Droits des femmes : pas une journée, mais toute l’année !

Toute l’année, les acteurs du territoire se mobilisent pour plus d’égalité entre les femmes et les hommes. La Journée internationale des droits des femmes sera à nouveau l’occasion de le rappeler. Tout le mois de mars, des rendez-vous sont proposés par la Ville et ses partenaires pour découvrir des parcours, des voix, mais aussi se questionner et agir.

Le chemin vers l’égalité réelle entre les femmes et les hommes est encore long. Comme en témoignent les chiffres publiés en 2025 par le ministère chargé de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations*. L’un des plus évocateurs : les femmes ne représentent que 34% du taux de parole à la télévision et à la radio en 2023. À l’échelle du territoire rezéen, on peut noter des faits qui témoignent de ce cap vers plus d’égalité : des cours d’écoles qui deviennent égalitaires et inclusives (Pauline-Roland et Ragon), des clubs sportifs rezéens qui veillent à mieux intégrer les femmes, tout comme des compétitions sportives, à l’image de l’International Rezé Football qui intègre, depuis 2022, des équipes féminines. Les associations sont mobilisées pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles. Les centres socioculturels sensibilisent leurs adhérents à l’égalité femmes-hommes. Un objectif partagé par la Soufflerie ou le cinéma Saint-Paul au travers de leur programmation. Les Journées du patrimoine sont devenues aussi celles du matrimoine ! Les nouveaux noms de rues se féminisent, notamment dans la future ZAC des Isles. Jusqu’à votre magazine municipal, qui lui aussi, veille à mettre en avant autant les femmes que les hommes. 

*Chiffres-clés – Édition 2024 – Vers l’égalité réelle entre les femmes et les hommes

82 %

des familles monoparentales constituées d’une femme seule avec enfant(s)

14,20 €

salaire net horaire moyen pour une femme de 26 à 50 ans (contre 16,40€ pour un homme)

31 %

de femmes travaillant à temps partiel (26% en moyenne en France métropolitaine)

Données 2021 concernant Rezé, issues de l’Observatoire social et urbain (OSU) 2023

Mars et ça repart

Les Amazones présentes lors d’un Café musique le 7 mars.

La Journée internationale des droits des femmes du 8 mars sera à nouveau l’occasion de montrer le chemin parcouru mais aussi celui encore à effectuer collectivement pour davantage d’égalité entre les genres. Plus d’une dizaine de rendez-vous – exposition, concerts, rencontre, balade, lecture, spectacle, atelier… – sont proposés durant tout le mois de mars par la Ville et ses partenaires. La Soufflerie programmera, par exemple, deux concerts 100% féminins : Anne Paceo, le 5 mars, et Shannon Wright, le 8 mars. Le cinéma Saint-Paul mettra lui-aussi en avant les talents féminins avec deux films diffusés le 8 mars : « Deux femmes et quelques hommes » à 15h et « Coutures » à 17h30.

Lutte de femmes

Partie prenante de cette programmation, l’Espace Diderot a choisi de mettre en lumière les femmes ayant lutté pour ce droit à l’égalité. Une exposition intitulée « Dix femmes puissantes » sera ainsi visible du 3 au 28 mars. À découvrir : les portraits d’Olympe de Gouges, Dandara, Sanite Bélair, Anne Knight ou encore Sojourner Truth, des femmes ayant combattu l’esclavage colonial du 17e siècle à la fin du 19e siècle. Deux « Café musique » feront aussi la part belle aux femmes engagées. Celui du 7 mars, accueillera les Amazones, un groupe de femmes qui se retrouvent tous les jeudis soir à l’école municipale de musique et de danse pour chanter au son des percussions. Celui du 14 mars invitera le duo La Voie noire pour célébrer les chanteuses afro-américaines du 20e siècle et explorer la place des femmes dans la société, leur métier, leur époque, à travers la question de la ségrégation. D’autres parcours de femmes ayant marqué l’histoire seront à découvrir lors d’une balade contée à vélo, organisée par la Ville, dimanche 8 mars. Une bonne occasion d’en apprendre davantage sur les femmes qui figurent sur les plaques de rue. 

Extrait de l’exposition « Dix femmes puissantes » :

Olympe De Gouges
Femme de lettres, 1748 – 1793
France

Née le 7 mai 1748 à Montauban (Tarn-et-Garonne), Marie Gouze épouse en 1765 Louis Aubry, mais se retrouve veuve peu de temps après. Elle choisit alors de changer son nom pour celui d’Olympe de Gouges.

