Sahara occidental : Rezé renforce sa coopération

Si Rezé est engagée depuis 1982 aux côtés du peuple sahraoui, la venue d’une délégation menée par Mariem Salec Mouloud, gouverneure du camp d’Aousserd, du 24 au 27 juin dans la commune, a permis de poser les bases d’une coopération renforcée entre les deux territoires, notamment en faveur de projets éducatifs et de santé.

200 000€ sur cinq ans

La coopération entre Rezé et les Sahraouis  se renforce en prenant un tournant très concret et significatif avec la réalisation de projets sur le terrain : réhabilitation de trois écoles primaires, d’un collège et d’un centre de soins. Cet engagement a été annoncé, à l’occasion de la venue à Rezé de la gouverneure du camp d’Aousserd, Mariem Salec Mouloud.

La convention de coopération sera présentée au conseil municipal de septembre. La Ville de Rezé s’engagerait pour cinq ans et le budget alloué (200 000€) serait pour moitié assuré par la Ville (20 000€ par an) et pour l’autre moitié avec des partenariats comme la Métropole ou d’autres villes françaises

Les conditions dans les camps sont des conditions d’exil.

Des besoins énormes et des moyens limités

« Les conditions de vie dans les camps sont des conditions d’exil. Elles sont très difficiles. Les conditions climatiques sont dures également. Et l’aide humanitaire, en raison de la recrudescence des conflits et de la crise économique, ne cesse de diminuer », témoigne Mariem Salec Mouloud.

Selon ses propos, sur les 160 000 réfugiés présents dans les camps sahraouis, la moitié ne bénéficierait pas de l’aide du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

La population (majoritairement des femmes et des enfants) fait face à des défis immenses et a besoin d’aide.

« Nous fournissons un système de santé gratuit et l’école y est publique, gratuite, mixte et obligatoire. Notre engagement est énorme et les moyens faibles. Notre volonté est d’agir en faveur de l’éducation et de santé qui restent nos priorités. Notre action porte aussi sur l’évolution de la société et la place qui y est faite aux femmes ;  cette lutte est encore plus difficile que notre lutte pour la liberté car elle est ancrée dans nos traditions sociétales. L’égalité entre les hommes et les femmes commence par l’égalité entre les filles et les garçons au sein même des familles. Il subsiste des freins mais nous sommes sur le bon chemin. Le degré de violence contre les femmes est extrêmement faible dans notre société. Et les femmes sont très présentes dans la gestion et l’organisation de la vie des camps, notamment aux postes décisionnels », complète la gouverneure.

Les femmes sont très présentes dans la gestion et l’organisation de la vie des camps, notamment aux postes décisionnels.

Valeurs communes

Un discours dans lequel se retrouve parfaitement la municipalité rezéenne. Si la relation amicale et fraternelle entre les deux territoires est réelle depuis plus de 37 ans, elle s’explique aussi au travers la vision de la société défendue ici et là-bas.

« Notre soutien pour le peuple sahraoui va au-delà d’un engagement politique, affiché depuis plus de 37 ans et qui n’a jamais faiblit depuis, pour l’auto-détermination de ce peuple. Nous souhaitons développer un partenariat avec ce territoire avec lequel nous partageons et défendons des valeurs communes. L’égalité entre les hommes et les femmes, l’engagement pour l’émancipation des peuples au travers l’éducation, les questions de santé et de santé environnementale sont des préoccupations que nous avons en commun », rappelle Gérard Allard, Maire de Rezé.

La délégation est présente à Rezé jusqu’au 27 juin.

Des visites à Nantes et à Rezé sont au programme ainsi que des rencontres avec des partenaires locaux comme l’association enfants réfugiés du monde (ERM) et l’Arpej.

Dès le 30 juin, et jusqu’au 22 juillet, une dizaine d’enfants seront accueillis à Rezé. L’objectif de ces séjours est de leur permettre de sortir des camps, d’accéder aux soins, aux loisirs, de s’initier à la langue française et de vivre une expérience interculturelle.

Pour en savoir plus

Sahraouis : un peuple dans l’impasse

L’exil des Sahraouis dans les camps du Sahara occidental (ancienne colonie espagnole, occupée aujourd’hui par le Maroc) dure depuis 45 ans. La résolution de l’ONU reconnaissant le droit du peuple sahraoui à disposer d’un territoire n’est toujours pas appliquée. Et le référendum, dont le principe est acté depuis 1991, n’a toujours pas abouti.

Le Maroc souhaitant en faire une région autonome, tandis que le peuple sahraoui réclame la souveraineté.

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