1914-1918 : les nouvelles du front

1914-1918. La Grande Guerre. Plus de 1 400 Rezéens sont mobilisés. Les nouvelles rapportées du front sont celles de ces hommes, parmi lesquels Julien Cottier. Il est marchand de charbon à Saint-Paul. De 1915 à 1918, lui, sa femme et sa fille vont s’adresser des centaines de cartes. Il y est question du front, de la vie qui se poursuit à l’arrière.

Chère Marguerite, nous faisons des tranchées. Nous ne sommes pas malheureux. On ne sait pas grand-chose pour les permissions.

Julien Cottier, 3 mai 1916 (Heilz le Maurupt -Marne)

Correspondance de guerre

 » Ma chère petite Marguerite, je suis en bonne santé et j’espère que vous êtes de même, toi et ta maman. Sois mignonne. Prie le bon Dieu pour ton papa. Je t’embrasse, ton papa qui t’aime. »

Cette carte postale de 1915 est adressée depuis Wanquetin (Pas-de-Calais) par Julien Cottier. Né en 1873, il a incorporé le 82e régiment d’infanterie territoriale. Sa femme et sa fille, toutes deux prénommées Marguerite, se retrouvent seules à Rezé. L’épouse prend la suite de son mari et fait commerce du charbon. Il lui faut en trouver dans le département – ce qui est une gageure en ces temps de pénurie – pour pouvoir ensuite le vendre dans le Pays de Retz.

Depuis le front, Julien la conseille tout en lui donnant des nouvelles de sa situation, tantôt en faction dans les villes du nord et de l’est de la France, tantôt dans la boue noire des tranchées.

Durant ces quatre années, séparés par plus de 700 km, mari et père, épouse et fille s’écrivent tous les deux-trois jours. Une relation épistolaire pour s’épauler, donner des nouvelles de sa santé, pour dire le manque de l’autre et la lassitude de cette guerre.

Un récit émouvant qui dit l’âpreté, la rudesse de ces temps de guerre et la souffrance de savoir l’autre dans la peine.

Panorama Photos

Il écrivait du Pont-Rousseau, elles lui répondaient de Pont-Rousseau

Trois cents soldats rezéens sont morts pour la France. Un traumatisme pour la ville qui recensait 9 244 habitants.
Panorama Photos

François Artaud, ouvrier Tanneur de la Chaussée (au centre)

Corroyeur, François Artaud, né en 1880, fut mobilisé le 1er novembre et incorporé au 265e régiment d’infanterie. Il se bat sur le front, dans les tranchées.

En juillet 1916, il dégage des camarades ensevelis sous un abri, malgré un violent tir de barrage. Un courage qui lui vaut la croix de guerre qu’il nomme « l’encouragement aux vices ». François voue une haine profonde aux chefs de guerre qu’il qualifie de « bandes d’assassins assoiffés de vies humaines », « buveurs de sang ».

Il écrit à sa femme Marie le 9 novembre 1916 : « Pour la croix de guerre, écoute, j’en ai marre. Ne compte pas sur une autre citation. (…) Cette bande d’assassins ne finiront pas la guerre avant qu’il ne reste plus personne. »

Panorama Photos

Gustave Rouxel, capitaine des pompiers

Habitant le Bas-Landreau, Gustave Rouxel était capitaine des pompiers et l’un des fondateurs de la société de gymnastique la Fraternelle.

Ce comptable fut incorporé dans le 81e régiment d’infanterie territoriale. Depuis le Pas-de-Calais, sous les terribles bombardements d’Arras, il écrivit à son épouse Léontine et à ses enfants Yvon et Claude. Ses cartes postales sont accompagnées de commentaires laconiques.

Il écrit à Yvon le 14 octobre 1915 : « Collectionne bien ces cartes postales, elles te rappelleront le souvenir d’une bien terrible guerre et aussi les bien mauvais jours que ton papa aura vécus. Je pense bien à toi et je serais si content de voir un peu ta petite frimousse. »

Un livre sur les Rezéens dans la Grande guerre

Les Amis de Rezé ont regroupé tous les articles, enrichis après de nouvelles recherches. Ils ont aussi retrouvé des témoignages comme ceux consignés dans le journal du Rezéen Paul  Briand, fait prisonnier par les Allemands dès le 23 août 1914. Il s’évade en mars 1917 et marche pendant un bon mois avant d’atteindre les Pays-Bas.

C’est cet itinéraire qui est raconté dans l’ouvrage des Amis de Rezé, qui consacre aussi plusieurs pages aux 83 prisonniers, pas toujours très bien accueillis à leur retour. Paul Briand, qui a finit la guerre à Pontarlier dans les services postaux, sera, lui, honoré.

La guerre ne s’est donc pas achevée le 11 novembre 1918.

Autre parcours évoqué par les amateurs d’histoire rezéens, celui du sergent Morel, mort à Odessa en 1919, alors que 12 000 Français étaient engagés avec les Russes blancs pour combattre les Bolchéviks.

La guerre…après la guerre.

Les Amis de Rezé ont étudié les chiffres. De nombreuses pages sont consacrés aux 304 soldats rezéens (peut-être plus) morts pour la France et aussi aux conséquences démographiques.

Liste des soldats rezéens morts pour la France

 

 

Votre navigateur est dépassé !

Mettez à jour votre navigateur pour voir ce site internet correctement. Mettre à jour mon navigateur

×