Pesticides : pourquoi Rezé prend-elle un arrêté pour les interdire ?

Le 1er octobre, la Ville de Rezé a pris un arrêté interdisant l’usage des produits phytosanitaires (pesticides) chimiques de synthèse sur son territoire. De quoi s’agit-il exactement ? Retour sur cette prise de position qui agite en ce moment plusieurs collectivités.

Pourquoi prendre un tel arrêté ?

Comme de nombreuses communes (Langouët la première puis Paris, Lille, Nantes, Grenoble, Clermont-Ferrand, La Chapelle-sur-Erdre pour n’en citer que quelques-unes), Rezé a choisi de dire non aux produits phytosanitaires (pesticides) dans sa commune. Le 1er octobre, le maire, Gérard Allard, a pris un arrêté municipal visant à interdire leur utilisation sur la commune. Cette décision s’applique aussi bien aux professionnels qu’aux particuliers.

Rappel : depuis 2017, la loi interdit déjà aux collectivités l’utilisation de produits phytosanitaires chimiques pour entretenir les espaces verts et la voirie et, depuis janvier 2019, l’interdiction a été élargie aux particuliers et aux jardiniers amateurs.

Est-ce une décision symbolique ?

Non, c’est beaucoup plus compliqué qu’il n’y paraît. Car, pour les espaces verts non ouverts au public et les copropriétés et les terrains gérés par des entreprises privées, il n’existe aucune interdiction de recourir à ce type de produits.

Une carence législative que les collectivités entendent aujourd’hui dénoncer.

La Ville de Rezé est consciente des risques d’annulation qui pèsent sur cet acte. Mais, elle souhaite ainsi :

  • marquer son engagement en faveur de la transition écologique et de la santé environnementale (engagement reconnu par 2 Agendas 21 en 2007 et 2001 et un plan d’actions en faveur de la transition écologique « La Fabrique rezéenne des transitions » adopté en conseil municipal le 30 septembre 2016) ;
  • se joindre aux collectivités investies dans la même voie ;
  • et susciter le débat pour faire évoluer la loi au regard notamment des dangers que ces produits induisent sur la biodiversité (1 million d’espèces sur Terre serait aujourd’hui menacé, soit une sur huit) et des enjeux de santé publique (depuis 2015, le glyphosate est considéré comme « cancérogène probable » par le Centre international de la recherche sur le cancer, qui relève de l’Organisation mondiale de la santé).

Un produit phytosanitaire : qu’est-ce que c’est ?

De la famille des pesticides, un produit phytosanitaire est un produit utilisé pour soigner ou prévenir les maladies des organismes végétaux.

Par extension, ce mot sert à désigner des produits utilisés pour contrôler des plantes (herbicides), des insectes (insecticides) et des champignons (fongicides).

Une gestion des espaces verts sans produits phytosanitaires est-elle possible ?

 

Oui, mais cela demande un changement dans la manière de gérer les espaces.

Accepter d’avoir des bordures qui ne sont pas nettes, des herbes qui fleurissent le long de nos trottoirs et des allées engazonnées dans les cimetières, par exemple.

Jardiner sans produits chimiques, c’est revoir ses méthodes.

Que fait Rezé dans ce domaine ?

Pour appliquer le zéro phyto sur les espaces verts dont elle à la charge, Rezé a mis en place, dès 2016, des pratiques plus respectueuses de l’environnement.

Lesquelles ? Paillage des sols, engrais organique, binage manuel, désherbage thermique et utilisation de produits dits de « biocontrôle ».

Ces techniques mobilisent beaucoup plus en temps les agents municipaux et métropolitains en charge de l’entretien des espaces verts et des rues. Mais, les enjeux de santé des agents et des habitants ainsi que les enjeux de préservation de la biodiversité prévalent.

Et vous ?

Utiliser de l’eau bouillante pour désherber, pratiquer la rotation des cultures ou encore associer certaines plantes entre elles pour en faire des insecticides naturels et repousser les espèces nuisibles… Quelles pratiques avez-vous déjà adoptées dans vos jardins ?

Répondez à ce sondage en ligne et n’hésitez pas à nous faire part de vos astuces alternatives aux produits phytosanitaires. Nous ajouterons à cet article tous les témoignages ou idées pouvant aider les jardiniers à entretenir leurs espaces de manière propre et durable.

  • Faites nous part de vos astuces et conseils, nous les partagerons sur notre page
  • Nous prévoyons un article dans un prochain Rezé Mensuel sur ce sujet, n'hésitez pas à nous transmettre vos coordonnées mèl pour que nous vous contactions si vous souhaitez témoigner de vos bonnes pratiques.

Vos astuces

 

Je détruis mes plantes qui ont des cochenilles blanches (crassula) ainsi qu’un rosier atteint de maladie incurable (mildiou pucerons…) je recouvre l’hiver mes sols de cartons ou de déchets verts (compost) je cultive des vers de terre sous des déchets verts et des cartons je garde des fleurs pour les butineuses et nourris les oiseaux.