Olympe de Gouges écrit au début des années 1780 la première pièce du théâtre français dénonçant le système économique esclavagiste qui, depuis plusieurs siècles déjà, faisait la prospérité des colons aux Caraïbes. Zamore et Mirza, ou l’heureux naufrage ou L’Esclavage des nègres ou l’Heureux Naufrage ne sera jouée à la Comédie-Française qu’à la fin de l’année 1789. L’auteure y critique ouvertement le Code Noir qui régit la vie des esclaves (promulgué par Louis XIV en mars 1685). Considérée comme très audacieuse pour l’époque, cette œuvre a failli valoir la Bastille à l’auteure.

La pièce conte l’histoire d’un couple de marrons réfugié sur une île déserte pour échapper aux sévices qu’il encoure. Ils sont secourus par deux jeunes Français. C’est le premier drame à mettre en scène des esclaves noirs comme de vrais personnages et qui, dans l’esprit du temps, prône la réconciliation des races.

Trois ans plus tard, Olympe de Gouges publie ses Réflexions sur les hommes nègres. Devenue membre de la Société des Amis des Noirs, elle déclare que la cause de l’esclavage est « l’injuste et puissant intérêt des Blancs ». En 1790, elle rédige une nouvelle pièce en faveur de la cause abolitionniste, Le Marché des Noirs.

En partie à l’origine de la loi autorisant le divorce (premier et seul droit accordé aux femmes au cours de la Révolution française de 1789), Olympe de Gouges est l’auteure de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne de 1791 dont l’article 1 affirme : « La Femme naît libre et demeure égale à l’homme en droits. Les distinctions sociales ne peuvent être fondées que sur l’utilité commune ».

Condamnée à mort pour avoir soutenu les Girondins, Olympe de Gouges monte sur l’échafaud le 3 novembre 1793.

Le 4 février 1794, un décret abolit l’esclavage dans les colonies françaises. Ce décret ne sera pas appliqué dans les colonies de l’Océan indien ni en Martinique occupée par les Anglais. L’esclavage est rétabli par Napoléon en mai 1802. Il sera aboli définitivement, ainsi que le Code Noir, par le décret du 27 avril 1848.

Anne Zinga
Reine, 1582 – 1664
Angola

Anne Zinga est la fille de Zingha-n-Bandi-Angola, huitième roi de Matamba, en Afrique centrale. Son nom complet Ngola Mbandi Nzinga Bandi Kia Ngola, signifie : La reine dont la flèche trouve toujours le but.

Très tôt initiée aux affaires du Royaume, elle représente son pays auprès des Portugais et négocie un accord avec ces derniers lorsque son frère accède au trône. Couronnée à la mort de son frère, elle dirige le Royaume d’une main de fer jusqu’à sa mort, à l’âge de 82 ans.

Son long règne est marqué par d’innombrables luttes internes et une relation houleuse avec les Portugais qui mettent à l’épreuve ses talents de négociatrice, la force de résistance de son armée et sa détermination à ne faire que le minimum de concessions à l’envahisseur.

Elle constate avec effroi l’asservissement en esclavage d’une partie de son peuple. Luanda avait la réputation d’être un des plus grands ports de traite et un des plus brutaux. Les esclaves y étaient parqués comme des bêtes et près de la moitié d’entre eux mourrait de malnutrition et de mauvais traitements avant même leur transfert sur les bateaux négriers.

En effet, en cette fin du 16e siècle, début du 17e siècle, de nombreux négriers européens pratiquent la traite des Noirs sur la « côte d’Angole » qui désigne alors non seulement l’actuelle Angola, au Sud du fleuve Zaïre, mais également au Nord, les royaumes du Congo : le Loango, le Kacongo et le Ngoyo ou Gabinde, particulièrement productifs. Les captifs, que les Européens appellent Congos, viennent de la périphérie de ces royaumes et arrivent aussi, par le fleuve, de régions plus lointaines du centre et du sud de l’Afrique. Selon les données des expéditions négrières, près de 40 % des déportés africains seraient issus de l’Angola et du Congo.

Accueillie par le vice-roi du Portugal Don Joao Correia da Souza, Anna Zinga marque les colons par son sens de la répartie et son habileté politique, qui lui permettent de dominer la rencontre.

