

Olivier Noël est devenu co-président de Scopéli début 2022, quelques temps après son arrivée à Rezé. Impliqué depuis sa jeunesse dans des mouvements de défense de l’environnement, il a embrassé très rapidement le projet de ce supermarché coopératif et participatif, véritable ovni dans le paysage actuel de la consommation. Il nous dévoile les coulisses de cette entreprise pas comme les autres.

Je suis devenu scopélien, j’ai trouvé le projet prodigieux, à chaque fois que je rentre je me dis comment ce truc-là peut tourner avec que, quelque part, des bénévoles. C’est extraordinaire. Quand on vient faire sa vacation ici, franchement c’est un plaisir, c’est pas du tout une contrainte.

Vous écoutez Rezévox, le podcast de la Ville de Rezé. Chaque mois, nous allons à la rencontre de femmes et d’hommes  qui agissent, inventent, témoignent sur leur parcours, sur des faits ou sur des façons de faire dans notre territoire.

Alors je m’appelle Olivier Noël, mon nom de famille comme le Père-Noël.

Et alors Scopéli, c’est depuis quand ? Comment tu arrives dans cette aventure-là ? Est-ce que tu peux nous raconter un petit peu ?

Quand j’étais tout jeune, je faisais partie d’une association qui s’appelait « Les jeunes pour la nature », donc j’étais déjà sensibilisé à l’écologie, j’avais à peine 10 ou 11 ans quand j’ai manifesté pour l’arrêt de Plogoff à l’époque. Alors, on était un petit peu naïfs et compagnie mais voilà c’était intéressant. Donc ça a toujours été une sensibilité que j’ai eue, que j’avais du mal à appliquer là où j’habitais avant. J’habitais dans le 93 à Drancy, qui était une super ville avec une mixité qui me plaisait beaucoup. Mais par contre, les seuls trucs bio auxquels j’avais accès c’était quand la marchande était là et qu’elle était passée à Rungis quoi, sinon il y avait pas. Donc quand je suis arrivé, qu’on a décidé de partir de la région parisienne parce que j’avais envie de faire du vélo en sortant que chez moi et que dans le 93 c’est très difficile.
On est arrivés sur Rezé et je suis passé devant Scopéli et je me suis dit  » Qu’est ce que c’est que ça ? ». J’ai fait une recherche sur internet, je suis venu voir physiquement, j’ai passé la tête par la porte en disant « Bonjour, je peux regarder ? », on m’a dit oui et je me suis inscrit. Donc je suis arrivé en juillet 2021 sur Rezé. En août je suis devenu scopélien, j’ai trouvé le projet prodigieux à chaque fois que je rentre je me dis : comment ce truc-là peut tourner avec que, quelque part, des bénévoles. C’est extraordinaire. Et puis, tout un tas de circonstances ont fait que je suis devenu co-président de Scopéli en février ou mars 2022 pour un mandat de 3 ans non renouvelable, très important. Et on ne changera pas la constitution. Donc c’est pour ça je suis pour l’instant, on va dire, le représentant de Scopéli mais dans un an et demi ce sera quelqu’un d’autre. Et c’est ce qui est bien, c’est qu’à chaque fois chacun apporte ce qu’il peut et  ce qu’il veut à l’ensemble du fonctionnement.

Alors Scopéli est un supermarché coopératif participatif, ça signifie que pour pouvoir faire ses courses ici de manière régulière en dehors des portes ouvertes, il faut devenir actionnaire. Donc on achète entre 1 et 5 actions, ce qui revient à 10 à 50 euros, qu’on fait une fois, ce n’est pas tous les ans, ce n’est pas une adhésion. Et on doit donner 3 heures de son temps au minimum par mois lissées sur l’année donc 39 heures sur l’année, ça veut dire que si on est très occupé sur l’été, on peut faire plus de vacations à un autre moment, et en échange de ces 3 heures, on peut faire  ses courses comme on veut aux tarifs qui sont intéressants mais ils sont intéressants parce qu’on participe beaucoup aux frais en participant nous-mêmes ou en faisant les tâches du magasin. Toutes les tâches possibles : on peut faire effectivement dans le magasin la caisse, le fromage, les légumes, on peut faire la compta, le ménage, les achats, etc. Ici, une partie du recyclage, donc tout ce qui est bouchons, etc. Là c’est toutes les consignes non payantes qu’on reprend ici. Là les légumes qui sont un peu usés sont vendus moins chers et s’ils ne partent pas ils vont dans une remorque sur le parking et on les emmène à la ferme des Mille Bras pour en faire du compost. Donc ça ne se perd pas. On essaye de recycler au maximum. 98 % de notre offre alimentaire est en bio. C’est l’une des différences avec beaucoup de supermarchés coopératifs en France. Et le dernier point « local » : 50 % de nos produits viennent de Loire-Atlantique, 25 % des départements limitrophes et 25 % d’ailleurs.

Les valeurs un peu fondamentales de Scopéli, c’est lesquelles ?

La bienveillance, la solidarité, l’écoresponsabilité, même si le mot est un peu galvaudé, mais c’est une réalité. Les gens qui viennent ici c’est pour essayer d’améliorer bien sûr leur quotidien, par des prix qui sont généralement attractifs, par un message derrière, ils savent  que quand ils achètent quelque chose ici encore une fois le producteur va gagner sa vie correctement, qu’il n’y aura pas de saleté dedans, qu’on a réfléchi, on travaille sur des biscuits qui sont des biscuits qui sont faits dans les ESAT également, enfin, il y a tout un côté solidaire. Donc oui, c’est ça, c’est la solidarité vraiment. Ca veut pas dire qu’on va partir en vacances tous ensemble parce qu’on est tous différents, il y a des gens qui ne n’apprécient pas forcément, parce que qu’on ne peut pas tous s’apprécier. Mais au sein du magasin, tu as pu t’en rendre compte, les gens ils ont le sourire, ils sont plutôt cools. Il y a des choses très rigolotes : quand tu es dans la file d’attente à la caisse, le caissier peut être bloqué par un problème et en fait c’est quelqu’un qui est dans la file d’attente qui va sortir de la file d’attente pour venir l’aider, pour lui expliquer ce qu’il faut faire. Parce qu’il l’a déjà  fait, et ça c’est génial. On n’est pas là pour concurrencer les grandes surfaces, on n’en aurait pas les moyens, c’est pas l’idée, par contre pour toutes les personnes qui ont envie de changer un peu de mode de consommation, de faire des trucs qui sont plus locaux, on fait que des légumes de saison, tu ne pourras pas trouver en ce moment des tomates, y a peut-être quelques dernières qu’il peut y avoir mais c’est tout c’est fini.  D’un autre côté tu redécouvres ça, quand tu manges de la pastèque ou le raisin en septembre tu fais « Ouah le raisin ! », ma fille elle est folle quand les grenades arrivent. Donc ça c’est vraiment un truc qui est très très différent, mais on n’est pas du tout là pour concurrencer. C’est juste que tout le monde, et c’est très important, quel que soit le budget, parce que si jamais tu fais des achats en vrac par exemple, tu économises quand même 20 % à peu près sur les produits, donc même avec des petits budgets, tu dois pouvoir te nourrir en venant ici c’est vraiment ça l’idée. On est en partenariat avec Simon de Cyrène, ce sont des logements partagés entre personnes handicapées et assistants de vie, donc on a quelques-uns de leurs pensionnaires qui sont coopérateurs et qui viennent faire une vacation régulière. Nous avons donc également Ocens qui est un institut qui s’occupe de personnes à retard cognitif. Ils ont deux groupes différents qui viennent faire des vacations ici. Nous avons également un groupe de personnes malentendantes qui viennent, nous avons des malvoyants aussi. Puis nous avons des stagiaires, des lycéens, des personnes qui sont en école supérieure, des collégiens. En fait, on essaie d’être le plus inclusif possible et d’être le plus ouvert pour qu’il y ait le plus de monde. Après, je trouve qu’on manque de populations vraiment des couches sociales les plus défavorisées parce que c’est très difficile. Le souci c’est que quand il faut prendre le bus pour venir à Scopéli faire trois heures par mois pour acheter des produits, ça ne fonctionne pas. Donc pour ça en fait, faut passer les écoles, c’est par l’éducation. Donc c’est pour ça que je suis pas mal investi sur le collège Allende, mais également on essaie d’organiser, quand on a des expos par exemple, des visites par des écoles, où on va pouvoir leur faire visiter, leur expliquer, etc. C’est quelque chose qui est très important également de passer par l’éducation.

Je suis Rezéen, je veux devenir actionnaire, comment je fais ?

Alors il y a plusieurs solutions, là on a à nouveau un site internet, donc en fait tu peux au choix aller sur le site et t’inscrire à une visite découverte, y en a les mercredis et samedis en alternance. Donc ça va durer deux heures on va vraiment tout t’expliquer, tout ce que je viens de dire là mais d’autres choses également. Les autres solutions c’est par les journées « portes ouvertes », où là on va pouvoir te renseigner, donc on en fait quand même au moins une par trimestre. L’autre solution c’est tout bêtement de passer la porte puis de poser la question aux gens qui sont là. Tu vas pouvoir t’inscrire directement, voire visiter. Moi si je suis présent, je fais des visites régulières, quand les gens arrivent je dis « Bon je vous fais visiter ». Voilà, ça fonctionne comme ça.  Et puis ça peut être par des connaissances également. On a quand même pas mal de partenariats, on a un partenariat avec le CSC Loire et Seil, avec le CSC Allée Verte, on a un partenariat avec que le secours populaire de Rezé. Donc tout ça ce sont des moyens d’arriver jusqu’à Scopéli.