Nous utilisons le compost pour fertilisation.

Je broie des coquilles d’œuf et je repends autour des plants ainsi les escargots et les limaces ne peuvent venir les croquer !

Certaines huiles essentielles sont bien plus efficaces que n’importe quel pesticide de synthèse mélangées au savon noir avant dilution (champignons et insectes) !

L’eau chaude, je l’utilise exceptionnellement parce que ça tue toutes les petites bêtes. Idem pour le vinaigre blanc. Au fil des années, je me suis rendu compte que certaines plantes étaient davantage envahies par le liseron que d’autres, je privilégie donc ces dernières, comme les sauces arbustives par ex.

Pailler toutes saisons. Laisser vivre la nature.

Desherber avec du vinaigre . Couper les petits branchages en petits morceaux pour en faire du paillage. Faire pipi sur le tas de compost pour activer la fermentation . Répandre des cendres de cheminée autour des légumes du jardin pour éloigner les limaces et escargots. Fleurir les fenêtres de géraniums de parfumeur pour éloigner les moustiques ……

Jardinière amatrice, je paille, j’arrache des herbes à la main, je laisse pousser les pissenlits et autres herbes qui ne sont pas “mauvaises” contrairement à ce que l’on nous a dit pour mieux vendre les produits de synthèse. Elles ont aussi un rôle à jouer. Il suffit de les regarder autrement. L’éloge du pas de côté se pratique aussi dans le jardin !

Désherbage à la main et accepter que des herbes non désirées cohabitent avec d’autres plantations. J’essaye juste de maîtriser leur propagation. Sinon, paillage.

Conserver les tontes de gazon et déchets verts et les déposer autour des plantes et arbustes

J’utilise la paillage pour réduire des mauvaises herbes.

Je ramasse les escargots et les limaces à la main. Cela me détend et ça marche très bien !

Pour un jardin familial en cours de construction : bien diversifier les plantations :

1/ Travailler l’espace disponible : espace jardins détente, espace enfants, espace cultures

2/ Maintien de plantes ( glycines ) ou plantation de plantes mellifères ( lavandes, semis sur pelouses ) pour le développement des auxiliaires : abeilles et bourdons notamment.

3/ Respecter les données locales : privilégier le kiwi par exemple ( pas besoin de traitement, très bien adapté pour une culture régionale, les kiwis récoltés au premier gel et entreposé dans un endroit frais, garantie d’avoir des fruits du jardin de janvier à mars riches en vitamines ) au cognassier par exemple.

4/ Privilégier les fruits rouges ( fraises, framboises, cassis, mûres : fruits souvent ionisés pour une plus longue conservation sur points de vente )

5/ Pour le reste, cuire et pasteuriser en bocal les restes des récoltes légumes, faire des glaces maisons pour éviter le gaspillage : encore des framboises à Rezé cette semaine !

petit conseil pour un sol en forme :

1/ le travail du sol impacte la structure de celui ci en bouleversant l’ordre des couches du sol et a donc un impact sur les habitants ( plantes et organismes ) qui le composent, éviter de retourner le sol : enfouir la couche superficielle, c’est à dire la couche la plus riche en matières organiques et donc en organismes vivants, entraine une dégradation des conditions du sol, préférer le travail à la binette, la serfouette ou de petits outils à dents, qu’un travail à la bêche.

2/ Ne jamais laisser de sol découvert, pluie abondante et soleil déstructurent le sol, penser au couverts végétaux qui protègent les sols des agressions et les ameublissent ( le système racinaire des couverts généraux pénètre dans le sol ), limitent l’enherbement spontané et servent de refuges aux auxiliaires. petit conseil pour les fruitiers : Appliquer un badigeon d’argile sur les arbres fruitiers avant l’hiver, qui réduit le stress thermique et les protège contre certains ravageurs en forme hivernante ( cochenilles et psylles par exemple ).

Utilisation du bicarbonate de soude, du vinaigre blanc

Repères

  • Depuis 2015, le glyphosate est considéré comme « cancérogène probable » par le Centre international de la recherche sur le cancer (Circ), qui relève de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

 

  • 1er janvier 2017 : interdiction de l’usage des produits phytosanitaires par l’État, les collectivités locales et les établissements publics pour l’entretien des espaces verts, promenades, forêts et voiries.

 

  • 1er janvier 2019 : interdiction de la vente aux particuliers ainsi que la détention et l’utilisation par ces derniers, de tous les produits phytopharmaceutiques, à l’exception des produits de biocontrôle, des produits à faible risque et des produits dont l’usage est autorisé dans le cadre de l’agriculture biologique. Si vous possédez encore des herbicides, fongicides ou insecticides chez vous, apportez-les, ainsi que leurs emballages, dans une déchetterie ou un point de collecte temporaire assurant la collecte des déchets diffus spécifiques (déchets chimiques ménagers).