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Rezé pendant la Seconde Guerre mondiale

En cette année de commémoration du 70e anniversaire de la Libération, vous trouverez ici des articles et des galeries photos sur la vie politique, économique et sociale, la Résistance à Rezé et dans la région nantaise durant la Seconde Guerre mondiale.

Les Rezéens résistants fusillés et déportés

Durant la Seconde Guerre mondiale, des Rezéens se sont engagés dans la Résistance contre l'occupant allemand et le Régime de Vichy.

Pourchassés par les Allemands et la police française, un très grand nombre de résistants ont été arrêtés. Jugés, un certain nombre a été fusillé : c'est le cas de ceux des "procès des 42 et des 16" , mais aussi de Claude Gaulué, fusillé à Paris au mont-Valérien le 29 mai 1942 ; Alexis Auvinet, fusillé au Mans le 1er juin 1943 et Pierre Legendre, fusillé à Angers le 27 octobre 1943.

D'autres ont été déportés. Vous trouverez ici les biographies de François Desmichel, Henri LamourJean Albert Tanguy, Jean Joseph Tanguy, Pierre Le Floch, tous morts en déportation ; ainsi que celle de Gustave Raballand et Marcel Thomazeau qui eux sont revenus de déportation.

Une forme de résistance discrète : les tracts clandestins

Tract anonyme intitulé Voici où nous en sommes de l'aplhabet français (Agrandir l'image).

© AMR

Le document présenté ici provient d'un don anonyme fait par un couple de Rezéens qui ont trouvé dans le grenier de leur maison située à la Grand'haie un ensemble de documents ayant appartenu au propriétaire-constructeur de celle-ci, René Maidon. Outre des factures et bons de livraison de sacs de ciment, de chevrons, de liteaux et de parpaings mâchefer, cet ensemble disparate contenait quelques pièces en lien avec la Seconde Guerre mondiale, dont ce tract au format de poche (8,2 cm de largeur et 13,4 cm de hauteur).

Simple, jouant sur la rythmique "abécédaire", ce petit tract pouvait être distribué en toute discrétion, rapidement lu et mémorisé, et même conservé précieusement.

Travailler sous l'occupation

Comme tous les pays occupés par l’Allemagne nazie, la France fait l'objet d'un pillage économique, humain, financier. Alors que les pénuries de main d'œuvre et de sources d'énergie entravent le fonctionnement normal des entreprises, celles-ci doivent travailler pour l’occupant.

De plus, les secteurs stratégiques font l’objet d’une surveillance renforcée des Allemands. C’est le cas dans la région nantaise de l’usine aéronautique  de Bouguenais ou des installations portuaires. Pour travailler sur le port de Nantes, il faut alors être muni d’une autorisation délivrée par les forces d’occupation. Celle de René Maisdon, habitant La Grand'Haie à Rezé et employé dans l’entreprise F. Buet et A. Charpentier, est parvenue jusqu’à nous.

Roger Bouanchaud, prisonnier de guerre en Autriche

À l’été 1940, plus de 1 600 000 hommes sur les 1 800 000 soldats français capturés sont emmenés en Allemagne. L’ampleur du phénomène participe au traumatisme de la défaite. Presque toutes les familles sont touchées, directement ou indirectement. L’absence de cette force vive va peser lourdement sur la société et laisser des femmes et des enfants face aux difficultés du quotidien.

Comme nous l'apprend le formulaire administratif rempli par sa mère pour pouvoir bénéficier du système de colis mis en place à Rezé, Roger Bouanchaud, serrurier originaire de la Robinière est envoyé dans le Stalag XVII B (camp ordinaire de prisonniers de guerre) à Krems-Gneixendorf en Autriche.

Mis en place pour améliorer les conditions matérielles très médiocres, les colis pour les prisonniers sont  gérés par la Croix-Rouge française à partir du 1er janvier 1941. Les familles peuvent adresser chaque mois, avec des étiquettes spéciales envoyées par le prisonnier, deux colis de 5 kg.

Se souvenir des résistants et des déportés

Après la Libération de Rezé le 29 août 1944, la municipalité Vignais élue en 1935 est rétablie dans ses fonctions. Dès le 28 octobre, les voies débaptisées en 1941 retrouvent leur ancienne appellation (place Roger Salendro, rue Henri Barbusse, rue Séverine, rue Félix Tableau, rue Fransicso Ferrer, rue Chupiet) et trois nouvelles voies sont dénommées : place des Martyrs de la Résistance, rue de la Libération et rue de la Quatrième République.

Le 30 décembre 1944, le Conseil municipal de Rezé décide, à la demande du Comité local de Libération, de donner à 12 voies le nom de résistants fusillés par les allemands et d'honorer ainsi la mémoire de ces 13 victimes de la répression : Georges Barbeau, Albert et Marcel Brégeon, Marcel Boissard, Jean Fraix, Claude Gaulué, André Guinoiseau, Victor Fortin, Pierre Legendre, Guy Le Lan, Maurice Jouaud, Félicien Thomazeau, Maurice Lagathu.

En juin 1945, les familles des fusillés autorisent la municipalité à faire les démarches nécessaires pour le retour des corps des résistants inhumés hors de Rezé. Une chapelle ardente est installée dans le théâtre municipal avant que les corps ne soient inhumés dans le carré des morts pour la France du cimetière Saint-Paul.

D'autres dénominations en mémoire des résistants et déportés auront lieu de 1945 à aujourd'hui : rue Jean-Albert Tanguy (26 décembre 1945), rue François Desmichel (25 juin 1947), rue Eugène Chartier (17 juin 1949), rue George Berthomé (4 juillet 1952), rue Henri Lamour (15 novembre 1952), rue des Déportés (5 juin 1970), rond-point Gustave Raballand (30 avril 1998), impasse Pierre et Philomène Le Floch (8 février 2013).

Clément Bachelier, résistant déporté mort avant ses 20 ans.

Né à Rezé le 15 octobre 1925, célibataire, Clément Bachelier est chaudronnier aux Chantiers de la Loire lorsqu'il est arrêté le 19 avril 1944 pour activité communiste. Le 12 mai 1944, il est déporté de Compiègne par le convoi n°351 à destination de Buchenwald. Le 14 avril 1945, devant l'avancée des alliés, il est évacué à pied avec ses camarades déportés jusqu'à Gardelegen. Il décède le 13 avril 1945, brulé vif dans une grange en compagnie de plus de 1.100 autres déportés.

A noter

La ville de Rezé est partenaire du portail ressource Histoire 2 Guerres  initié par le Musée d'histoire de Nantes consacré aux guerres mondiales en Loire-Atlantique.

Il existe également un site Vivre en temps de guerre qui localise sur une carte interactive les traces de la Résistance à Nantes en recensant les  lieux de mémoire (plaques commémoratives, noms de rue, stèles et monuments) et les lieux d’histoire  (événements et anciens domiciles de Résistants).

En images

Hommage au docteur Zeiler

Le séminaire des Naudières occupé par l'armée allemande durant la Seconde Guerre mondiale