Vacances rezéennes pour six enfants sahraouis

Ils s’appellent Asma, Saleh, Kamal ou encore Layla, ont entre 9 et 10 ans et laissent le temps d’un été leur situation de réfugiés dans les camps d’Aousserd pour une parenthèse estivale en France. Arrivés le 30 juin à Rezé, ils nous racontent leur séjour, leurs découvertes mais aussi leur condition d’exilés. Rencontre.

Une pause dans le quotidien

Ils ne se plaignent jamais. Restent évasifs lorsqu’on les interroge sur leur quotidien là-bas. Tout au plus, ils évoquent la chaleur et la sécheresse et reconnaissent simplement être ébahis par la pelouse et la verdure environnante.

« Chez nous, il n’y a jamais d’eau, tout est sec. Et quand on joue on s’écorche toujours les jambes sur les cailloux. Ici c’est magique », confie Asma.

Engagée depuis 1982 aux côtés du peuple sahraoui, la Ville accueille chaque été, en partenariat avec l’association Enfants réfugiés du monde (ERM), une dizaine d’enfants sahraouis. Une vraie bouffée d’oxygène pour ces enfants vivant dans des camps de réfugiés.

Jouer au football ou à cache-cache, danser, aller à la plage …les jeux ici sont les mêmes que les nôtres, donc c’est assez facile de se comprendre et de s’intégrer dans les groupes.

Découvertes, amusements et soins médicaux

Hébergés dans des familles, les enfants goûtent durant trois semaines à la vie de leurs homologues rezéens et aux activités de l’Arpej (Association rezéenne pour les loisirs de l’enfance et la jeunesse).

« L’accueil parmi les familles est très bien et la nourriture magnifique » confesse Kamal, avant que le groupe n’acquiesce en chœur.

Côté programme d’activités, la satisfaction est également de mise : bivouac sur la côte, visites à Nantes, sortie à la Roche-Ballud et ateliers artistiques, sportifs et ludiques au centre de Praud. Si la barrière de la langue peut paraître difficile àdépasser, les jeux réunissent aisément les enfants d’ici et là-bas.

« Jouer au football ou à cache-cache, danser, aller à la plage …les jeux ici sont les mêmes que les nôtres, donc c’est assez facile de se comprendre et de s’intégrer dans les groupes ».

Au-delà de leur offrir une parenthèse hors des camps (une première sortie pour la plupart), d’accéder aux loisirs, de s’initier à la langue française et de vivre une expérience interculturelle, l’objectif de ces séjours est également de leur permettre d’accéder aux soins. Dès leur arrivée, les enfants bénéficient d’un bilan de santé complet (soins dentaires et ophtalmologiques).

L’accueil de ces enfants au sein de la population est une belle façon de sensibiliser plus largement l’opinion publique sur le devenir de ce peuple du Sahara occidental.

Sahraouis : un peuple dans l’impasse

L’exil des Sahraouis dans les camps du Sahara occidental (ancienne colonie espagnole, occupée aujourd’hui par le Maroc) dure depuis 45 ans.

Il est en proie à un conflit reflétant à la fois la lutte des Sahraouis pour leur indépendance et les prétentions territoriales du Maroc dans cette région.

La résolution de l’ONU reconnaissant le droit du peuple sahraoui à disposer d’un territoire n’est toujours pas appliquée. Et le référendum, dont le principe est acté depuis 1991, n’a toujours pas abouti.

Le Maroc souhaitant en faire une région autonome, tandis que le peuple sahraoui réclame la souveraineté.