S’engager pour une société plus solidaire et plus responsable. C’est ce qui anime Olivier et tant d’autres, chez Scopéli ou ailleurs. Cet épisode de Rezévox est aussi un moyen de les mettre en lumière, et pourquoi pas, de donner envie à d’autres de pousser les portes des associations.

Merci d’avoir écouté cet épisode de Rezévox. On se retrouve le mois prochain pour une nouvelle rencontre.

Diane offre une nouvelle vie aux jouets


En 2020, Diane Bégard décide de créer l’atelier Joujou au sein de l’association ATAO. Le principe : collecter, trier et valoriser des jeux, jouets et livres pour enfants pour les vendre ensuite dans la boutique du quartier de la Bottière. Une initiative qui permet également de donner un nouvel élan à des personnes éloignées de l’emploi.
Cette année encore, la ville de Rezé est partenaire de l’atelier Joujou en proposant des collectes dans différents lieux. A vous de jouer !

Vous êtes Diane ? Bonjour, enchanté. Vous enregistrez déjà ? Oui c’est parti, moi je suis comme ça. Alors nous on reprend les jeux et les jouets et les livres pour enfants en bon état, complets, fonctionnels.  Finalement sur les 50 doudous reçus, il y en a un ou deux qui va plaire et les autres pas. Et du coup on nous les confie, pour nous ça nous permet d’avoir une boutique avec des belles choses. Vous écoutez Rezévox, le podcast de la ville de Rezé. Chaque mois, nous allons à la rencontre de femmes et d’hommes qui agissent, inventent, témoignent sur leur parcours, sur des faits ou sur des façons de faire dans notre territoire. Alors je suis Diane Bégard, je suis la coordinatrice de l’atelier d’insertion Joujou chez l’association ATAO et on fait du réemploi de jeux, jouets, livres pour enfants, donc on offre une seconde vie à tout ça. En offrant un parcours d’insertion, un accompagnement à des adultes temporairement éloignés de l’emploi. J’ai longtemps travaillé dans des associations, dans des montages de projets, et je me suis réveillée un matin avec mes enfants en me disant « où est-ce qu’on trouve des jouets d’occasion de qualité à Nantes ? » Et en regardant un peu ce qui se passait dans d’autres territoires, j’ai vu qu’à Paris il y avait une association qui s’appelait Rejouer qui s’appelle Rejouer, qui existe encore, et qui faisait du réemploi de jouets avec un volet de solidarité d’inclusion sociale et professionnelle. Ça m’a parlé et j’ai quitté mon précédent emploi pour me lancer dans cette aventure de l’entrepreneuriat social. Les partenaires nous soutenaient, les collectivités et autres, et l’État et du coup on s’est lancés. Donc ça a démarré en décembre 2020. – Alors, ça représente combien de personnes ici à temps plein, à peu près ? Alors au quotidien, sur l’atelier on peut être jusqu’à 13 personnes, il y a 10 salariés en parcours d’insertion qui ne sont pas à plein temps qui sont sur 28 heures. On est en fait un marchepied vers l’emploi et quand on a réussi notre mission c’est que la personne, elle part. Donc elle part au bout de 1 an ou 2 ans en moyenne, et si on a tout bien fait, elle part sur une formation qualifiante qui correspond à son projet professionnel ou elle part en emploi, en CDD, CDI, il ne faut pas qu’ils restent en fait, le but du jeu c’est pas qu’ils restent. – Vu qu’on arrive à Noël bientôt j’imagine que là vous êtes en pleine période de collecte, est-ce que vous pouvez nous expliquer un peu comment ça se passe ?
On collecte par différents canaux. Nous ce qu’on veut c’est que ce soit facile pour les familles de nous confier des jouets. Donc ils peuvent déposer les jeux et les jouets dans notre boutique pendant les heures d’ouverture. Et on organise des collectes aussi sur d’autres lieux. Par exemple à Rezé, on va collecter au mois de novembre décembre à la mairie, aux maisons de quartier, à la médiathèque et à l’école de musique, donc du coup on dispose des bacs de collectes, les gens peuvent le déposer et on vient les chercher à la fin. Et on organise enfin des collectes dans des entreprises où les salariés le matin peuvent déposer des jouets en allant au travail
et nous on va aller chercher les jouets quand l’opération est terminée. On l’a déjà fait, ça va être la troisième année qu’on le fait à Rezé, donc les Rezéens nous connaissent, normalement, en tout cas ils ont été très très généreux sur les dons et nous ça nous permet de travailler derrière et d’avoir un support d’activité pour faire monter en compétences les salariés qu’on accueille. – Et est-ce qu’on peut tout donner ? Ou il y a vraiment des choses, il ne faut pas le faire ?
Alors nous on reprend les jeux, les jouets et les livres pour enfants en bon état, complets, fonctionnels, idéalement qui ont la norme CE, notamment pour les peluches parce que sinon ils ne passeront pas nos tests de qualité et on ne prend pas donc du coup les livres gribouillés, déchirés, on ne prend pas les jouets cassés. Nous on ne fait pas de réparation et on prend pas le matériel de puériculture, on ne prend pas les vêtements. Ça ce n’est pas nous il y a d’autres structures qui le font. Notre spécialité c’est vraiment les jeux, les jouets, les livres pour enfants. On n’est pas une déchetterie, donc en gros quand on nous donne quelque chose il faut qu’il puisse être sauvable. Sinon on perd du temps et on doit aussi après le jeter, donc vigilance, qu’est-ce que vous donneriez à votre voisin ? Bah c’est pareil pour nous. – Est-ce qu’on peut faire du coup un petit tour de l’atelier ? On est dans un local qui fait 500 m² dans lequel on s’est installé début septembre, donc tout n’est pas encore mis en place – c’est tout frais – . Voilà donc il y a encore encore pas mal de choses à mettre en place mais l’activité a repris en tout cas. Donc on a vraiment ce circuit du jouet qu’on retrouve sur les différents postes de travail donc on a plusieurs postes de travail. Celui-ci c’est le poste de tri. On va découvrir ce qui a été collecté. On ouvre les cartons, on vérifie que ce sont bien des jouets, qu’ils sont sauvables, valorisables, qu’ils ont un potentiel…
– Et dans ce que vous recevez des fois quand vous ouvrez les cartons, est-ce qu’il y a des grosses surprises des fois ? Des trucs, c’est hyper beau, c’est un truc qu’on n’a jamais vu. Oui, on a des pépites, on a aussi des jouets qui sont neufs, qui n’ont pas du tout servi. Alors je pense que, on imagine que ce sont des cadeaux, voilà, qui sont tombés à côté de la plaque. Il y a beaucoup beaucoup de premier âge, c’est le moment où on se fait offrir beaucoup de cadeaux aussi au moment des naissances, et finalement sur les 50 doudous reçus il y en a un ou deux qui va plaire et les autres pas. Mais du coup on nous les confie, et pour nous ça nous permet d’avoir une boutique avec des belles choses.  Et ensuite les jouets arrivent ici donc ça ce sont des jouets, c’est ce qu’on appelle la bibliothèque de pièces détachées. Ces boîtes contiennent des pièces d’avance qui peuvent permettre de compléter un jouet que nous on reçoit incomplet. Ce n’est pas des jouets en attente, c’est la réserve. On a la même chose pour les dés, les pions de toutes les couleurs, les mini-univers, donc quand on a une pièce de Playmo on ne va pas la vendre brute, on va attendre de reconstituer un univers afin de pouvoir le refaire partir. Et du coup il y a la boutique, le bout de la chaîne. SI vous voulez interviewez une cliente… De Rezé en plus. – Je m’appelle Johanna, et ma fille c’est Marley. Alors là pour le moment, je suis sur les livres. Mais là je sens qu’on va bientôt acheter le magasin parce que ma fille est en train de regarder les autres petits trucs. Mais là on a fait pas mal de stocks de livres, on a fait pas mal de jouets extérieurs aussi. Moi j’achète beaucoup ici parce que déjà c’est pas très cher. Forcément ça m’intéresse et en plus parce que j’ai pas besoin de surconsommer des choses qui existent déjà. – Et je vois que T’choupi a toujours du succès. T’choupi oui là en ce moment on est sur le pot, donc voilà c’est « T’choupi sur le pot »…  Si vous avez quelques jouets qui s’ennuient au fond d’un placard, n’hésitez pas à venir les déposer dans un des points de collecte présents à Rezé entre le 29 novembre et le 16 décembre, Joujou leur donnera certainement une seconde vie. Merci d’avoir écouté cet épisode de Rezévox, on se retrouve le mois prochain pour une nouvelle rencontre.

Jean-Michel, l’organiste de Saint-Paul

Jean-Michel Roger est organiste à Rezé depuis une dizaine d’années. Il est même devenu le conservateur de l’orgue de l’église Saint-Paul, sur lequel il s’entraîne et joue régulièrement.

Passionné, il raconte au micro de Rezévox comment  il ausculte et entretient cet instrument monumental et très vivant. Musique !

C’est vraiment un instrument très complet, on peut jouer énormément de choses avec. Et puis avec les sons, on est violent, on est doux, on est amoureux, on est en colère. Noir désir, j’ai joué Noir désir aussi… C’était pour un baptême.

Vous écoutez Rezévox, le podcast de la ville de Rezé. Chaque mois, nous allons à la rencontre de femmes et d’hommes qui agissent, inventent, témoignent sur leur parcours, sur des faits ou sur des façons de faire dans notre territoire. Aujourd’hui nous poussons les portes de l’église Saint-Paul pour rencontrer Jean-Michel Roger, l’organiste du lieu.

L’orgue, au départ, comment vous y venez ? C’est le hasard, c’est vraiment une appétence pour cet instrument-là, comment ça se passe ?

