Violences faites aux femmes : la Ville de Rezé se mobilise

Du 9 novembre au 1er décembre, la Ville de Rezé invite les Rezéennes et les Rezéens à se mobiliser autour de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes (25 novembre). Exposition, ciné-débat, atelier de self-defense et théâtre seront proposés.

Il y a urgence à agir face à un problème de société qui nous concerne tous. Femmes, hommes et enfants. La Ville se mobilise, aux côtés d’autres acteurs engagés sur le territoire, pour ne plus banaliser les violences faites aux femmes, mieux écouter les victimes, les prendre en charge et leur redonner confiance et intégrité.

Charlotte Prévot, conseillère municipale en charge de la lutte contre les discriminations

Ateliers, discussion, exposition...

Comment faire face à une agression physique ? Samedi 17 novembre, les Rezéennes sont invitées à découvrir des techniques de self defense (au centre socioculturel Ragon). Désamorcer la violence. Extérioriser son énergie. Apprendre à poser des limites. Trois fondamentaux au programme de cet atelier, ouvert à toutes, animé par l’association AB Krav Maga (de 15h à 16h15).

Lors de cet après-midi, un temps d’échange sera également proposé. Par des scènes courtes, la Compagnie Rachel Mademoizelle aborde les violences « ordinaires » dans l’espace public. Et les limites à poser face à ces coups qui ne laissent pas de traces (de 16h30 à 17h30).

« Fais pas Genre … »

Du 9 au 15 novembre, le centre socioculturel de Ragon présentera l’exposition « Fais pas Genre.. ». 12 panneaux pour sensibiliser les 15/24 ans et les jeunes adultes au cyber-harcèlement, viol, mariage forcé… Différentes violences auxquelles sont confrontées les filles et les femmes dès leur plus jeune âge. Pour apprendre à les repérer et à les dénoncer.

L’exposition sera ensuite visible du 16 au 23 novembre dans le hall de la piscine Victor-Jara.

Un ciné-débat sur les violences conjugales

Avec la projection de « Jusqu’à la garde » le film de Xavier Legrand il sera question de violence au sein même de la cellule familiale. L’histoire est celle d’un couple qui divorce. Pour protéger son fils d’un père qu’elle accuse de violences, Miriam en demande la garde exclusive. La juge en charge du dossier accorde une garde partagée au père qu’elle considère bafoué. Pris en otage entre ses parents, Julien va tout faire pour empêcher que le pire n’arrive. Les personnages vont se révéler, devant la caméra, petit à petit, sous leur véritable visage… Entre thriller et film de société, le film ne ménage ni l’émotion, ni la réflexion du spectateur.

A l’issue de la projection, un débat sera animé par l’association Solidarité femmes Loire-Atlantique. (vendredi 23 novembre, 20h30 – Cinéma Saint-Paul).

Les situations de violences, qu’elles soient vécues dans le cadre privé ou professionnel, sont malheureusement courantes. Tous les jeudi matins, deux femmes dans ce cas se présentent à la permanence. Mon rôle est de les écouter et de leur apporter une information personnalisée. Je les aide à connaître leurs droits, les oriente vers les bons interlocuteurs notamment des avocats, et leur explique comment cela va se passer. En cas d’urgence, nous accueillons aussi les femmes au siège de l’association à Nantes.

Guénola Jomier, juriste Centre d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) de Nantes

Des chiffres qui font mal

Insultes, menaces, coups, harcèlement sexuel ou psychologique… sont le quotidien de nombreuses femmes qui subissent des violences dans la rue, les transports en commun, au travail ou à la maison. En 2016, 4 600 femmes ont été victimes de violences conjugales en Loire-Atlantique. Une situation inacceptable. La Ville se mobilise aux côtés d’autres acteurs pour leur venir en aide.

En un an, en Loire-Atlantique, une femme sur dix a été victime de violences dans le cadre privé, une sur quatre a subi des agressions dans l’espace public. Des chiffres terrifiants.

« Tous les âges et toutes les catégories socioprofessionnelles sont touchés », précise Charlotte Prévot, conseillère municipale en charge de la lutte contre les discriminations.

Signe encourageant : la parole se libère petit à petit. Même si, rappelle l’élue, « encore une femme sur deux ne porte aujourd’hui pas plainte ».

Briser le silence

D’ici à la fin de l’année, la Ville lancera un plan d’actions. Pour mieux détecter et accueillir les femmes victimes de violences, renforcer les partenariats et sensibiliser la population à ce délit, qui parfois va jusqu’au crime.

Pour sortir de cette spirale infernale, les femmes peuvent compter sur le soutien d’associations. Parmi elles : Solidarité femmes, qui a accompagné, en 2017, 16 Rezéennes victimes de violences conjugales. Autre acteur mobilisé sur le territoire : le Centre d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF). L’association assure chaque jeudi matin une permanence à Rezé, à la Maison de la justice et du droit. En 2017, 33 femmes y ont trouvé une aide juridique gratuite et anonyme.

Les Rezéennes peuvent également se tourner vers le centre médico-social de Pont-Rousseau. Des professionnels de la santé et du social les accueillent sur rendez-vous (sauf urgences).

Nous accueillons chaque année 1 300 femmes victimes de violences conjugales. Nous les écoutons, les accompagnons. Certaines viennent se poser en journée dans un espace doté d’un coin cuisine, d’ordinateurs et d’une pièce pour les enfants. D’autres participent à des ateliers collectifs. Être en contact avec d’autres femmes leur permet de réaliser qu’elles ne sont pas seules
à subir des violences. L’entraide se met en place naturellement.

Elisabeth Massanba-Débat, présidente & Emmanuelle Beauchêne, coordinatrice – Solidarité femmes Loire-Atlantique

Nouveau départ

Quitter son domicile oui, mais pour aller où ? Dans cette étape difficile, la personne victime de violences conjugales peut solliciter la Ville. Un logement social est généralement trouvé en moins de six semaines. À condition qu’elle ait porté plainte et rencontré une assistante sociale. La Ville dispose également de logements temporaires qu’elle peut mettre à disposition des habitantes en difficulté, via l’association Trajet. Solidarité femmes bénéficie par ailleurs de sept appartements collectifs pour mettre en sécurité les femmes.

Côté emploi, un accompagnement sur mesure est proposé aux victimes de violences par la Maison de l’emploi de la métropole nantaise. Une plateforme unique en France.

Les chiffres en Loire-Atlantique

Dans le département, on recensait, pour l’année 2016,  65 000 femmes victimes de violences de rue (insultes, menaces..).

En un an, en Loire-Atlantique, une femme sur dix a été victime de violences dans le cadre privé, une sur quatre a subi des agressions dans l’espace public.

 

Source : Observatoire départemental des violences faites aux femmes.

1 240
femmes victimes de viol ou de tentative de viol
4 600
femmes victimes de violences conjugales
3
femmes mortes sous les coups de leur conjoint
3 000
enfants victimes de dommages collatéraux
Votre navigateur est dépassé !

Mettez à jour votre navigateur pour voir ce site internet correctement. Mettre à jour mon navigateur

×