Ville de Rezé

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Emploi : la Ville se dote d'une charte de la diversité

Avec sa charte de la diversité, la Ville s’engage à refléter dans ses effectifs la diversité de la population et ainsi lutter contre les discriminations.

En France, un homme blanc, d’âge moyen, au patronyme français a trois fois plus de chances d’être recruté qu’un candidat de plus de 50 ans. Trois fois plus de chances également qu’une personne au patronyme maghrébin. Deux fois plus de chances qu’une personne handicapée. Une fois et demie plus de chance qu’une femme. Ces chiffres nationaux en disent long…

Lutte contre les discriminations

Pour soutenir sa politique ressources humaines de lutte contre les discriminations, la municipalité a décidé de se doter d’une charte pour la diversité et favoriser l’égalité des chances face à l’emploi. Elle est entrée en vigueur début 2013 mais la Ville n’a pas attendu cette charte pour appliquer le principe d’égalité de traitement. Dans le monde du travail, bénéficier d’un égal traitement quels que soient son sexe, son origine, son âge ou son handicap ne va pas de soi. A Rezé, nous nous dotons d’une charte pour affirmer nos valeurs, également pour nous fixer des objectifs et mesurer les progrès accomplis chaque année, explique Martine Métayer, adjointe au maire en charge du personnel.

Dépasser les 6% de travailleurs handicapées

Concrètement, la Ville agit dans trois domaines. D’abord en tant qu’employeur direct. Nous devons être exemplaires avant de dire aux autres ce qu’ils doivent faire, précise Samuel Landier, adjoint au maire en charge de la solidarité. Ainsi, la Ville vient de signer une convention avec le Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP), ce qui implique qu’elle aménage des postes de travail, accompagne des agents en reclassement, améliore l’accessibilité de ses bâtiments, sensibilise son personnel… Par ailleurs, elle se fixe l’objectif de dépasser le taux d’emploi direct de 6% de travailleurs handicapés d’ici 2015.

Recruter des jeunes

Elle vient aussi de signer une convention avec l’Ecole de la 2e chance qui œuvre en faveur des jeunes sans qualification et sans emploi. Nous irons dans les quartiers présenter aux jeunes qui ne viennent pas vers nous les métiers de la Fonction publique, ajoute Martine Métayer. La municipalité entend également partager cette charte de la diversité avec les associations qui mènent des missions de service public à ses côtés (centres socioculturels, Arpej, Arc…), réserver davantage de lots dans ses marchés publics aux établissements et services d’aide par le travail. Enfin, elle souhaite sensibiliser tous les acteurs de son territoire à l’importance de la diversité.

Les effectifs de la Ville en chiffres 

  • 958 agents (permanents + remplaçants) employés à la Ville 
  • 675 femmes et 283 hommes 
  • 7% des femmes sont aux postes les plus gradés (en catégorie A) contre 11% d’hommes. 297 seniors (+ 50 ans)
  • 80 jeunes (- 25 ans)
  • 36 travailleurs handicapés

A savoir

La loi retient une quinzaine de critères de discrimination. Les principaux sont : la couleur de la peau, le handicap ou la maladie, le sexe. Mais il y a aussi : l’apparence physique, les opinions politiques, les convictions religieuses, la situation de grossesse…
La discrimination est punie par la loi. L’entreprise ainsi que l’ensemble des personnes ayant participé à l’acte discriminatoire (même de manière non intentionnelle) peuvent être condamnés. Les sanctions vont jusqu’à 3 ans de prison et 225 000 € d’amende.

 

Deux entreprises signataires

Depuis 2004, il existe une charte de la diversité  « entreprises ». En France, 3 450 d’entre elles l’ont déjà signée. Dans notre région, elles sont 153, dont deux rezéennes :

Vincent Rostaing, Le Cairn 4 IT (cabinet de recrutement) :

Je sélectionne les candidats en fonction de leurs motivations et de leur capacité à répondre aux besoins d’une entreprise et non en fonction d’un profil type décrit par l’entreprise. J’aime aller à contre-courant des idées reçues des candidats et des entreprises. Une société souhaite recruter un jeune, j’aborde la question des seniors. Une autre est réticente à recruter une personne issue des banlieues, je lui présente justement la perle rare qu’elle attend mais qui habite l’un de ces quartiers… Et j’accompagne candidats et entreprises dans ces changements. Les plus belles histoires sont celles qui permettent à deux mondes opposés de se rencontrer.

Sébastien Glane, Agogé Sécurité (société de surveillance et de protection) :

 

Nous recrutons nos agents selon leurs compétences, leurs qualifications, leurs diplômes et non selon leur origine. Nous comptons 250 agents en CDI ; ils représentent une dizaine de nationalités. Pour certains, cela implique une mise à jour régulière de leurs papiers (titre de séjour…) mais nous ne le vivons pas comme un surcroît de travail. Nos effectifs doivent être le reflet de la société civile. Il y a aussi 13% de femmes, c’est peu mais les candidates se font rares dans notre secteur d’activités. Nous veillons à ce qu’elles soient présentes à tous les niveaux de la hiérarchie. Enfin, nous avons atteint le taux de 6% de travailleurs handicapés dans nos bureaux. Sur le terrain, c’est différent. Nos métiers exigent une aptitude physique parfaite et la médecine du travail est intransigeante sur ce point.

En 2012, la Ville de Rezé a reçu le trophée de « l’insertion ». Il récompense son dispositif de poste relais qui permet à des personnes reconnues inaptes au travail de se réorienter.