Donc j’avais 9 ans, il y a le prêtre qui est arrivé chez moi et qui m’a dit « toi tu feras de l’orgue ». Alors moi j’avais pas le choix et puis les parents poussaient derrière. J’étais pieds et mains liés dedans.
Donc j’ai commencé par prendre des cours avec ce prêtre, et puis en fait c’est des petits instruments électroniques ça donne pas plus envie que ça, et au moment où j’ai commencé à l’âge de 13 ans à vraiment jouer sur un orgue à tuyaux, là ça a complètement changé la vision de l’instrument.

Ça a pris une autre dimension c’est ça ?
Ça prend une toute autre dimension parce qu’on est vraiment sur un instrument…On dit qu’un orgue c’est des organes, des voix. En fait chaque tuyau va avoir sa voix et les vibrations, les sensations que l’on va ressentir quand on joue elles sont très très fortes.

Il y a des touches blanches, des noires, c’est un piano au départ.
Oui, on a trois claviers ici, donc le pédalier, on a un clavier pour les pieds, on joue avec les pieds comme si on jouait avec les doigts de pieds sur les touches. On a un clavier qui va correspondre à un certain type de jeu et puis un autre clavier ici qui correspond à d’autres sons.
En fait l’organiste c’est comme un chef d’orchestre, en fonction des pièces qu’on va jouer on va décider quels sons on va produire, on a des tuyaux qui vont avoir des sons très larges et d’autres qui vont être très doux. Quand vous avez un orchestre, vous avez des violons 1, violons 2, des altos, des contre basses… Ils vont jouer tous la même note plus ou moins fort, et puis vous avez les trompettes. On se croirait sur un bateau. On a un hautbois, un cromorne, c’est un vieux jeu du moyen-âge.

Du coup je parlais de votre première rencontre avec cet orgue-là, c’était quand et c’était pourquoi ?
Il y a une dizaine d’années. Alors ce qui s’est passé : ça fait 15 ans que je vis à Rezé, et il y a une dame que j’ai rencontrée dans ma famille qui est du côté de Fougères et elle habite à Rezé, elle m’a dit « on cherche un organiste sur Rezé ». Je savais pas. Donc c’est à Fougères qu’on m’a dit devenir jouer à Rezé. Ça faisait déjà 5 ans que j’étais là. Et puis ensuite, on m’a fait rencontrer les personnes qu’il fallait puis on m’a inscrit ici en tant qu’organiste et il y a une dizaine d’années, j’ai été nommé vis-à-vis de la mairie comme étant le conservateur de l’instrument. Je suis garant du bon fonctionnement que ce soit pour des concerts ou pour des offices, ou quand la mairie a besoin de faire des événements, que l’instrument fonctionne.

Vous savez combien de fois vous jouez par semaine ? C’est très variable ou il y a une discipline comme ça ?
Il y a une grande discipline au début, on joue à peu près une heure par jour, enfin ceux qui ont envie, c’est toujours la même chose. C’est comme le piano c’est comme tout instrument, ça se travaille donc on y attribue une heure par jour, une demi-heure, dix minutes, ce qui compte c’est la régularité et puis de s’entraîner. Là, aujourd’hui je suis à 3, 4 heures par semaine.

On vous a jamais demandé de jouer du Michel Sardou avec l’orgue ?
Ah si, j’ai fait des trucs pas avouables. J’ai joué du Thunderstruck d’ACDC. Faut pas que le prêtre soit au courant ? Personne s’en rend compte…

C’était ici du coup ?
C’était pas ici non.

Et sur celui-là, des choses un petit peu hors du commun que vous ayez jouées ? Ici ?
C’est pas un orgue qui se prête à des fantaisies de ce genre-là. C’est plutôt un orgue classique, baroque, l’autre c’était vraiment un gros instrument, donc on pouvait se lâcher.

Il y a des orgues qui se prêtent plus ou moins à de la fantaisie ?

Pour moi en tout cas, mais chaque orgue en fait, chaque église a un orgue et chaque orgue est différent. On ne peut pas jouer n’importe quelle pièce sur tous les orgues. Il y en a qui passeront très bien et d’autres qui…Jouer de la musique romantique sur un orgue purement baroque, c’est pas formidable.

Et donc celui-là, Michel Sardou, c’est pas trop son truc ?
La maladie d’amour à la rigueur…

Ce qui fait que c’est un peu particulier de jouer, c’est cette vibration, c’est cette façon de sentir un peu dans son corps cet instrument qui est gigantesque, c’est un peu ça qui vous anime ?
C’est le souffle, c’est vraiment comme on avait dit tout à l’heure c’est vivant, c’est un instrument vivant, donc on respire avec lui. C’est ce qu’il y a écrit là : « là où est le vent est la liberté »

En latin : « Ubi spiritus ibi libertas ».

Faut toujours un petit peu de latin dans un podcast.

Vous voulez voir l’intérieur ?
Je veux bien. Oui on peut aller voir. L’arrière salle…
La sacristie. Voilà l’instrument de l’intérieur, avec les tuyaux en bois qui bougent, qui font 4 mètres de haut à peu près.

Et ce petit bruit qu’on entend c’est quoi ?
La soufflerie, y a du vent.

Donc il y a un ventilateur qui fournit du vent en permanence. Et des fois vous mettez le nez dedans un petit peu pour réparer ? Oui, c’est ce que j’essayais de faire avant que vous arriviez.

Et c’est pas facile ?
Il y a toujours des petits bruits, après il faut rechercher où se situe la fuite, et puis essayer de la colmater.

Donc c’est des fuites, c’est quoi, c’est de l’air qui passe ?
Oui, parce que le cuir a séché pendant une période, là on a eu une grande période de sécheresse et puis beaucoup d’humidité d’un coup, donc l’instrument a bougé.
L’année dernière avec les sécheresses et puis les périodes de pluies intenses, ça n’arrête pas.

Et bien merci beaucoup Jean-Michel.
Mais je vous en prie, merci à vous.

Merci d’avoir écouté cet épisode de Rezévox, on se retrouve le mois prochain pour une nouvelle rencontre.

 

Simon, futur grand du volley

Il n’a pas encore 20 ans mais Simon Magnin a tout pour devenir un grand du volley. Le jeune Rezéen de 2,01 m a la particularité de faire partie du groupe professionnel du NRMV depuis cette saison et de continuer à jouer avec les jeunes de son club de formation, l’ASBR. D’ailleurs, il tentera en fin de saison de décrocher un nouvelle Coupe de France avec ses coéquipiers des moins de 21 ans. Et les matchs auront lieu à la maison, dans la salle de la Trocardière. Simon partage avec nous un parcours déjà riche et des ambitions bien affirmées.

Crédits photos : Corentin Pingeon

Bonjour Simon, ça va ? C’est bon le timing, ça va toujours ? Est-ce que tu veux qu’on s’installe, on peut s’asseoir quelque part ?

Quand tu passes que la moitié du temps du match sur le terrain, des fois ça peut être un peu frustrant. Et mentalement, je commence mine de rien quand même à avoir un peu d’expérience avec tout ce que j’ai pu faire déjà dans le volley malgré mon jeune âge.

Vous écoutez Rezévox, le podcast de la Ville de Rezé. Chaque mois, nous allons à la rencontre de femmes et d’hommes qui agissent, inventent, témoignent sur leur parcours, sur des faits ou sur des façons de faire dans notre territoire.

Alors : Simon Magnin, sportif professionnel volleyeur. Donc j’évolue dans le club du NRMV avec l’équipe première, au poste de central depuis cette année. Pour l’information, je mesure 2 m 01…Si ça peut intéresser des gens. J’ai 19 ans.

Si on revient un petit peu en arrière, est-ce que tu peux nous dire comment tu as eu le virus du volley ? Est-ce que c’est la famille, est-ce que c’est un prof à un moment, comment t’es rentré là-dedans ? Ça part d’assez loin parce que c’est mes parents, surtout mon père qui en a fait beaucoup pendant toute sa vie, donc j’ai été amené, en étant très jeune, vers mes 3/4 ans à aller avec eux sur les estivales de volley, donc l’été, les tournois de 3x3sur sable. Je pense que ça ça a joué aussi sur le fait qu’aujourd’hui je m’y sois mis. Après je suis passé par beaucoup d’autres sports, je me suis mis relativement tardivement au volley, à 14 ans.

Tu peux nous parler un peu de ton parcours justement en jeunes à l’ASBR, comment ça s’est passé ? Pour parler juste de l’ASBR, c’est vrai que c’est un club enj eunes qui a toujours été considéré comme un des plus gros clubs de France, un des plus formateurs. Donc j’ai la chance d’avoir pu grandir ici. Après au niveau des compétitions, moi c’est vrai que je suis arrivé dans une génération…J’ai joué toutes mes années en jeunes dans une belle génération, on avait des bons joueurs avec des bons potentiels. Donc, ça a fait que sur les compétitions on brillait assez souvent.

Il y a beaucoup de jeunes qui font du volley, qui restent à en faire à un niveau loisir, qui ne deviennent pas pro. Toi, qu’est ce qui t’a permis toi de basculer  sur ce monde professionnel du volley ? Bah on va pas se mentir il y a la taille quand même qui m’a aidé, qui a joué sur le fait que je devienne professionnel aujourd’hui. Après derrière, j’ai toujours eu des entraîneurs qui m’ont dit que c’était possible même dans mes plus jeunes années au volley, on m’a très rapidement dit que j’avais quelque chose à faire dans ce sport. C’est beaucoup de travail, pas mal de sacrifices aussi quand, sur les étés, t’es sélectionné avec l’équipe de France jeunes et que t’as que 2 semaines de vacances sur l’été, on peut appeler ça un sacrifice. Encore une fois, c’est du travail et des sacrifices mais il y a tellement d’énormes moments de bonheur que ça vaut le coup de faire ça.