Elle parvient à obtenir le recul des troupes étrangères au delà des frontières antérieurement reconnues et le respect de la souveraineté du Matamba. À la fin de la négociation, le vice-roi propose que le territoire libre de la reine soit mis sous la protection du roi du Portugal, ce qui aurait en réalité signifié le paiement d’un impôt consistant en la livraison de 12 à 13 000 esclaves par an à l’administration coloniale. Anna Zinga refuse fermement cette proposition.

Le traité signé, Anna Zinga obtient gain de cause et règne alors sur la dernière partie libre du pays jusqu’à sa mort.

Sans héritier pour le trône, Anna Zinga fut la dernière souveraine à régner sur l’Angola.

Les Portugais interdisent la traite en 1836.

Sojourner Truth
Esclave affranchie, féministe, 1787 – 1883
États-Unis

Sojourner Truth est née esclave sous le nom d’Isabelle Baumfree autour de 1787, à Ulster County, New York. Son père James Baumfree était un esclave capturé au Ghana et sa mère, Elizabeth, connue aussi sous le nom de Mau-Mau Bet, était fille d’esclaves venus de Guinée. La famille Baumfree composée des parents et de leurs treize enfants appartenait au Colonel Hardenbergh. Après la mort de celui-ci et de son fils, les Baumfree furent séparés lors de la vente de la propriété Hardenbergh. Agée de neuf ans, la petite fille connue alors sous le nom de Belle (la future Sojourner) fut vendue avec un troupeau de moutons pour $100 à John Neely, un homme violent. Revendue deux fois en deux ans, elle devient la propriété de John Dumont à West Park, New York, chez qui elle apprend l’Anglais.

En 1815, elle rencontre un homme esclave, Robert, dont elle a une fille, Diana ; mais le propriétaire de Robert, John Dumont, interdit leur union et l’enfant devient sa propriété. Belle et Robert sont séparés. En 1817, Dumont force Belle à épouser un esclave, Thomas, avec lequel elle aura un fils, Peter, et deux filles, Elizabeth et Sophia.

L’état de New York abolit l’esclavage le 4 juillet 1827 mais dès 1826, Belle s’était échappée avec Sophia. Apprenant que Peter, alors âgé de 5 ans, avait été vendu à un propriétaire du sud, elle porte plainte au tribunal et obtient le retour de son fils. C’est le premier procès dans lequel une femme noire remporte dans un tribunal américain une victoire contre un homme blanc.

Le 1er juin 1843, Isabelle Baumfree change son nom et devient Sojourner Truth. Profondément religieuse, elle veut affirmer ainsi son rôle de voyageuse (Sojourner) qui montre aux gens la voie de la vérité (Truth). Pendant quinze ans, elle travaille à New York comme femme de ménage, puis devient prêcheur pentecôtiste. Interpellée lors d’une réunion par la foule qui lui demande si elle est femme ou homme, elle ouvre sa chemise et leur montre sa poitrine.

Un tournant s’opère quand elle rejoint une communauté utopiste à Northampton, Massachusetts. C’est là qu’elle rencontre William Lloyd Garrison, Frederick Douglass, Olive Gilbert et David Ruggles. Elle participe aux débats sur l’esclavage et est la première à faire le lien entre l’oppression des femmes et celle des esclaves. Elle devient membre du Northampton Association of Education and Industry, du Massachusetts, une association fondée par des abolitionnistes.

Sojourner Truth parcourt les États-Unis pour dénoncer l’esclavage, intervenant souvent avec Frederick Douglass et Harriet Tubman. En 1863, elle prononce un discours contre le racisme « Dieu n’aime-t-il pas autant les enfants de couleur que les enfants blancs ? » Elle se bat contre toutes les violations des droits humains. Elle s’élève contre un projet de loi qui veut alors établir la peine de mort au Michigan, faisant appel à la clémence de Dieu pour tous les pêcheurs.

En 1850, William Garrison publie les mémoires de Sojourner Truth sous le titre The Narrative of Sojourner Truth : A Northern Slave. Elle les a dictées ne sachant ni lire ni écrire.

