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1943 : Les fusillés rezéens des "Procès des 42 et des 16"
Thème : Histoire

En 1942, les actes de sabotage contre l’occupant allemand se multiplient à Nante. Mais la répression est féroce. En janvier 1943, Trente-sept communistes seront fusillés à l’issue du “Procès des 42” (du nombre de prévenus au procès). Parmi eux, huit jeunes rezéens.

Nantes, le 28 janvier 1943 : 37 résistants sont condamnés à mort pour terrorisme. Dès le lendemain, 9  sont fusillés au champ de tir du Bêle. Le 13 février, 25 condamnés tombent sous les balles allemandes. Les 3 derniers seront exécutés le 7 mai. Parmi eux, huit rezéens : Henri Adam, le plus âgé, Georges Barbeau, Marcel Boissard, Albert Brégeon, André Guinoiseau, Maurice Jouaud, Maurice Lagathu et Félicien Thomazeau. Cette répression fait suite à une année 1942 très agitée durant laquelle les actes de sabotage contre l’occupant allemand se multiplie à Nantes et aux alentours par les membres de l’Organisation spéciale, bras armé du parti communiste français.

Saboter, se cacher

Sur les quatre petits groupes constitués en Loire-Inférieure, deux sont basés à Rezé, dirigés par Maurice Lagathu et Félicien Thomazeau, âgés de 22 ans. Le 14 décembre 1941, un groupe fait sauter un camion allemand rue Alsace-Lorraine. Des pylônes électriques et poteaux télégraphiques sont sabotés au Moulin-à-l’Huile et aux Trois-Moulins. Les rails de la ligne de chemin de fer Nantes-Pornic sont endommagés. Le 16 mai 1942, un attentat vise, sans succès, le colonel Poiron, un collaborationniste de Pont-Rousseau. Novices, les résistants, très jeunes pour la majorité, ont été formés  aux techniques de la guérilla par des communistes espagnols en exil. D’autres militants jouent un rôle en coulisses. Marcel Boissard, qui habite Trentemoult, cache chez lui de nombreux camarades. Autre Rezéen, Pierre Le Floch est chargé du recrutement et de récupérer de l’argent pour les familles des résistants arrêtés.

Une répression féroce

En juin 1942, les Allemands et Vichy décident de mettre fin à ce harcèlement. Dépêché à Nantes, le Service de police anticommuniste traque les résistants. 143 communistes sont arrêtés durant l’été, beaucoup sont torturés. Pour marquer les esprits, les Allemands mettent en scène au palais de justice de Nantes, du 15 au 28 janvier 1943, le « Procès des 42 ». Avec 37 condamnations à mort et 7 déportations, ce procès du « terrorisme » sera l’un des terribles de cette période,  mais pas le dernier.

Le simulacre du "procès des 16"

Les arrestations de l’été 1942 ont totalement décapité l’organisation communiste tant du point de vue militaire que politique. Dès l’automne, la réorganisation est opérée.
En novembre, un nouveau groupe est opérationnel et sa première action est un coup d’éclat et un signal d’alarme pour les Allemands. En effet, le 14 novembre 1942, le groupe FTP attaque les Allemands devant le cinéma Apollo, faisant un mort et plusieurs blessés graves. En deux mois, le bilan est impressionnant.Mais ce nouveau groupe est, lui aussi, très vite identifié et démantelé. Le 13 août 1943, lors du « Procès des 16 », la seconde génération des FTP est jugée par les Allemands en dehors de toute assistance d’avocat français. Onze sont fusillés le 25 août au Bêle et deux le 20 novembre. Parmi eux deux rezéens : Jean Fraix et Guy Lelan. Les trois derniers accusée sont déportés.