Cette année au NRMV, comment tu l’as vécue ? C’est ta première année vraiment dans le groupe ? Ouais, c’est ma première année en club professionnel, c’était un tout nouveau monde pour moi d’arriver avec des joueurs expérimentés qui avaient l’habitude de jouer dans des gros championnats que ce soit à l’étranger ou en France, mais ça a été une superbe expérience. J’ai eu la chance de tomber pour ma première saison en club pro dans une équipe hyper familiale où tout le monde s’est très bien entendu, franchement on a eu une hyper bonne cohésion de groupe. Cette année, ça a été une équipe très changeante par rapport aux saisons dernières. Beaucoup de nouveaux joueurs et beaucoup de changements sur chaque poste. Et apparemment les choix ont été bons. Donc ça a fait qu’on finit deuxième de la saison régulière, on s’y attendait pas du tout mais au final ça a déroulé toute la saison, match après match on jouait de mieux en mieux on finit malheureusement sur, j’ai pas envie de dire une mauvaise note, mais sur une demi-finale contre Chaumont. Chaumont qu’on a battu sur le match aller et le match retour pendant la saison régulière, donc on s’attendait à faire mieux contre eux mais ça n’enlève rien sur le fait qu’on ait fait une énorme saison et que ça a été incroyable.

Avec l’ASBR en jeunes, ça a été quoi la saison cette année ? C’était comme tous les ans des tours de coupe de France pour pouvoir se qualifier en phases finales. J’ai fait 2 tours avec l’équipe cette saison qu’on a gagnés, et donc là on arrive aux phases finales avec une belle équipe.

Et c’est à Rezé non ? Enfin c’est organisé par Rezé ? Organisé par Rezé, c’est la première fois il me semble, en tout cas moi depuis que je suis au club, on n’a jamais vu ça dans aucune catégorie. Donc c’est énorme, franchement, pour avoir vécu d’autres phases finales c’est vrai que de pouvoir en faire une chez soi c’est assez fou, surtout que moi il me reste cette saison et la saison prochaine en moins de 21 puis ensuite les équipes jeunes ce sera fini pour moi donc c’est peut-être l’occasion d’aller  chercher encore une fois un titre à la maison.

À la maison, ce serait beau ? Ce serait magnifique.

Je crois qu’il y a une histoire de parrainage entre NRMV et l’ASBR, c’est à dire que les joueurs pros vont supporter les équipes de jeunes surtout… que les équipes de jeunes ? Les équipes de l’ASBR en général. Par binôme dans l’équipe pro on a tous été mis dans une équipe de l’ASBR, que ce soit en régionale féminine, en prénat masculine etc…Donc ça va des catégories adultes jusqu’aux jeunes, et cette saison, ça n’a pas trop pris. Moi, personnellement j’ai pas été voir mon équipe non plus, je ne vais pas vous mentir, mais moi j’ai mon petit frère qui joue en moins de15 ans qui est entraîné par mon père. Donc j’ai pas eu la chance de tomber sur eux en tant que parrain mais j’espère que l’année prochaine je pourrais les avoir et donc ce sera l’occasion d’aller les voir.

Si on se projette un peu, toi tu vois comment, ta carrière dans quelques années, si on se projette à cinq ans par exemple, tu te vois toujours ici ? À 24 ans, 25 ans moi je me vois bien à l’étranger, dans j’espère les plus prestigieux championnats du monde. Je pense à l’Italie ou la Pologne qui sont souvent cités dans les gros championnats parce que c’est aussi les meilleurs mais pour l’instant c’est un rêve, j’avance au fur et à mesure, petit à petit je fais ce qu’il faut pour l’instant ça marche bien parce que je grapille du temps de jeu, la saison prochaine j’espère en avoir plus. Et voilà on verra comment ça avance mais moi je pense que c’est possible donc je vais bosser pour ça.

Vous l’aurez compris, Simon a déjà l’étoffe d’un grand du volley. Avec ses coéquipiers des moins de 21 ans de l’ASBR, il vous attend nombreux pour l’encourager et l’aider à soulever une nouvelle coupe de France. Rendez-vous les 2, 3 et 4 juin à la Trocardière.

Merci d’avoir écouté cet épisode de Rezévox, on se retrouve le mois prochain pour une nouvelle rencontre.

 

Le voyage solidaire de Sarah

À 22 ans, Sarah Douaud vient de participer à une mission de près d’un an au sein du Corps européen de solidarité. Un dispositif encore méconnu qui permet à des jeunes entre 18 et 30 ans de parcourir l’Europe tout en se mettant au service d’associations ou d’organisations non gouvernementales (ONG). Sarah raconte cette expérience unique, qui a confirmé son goût pour l’engagement.

Bonjour ! C’est Sarah. Enchanté. Quand j’étais plus petite, je me disais « quand je serai plus grande, je ferai une mission humanitaire ou je ferai du bénévolat, parce que pour moi ça allait de soi. On est tous sur une même planète où on doit s’entraider d’une façon ou d’une autre et pour moi, c’était comme ça que je pouvais faire ma part des choses.

Vous écoutez Rezévox, le tout nouveau podcast de la Ville de Rezé. Chaque mois, nous allons à la rencontre de femmes et d’hommes qui agissent, inventent, témoignent sur leur parcours, sur des faits ou sur des façons de faire dans notre territoire.

Moi c’est Sarah, j’ai 22 ans et là je suis actuellement en service civique dans le groupe artistique Alice pour une mission de médiation culturelle et suivi de projet. Alors, moi j’ai fait un bac littéraire, quand je suis sortie du bac, j’avais l’idée de devenir journaliste mais plus dans la mode donc la première étape pour moi ça a été de faire une licence information communication. Et en fait je me suis vite aperçue que c’était vraiment pas fait pour moi. J’ai décidé d’entamer un cursus qui s’appelle « DN MADE » c’est un peu un nouveau diplôme, je dis souvent « nouveau diplôme » mais ça date de 3 ou 4 ans. Donc c’est un diplôme national des métiers des arts et du design, en design de mode. J’ai appris plein de choses, j’ai vraiment exploré tous les aspects de ma créativité et puis j’ai rencontré énormément de personnes très très chouettes. Et j’ai voulu en fait aller voir ailleurs, parce qu’en fait j’étais vachement avec les gens qui me ressemblaient parce que forcément quand tu fais une formation dans le design, on est tous un peu… On est tous passionnés par la même chose, mais on est quand même intéressés à l’art, au design, à la mode. Et j’avais envie de voir d’autres personnes, d’un autre milieu qui ne s’intéressent pas forcément à la mode ou à l’art. Et c’est là où j’ai voulu faire un Corps européen de solidarité.

Comment vous avez su que ce Corps européen existait ? Parce qu’on n’a pas cette idée là tout de suite. Non, c’est vrai, je trouve que c’est très méconnu en fait, parce qu’au lycée on parle de service civique un petit peu et puis des études post bac, mais c’est aussi une option, et donc moi j’ai eu l’information par une amie qui en a fait un, je crois en Finlande. Et vraiment, ça a capté mon attention parce que j’ai toujours voulu aller à l’étranger et aussi faire du bénévolat, donner de ma personne sans vraiment attendre en retour, et pas forcément de l’argent ou un truc matériel et donc pour moi ça a été vraiment l’option parfaite. Ma première démarche a été d’appeler la mairie de Rezé parce que mon amie était partie via la mairie de Rezé. Et donc j’ai eu un rendez-vous, ils m’ont présenté un peu comment ça allait se faire et quelles étaient les options possibles parce que moi, pour dire, les démarches peuvent être faites très très rapidement parce que moi j’ai appelé en juillet, mi-juillet, et je voulais partir en septembre. Au début, j’avais l’idée dans ma tête que ça n’allait pas se faire parce que normalement toutes ces démarches, c’est long. J’avais l’impression que c’était beaucoup d’administratif, et pas du tout. Donc ça c’était super. Et donc j’ai eu un deuxième rendez-vous où j’ai rencontré une autre volontaire en fait elle m’a aidée à faire mon dossier : CV en anglais, lettre de motivation et elle m’a dit qu’en fait il fallait envoyer sa candidature aux plus de projets possibles.

C’était en Suède, c’était quoi la mission et comment ça se passe concrètement ? Alors, j’étais dans une ONG qui avait plusieurs pôles, mais leur but principal, c’était d’aider les personnes avec des handicaps à s’intégrer dans la société. Donc ils avaient une maison d’édition, ils avaient une boutique en ligne et ils avaient une boutique sur place et aussi un service de location de vélos.  Et moi je travaillais un peu dans tous ces pôles, et il y avait aussi une toute petite partie où c’était des rencontres avec des gens. Au tout début, y avait un goûter, on appelle ça un « fika » en suédois, c’est un goûter où on partage du café, du thé, des petits gâteaux et c’est organisé tous les mercredis avec les personnes qui voulaient venir. Je dirais que c’est vraiment les autres volontaires avec qui j’ai partagé ma vie qui m’ont vraiment marquée cette année. Il y avait deux Allemandes, une Autrichienne et une Tchèque. Et donc forcément moi déjà j’étais jamais allée en Allemagne, en Autriche ou en République Tchèque donc je ne connaissais presque rien de leur culture à part un peu l’Allemagne parce que c’est un pays frontalier, mais donc j’ai pu apprendre en fait plein plein de choses et c’était toujours super enrichissant et super drôle en fait d’avoir des conversations sur juste des petites choses du quotidien qu’on ne fait pas pareil du tout. Et je trouve que ça a apporté une dynamique différente par rapport aux amitiés que j’avais avant en fait.

