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Chaufferie de la Californie : précisions et exigences du maire

Publié le 31 mai 2016

La construction de la chaufferie à bois et au gaz, implantée rue de la Californie, est à l’arrêt. Le temps que Nantes Métropole prenne connaissance des propositions de riverains réunis en collectif contre ce projet. Le maire, Gérard Allard, apporte des précisions et dresse ses exigences.

« Pour commencer, je souhaite rappeler mon soutien sans ambiguïté concernant la politique exigeante en matière de transition énergétique engagée par Nantes métropole  avec un objectif ambitieux de réduction de nos émissions de gaz à effet de serre de 30% par habitants à l'horizon 2020 (et -50 % à l’horizon 2030) par rapport à 2003.

Cet objectif correspond à notre engagement municipal et métropolitain majoritaire en faveur des économies d'énergie, de la réduction de notre empreinte écologique et de solidarité par la lutte pour l'égalité devant les consommations énergétiques.

C’est dans cet esprit, et avec cette exigence de solidarité avec nos concitoyens les plus modestes, que nous avons engagé sur Rezé la réalisation d’une chaufferie bois à la Trocardière. La Ville a porté ce projet pour alimenter tout le quartier d’habitat social du Château de Rezé et l’ensemble des équipements publics scolaires et sportifs d’un quartier relevant de la politique de la ville. Je soutiens donc comme nous le faisons depuis près de 3 mandats une politique résolue et pro-active de développement durable régulièrement récompensée et reconnue bien au-delà de notre territoire local. Cette politique à Rezé est la traduction concrète de nos convictions environnementales et sociales.

Le projet de chaufferie bois porté par la Métropole, après être resté en suspens depuis décembre 2013, s'est accéléré avec la signature fin janvier dernier du permis qui relève de la décision de l'Etat.

Je confirme qu'il est regrettable que la Métropole n'ait pas pris l’initiative, comme il est d'usage sur tous les dossiers métropolitains, d'organiser une réunion publique d'information préalable aux travaux.  C'est une erreur, d'autant plus regrettable que nous le voyons maintenant, nous aurions pu prendre le temps d'un débat utile et d'entendre les arguments des porteurs du projet comme des habitants qui ont des questions et des points de vue d'experts ou de citoyens. J’ai reconnu ce manquement et j’en partage la responsabilité en tant que Maire.

Le collectif qui s'est constitué il y a quelques semaines contre la "Chaufferie de la petite Californie" a mis en avant des arguments critiques sur ce projet. Ces interrogations légitimes doivent nous amener à réfléchir et  à mettre en œuvre toutes les solutions pour garantir à tous les habitants le respect des normes sanitaires et environnementales, notamment sur la question de la qualité de l'air et du bruit généré par un tel équipement.

J'ai écrit au Préfet de Loire-Atlantique le 25 mai pour que l'enregistrement complet des questions soulevées ainsi que le rapport remis par le collectif lors de cette réunion publique tenue en mairie le 19 mai soient transmis au commissaire enquêteur afin que son rapport et son avis sur le projet puissent en être éclairés.

J'ai par ailleurs personnellement demandé à  la Vice-Présidente de Nantes Métropole d'envisager tous les scénarios possibles  de façon à garantir la santé, la qualité de vie des riverains, ainsi que l'intérêt général de tous les habitants de Rezé et de la métropole nantaise.

A ce stade, j’ai plusieurs exigences. Je demande tout d'abord à la métropole d'étudier la validité et la mise en place des dispositions suivantes :

  • Pour lever tout doute sur les pollutions potentiellement préjudiciables à la santé, la mise en place de capteurs  par une autorité indépendante pour mesurer en permanence et en temps réel les émissions de la chaufferie. Avec arrêt immédiat de l'activité si un pic de pollution règlementaire devait être dépassé. Les habitants devront être associés au choix des emplacements et du dispositif.
  • Pour une totale transparence, la mise en ligne de ces données en continu sur un site internet accessible à chacun et à tout moment. Il s'agit de garantir pour la ville et pour tous les citoyens l'accès en continu à ces données.
  • Pour le contrôle démocratique de l'activité de la chaufferie, je demande enfin la mise en place d'un comité de suivi ad hoc. Il s'agit d'assurer une totale transparence sur les activités de la chaufferie.

Je souhaite par ailleurs que l'Etat, à travers la DREAL et l'ARS dont les fonctions, les avis, la neutralité et l'expertise sont essentiels et, selon moi, incontestables sur ce type de dossier, puisse apporter de façon claire et argumentée son appréciation et sa validation sanitaire et réglementaire de l'activité envisagée par ERENA

Sur la base des réponses qui devront être apportées par la Métropole, la DREAL et l'ARS, je ferai connaître rapidement la position de la ville de Rezé sur ce projet.

Je n'ai pas de raison de le remettre si toutes ces garanties sont apportées par l'ensemble des institutions publiques. »

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