La Troc’ a 20 ans
(novembre 2008)

La halle d’exposition de la Trocardière est si bien implantée dans le paysage de l’agglomération qu’on la surnomme la Troc’. Plus de 2,5 millions personnes l’ont fréquentée. On fêtera ses 20 ans les 20 et 21 décembre.

Elle n’a que 20 ans et pourtant a reçu chez elle les plus grands noms de la chanson française, du rock. Stars françaises, américaines… Charles Trénet a chauffé la scène en 1990 avant qu’elle ne soit foulée par Niagara, le groupe Texas, Vanessa Paradis, Johnny Clegg, Renaud. Même Patrick viendra chez elle pour « casser la voix », mais aussi la star Bowie, Souchon le baladin, M, Noah et sa salsa, Bénabar en petit trentenaire… Deep Purple explosera la jauge en 1998 avec ses 5 000 spectateurs. Ils seront tout de même 4 600 avec Eddy (Mitchell). En 20 ans, la Trocardière a accueilli un total de 2 512 799 visiteurs. Et 2 041 clients l’ont réservée.

Elle ouvre ses portes en septembre 1988. « La majorité des élus étaient réticents, confie Jacques Floch, ancien maire. Il a fallu les pousser. C’était un choix politique : si Rezé voulait s’imposer dans l’agglo, elle devait disposer d’équipements qui dépassent le cadre communal pouvant servir à l’ensemble de l’agglo. Il fallait montrer qu’une ville d’agglo pouvait avoir un équipement d’agglo. C’est une salle mythique, on m’en a parlé à Paris, l’entourage de Catherine Tasca, ministre de la Culture, la connaissait. » Jusqu’à ce que le Zénith n’apparaisse en 2006, c’était la plus grande salle polyvalente avec le parc expo de la Beaujoire.

Inaugurée en 1988 par Laurent Fabius

« Nous ne voulions pas d’un hangar mais d’une salle. L’architecte Michel Roulleau dessinera une halle. » Elle est inaugurée en grande pompe avec Laurent Fabius, à l’époque président de l’Assemblée nationale. Le carnet de bal de la Halle se remplit très rapidement. Avec la foire expo en tête. Créée par le comité des commerçants de Rezé présidé par Alain Chevalier, elle se déroulait déjà sur le site mais sous chapiteaux et au gymnase. C’était le rendez-vous commercial du Sud-Loire qui le dernier week-end de septembre faisait le plein d’exposants (200) et de badauds (jusqu’à 15 000). La foire cessera son activité en 1996. Mais, heureusement, la SLAAP (Sud-Loire animation aménagement promotion), nom de la société d’économie mixte qui gérait la Halle, a dès le départ plusieurs cordes à son arc commercial : mariages, banquets, congrès, concerts, spectacles, forum des associations, repas des seniors. Né en 1990, le salon du bien-être deviendra Natura en 1997 avec le succès qu’on lui connaît. « Les commerçants se disputent les places : il y a plus d’inscriptions que de stands disponibles. »

1997 : la Ville confie la gestion de la Halle à Nantes Gestion équipements (NGE). On se souvient aussi de Scopitone, de la retransmission sur grand écran de la finale de coupe du monde de foot en 1998. « C’était fabuleux, on se serait cru au stade », ajoute Jacques Floch. Entre-temps, le tramway déroule son tapis devant sa porte en 1992, transportant les Nantais et habitants. Exit les tonus étudiants : « Trop de casse ! ».

Inauguration le 19 septembre 1988 avec Jacques Floch accompagné de son épouse Colette Floch, Laurent Fabius, Michel Bédel et Michel Roulleau. Au second plan : Charles Gautier, Alain Chénard et Guy Morin. Coll. part. J. Floch

Une grande fête les 20 et 21 décembre

À 20 ans, elle vient de subir cet été un beau lifting. Près de 750 000 € de travaux. Le résultat est visible tant dans les cuisines, les sanitaires, la cafétéria que sur les murs de la grande salle de 2 400 m² repeints en mauve. L’éclairage a été revu et augmenté. Moins visibles mais appréciables pour le confort du public, des travaux d’isolation et de chauffage ont été opérés permettant également de réaliser des économies d’énergie. Un coup de jeune qui pourrait bien reconquérir le cœur des tourneurs dont plusieurs avaient succombé aux sirènes du Zénith en 2007. Du coup, la Trocardière avait accusé une baisse de 24% de son taux d’occupation. Mais du côté NGE, on relativise. L’effet Zénith se tempère au profit de la Halle. En 2008, certains tourneurs ont ressorti leur calculette. Car entre louer un Zénith à moitié plein (capacité maximum : 8500 personnes debout) ou une Trocardière (5 000), le calcul est vite fait. Objectif 2009 : développer l’accueil des salons ou séminaires d’entreprises en semaine.

“C’est une salle mythique, on m’en a parlé à Paris”, confie Jacques Floch, ancien maire de Rezé.