Si vous aviez un conseil peut-être pour quelqu’un qui veut faire ce que vous avez fait, c’est quoi, allez, deux trois conseils pour bien se préparer, ne pas avoir trop de surprises une fois qu’on se lance.

Il y a la préparation matérielle qui est importante parce que moi je suis partie dans un pays nordique donc forcément fallait que j’achète des vêtements chauds, mais aussi la préparation mentale en fait, je pense que moi je l’ai pas eue forcément parce que ça s’est passé très très vite, et donc au début je ne réalisais pas forcément que j’étais en train de faire ce projet, et donc peut-être faire par étapes, écrire les étapes de « avant son voyage » et écrire pendant ce séjour et après. Je trouve ça toujours bien de relire après parce qu’on est toujours une personne différente et donc relire que l’état d’esprit on avait avant c’est toujours intéressant. Juste ne pas avoir peur, parce que je sais que j’ai rencontré une personne qui a fait ça, et qui au départ me disait qu’elle avait peur de l’inconnu et je pense que ça peut être… Quand on a peur souvent on reste en soi et donc c’est vraiment un moment où on est là pour partager et ne pas avoir peur de partager.

Si comme Sarah, vous souhaitez donner de votre temps au sein de ce Corps européen de solidarité, n’hésitez pas à pousser les portes de la mairie de Rezé. Merci d’avoir écouté cet épisode de Rezévox. On se retrouve le mois prochain pour une nouvelle rencontre.

 


Korsé, itinéraire d’un graffeur passionné

L’illustrateur et graffeur Korsé promène ses bombes de couleur dans la métropole nantaise, du côté de République, sur l’île de Nantes, ou encore sous les Ponts des bords de Sèvre. A force de travail (ne lui parlez surtout pas de talent !), l’artiste qui a grandi à Rezé a trouvé son style et s’est fait un nom dans l’univers du graff. De ses premiers dessins d’enfance à ses compositions complexes d’aujourd’hui, Korsé revient sur son parcours d’artiste passionné.

Ce n’est que de la peinture pour moi il n’y a rien de très très grave à faire de la peinture dans la rue.

Eteins ta télé, éteins les réseaux et c’est parti. Ouvre des bouquins et commence à dessiner mais alors mais c’est une demi-heure tous les jours c’est pas genre « moi j’aimerais bien avoir un talent j’aimerais bien faire un chat comme tu fais ». Mais moi je l’ai fait 10 000 fois le chat.

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Moi c’est Nico, je suis Nantais, ça fait 17 ans que je suis dans le milieu de la peinture de rue mais pas que. Je suis un illustrateur on va dire avec plusieurs cordes à mon arc. Et donc voilà je suis un peu à fond dans le dessin, ça me fait vibrer, ça me fait rencontrer du monde. Notamment à Nantes mais pas que justement, un peu partout.

Et ton nom d’artiste ? Moi c’est Korsé. Vous pouvez dire « café Korsé » pour retenir en fait mieux.

Et donc là on est nantais aujourd’hui, mais tu me disais tout à l’heure que tu avais vécu à Rezé toute ta jeunesse. Tu peux me refaire un petit peu le parcours rapide ? Absolument, du coup j’ai grandi à Rezé, au niveau de la Blordière et donc j’ai connu l’ARPEJ, j’ai connu tellement de choses qui m’ont fait du coup, donner des bonnes bases pour grandir avec des valeurs de plein de choses, dont des bivouacs, vivre en communauté aussi. Et puis on se fait pas mal de copains, c’est facile quoi. Le dessin moi c’est depuis tout petit tout petit que j’aime ça. Des cahiers, faire des dessins tout le temps à l’école tout le temps tout le temps quoi. Arrive, je sais plus à quelle époque, j’avais peut-être 13 ou 14 ans donc ça remonte, une initiation graffiti justement à l’ARPEJ un certain Sad et Sak donc je leur fais une grosse dédicace, ils sont arrivés, initiation de graffiti, planches de bois et bombes de peinture quoi. Du coup, étant mordu de dessin, j’avais mon cahier, « bah c’est bien c’est cool, tu dessines Nico… super » Gros coup de foudre entre guillemets avec la bombe de peinture. C’est pas évident quand tu dis à tes parents ben moi je vais faire de la bombe, « ah ouais mais non », on peut pas partout c’est pas évident.

Alors justement sur cette culture du graff, ça a eu une réputation un peu d’art clandestin, est-ce que ça a changé ? Est-ce que c’est quelque chose qui est beaucoup plus accepté ? Alors en fait maintenant le graffiti, la fresque, les gens ils assimilent ça au « street art » pour que ce soit direct plus vendeur, direct plus séduisant. Ça me dérange un peu sur le côté un peu « appropriation » d’une culture hip-hop. C’est quand même une culture qui revendiquait des « crew » de B-boys, des « crew » de chanteurs, NTM, Assassins, étaient les premiers quoi à tagguer, à graffer les trains. En fait, leur rôle était de mettre en valeur leur crew, en fait tout simplement de faire la pub de leur crew gratos avec du tag. Bien sûr vandale, bien sûr interdit mais ce n’est que de la peinture. Pour moi il n’y a rien il y a rien de très très grave à faire de la peinture dans la rue. J’ai fait une formation qui s’appelle « brevet technicien dessinateur-maquettiste », ça, c’est la révélation. Tu rentres sur concours, donc déjà faut que tu te bouges un peu, tu montres un peu ce que tu as envie. Tu montres un peu, tu te donnes un peu. Avec des formations extraordinaires d’art appliqué, de photographies, graphisme, tout d’un coup. Tout d’un coup montrant qu’on peut faire autre chose que sur un papier A4,  ils nous montrent déjà des grandes feuilles de papier, je savais pas ce que c’était ces grandes feuilles là, les feuilles raisins, et du coup c’était mais huit heures de matière de dessin le mercredi. Envie de te motiver et de te lever quoi ! Et puis un gars dans la classe regarde mon sketch book et il me dit « ah bah ça te dit on achète trois bombes, on se trouve un samedi on achète trois bombes… » Pas trop de moyens à l’époque, on avait peut-être un peu d’argent de poche je sais plus, et puis on se pose, on essaie de trouver de la place quoi. Et donc ce personnage-là c’est Ador, qui lui est ultra réputé aujourd’hui, qui fait le tour du monde, et c’est devenu mon confrère en fait pendant longtemps, que je salue aujourd’hui encore on est potes à distance du coup, on se suit…

Qui est Rezéen ? Qui habite Rezé aujourd’hui encore et qui voyage tellement en fait que t’arrives même pas à l’avoir. Lui, il m’a pris sous son aile. On s’inspire des magazines, à l’époque on n’avait pas d’Internet, je trouve que c’était tellement charmant. Il y avait un truc où t’ouvrais le magazine. Qu’est-ce c’est que ça ? La découverte des persos, je veux faire ça.

C’est quoi tes terrains d’expression aujourd’hui ? Aujourd’hui on a de la chance à Nantes, il y a une dizaine de terrains, on va dire, autorisés : c’est marqué « mur de libre expression ». Bon c’est cool parce que nous on est des « fresqueux ». On nous a appelé les « fresqueux ». On fait de la fresque, on n’est pas pro vandale, on fait deux trois conneries, deux trois tags…Donc on a des terrains comme Paul-Nizan qui est limite notre QG parce que personne n’y va et c’est trop bien. A République ? Exactement il est trop bien ce quartier, on y est allés dimanche dernier. On a fait un truc donc je vais prendre ma photo et poster bientôt, mais il y a encore des quartiers à Rezé, les ponts de Sèvre, ça c’est top, ça c’est pareil je crois on a inauguré il y a pas longtemps c’était avec moi qu’on a inauguré les ponts de Sèvre il y a dix ans peut-être de ça…C’est toujours un lieu où on peut travailler, s’exprimer ? Voilà, sachant que les vandales y étaient avant en fait, ils avaient « éclaté » les ponts de Sèvre, donc eux ils avaient ouvert comme on dit, c’est pas un terrain, ils avaient ouvert la voie. Genre, « non par là, c’est pas autorisé », mais c’est respect en fait aux premiers, moi j’oublie pas ça. Par contre c’est un milieu difficile mais qu’est-ce ce qu’il faut bosser, qu’est-ce que je suis un bosseur, je le sais que je ne suis pas un branleur là-dessus et que les gens ils savent que je charbonne comme un malade et qu’aujourd’hui, allez tu mérites un peu qu’on te soulève un peu, quoi, ça fait du bien que les gens te respectent par le travail fourni et non pas « quel talent » je déteste entendre ça. Et en fait c’est du boulot quoi. Qu’est-ce que c’est compliqué d’obtenir une technique, faut y aller quoi.

Lors de vos prochaines balades rezéennes, n’hésitez pas à jeter un œil aux graffitis présents sur les murs de certains quartiers. Ils sont peut-être sortis de l’imaginaire prolifique de Korsé. Vous pouvez aussi aller voir l’ensemble du travail de l’artiste sur son compte Instagram. Le lien est présent dans le texte qui accompagne l’épisode. Et si vous voulez aller plus loin, vous pouvez aussi consulter la carte recensant les différentes fresques présentes à Rezé sur le site de la ville reze.fr. Merci d’avoir écouté cet épisode de Rezévox, on se retrouve le mois prochain pour une nouvelle rencontre.

 


Aline, une Amazone à la Balinière


Aline Billy rejoint les Amazones tous les jeudis soirs à l’école de musique et de danse de la Balinière. Véritable espace de liberté, cet atelier exclusivement féminin est l’occasion pour elle de chanter mais aussi de lâcher prise au son des percussions. Un rendez-vous qui permet de s’exprimer et de créer un moment vocal inédit. Elle nous raconte.

