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L’IRT invente l’usine du futur

Publié le 11 décembre 2013

Doper l’industrie française, c’est tout l’enjeu de l’Institut de recherche technologique Jules-Verne, installé à Bouguenais. Ici, on invente l’usine du futur. On innove pour les avions, les bateaux, les voitures, les éoliennes de demain.

L'IRT vise à répondre aux défis technologiques des filières industrielles des dix prochaines années. (Agrandir l'image).

L'IRT vise à répondre aux défis technologiques des filières industrielles des dix prochaines années.

L’Institut de recherche technologique (IRT) Jules-Verne est implanté chez nos voisins à Bouguenais, dans la zone industrielle du Chaffault, près de l’aéroport Nantes-Atlantique. Des Rezéens y travaillent. Son rayonnement  diffuse non seulement dans le Sud-Loire mais dans l’ensemble de la métropole nantaise et de la région.

Imaginez un robot araignée qui se déplace sur un fuselage d’avion pour réaliser des soudures ou encore un robot autonome capable d’intervenir là où l’homme ne le peut pas en raison de la dangerosité du site ou de son étroitesse. Les chercheurs de l’IRT planchent sur ces projets sous très haute surveillance. Vidéosurveillance, contrôle d’identité, portes codées… Rien n’est trop prudent  pour protéger les prototypes de sa matière grise.

Ici, une cinquantaine de cerveaux d’ingénieurs et de docteurs mettent leurs neurones au service des technologies avancées de production des matériaux du futur (composites, métalliques et hybrides) utilisés par quatre secteurs : l’aéronautique, la navale, l’énergie et le transport terrestre. En clair, l’institut travaille sur les bateaux, les avions, les voitures de demain.

L'institut de recherche technologique, basé à Bouguenais, se déploie autour de Technocampus EMC². (Agrandir l'image).

L'institut de recherche technologique, basé à Bouguenais, se déploie autour de Technocampus EMC².

Améliorer la chaîne de production

Nous ne nous intéressons pas aux seuls produits innovants mais aux procédés pour concevoir les produits du futur sur l’ensemble du cycle productif , explique Stéphane Cassereau, le directeur de l’IRT Jules-Verne.  Ce qui nous intéresse c’est le manufacturing. On sait que la main d’œuvre est plus chère en France mais les personnels sont extrêmement qualifiés. Alors comment optimiser l’ensemble de la chaîne de production pour améliorer la compétitivité des usines ? L’usine du futur devra avoir des procédés de haute qualité, capables d’absorber de hautes cadences, tout en maîtrisant ses impacts énergétiques et environnementaux.

Mutualisation de moyens et d’équipements

La force de ce type de centre c’est la mutualisation :  45 partenaires privés et publics font vivre le projet Nos équipes de recherche travaillent avec celles de leaders industriels comme PSA, Renault, Airbus, Alstom, DCNS, les chantiers navals STX . Des PME locales sont aussi associées, également  les universités de Nantes et du Mans, des grandes écoles (Centrale, Mines, Icam…), le Centre national de recherche scientifique (CNRS), le Centre technique des industries mécaniques (Cetim). Etat et collectivités (Région, Nantes Métropole) sont parties prenantes en finançant pour moitié les projets mais aussi les bâtiments, les équipements et la formation. Tout le monde est engagé pour une période a minima de dix ans.

Ce robot sur rail est spécialisé dans la finition des pièces composites de grande dimension. (Agrandir l'image).

Ce robot sur rail est spécialisé dans la finition des pièces composites de grande dimension.

Compétitivité des entreprises françaises

 En regroupant les équipes de recherche et en partageant les résultats, l’IRT permet un véritable saut technologique  , ce qui va doper la compétitivité des entreprises françaises.  On se bat sur des procédés. Exemple : pour gagner 25% en poids et donc consommer moins, une équipe cherche à alléger le châssis et les sièges des automobiles en y intégrant des composites. PSA, Renault, Solvay (leader mondial de la chimie), Faurecia (équipementier auto) mais aussi l’école Centrale, le Cetim planchent depuis 18 mois sur ce projet. Le recours aux composites intéresse aussi le secteur de la navale. Le fruit des recherches servira à l’ensemble des partenaires. C’est le principe de l’IRT : on cherche ensemble, on partage les résultats. Un autre programme-phare de l’IRT : la technologie de mise en forme de pièces en titane pour alléger les avions. Cinq millions d’euros y sont consacrés. Le projet entraîne Airbus, EADS, une entreprise nantaise ACB (spécialiste des presses hydrauliques et du formage des métaux pour l'aéronautique), des grandes écoles.

50 brevets par an

Plus de 30 projets sont en cours. A terme, l’ambition est de déposer une cinquantaine de brevets par an avec à la clé des créations d’entreprises. Pour y parvenir, un budget de 350 millions d’euros (fonds publics et privés) a été affecté pour la période 2012/2020. Mais, là encore l’IRT veut travailler sur l’ensemble du cycle en réunissant sur son site chercheurs, entreprises et formation.  En 2015, le futur Technocampus océan, axé sur les structures pour la navale et les énergies marines accueillera 250 chercheurs de DCNS, 50 de Dassault System, 5 du chantier naval vendéen Océa. Alstom étudie la possibilité de faire venir plus de 250 chercheurs. En 2020, l’IRT, et ses Technocampus EMC2 (20 000 m²) et Océan (18 000 m²), réunira plus de 1000 chercheurs…

 

L’IRT aimante les entreprises

Stéphane Cassereau, directeur de l'IRT Jules-Verne. (Agrandir l'image).

Stéphane Cassereau, directeur de l'IRT Jules-Verne.

Si de grands groupes tel Alstom (secteur éoliennes) ont installé leurs équipes de recherche et développement ici, c’est clairement lié à l’IRT. De même, quand Daher, équipementier pour l’aéronautique (300 emplois aujourd’hui), a choisi la région pour s’implanter, la présence du Technocampus EMC2 a pesé dans la décision.  On espère pouvoir attirer de nouvelles entreprises. L’IRT doit avoir un rôle de catalyseur. A l’horizon 2020, on table sur la création de 5 000 nouveaux emplois dans la région.

200 nouveaux emplois

Alstom vient d’annoncer sa décision d’implanter en 2015, sur le site de l’IRT Jules-Verne, à Bouguenais, un centre d’ingénierie sur l’énergie éolienne, soit 200 ingénieurs et techniciens.

En savoir plus sur le site de Nantes Métropole

Pourquoi Jules Verne ?

C’est le nom de Jules Verne qui a été retenu pour dénommer l’institut de recherche technologique. Né à Nantes le 8 février 1828, Jules Verne compte parmi les écrivains les plus imaginatifs et les plus populaires.

Qu’est-ce qu’un IRT ?

Un institut de recherche technologique rassemble les compétences de l’industrie et celles de la recherche publique dans une logique de co-investissement privé-public : entreprises partenaires, laboratoires, grandes écoles, universités… Situés sur un même lieu, les équipements et compétences sont partagés pour plus d’efficacité. L’IRT pilote des programmes de recherche et effectue des travaux expérimentaux au meilleur niveau international et veille à leur valorisation économique.

 8 IRT en France

  • IRT M2P (Metz, Belfort-Montbéliard, Troyes) : matériaux, métallurgie et procédés
  • IRT SystemX (Saclay) : ingénierie numérique des systèmes
  • IRT B-COM (Rennes) : réseaux et infrastructures numériques