En 1851, elle intervient à la première National Women’s Rights Convention qui se tient à Worcester, Massachusetts. Elle y prononce son plus fameux discours « Ne suis-je pas
une femme ? » (Ain’t I a Woman ?). Truth ne sépare pas la défense des droits des femmes des droits civiques pour tous. Consciente que la question de « priorités » (droits des femmes ou droits des noirs ?) divise et affaiblit le mouvement, elle s’écrie « Je pense que tant que les Negros du sud et les femmes du Nord continueront chacun à parler de droits, les hommes blancs vont s’en tirer ».

Pendant la guerre de Sécession, Truth participe activement aux campagnes de recrutement de soldats noirs dans les troupes de l’Union. Elle contribue au National Freedman’s Relief Association et rencontre le président Lincoln.

En 1865, Truth entame une campagne contre la ségrégation des tramways à Washington en montant dans ceux destinés aux blancs.

Dans la dernière partie de sa vie, Truth milite activement pour l’accès des Noirs à la propriété privée, notamment à la terre, car elle est convaincue que cet accès assurera l’autonomie des Africains-Américains. Infatigable, elle se prononce contre la peine de mort, milite pour la réforme des prisons, et continue à se battre pour l’émancipation des Africains-Américains. Sojourner Truth meurt le 26 novembre 1883.

La traite négrière avec le continent africain est abolie aux États-Unis en 1807 ; elle est désormais organisée à l’intérieur du pays. Le 13e amendement abolit l’esclavage en 1865 après une des guerres les plus meurtrières de l’histoire des États-Unis, la Guerre civile.

Dans un pays où les anti-esclavagistes étaient diffamés, menacés de mort, interdits de parole par des foules, des femmes esclaves comme Sojourner Truth, Harriet Tubman, Annie L. Burton, Frances Ellen Watkins Harper, Maria W. Stewart, Harriet Jacobs, Elizabeth Keckley ou Bethany Veney, se sont battues avec courage et ardeur. Grâce à l’effort des historiens africains-américains, leurs vies sont désormais connues.

 

Anne Knight
Féministe, 1781 – 1862
Angleterre

Née en 1781 dans une famille dont les membres étaient pacifistes, Anne s’implique dès 1830 dans le mouvement contre l’esclavage. Elle organise des pétitions, distribue des brochures et organise des réunions publiques. Elle crée également une branche de la Women’s Anti-Slavery Society à Chelmsford et se rend fréquemment à Londres où elle travaille en étroite collaboration avec l’abolitionniste Thomas Clarkson.

En 1834, Anne Knight part en tournée en France où elle donne des conférences sur l’immoralité de l’esclavage. Knight soutient une abolition immédiate de l’esclavage sans compensation.

Anne Knight s’inquiète de la façon dont les militantes sont traitées par des dirigeants du mouvement chartiste et des organisations anti-esclavagistes et proteste contre les tentatives d’empêcher la présence de déléguées femmes à la Convention mondiale anti-esclavagiste qui se tient à Londres en 1840.

Le comportement des dirigeants de sexe masculin à la World Anti-Slavery Convention encourage Knight à entreprendre une campagne en faveur de l’égalité des droits pour les femmes. En 1847, elle publie ce qui est considéré comme le premier tract sur le suffrage des femmes.

Knight attaque les dirigeants chartistes qui soutiennent que la lutte des classes est plus importante que la lutte pour les droits des femmes. Dans une lettre publiée dans le Herald Brighton en 1850, elle exige que les chartistes fassent campagne pour ce qu’elle décrit comme « le vrai suffrage universel ». L’année suivante, Knight crée la première association pour le suffrage féminin qui se réunit à Sheffield en février 1851.

Anne Knight meurt le 4 novembre 1862. Sa contribution à la campagne anti-esclavagiste sera reconnue par les Jamaïcains esclaves affranchis qui nommèrent une ville de l’île, Knightsville.

Anne Knight a vécu dans un pays, l’Angleterre, devenu au 18e siècle le plus grand marchand d’esclaves, devant l’Espagne et la France ; mais c’est aussi en Angleterre que le mouvement abolitionniste le plus puissant d’Europe émerge comme mouvement social, politique et culturel. En 1676, des Quakers se sont prononcés contre l’esclavage, mais il faut attendre le dernier quart du 18e siècle pour voir l’opposition anti-esclavagiste prendre de l’ampleur. En 1783, un groupe de Quakers londoniens crée le premier « Comité pour l’Abolition ». En 1787, est fondée l’Abolition Society.