On est des êtres humains qui se rassemblent et en l’occurrence notre point commun c’est qu’on est des femmes.

Alors là c’est joker…

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Je m’appelle Aline Billy, je suis Rezéenne depuis deux ans et demi. Ça fait deux ans que je suis aux Amazones. C’est Magalie Sonneville qui a eu l’idée, qui a souhaité proposer en fait un rassemblement de femmes autour de plusieurs notions. Elle avait surtout envie de rassembler les femmes et de vivre un temps entre nous par le biais du chant et des tambours pour un retour à soi pour une sorte de communion entre guillemets entre femmes quoi.

Et vous, alors comment vous avez su que ce groupe, cet atelier existait, parce que vous parlez d’atelier, comment vous avez su ça et comment vous y êtes arrivée ? Alors moi je faisais partie d’une autre chorale avant ça et la cheffe de choeur m’avait parlé du travail de Magalie qui est beaucoup plus intuitif, qui est un travail aussi beaucoup sur la rythmique corporelle. Et j’étais intéressée pour aller vers de la rythmique corporelle et puis aussi peut-être être moins sur la technique vocale, moins d’exigence sur la hauteur des notes, sur le fait de bien s’accorder quand il y a plusieurs voix. On est moins là-dessus. On est vraiment plus sur un rassemblement de nos voix.

Ça veut dire qu’on n’a pas besoin d’être une grande technicienne pour participer, c’est ça ? Eh bien pas du tout, effectivement, on peut vraiment partir de pas grand chose pour faire partie du groupe. Pour mettre un peu d’images plus concrètes sur cet atelier, on commence par un temps de relaxation. On commence bien souvent allongées au sol. En cercle, le cercle est très important dans cet atelier, et puis Magalie propose une nappe sonore, soit au piano soit avec des petits instruments doux ou avec sa voix. Et nous on baigne dans ce bain sonore et on vient délicatement, doucement, mettre notre voix, notre vibration, notre bourdon, on appelle ça un « bourdon ». Elle a beaucoup de propositions à nous faire pour aller chercher ce lâcher prise, et surtout, ce qu’elle propose, qui est vraiment très remarquable chez Magalie, c’est sa capacité à nous laisser faire malgré les erreurs malgré le fait que ce ne soit pas juste au niveau technique. Ce qui est important pour elle et c’est ce que moi je viens chercher, c’est cette liberté de s’exprimer, de faire malgré tout en fait. Et on se rend compte que tout ça n’empêche pas justement le fait de se rassembler et de partager, et de co-créer un moment vocal.

Ce groupe, cet atelier s’appelle les Amazones, donc en rapport avec ces guerrières très redoutées dans l’Antiquité, qu’est-ce que vous avez comme lien avec ces Amazones d’antan ? Quand je vous écoutais parler, moi ce qui me venait c’était tout simplement finalement la personnalité de Magalie, d’une certaine façon c’est une grande voyageuse qui va rencontrer les tribus, les peuples un peu partout et elle nous ramène, oui, cette énergie des peuples qui sont loin. Et oui effectivement il y a ce côté « allez on y va on le fait, c’est bien de toute façon c’est bien ce qu’on fait et rien ne nous arrêtera ». Oui il peut y avoir un petit côté comme ça. Comme c’est un atelier 100 % féminin ,est-ce qu’il y a un côté militant ? Alors effectivement je n’aurais pas du tout mis le mot « militant ». C’est vraiment un rassemblement de femmes point. En fait comme des hommes se rassembleraient pour faire du foot nous on se rassemble pour faire du chant et le fait d’être accompagnées par ces percussions-là, ça permet une alliance forte aussi dans ce travail d’affirmation. Je fais le lien avec ce qu’on venait de dire juste avant dans le fait où c’est pas militant c’est juste qu’on est des êtres humains qui se rassemblent et en l’occurrence notre point commun c’est qu’on est des femmes mais voilà je pense à la fois aux percussions parce que c’est un instrument qui permet de travailler l’affirmation et la présence à soi.

Ça veut dire que cet atelier pourrait s’ouvrir, pourrait être mixte ? Ah non ! La question qu’il ne fallait pas poser… C’est vrai que bon en soi on pourrait tout à fait inventer ce type d’ateliers mixtes mais c’est vrai qu’il y a quelque chose de…Comment dire ? C’est notre petit moment à nous quand même. Il y a une forme de vulnérabilité dans le fait de faire du chant et notamment pour des personnes qui débutent. La voix ça vient… voilà on peut être timide dans ce travail-là. Et donc effectivement de se rassembler entre femmes ça permet aussi potentiellement d’aller se casser quelques coquilles de travailler la voix entouré de femmes oui ça permet sans doute des choses.

Pour faire vivre cette expérience en dehors des murs de la Balinière, les Amazones se produisent régulièrement en concert. Elles seront notamment à la Barakason à Rezé le 11 mars prochain.

Merci d’avoir écouté cet épisode de Rezévox. On se retrouve le mois prochain pour une nouvelle rencontre.


Laurent, petit-fils de résistant fusillé


Laurent Boissard n’a jamais connu son grand-père, Marcel, résistant rezéen fusillé en 1943 par l’occupant nazi. Quatre-vingts ans après cette histoire tragique, il évoque non sans émotion la mémoire de cet aïeul dont on parlait peu en famille, de peur de réveiller un passé douloureux. Il partage avec nous ce parcours de résistance, symbolique du destin de nombre de ses camarades de l’époque.

Eh bien je vous dis bonjour là …  Bonjour Laurent. Vous allez bien ? Très bien … On se met au chaud ?

D’une certaine manière que tout le monde soit résistant dans l’âme mais pas que résistant armé faut être surtout résistant à toutes les choses qui nous arrivent dans la vie.

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Je m’appelle Laurent Boissard, je suis le petit fils donc de Marcel Olivier Boissard.

Est-ce que vous pouvez me parler déjà de ce grand-père que vous n’avez jamais connu ?

C’est des choses dont on ne parlait pas avec mon père ça c’est sûr c’était des choses … On va pas dire que c’était tabou on va pas dire que c’était caché mais il en parlait pas et puis nous on n’osait pas non plus en parler parce que c’était sûrement aussi une manière de le préserver d’une certaine manière parce que c’était sa vie d’avant. Je ne savais pas ce qu’il faisait réellement dans la vie ni ma grand-mère d’ailleurs c’est quelque chose que j’ai jamais vraiment demandé. Ce que je sais c’est que ma grand-mère a toujours soutenu mon grand-père dans toutes les configurations de la vie qui lui ont été proposées et que mon grand-père était dans la résistance et qu’il a été fusillé. Voilà, c’étaient les grandes lignes… et que ma grand-mère est morte pendant les bombardements américains de Nantes.

Vous, vous avez appris cette histoire, le fait que votre grand-père ait été fusillé par ces faits de résistance, oui vous avez appris ça très récemment je crois ? La première fois que vous avez appris ça c’était quand ? Vous vous souvenez un petit peu ?

On en a tout le temps parlé que mon grand était résistant. On parlait très très peu de ma grand-mère. J’ai eu quelques informations mais vraiment c’était vraiment des moments très très brefs mais mon grand-père j’ai toujours su qu’il était dans la résistance. Je savais pas exactement ce qu’il faisait dans la résistance… je l’ai appris hier. Alors lui justement il hébergeait des résistants comme des agents de liaison voilà des personnes comme ça, à Trentemoult justement.

Vous me disiez que vous l’avez toujours mis sur un piédestal, c’est un peu un héros au sein de la famille ?

Oui presque parce qu’en fait c’était quelqu’un qui était très respecté même par son entourage même par… il a toujours été respecté.

Vous avez une lettre ? Ca va être dur de la lire ? ah bah oui…Donc je vais me permettre de lire quelques lignes de cette lettre alors c’est une lettre du coup de votre grand-père qui date du 13 février 1943 et qui est adressée à votre grand-mère qui s’appelait Marie Mathilde. Je lis quelques lignes là où on parle aussi évidemment de votre papa à l’époque qui a quelques années.

« Surtout chérie je voudrais que mon souvenir soit entretenu dans cette jeune tête, qu’il sache que son papa était honnête droit, et que s’il est tombé, c’est pour que tous les petits enfants de France deviennent des hommes libres et fiers de leur pays, pour que la fraternité humaine habite leur cœur et que disparaisse à jamais la barbarie avec l’égoïsme qui la perpétue. »

Là il savait, il savait ce qu’il lui arrivait…Il était parfaitement au courant de ce qu’il lui arrivait. Il savait parfaitement ce qui lui arrivait, la finalité, donc c’était ces derniers mots. Parce qu’en fait il a été arrêté il a été envoyé à la prison de Nantes, le temps qu’ils fassent toute une procédure pour ce fameux procès qui a été carrément mais pratiquement hué par toutes les personnes qui étaient présentes dans la salle parce que c’était carrément immonde.

Un procès qui n’avait que le nom de procès ? Voilà c’est ça en fait parce que tout était déjà planifié d’avance et tout était déjà écrit. C’était faire un exemple déjà pour se débarrasser d’une partie de la résistance et surtout en même temps pour donner une image aux autres de tout de suite arrêter toutes les formes de résistance qui pouvaient exister.

Votre papa du coup, lui, il a eu accès à cette histoire très tôt ? il a su très tôt ? Ou comme vous il a su des choses un peu au fil des années, du temps ?

