Chronographe : de l’archéologie à l’art contemporain

Si l’art ne s’embarrasse guère des fossés temporels, le Centre d’interprétation archéologique métropolitain a choisi allègrement de les franchir. Avec sa nouvelle programmation, le Chronographe rapproche époques et disciplines.

Comme un boomerang

Avec sa dernière exposition « Comme un boomerang », le Centre d’interprétation archéologique métropolitain propose de croiser les regards en rapprochant deux temporalités extrêmes : l’Antiquité et l’art contemporain.

Le boomerang, qui par sa trajectoire symbolise un voyage vers le passé, sied à merveille pour qualifier la vingtaine d’œuvres contemporaines, extraites des collections du Fonds régional d’art contemporain (Frac) des Pays de la Loire présentées dans la salle du rez-de-chaussée.

Quels rapports entretiennent les pratiques artistiques et archéologiques ? Pourquoi l’archéologie fascine-t-elle les artistes et comment s’emparent-ils de cette discipline ? De quelles manières les œuvres contemporaines entrent en résonance avec des vestiges archéologiques et l’histoire de l’antiquité ?

Toutes ces questions sont au cœur de cette proposition qui rapproche de manière inattendue des temps qui pourraient apparaître éloignés. Et c’est finalement autour des matériaux utilisés (bois, os, céramique, pierre, métaux précieux…), et de ce qu’ils en font, que ces deux mondes se retrouvent.

Artiste – archéologue : même regard ?

A l’image de l’archéologue, l’artiste envisage sa pratique dans l’observation du terrain. L’artiste comme l’archéologue collecte, étudie, assemble, conserve et fait parler les objets qu’il aura la chance, ou la persévérance de trouver.

Au gré de l’exposition, archéologues et artistes s’accordent aussi sur l’importance des empreintes qui nous sont données. Celles laissées par l’homme sur un vase de potier ou celles que font les objets déplacés comme les cubes en pierre de Francesco Tropa. Celles figées à l’image de l’étui que se confectionne le trichoptère (larve aquatique) afin de lutter contre les courants ou rythmées et répétées de l’œuvre de Giorgio Griffa.

Artiste et archéologue ont finalement cette chose en commun de vouloir par leurs travaux éclairer notre monde passé ou présent, de vouloir rendre perceptible l’invisible. Et la photographie d’Anne Deleporte, qui se dévoile, à l’instar des cartes à gratter, rend naturellement hommage à ces archéologues fouilleurs mettant à jour minutieusement ces trésors, restés à l’abri des regards, car sous terre.

"Comme un boomerang"

© Fanny Trichet

Deux expositions et des ateliers

Cette exposition s’accompagne de plusieurs animations en lien avec ces thématiques de l’archéologie et de l’art contemporain. À l’étage, ce sont les œuvres de la plasticienne Blanche Daramir, qui s’immiscent dans l’exposition permanente. La jeune femme, issue des Beaux-Arts de Nantes a imaginé «  un dialogue entre l’Antiquité et l’art contemporain  ».

Son exposition, « Fragments » est un parcours en neuf étapes. À l’exception de la première, les autres sont des miniatures installées dans des vitrines avec un effet de miroir entre les objets de l’exposition permanente et les installations de l’artiste.

Petits et grands seront conviés à rapprocher eux aussi archéologie et art contemporain au travers des différents ateliers proposés (initiation à l’archéologie, création de compositions artistiques originales à partir des matériaux trouvés lors de fouilles, rencontres avec des artistes…)

Consultez l’agenda des animations au Chronographe

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