En 1788, 1 500 copies du schéma des cales d’un bateau négrier – le Brooks – où s’entassent des esclaves, sont distribuées. Ce schéma deviendra l’une des plus formidables images du mouvement abolitionniste.

Dès 1791, près de 13 % de la population masculine (car seuls les hommes peuvent signer les pétitions) de l’Angleterre, de l’Écosse et du Pays de Galles réunis, a signé des pétitions anti-esclavagistes.

D’anciens esclaves comme Olaudah Equiano et Ottobah Cugoanao, et d’autres Africains qui vivent en Angleterre forment l’association « Sons of Africa » et participent aux réunions contre l’esclavage.

Au 19e siècle, les grandes insurrections dans les colonies anglaises – à la Barbade en 1816, à Demerara en 1823 et à la Jamaïque en 1831-1832 – frappent fortement l’opinion anglaise et relancent la mobilisation abolitionniste.

Aux côtés d’Anna Knight, Lucy Towsend, Sarah Wedgwood, Mary Lloyd, Sophie Sturges, Elizabeth Coltman, sont toutes très actives pour une abolition immédiate et non graduelle de l’esclavage. Elles présentent une pétition signée par 350 000 femmes en 1833. Elles mettent en place pour la première fois l’arme politique du boycott en faisant du porte-à-porte pour expliquer le lien entre le sucre consommé et l’esclavage et parviennent à faire considérablement diminuer la consommation de sucre.

Le mouvement abolitionniste anglais fut cependant traversé par des divergences. Certains étaient partisans d’une abolition graduelle, ou continuaient à considérer les personnes à la peau noire comme des « enfants » qu’il fallait accompagner sur le chemin de la liberté. D’autres condamnaient l’esclavage au nom d’une politique de colonisation plus élargie et plus globale, et l’abolitionnisme sera effectivement utilisé pour justifier des politiques de colonisation. Tous les abolitionnistes ne seront pas non plus partisans d’une extension universelle des droits démocratiques et ne protesteront pas contre la répression envers la classe ouvrière, les paysans ou les féministes.

La traite négrière est abolie par l’Angleterre en 1807, puis en 1833, l’esclavage est aboli dans les colonies anglaises (Jamaïque, Trinité-et-Tobago, la Barbade, Grenade, le Cap en Afrique du Sud). 20 millions de livres sterling sont dédiées par le Parlement anglais à la compensation des propriétaires d’esclaves pour la perte de leur « propriété privée ».

En finir avec les stéréotypes

Les stéréotypes sexistes ont la dent dure. Pour les dénoncer, l’Espace Diderot proposera un conte revisité samedi 21 mars. La compagnie Les Arbres nus jouera « Blanche Neige et les 77 nains », une version adaptée du livre de Davide Cali, dans laquelle Blanche Neige ne fait pas face à 7 mais à 77 nains. Elle doit s’occuper du repas, du brossage de barbe, du coucher, de la lessive et du ménage…, frôlant chaque jour un peu plus le burn-out. Un spectacle sans parole, accessible dès 5 ans, idéal pour aborder en famille les inégalités filles-garçons.

Non au cybersexisme

Dans son rapport publié le 21 janvier, le Haut conseil à l’égalité pointe du doigt le cybersexisme comme première forme de discours de haine en ligne, avec 84% de victimes qui sont des femmes. Pour s’en protéger, l’Espace Diderot proposera jeudi 26 mars, un atelier d’autodéfense numérique. Comment soutenir une victime ? Comment riposter ou encore sécuriser ses réseaux sociaux et son téléphone ? Autant de questions qui pourront être abordées en présence de l’association Fragil (sur inscription).

Santé : les femmes et les hommes vraiment égaux ?

Recherche médicale moins avancée sur les femmes, renonciation plus importante aux soins, répercussions physiques et psychiques de la charge mentale ou des violences sexistes et sexuelles, banalisation des symptômes et de la douleur entraînant des retards de diagnostic… Alors que les femmes ont, sur le papier, une espérance de vie plus importante (+ 6 ans par rapport aux hommes), dans les faits, les inégalités entre femmes et hommes en matière de santé sont importantes. Mardi 10 mars, la sociologue Aurore Koechlin et la géographe Clélia Gasquet-Blanchard, inviteront à une rencontre-débat : on y abordera les inégalités sociales et raciales, le consentement, les violences gynéco-obstétricales, la maternité, ou encore l’accouchement. Initié par la Ville, ce temps d’échange est organisé en partenariat avec la librairie La Petite gare. Y seront également présents : l’association Pour une meuf (Pour une médecine engagée unie et féministe), le Planning familial ainsi que le collectif À la criée. À noter dans vos agendas : la prochaine exposition au Chronographe sera consacrée à la maternité. Elle sera visible à partir du 9 avril et vous aurez neuf mois pour aller la découvrir !