Mon papa en fait il a commencé à s’y intéresser quand il est arrivé à la retraite. Il a été contacté par par Guy le Floch parce que voilà ils se connaissaient déjà, pour le souvenir. Je crois déjà qu’ils ont rencontré énormément de gens qui faisaient partie de près ou de loin de la résistance et en même temps oui ils ont fait beaucoup de recherches donc ce qu’il leur a permis justement d’avoir beaucoup d’éléments et ils avaient aussi des histoires de famille qui se sont racontées et qu’ils ont notées pour justement garder et garder tout ça en mémoire pour justement annoncer ça aux générations futures pour éviter qu’un jour ça se reproduise malheureusement.

Dans votre esprit, c’est vraiment faire un devoir de mémoire, c’est transmettre cette histoire là que vous souhaitez faire aujourd’hui ? C’est important que justement tout le monde sache parce qu’en fait on a qu’une version approximative de ce qui s’est passé on n’en parle pas dans les cas d’école enfin on en parle nulle part de toutes ces choses alors que ça fait partie de notre histoire ça fait partie des choses extrêmement importantes. Bon à l’école on nous parle tout le temps de la guerre 14-18, 39-45, mais on va jamais nous parler de tous ces éléments là qui sont quand même des éléments qui sont importants parce que c’est ce qui a fait changer aussi par les différents petits points dans toute la France c’est ce qui a fait changer aussi l’histoire de la France. C’est ce qui a fait aussi avancer la France dans laquelle on est.

Le devoir de mémoire c’est bien sûr ce qui anime Laurent Boissard à travers ce témoignage. 80 ans après nous pensons à ces résistants dont nos rues portent aujourd’hui le nom et qui nous sont si familiers : Marcel Boissard, le grand-père de Laurent, mais aussi Henri Adam, Georges Barbeau, Albert Brégeon, André Guinoiseau, Maurice Jouaud, Maurice Lagathu, Félicien Thomazeau, Jean Fraix et Guy Lelan. En 1943 ces dix résistants rezéens ont été exécutés à l’issue du procès des 42 et du procès des 16 qui se sont déroulés en janvier en août au palais de justice de Nantes. Marcel Brégeon sera quant à lui abattu par la police en 1943. Quatre autres Rezéens ont été fusillés en 1942 et 1943.Victor Fortun, Claude Gaulué, Alexis Auvinet et Pierre Legendre. Dimanche 26 février, Rezé leur rendra hommage.

Merci d’avoir écouté cet épisode de Rezévox. On se retrouve le mois prochain pour une nouvelle rencontre.


La boule nantaise racontée par Gérard


Président de l’amicale bouliste Saint-Paul depuis 26 ans, Gérard Caseteuble a fait de cette association bien plus qu’un lieu où l’on roule du bois. Dans ses locaux abrités derrière le cinéma Saint-Paul, l’Amicale favorise la rencontre, la convivialité et assure un vrai rôle social dans le quartier. En écoutant Gérard, vous saurez également tout – ou presque – sur la boule nantaise, sport hérité des ouvriers de la construction navale.

Bonjour. C’est vous Gérard ? Bonjour !

Faut de la vision spatiale c’est ça qui est intéressant c’est mathématique si vous comprenez. Vision dans l’espace Faut être géomètre ? Peut-être… Je plaisante mais ça pourrait. Et j’ai une nouvelle à annoncer aux Rezéens et aux Rezéennes. On est à l’Unesco, au patrimoine immatériel et culturel de l’Unesco.

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Alors, je m’appelle Gérard Caseteuble et je suis le président. Je gère l’Amicale depuis 26 ans. Mes parents dans les années 50 se sont occupés du cinéma en tant que bénévoles. Je suis né en 48, donc je suis venu tout petit ici. j’ai pratiqué différentes activités sur le site de l’époque. C’était les patronages, aujourd’hui on appellerait ça les centres aérés. Ensuite j’ai pratiqué le basket, j’ai joué à un niveau assez important en excellence région et je suis devenu entraineur parce que j’ai fait un brevet d’état 1er degré-

Donc ici à Saint-Paul ? Toujours oui. Je n’ai jamais renié mon origine malgré des propositions pour aller jouer dans des clubs plus huppés nantais, la Roche Sur Yon aussi…Ensuite est venu le  temps de la retraite si je puis dire. Avec les copains on venait prendre un pot le soir à l’Amicale, c’était notre lieu rendez-vous. Ça l’est toujours. Et de fil en aiguille je suis devenu président. Alors l’Amicale c’est pas simplement que la boule. C’est aussi un lieu de rencontre qui est très convivial et qui est très cultivé. On parle de tout : nos anciens, les retraités, font des voyages partout au monde, la Chine, le Japon, les pays d’Afrique, l’Europe et quand ils reviennent, il y a des échanges/ « Tiens tu as vu ça ? » Le jardinage, à l’époque du jardinage, les anciens apprennent aux jeunes comment planter des tomates etc enfin je prends un exemple, c’est très très riche et puis et puis aussi le bricolage, on a toutes les spécialités. Pour entretenir les locaux là, on a des électriciens on a des maçons, des peintres, donc c’est une richesse. Forcément il y a des amicalistes qui ont perdu leur conjoint ou qui vivent seuls… Dès qu’on ne les voie plus pendant une journée ou deux, les uns les autres s’inquiètent. Aujourd’hui ça fait deux jours qu’on le voit pas. Coup de téléphone. Qu’est-ce ce qui se passe ? C’est une petite société en fait où tout le monde prend soin de l’autre ? Alors Jacques Floch, maire de Rezé à l’époque, ça remonte à loin, c’était au 50ème anniversaire, il avait déclaré que l’amicale était d’utilité publique, entre guillemets, et qu’on avait un rôle social très important dans le quartier et peut-être au-delà sur Rezé. Là c’était un grand plaisir aussi.

C’est quoi pour les gens qui ne connaissent pas la différence entre la pétanque traditionnelle et la boule nantaise ? Alors, la pétanque ça se joue sur un terrain plat sur le sable. La boule nantaise est issue de la construction navale. L’histoire de Nantes… il y a des légendes qui parlent même de boulets de canon au temps des corsaires dans les fonds de cale des bateaux. Enfin ça c’est vraiment une légende … Il y a aussi la battelerie sur la Loire. On se pose des questions parce que c’est des fonds plats, mais autrement il y a toute la construction navale où les coques quand même… donc ce jeu viendrait de cette histoire nantaise. C’est pour ça que l’on dit, le spot publicitaire : »la boule nantaise, seul sport typiquement nantais »

Et bien on va voir ? On va dans l’ambiance. Alors ça joue et vous pouvez m’expliquer ce qui se passe ? Alors bien sûr l’histoire c’est boules noires boules blanches. Donc trois joueurs, des équipes de 3, et chacun joue deux boules.

Et donc la piste est incurvée ? Bien sûr il faut approcher le petit comme à la pétanque si vous connaissez… Et bien sûr on peut faire on a plusieurs figures possibles : une entrée directe, une charge, double charge, aller jouer au talon…

Quand vous dites « double charge » ? En lançant une boule, on va essayer de faire un S pour venir chasser une boule ou approcher le petit. Faire un talon c’est aller à la planche et puis revenir sur une boule. Il faut de l’adresse.

On a droit de se servir des côtés ? Alors il faut de la vision spatiale c’est ça qui est intéressant. C’est mathématique, si vous comprenez…

Vision dans l’espace. Faut être géomètre ? Peut-être ! Je plaisante mais ça pourrait.

Est-ce qu’il y a quelques stars ici ? Ah y a des stars il y a des stars oui. Des très bons ? Oui des très bons, comme tout sport.

Et vous rencontrez d’autres clubs ? Oui alors on appartient à la fédération des amicales de la boule nantaise « FABN » donc il y a quatre concours fédéraux par an et à chacun d’organiser  un concours.

Et vous, vous recevez ? Nous, on aura le premier concours 2023 qui commencera le premier février. Et ça dure 6 à 8 semaines. 200 joueurs sur les 6 semaines. C’est toute une organisation, avec la gestion de beaucoup de choses. J’espère que quand les gens vont écouter, ils vont avoir envie de venir découvrir…

On va essayer de leur donner envie. Merci beaucoup ! je vous en prie.

Maintenant que vous savez tout ou presque sur la boule nantaise, n’hésitez pas à pousser les portes de l’amicale Saint-Paul pour vous aussi faire des charges, des doubles charges ou jouer au talon.

Merci d’avoir écouté cet épisode de RezéVox. On se retrouve le mois prochain pour une nouvelle rencontre.


Les 33 tours d’Emmanuel

Grand collectionneur de vinyles, Emmanuel Piet est depuis 15 ans la cheville ouvrière du Salon du disque organisé à la Trocardière. De  sa rencontre avec Philippe Manoeuvre, fidèle parmi les fidèles, à la création de sa boutique de disques, il nous raconte une vie en musique. En bonus, quelques notes de funk japonais et de musique psychédélique turque !

Bonjour ! C’est vous Emmanuel ? Bonjour.

Vous voyez là on est en plein travaux donc on prépare la boutique. Donc ça c’est la future boutique ? Voilà, pour l’instant il faut vraiment imaginer. C’est un peu dans son jus on va dire…oui dans le jus ancien on va dire.

Et c’est prévu pour quand l’ouverture ? J’espère pour début janvier. Vous avez un peu de temps.

Vous écoutez RezéVox, le tout nouveau podcast de la ville de Rezé. Chaque mois, nous allons à la rencontre de femmes et d’hommes qui agissent, inventent, témoignent sur leur parcours, sur des faits ou sur des façons de faire dans notre territoire.

