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Rezay à l'âge Classique

La famille de Monti acquiert le Vicomté de Rezé, les luttes anti-féodales font rage. Dans les villages, les petits paysans voient les bourgeois nantais enrichis par la traite négrière construire des "folies".

Carte postale du château de Rezé au début du 20e siècle (Agrandir l'image).

Légende de l'image : Le château de Rezé au début du 20e siècle

C’est à la fin du XVe siècle que sont bâtis l’église Saint-Pierre et la chapelle Saint-Lupien. Le vicomté de Rezé passe par alliance à la famille de Guémadeuc. Cette époque correspond à une période de peuplement et d’enrichissement.

Le port de Nantes est en plein développement. Peuplé de marins et de pêcheurs, Trentemoult en ressent des effets positifs.

En 1616, Bouguenais et Rezé sont occupés par les troupes royales. L’année suivante, le vicomte Thomas de Guémadec est décapité en place de grève.

L’arrivée des Monti

En 1652, Yves de Monti, descendant d’une famille d’origine florentine arrivée en France dans le sillage des Médicis acquiert le vicomté de Rezé alors entre les mains du marquis de Goulaine.

Vingt ans plus tard, son fils, Yves II de Monti, qui vient d’entreprendre la construction d’un nouveau château de Rezé voit, en récompense des services rendus par sa famille au royaume, ses terres érigés en comté.

Les luttes anti-féodales du XVIIIe siècle

La société de la monarchie absolue, fondée sur l’inégalité renforçait l’antagonisme entre les trois ordres que l’on pouvait distinguer dans le pays : le clergé, la noblesse et le Tiers-Etat composé des roturiers avec notamment de nouveaux privilégiés, les bourgeois.

Le procès gagné par les Ragonnais en 1767 contre les prétentions du seigneur de la Maillardière sur les landes, les actions des habitants du Chêne-Creux, de la Houssais et de la Petite-Lande contre celles du comte de Monti de Rezé sur les grandes landes dépendant de la seigneurie des Bretesches, le refus des habitants des îles de payer les taxes des « francs-fiefs » en mars 1737, attestent, entre autres, de la réalité des luttes antiféodales.

Un ensemble de villages

La paroisse de Rezé est alors un composite de villages de « 4 600 âmes » d’après le dénombrement effectué par son curé Dupré-Villaine en 1776.

La plupart des habitants sont de petits paysans vivant de leur culture et de la vigne. A noter à la Haute-Ile, la présence de nombreux ouvriers et maîtres travaillant à la monnaie de Nantes.

Avec les marins et les pêcheurs de Trentemoult, ils représentent une petite bourgeoisie qui s’oppose à la Monarchie absolue. Le peuple est accablé d’impôts et la puissance seigneuriale l’écrase de droits et corvées.

Ce sont celles imposées par le comte Claude de Monti qui permettent en 1771 de reconstruire le pont de Pont-Rousseau emporté par les crues et d’entreprendre le percement de la nouvelle route de la Rochelle.

Manufactures et « folies »

L’ouverture d’une manufacture d’engrais à la Morinière sous le règne de Louis XV témoigne d’un développement économique nouveau.

Profitant de l’essor que connaît Nantes notamment grâce au commerce triangulaire, la grande bourgeoisie de cette ville édifie à Rezé de riches et belles demeures, des « folies » : la Classerie, la Balinière...