Le saviez-vous ? Pour assurer leur suivi gynécologique, les femmes peuvent consulter des gynécologues, certains médecins généralistes et également des sages-femmes. En effet, en dehors du suivi médical de la grossesse, les sages-femmes peuvent aussi assurer la prescription et le suivi de la contraception, la prévention des infections sexuellement transmissibles ainsi que la prise en charge des interventions volontaires de grossesse médicamenteuses.

Journée internationale des droits des femmes : le programme en mars à Rezé

Exposition « Dix femmes puissantes »

Cette exposition rend hommage à dix femmes qui ont lutté contre l’esclavage colonial du 17e siècle à la fin du 19e siècle. Parmi elles, découvrez les portraits d’Olympe de Gouges, Dandara, Sanite Bélair, Anne Knight, Sojourner Truth.

Du mardi 3 au samedi 28 mars
Espace Diderot
8, place Lucien-Le-Meut
Entrée libre aux horaires d’ouverture
Publics ado et adulte
En savoir plus

Concert d’Anne Paceo

Batteuse, chanteuse et compositrice, Anne Paceo présente Atlantis, nouvel album dans lequel elle explore son rapport à la mer, à l’océan et le pouvoir bienfaiteur de l’eau.

Jeudi 5 mars à 20h30
Théâtre municipal
6, rue Guy-Le-Lan
billetterie@lasoufflerie.org ou 02 51 70 78 00
lasoufflerie.org

Être une femme en 1955 : visitez la Maison Radieuse autrement !

De la 6e rue au toit-terrasse en passant par l’appartement-témoin, une visite qui questionne la condition et la place des femmes il y a 70 ans au sein de l’Unité d’Habitation de Le Corbusier.

Samedi 7 mars à 11h
La Maison Radieuse
9, boulevard Le Corbusier
Infos, tarifs et réservation : patrimoine-archives.reze.fr


Café musique : voyage avec Les Amazones

Embarquez pour un voyage du Moyen-Orient jusqu’à l’Amérique latine, avec la chorale des Amazones du Centre musical de la Balinière et l’ensemble afro-cubain.

11h : siestes musicales
12h : concert

Samedi 7 mars à partir de 11h
Espace Diderot
8, place Lucien-Le-Meut
Ados et adultes
Siestes musicales : inscription dès vendredi 6 février sur place ou au 02 40 04 05 37 ou sur mediatheque.reze.fr 
Concert : entrée libre


Arpentage

Vous souhaitez lire des essais d’actualité et vous manquez de temps ? L’arpentage, méthode de lecture collective, est une expérience riche en échanges et découvertes. Un vote des participantes et participants détermine le livre arpenté. En mars, honneur aux textes féministes.

Samedi 7 mars de 14h à 18h
Espace Diderot
8, place Lucien-Le-Meut
Publics ado et adulte
Gratuit sur inscription dès vendredi 6 février sur place ou au 02 40 04 05 37 ou sur mediatheque.reze.fr 

« À vélo Simone ! » : balade contée à vélo

Un circuit à vélo dans la ville pour découvrir l’histoire et l’héritage de femmes célèbres et/ou rezéennes. Avec Najoua Darwiche, conteuse.

Dimanche 8 mars de 15h à 17h
Lieu de départ précisé dans la confirmation d’inscription
Durée : 2h (environ10 km)
Inscription : 02 40 13 44 10 ou transitions@mairie-reze.fr
Tout public (mineur·es accompagné·es)
Venir avec son propre vélo. Possibilité d’être accompagné·e dans un vélo spécifique (vélo taxi) adapté pour personnes âgées ou en situation de handicap


Cinéma au féminin

Les femmes sont à l’honneur lors de deux séances proposées par le cinéma Saint-Paul.