Emmanuel Piet, je suis disquaire depuis trois ans mais le disque pour moi c’est une longue histoire puisque je me souviens d’avoir posé le saphir sur un disque je devais avoir quatre ou cinq ans donc c’est une histoire d’enfance une histoire d’adolescence et puis une histoire d’adulte aussi évidemment. Un jour on m’a dit mais pourquoi t’es pas disquaire, je me si même pas posé la question en fait c’est une question qui m’a vraiment étonné puis bah oui c’est vrai pourquoi pas d’autant plus que j’organise un salon depuis maintenant… c’est la seizième édition. Je connais bien le disque je connais bien son univers, je connais bien les gens qui travaillent autour du disque : les disquaires, les producteurs les labels, mais aussi les artistes. Donc voilà disquaire évidemment ça tombe sous le sens.

Et alors je crois savoir que vous êtes président par ailleurs de l’association des donneurs de sang si je ne trompe pas. Et historiquement c’est cette association qui organise le salon du disque ? Oui au départ j’étais simple bénévole, on organisait des vides greniers, des galas, des lotos et puis un jour j’ai proposé « pourquoi on ferait pas un salon du  disque ? » Alors tout de suite on avait voulu voir grand puisqu’on s’est dit on est à Rezé, à côté de Nantes, donc il doit y avoir un potentiel donc on a loué tout de suite la Halle de la Trocardière qui est vraiment une grande salle. On se doutait pas qu’on était vraiment encore au cœur de la crise du disque alors on avait dû faire la première année en 2007 aux alentours de 1400 visiteurs sur un week-end ce qui est assez peu parce que ça fait à peu près 700 visiteurs par jour, par rapport aux nombre d exposants, des gens qui viennent de loin, c’était un petit peu risqué et puis on on a perduré, on a vraiment persévéré et c’est surtout à partir du début des années 2010, là on a ressenti vraiment un boom. Et les gens venaient de loin il venaient de Brest, de Bordeaux, de Paris, on a même eu des visiteurs qui venaient de Belgique.

Alors je crois savoir qu’il y a un peu des vedettes qui viennent ou des gens un peu célèbres qui viennent notamment Philippe Manoeuvre qui est un fidèle je crois ? Oui alors Philippe Manœuvre c’est un grand collectionneur déjà donc il peut pas s’empêcher de fouiner dans les bacs pour trouver des choses qu’étonnamment  il n’a pas encore. Oui donc comme habitué on a Manou, le chanteur d’Elmer Food Beat qui vient souvent, Laurent Charliot qui a écrit beaucoup sur l’histoire du Rock nantais, et puis pas mal de groupes aussi nantais qui viennent se ressourcer.

Dans votre collection personnelle est-ce qu’il y a une pépite, un truc introuvable ? Non je ne pense pas, en fait moi j’ai pas l’esprit collectionneur j’ai plutôt l’esprit mélomane, ce je que j’achète c’est pour l’écouter. Je ne suis pas comme ceux qui sont fans, par exemple des Beatles, qui veulent tout avoir des Beatles y compris les pressages étrangers, les éditions rares, etc. Non non du moment que j’ai le morceau une fois ça me suffit.

On peut écouter quelque chose ? Pourquoi pas.

Allez on va bouger, alors là, il y en a beaucoup là ? Pas tant que ça ? C’est la partie plutôt arrivage donc surtout du disque neuf. Alors vous m’avez parlé de funk japonais c’est une très belle pochette déjà c’est le fujiyama avec le soleil rouge, c’est presque le drapeau japonais en fait. Là c’est un groupe turc mais qui ne vit pas en Turquie qui vit en Hollande.

Ça c’est récent ? Oui c’est un groupe actuel pareil ils font beaucoup de reprises de standards turcs des années70 mais comme la situation politique a beaucoup changé ils ne peuvent plus les chanter dans leur pays. Les paroles sont un peu licencieuses ? Un peu trop libérées. Vous avez un souvenir ou deux qui vous ont marqué ? Oh, il y a tellement de choses à dire que c’est compliqué ? Je me rappelle d’avoir guidé Manou, le chanteur de Elmer Food Beat sur un stand où il y avait le premier album de Elmer Food Beat qui était en exposition, mais c’était un pressage italien donc avec les chansons traduites en Italien, et il y avait en bonus un préservatif… Evidemment quand Manou a vu ça il l’a acheté tout de suite.

Et bien merci beaucoup Emmanuel. On a fait le tour ? Oui merci.

J’espère qu’Emmanuel vous aura donné envie de réécouter vos vieux vinyles. Et sinon rendez-vous les 3 et 4 décembre prochains au salon du disque à la Trocardière ou dans la boutique d’Emmanuel dès le mois de janvier.

Merci d’avoir écouté cet épisode de RezéVox. On se retrouve le mois prochain pour une nouvelle rencontre.


Laurence cultive son jardin

Habitante du quartier Saint-Paul, Laurence est un pilier du « jardin de Célestin », un petit bout de terre situé au milieu de la rue Célestin Freinet. Elle y retrouve régulièrement d’autres jardiniers et jardinières – Adeline, Agnès et Pierre – pour soigner radis, blettes et pommes de terre.

Bonjour ! Je suis une des 4 jardinières du jardin de Célestin.

Et Laurence arrive. Je prends des sons… Je prends l’ambiance.

Vous m’entendez ? Bonjour, vous êtes Laurence ? Enchanté.

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On va ouvrir et vous présenter notre petit jardin on aurait dû mettre un cadenas parce qu’on a eu de la fauche, c’est malheureux, l’année dernière on avait un beau potimarron un potiron peut-être plutôt et on nous l’a embarqué on attendait qu’il mûrisse et puis il a disparu avant qu’on ait eu le temps de le manger. Donc on a  été obligé de mettre un cadenas, ça n’empêche pas qu’on nous vole des plantes mais bon heureusement c’est pas tous les jours. Et vous agrandissez ? On a agrandi la partie qui est après les framboisiers là-bas. Donc on voulait gagner un peu de place parce qu’on voulait faire des légumes d’hiver.

Moi je m’appelle Laurence j’habite à Rezé dans le quartier, alors je sais pas comment on peut l’appeler, Saint Paul, voilà, pas très loin de l’école Salengro juste à côté du square Terrien où on a un composteur collectif et donc dans la rue qui s’appelle Célestin freinet, c’est pour ça qu’on a appelé ce jardin le « jardin de Célestin ». Le composteur a été installé en juin 2016 au square Terrien. Moi je venais d’un autre composteur à Lamour les forges un peu plus bas du côté de Pont Rousseau où il y avait déjà un jardin tout autour et ici comme j’habite dans la rue qui est derrière je me suis investie sur ce composteur là. Au fur à mesure que le temps s’écoulait on a émis l’envie d’avoir un jardin et il s’est présenté des réunions de quartier pour financer des projets et 3adhérents du composteur donc Adeline, Agnès et Pierre, adhérents aussi, ont proposé notre projet qui était d’avoir des tables pour avoir un lieu de convivialité et puis d’avoir un endroit pour jardiner. C’est vraiment quelque chose d’individuel et c’est vraiment un plaisir au départ individuel et collectif parce qu’on est contents de se retrouver, pendant le confinement c’était un petit peu notre petite bouffée d’oxygène. On se retrouvait, on cochait notre petite case et on venait jardiner ici, pour toucher la terre pour être content de voir la nature pousser et puis manger effectivement ça a un sens avec le composteur ça veut dire que maintenant on jette le moins possible mais quand on a pas le temps de finir qu’il y un truc qui est pourri on sait que ça va aller dans le composteur et puis ça va nourrir le jardin. Les jardiniers et les chats… Non il est mignon, il fait pas trop de bêtises depuis le début il nous accompagne, au début il était moins farouche il venait dans nos pattes pendant qu’on jardinait. Maintenant il vient dormir sur la paille et dans les fraisiers. On jardine basiquement de toute façon on n’a pas des gros moyens et puis le but c’est pas de dépenser trop d’argent donc c’est de faire avec ce qu’on a on achète des graines quand même on a une aide de la mairie pour s’équiper un petit peu. Et puis on partage avec d’autres jardins on s’échange des plants, et on essaie de faire nos graines là les épinards c’est nos graines de l’année dernière donc ça c’est des choses qu’on apprend au fur et à mesure et on met rien on essaye de laisser la nature faire son boulot tout seul parce qu’elle sait très bien tout faire tout seul mais par contre on essaie d’accompagner, on enlève les herbes qui vont étouffer les plants qu’on amis, on a mis de la paille cette année. Ce qui me motive c’est de toucher la terre, de voir comment les épinards poussent. On est contents, moi j’aime bien passer sans forcément jardiner mais passer voir comment évoluent les plantes, être contente de ce qu’on a fait quelque part et puis manger surtout notre production parce que quand on a goûté les tomates du jardin évidemment les tomates du supermarché sont un peu fades. Y a rien de formel en fait, c’est à dire qu’on vient au jardin, on regarde ce qui est bon à prendre et on essaie de partager équitablement entre celles qui viennent jardiner parce qu’on est une majorité de filles pour l’instant mais quand on a des surplus, l’année dernière c’était les concombres des fois ça peut être les blettes aussi on donne notamment quand on se rencontre à la permanence du composteur. On va donner ce qu’on a en rab si quelqu’un passe à l’occasion on peut aussi partager les tomates cerises, quelques épinards. Je pense qu’il y a ce besoin cette envie, des fois certains viennent nous voir pour nous demander comment il faudrait faire pour jardiner. Mais soit ils nous rejoignent soit ils peuvent faire des demandes de jardins partagés, on sent qu’il y a une envie effectivement. Si vous aussi vous pensez avoir la main verte, n’hésitez pas à vous renseigner auprès des associations de votre quartier, il y a certainement un jardin et des jardiniers pour vous accueillir. Alors comme c’est le premier, et ça s’appelle « Rezévox » je vais vous demander de dire « Rezévox ». Merci d’avoir écouté le premier épisode de Rezévox. On se retrouve le mois prochain pour une nouvelle rencontre.