Au programme :

15h : projection du film « Deux femmes et quelques hommes » de Chloé Robichaud
16h50 : intervention de Nolwenn Mingant, chercheuse à l’Université d’Angers, autour de la place des femmes dans l’industrie du cinéma et des notions de « Male/Female Gaze »
17h30 : projection du film « Coutures » de Alice Winocour

Le 7ème Bar sera ouvert pour l’occasion.

Dimanche 8 mars à 15h et 17h30
Cinéma Saint-Paul
38, rue Julien-Douillard
cinemastpaul.fr


Concert de Shannon Wright

Shannon Wright magnétise sans apparat, sans superflu, à la seule force de sa voix et de ses textes.

Dimanche 8 mars à 19h
La Barakason
1, allée du Dauphiné
billetterie@lasoufflerie.org ou 02 51 70 78 00
lasoufflerie.org

Rencontre débat “Ce que la médecine fait au corps des femmes”

Aller chez sa gynécologue et accoucher : quoi de plus classique dans la vie d’une femme ? Pourtant ces expériences, vécues par de nombreuses femmes, sont si singulières. Aurore Koelchin (sociologue) et Clélia Gasquet-Blanchard (géographe) les questionneront sous un angle sociologique, féministe et de santé publique. Il sera question de santé et d’inégalités sociales et raciales, de consentement, de violences gynéco-obstétricales, de maternité, d’accouchement et de sororité. Elles présenteront aussi leurs ouvrages : « La norme gynécologique » et « Faire naitre ».

Espace de vente par la librairie La Petite Gare et présence de stands du collectif Pour une Meuf (médecine engagée unie et féministe), du planning familial 44 et du collectif À la Criée.

Mardi 10 mars à 19h
L’Auditorium
2, avenue de Bretagne
Gratuit, entrée libre
En partenariat avec La Petite gare et avec le soutien financier du Département de Loire-Atlantique

Café musique « La Voie Noire »

Par Lise Marais et Séverine Jouaud.

Spectacle musical autour des chanteuses afro-américaines du 20e siècle, La Voie Noire parle des femmes, de leurs parcours, de leur métier, de leur place dans la société et, il va sans dire, de la ségrégation.

Samedi 14 mars à 11h30
Espace Diderot
8, place Lucien-Le-Meut
Tout public dès 10 ans
Entrée libre
En savoir plus

Concert de Sandra Nkaké

À partir de chansons écrites et composées par des femmes qui ont accompagné son parcours, Sandra Nkaké nous transmet un moment d’émotion brute, vivant la musique comme un moyen d’être plus fort·e ensemble.

Mardi 17 mars à 20h
Théâtre municipal
6, rue Guy-Le Lan
billetterie@lasoufflerie.org  ou 02 51 70 78 00
lasoufflerie.org 

Spectacle « Blanche Neige et les 77 nains »

Par la compagnie Les Arbres nus.

Dans cette version de Blanche-Neige, adaptée du livre jeunesse de Davide Cali, les nains ne sont plus 7 mais 77 ! Elle doit s’occuper du repas, du brossage de barbe, du coucher, de la lessive et du ménage… Spectacle sans parole pour aborder les inégalités filles/garçons.

Samedi 21 mars à 16h30
Espace Diderot
8, place Lucien-Le-Meut
Tout public dès 5 ans
Sur inscription dès vendredi 6 mars sur place ou au 02 40 04 05 37 ou sur mediatheque.reze.fr 

La Bidouille : atelier d’autodéfense numérique 

Par l’association Fragil.

Appréhendez la question des violences sexistes et sexuelles dans cet atelier pratique : comment soutenir une victime, riposter ou encore sécuriser ses réseaux sociaux et son téléphone.

Jeudi 26 mars à 19h
Espace Diderot
8, place Lucien-Le-Meut
Publics ado et adulte
Sur inscription dès vendredi 6 mars sur place ou au 02 40 04 05 37 ou sur mediatheque.reze.fr 

 

Le saviez-vous ?

Une feuille de route jusqu’à fin 2026

En 2018, la Ville a adhéré à la Charte européenne pour l’égalité femmes-hommes dans la vie locale puis a engagé un premier plan d’actions. Ce plan étant arrivé à échéance, une feuille de route a ensuite été votée fin 2022 en conseil municipal. Elle comporte 32 actions visant à systématiser les enjeux d’égalité femmes-hommes dans les actions de la collectivité. Cette feuille de route arrivera à son terme en fin d’année. En savoir plus.